Air France-KLM revoit à la baisse ses perspectives 2026 alors que la guerre en Iran fait flamber le kérosène. Le groupe franco-néerlandais s'attend désormais à payer 9,3 milliards de dollars de carburant cette année — 2,4 milliards de plus qu'en 2025 et 35 % de plus que la prévision pré-conflit de 6,9 milliards d'euros. Sur ce total, 1,1 milliard tombe rien qu'au deuxième trimestre. L'action progr
Le PIB français a stagné au premier trimestre, a annoncé l'Insee jeudi — bien en deçà du +0,2 % que l'institut tablait fin mars. Le frein vient d'un repli de l'investissement dans la construction (contrecoup des dépenses pré-municipales) et du commerce extérieur, qui retire 0,7 point de croissance : les exportations chutent de 3,8 % (livraisons Airbus rabotées par la pénurie de moteurs), les importations seulement de 1,7 %. La demande intérieure n'apporte rien, la consommation des ménages recule de 0,1 % et l'investissement total de 0,4 %. L'inflation a franchi le seuil des 2 % en avril à +2,2 % sur un an (contre +1,7 % en mars), poussée par une facture énergétique en hausse de 14,2 %. L'économie a détruit 11 400 emplois au T1 après 20 900 supprimés le trimestre précédent. La nouvelle prévision gouvernementale de +0,9 % pour 2026 apparaît déjà optimiste : l'acquis fin juin ne sera que de 0,5 %, ce qui suppose +0,3 % par trimestre jusqu'en fin d'année. Le baril de Brent est au-dessus de 124 dollars alors que Bercy travaille sur 100 dollars puis 80 dollars ; Maxime Darmet, d'Allianz Trade, voit désormais la croissance annuelle à "0,7 à 0,8 %, même si le conflit s'arrête rapidement". Les ménages freinent déjà : la consommation de biens recule de 0,6 % sur le trimestre malgré un rebond de 0,7 % en mars. Les entreprises font face à un horizon qui s'assombrit, et Fabien Bossy, chef économiste France de Société Générale CIB, juge que les espoirs d'un rebond à plus de 1 % cette année sont "douchés" par la hausse du pétrole. Le scénario noir d'Allianz Trade — une contraction au T3 et au T4 — se joue si le trafic dans le détroit d'Ormuz ne se normalise pas avant début juin. Source : Les Echos, 30 avril 2026, Nathalie Silbert.
Engie et l'État belge ont signé jeudi une lettre d'intention ouvrant des négociations exclusives pour le rachat de l'intégralité des activités nucléaires d'Engie en Belgique, portées par sa filiale Electrabel. Engie détient sept réacteurs dans le pays, dont deux seulement sont encore en activité. Toutes les opérations de démantèlement sont "suspendues avec effet immédiat", a annoncé le Premier ministre Bart De Wever sur X — une pause qui, selon La Libre, entraînera une compensation pour Engie. Les deux parties se donnent jusqu'au 1er octobre 2026 pour un protocole d'accord, mais précisent que la lettre d'intention n'est "pas un engagement ferme de conclure". L'action Engie a gagné plus de 2 % après la nouvelle. L'opération retourne une décennie de politique énergétique. La Belgique prévoyait de sortir du nucléaire en 2025, mais la guerre en Ukraine et les inquiétudes énergétiques ont changé la donne. Le gouvernement de Bart De Wever, conservateur flamand au pouvoir depuis un an, a fait du prolongement du parc existant (4 GW) et de la construction de 4 GW supplémentaires une promesse forte. Engie n'avait concédé que la prolongation de deux réacteurs sur sept et refusait toute nouvelle construction. Les réacteurs Doel 3 et Tihange 1 sont à l'arrêt depuis fin 2022/début 2023, et leur démantèlement était prévu en 2027 — d'où l'urgence pour la Belgique, qui veut étudier le redémarrage de Tihange 1. Après rachat, l'État belge pourra prolonger Doel 4 et Tihange 3 au-delà de 2035 et chercher un partenaire industriel : EDF et l'américain Westinghouse ont été évoqués. Selon La Lettre en septembre dernier, le directeur exécutif d'EDF Cédric Lewandowski avait étudié une reprise des activités nucléaires d'Electrabel, mais l'Agence des participations de l'État — qui gère les 100 % détenus par la France dans EDF — n'était pas favorable. Pour Engie, c'est l'occasion de tourner la page d'un dossier belge qui a empoisonné ses perspectives pendant des années. Source : Les Echos, 30 avril 2026, Sarah Dumeau et Hortense Goulard.
Société Générale a livré jeudi un premier trimestre propre, avec un produit net bancaire (PNB) de 7,1 milliards d'euros (+4,4 % à périmètre constant) et un bénéfice net de 1,7 milliard d'euros (+5,5 %) — au-dessus du consensus Bloomberg sur le bas de bilan (1,5 milliard) et légèrement en deçà sur le PNB (7,2 milliards). Tous les ratios promis aux marchés par Slawomir Krupa sont au vert : ROTE 11,7 % (cible 10 %), coefficient d'exploitation 60,9 % (vs 65 % un an plus tôt), coûts -2,6 % (55 millions en moins). La nouveauté — et le vrai récit structurel — c'est BoursoBank. Pour la première fois, Société Générale publie le résultat autonome de la banque en ligne : 92 millions d'euros nets au T1, en bonne voie pour atteindre l'objectif de 300 millions sur l'année (un tiers déjà réalisé). La conquête client a ralenti à 8,9 millions fin mars contre 8,8 millions fin décembre (vs ~500 000 par trimestre auparavant), après avoir interrompu les coûteuses offres de bienvenue ; l'objectif de long terme reste 20 à 25 millions de clients. Au sein du réseau retail (625 millions de résultat net, +49 %), BoursoBank représente déjà un sixième du bénéfice, ses dépôts grimpent de 12 % (vs réseau -2 %) et l'encours assurance-vie atteint 15 milliards d'euros — déjà 10 % de l'encours groupe (159 milliards). La banque de financement et d'investissement (CIB) est plus mitigée. Son PNB s'établit à 2,7 milliards (-0,5 %) : marchés -3,9 %, taux/crédit/change -18,2 %, financement/conseil -3,8 %, global banking advisory -10,7 %. Les actions sont l'embellie, en hausse de 10,9 % à un record de 1,2 milliard, accompagnées des métiers titres à +7,7 %. La forme du trimestre — retail solide, taux faibles, actions au plus haut — ressemble au T1 de BNP Paribas et correspond bien à l'environnement de guerre européen. Source : Les Echos, 30 avril 2026, Gabriel Nédélec.
Stellantis renoue avec les bénéfices : 377 millions d'euros nets au premier trimestre, contre une perte de près de 400 millions un an plus tôt. Mais ce retour dans le vert masque une réalité plus mitigée. Les volumes ont fait le travail — chiffre d'affaires en hausse de 6 % à 38 milliards d'euros, ventes en Amérique du Nord +6 % (États-Unis +4 %), ventes en Europe +5 % hors Leapmotor. Le nouveau directeur général Antonio Filosa juge l'accueil des lancements 2025 encourageant et annonce dix nouveaux véhicules pour 2026. La marge raconte une histoire moins propre. Le résultat opérationnel atteint 960 millions (vs 327 millions) pour une marge de 2,5 % — très loin des sommets de l'ère Tavares, mais mieux que les 0,9 % d'il y a un an et conforme à la guidance 2026. L'Europe reste juste au-dessus de la ligne de flottaison à 0,1 % de marge, conséquence des baisses de prix et des dépenses marketing pour relancer les volumes. L'Amérique du Nord, traditionnellement le marché le plus rentable, affiche un résultat opérationnel de 263 millions à 1,6 % de marge — bien mieux que la perte de 500 millions de l'an dernier, mais gonflé par un "ajustement de coûts tarifaires" exceptionnel de 400 millions lié aux droits de douane de l'administration Trump. Sans cet effet, le tableau est plus maigre. Le marché n'a pas été dupe. L'action Stellantis chutait de plus de 7 % en milieu de matinée à Paris, devant la déception sur l'élément exceptionnel et sur la performance financière globale. C'est un décor tendu pour Filosa, qui présente son plan stratégique le 21 mai. Source : Les Echos, 30 avril 2026, Yann Duvert.
Dans sa chronique Unhedged, Robert Armstrong (FT) soutient que les sociétés d'IA suivront la même règle qu'une entreprise classique — maximiser le retour aux actionnaires dans la limite de la loi — et que l'espoir d'une autorégulation sur la sécurité de l'IA est déplacé. Il oppose l'analogie optimiste (les ouvriers libérés des charrettes à cheval) à la réplique des "doomers" : cette fois, ce ne sont pas les conducteurs qui perdent leur place, ce sont les chevaux. Et il rappelle ce qui est arrivé à la population équine dans la première moitié du XXe siècle. Sa thèse : quand les principes internes d'une entreprise heurtent le profit, le profit gagne. Les chiffres soulignent la pression. Les "hyperscalers" Big Tech prévoient d'investir plus de 600 milliards de dollars dans l'IA sur l'ensemble de 2025 ; les start-up IA ont levé 73 milliards de dollars au T1 2025 ; OpenAI a levé 122 milliards de dollars en une seule opération le mois dernier. Ce capital, écrit Armstrong, vient d'investisseurs qui exigent des rendements élevés et qui savent que le secteur aura besoin d'encore plus pour acheter de la puissance de calcul — rendant l'industrie "extrêmement sensible" à la croissance du chiffre d'affaires. Il cite l'article du Wall Street Journal cette semaine selon lequel OpenAI a raté ses objectifs internes de revenus et d'utilisateurs, qui a fait bouger l'ensemble du Nasdaq avant qu'OpenAI ne qualifie l'article de "clickbait". Dario Amodei, PDG d'Anthropic, est cité sur la tension entre construire une IA qui ne "menace pas de manière autonome l'humanité" et rester en tête face aux régimes autoritaires ; Armstrong juge cette tension "secondaire" face au moteur du profit. Sa prescription réglementaire est claire : ne pas essayer de protéger des catégories d'emplois ; faire correspondre des outils précis à des dommages précis (physiques, numériques, psychologiques, financiers) ; repenser le droit de la représentation pour les agents non humains ; et privilégier la responsabilité civile à l'obligation d'information, pour que les investisseurs aient eux aussi quelque chose à perdre. L'IA est nouvelle, le capitalisme ne l'est pas. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Robert Armstrong.
Le projet militaire russe au Sahel vient de subir son revers le plus lourd. Les séparatistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) et l'affilié à al-Qaïda Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) ont pris Kidal — ville stratégiquement et symboliquement clé du nord du Mali — à l'aube ce week-end, forçant les paramilitaires russes à la retraite. Le JNIM a depuis annoncé un siège de Bamako, la capitale, et le FLA a promis de marcher sur Tombouctou et Gao. Le ministre malien de la Défense Sadio Camara, architecte de la présence russe, a été tué samedi lors de l'assaut sur le centre de commandement de Kati près de Bamako. Le chef du renseignement Modibo Koné a été grièvement blessé. La défaite met au jour ce que les analystes appellent un déséquilibre structurel. L'Africa Corps russe — successeur de Wagner depuis juin 2024 — opère avec environ 2 000 hommes dans un pays deux fois plus grand que l'Ukraine. Il lui manque les réseaux de surveillance et de renseignement dont disposaient Français et Américains, ses véhicules chenillés sont mal adaptés au désert, et il s'est plus appuyé sur la puissance aérienne que la posture "gung-ho" de Wagner. Le groupe de monitoring Inpact estime que le régime malien a versé à la Russie entre 500 et 900 millions de dollars depuis 2022 pour entretenir cette présence. Wassim Nasr, du Soufan Center, rappelle que la reprise de Kidal il y a trois ans avait été le "seul succès sur le terrain" des Russes. La défaite dépasse le Mali. Le récit plus large de la Russie en Afrique de l'Ouest — partenaire plus flexible et plus efficace que les Français — reposait sur l'image de guerriers du désert de l'Africa Corps. Eledinov, ancien officier russe à Dakar, parle d'un "coup sérieux pour leur réputation". Ulf Laessing, de la fondation Konrad Adenauer, anticipe que la Russie va "abandonner l'idée de contrôler tout le pays" et consolider sa mission, comme le font déjà ses petits contingents au Niger et au Burkina Faso. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Jacob Judah et Polina Ivanova.
L'inflation de la zone euro est montée à 3 % en avril, contre 2,6 % en mars, son deuxième mois consécutif au-dessus de l'objectif de 2 % de la Banque centrale européenne, selon l'estimation préliminaire publiée jeudi. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur 2,9 %. Des données distinctes montrent que la croissance de la zone euro a ralenti à 0,1 % au T1 sous l'effet de l'envolée des prix de l'énergie. Les marchés ont mal accueilli le chiffre. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a atteint 3,13 % en matinée — son plus haut depuis 2011 — avant de retomber à 3,11 %. Le 10 ans britannique, proche de son plus haut depuis 2008, s'est légèrement détendu à 5,1 %. Le Stoxx Europe 600 était en repli de 0,1 %. Le Brent a bondi jusqu'à 7 % à 126 dollars le baril, son plus haut depuis le début de la guerre américano-iranienne en février, sur la crainte que la perturbation du détroit d'Ormuz se prolonge. La Banque d'Angleterre et la BCE devraient maintenir leurs taux aujourd'hui, mais avec un Brent au-dessus de 120 dollars, le marché des swaps intègre désormais trois hausses d'un quart de point chez chacune des deux banques centrales d'ici la fin de l'année. L'économiste de S&P Global Market Intelligence prévient que "le tableau a brutalement changé, et qu'une inflation plus élevée combinée à une incertitude largement accrue signifie que les risques de récession ont sensiblement augmenté". La prochaine conférence de presse de la BCE est le moment à surveiller — les marchés attendent une clarification sur l'alignement éventuel de Francfort sur le ton plus dur de la BoE. Source : Financial Times, 30 avril 2026, édité par Philip Georgiadis et Fergus Ryan.
Lazard a signé l'acquisition du cabinet de conseil en capital privé Campbell Lutyens pour 575 millions de dollars, avec un complément potentiel de 85 millions liés à la performance. L'équipe existante de conseil en capital privé de la banque d'affaires américaine — vieille de 178 ans — et Campbell Lutyens, basé à Londres et fondé en 1988, fusionneront pour former une nouvelle division baptisée Lazard CL. L'opération, révélée d'abord par Bloomberg, intervient alors que les marchés privés explosent et que les fonds de private equity, dette, infrastructures et immobilier ont de plus en plus besoin de conseil sur des opérations devenues plus complexes après un long ralentissement des deals. Le nouvel ensemble devrait générer environ 500 millions de dollars de revenus en 2027 et compter plus de 280 conseillers répartis dans 18 bureaux dans le monde. Sur les deux dernières années, les deux entités cumulées ont conseillé pour plus de 100 milliards de dollars de transactions secondaires et levé plus de 190 milliards. Campbell Lutyens est spécialisé dans le levée de fonds et les secondaires — y compris ces transactions devenues courantes où des limited partners cèdent leurs parts à d'autres acheteurs, ou où des firmes vendent des sociétés en portefeuille à de nouveaux fonds qu'elles gèrent elles-mêmes pour générer de la liquidité. Ces deux types d'opérations explosent parce que les sorties traditionnelles par M&A ou IPO sont à l'arrêt. Les acteurs du secteur ont indiqué au FT que l'envolée du secondaire est la conséquence naturelle de l'élargissement plus général des marchés privés, dont les encours sont passés de 14 000 milliards de dollars en 2020 à 24 000 milliards l'an dernier. À mesure que les sociétés restent privées plus longtemps, les voies alternatives vers la liquidité prennent une importance structurelle. "Je suis enthousiaste à l'idée de travailler avec Gordon et notre équipe de direction senior pour bâtir une plate-forme globale qui établira la norme d'excellence du conseil en capital privé", a déclaré Holcombe Green, responsable du conseil en capital privé chez Lazard. Le PDG de Lazard Peter Orszag positionne la maison là où le pool de commissions croît le plus vite. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Alexandra Heal.
KKR explore la vente de Flora Food Group, l'activité de pâtes à tartiner détachée d'Unilever en 2017 dans un deal de 6,8 milliards d'euros, après que la résurgence de la demande de produits laitiers a conduit l'entreprise à abandonner son projet de rendre l'ensemble du portefeuille végétal d'ici 2025. Le fonds de private equity américain travaille avec des banques d'affaires sur une cession potentielle à une valorisation pouvant atteindre 10 milliards de dollars, des concurrents private equity étant attendus dans l'enchère. Le portefeuille de marques de Flora comprend Bertolli, I Can't Believe It's Not Butter!, Elmlea et Becel. Le récit stratégique s'est inversé. En 2021, sous le pavillon KKR, Flora avait annoncé son intention de rendre l'intégralité du portefeuille végétal d'ici 2025, se présentant comme "le plus grand producteur mondial d'aliments végétaux". Mais la croissance des alternatives laitières s'est retournée : les consommateurs fuient désormais les "ultra-transformés" et recherchent des options plus riches en protéines. Les ventes de margarines végétales ont reculé de 4 % en 2025 et celles de tartinables végétaux de 10 %, selon The Good Food Institute. Flora a depuis réintroduit du lait dans certains produits. La société a généré 3 milliards d'euros de ventes nettes en 2025, avec un TCAC de 1 % entre 2019 et 2025. Elle reste très endettée : Fitch Ratings pointe un ratio dette/EBITDA d'environ 7,5x, tout en s'attendant à ce que le flux de trésorerie annuel grimpe vers 150 millions par an de 2026 à 2028. L'histoire de Flora remonte à 1871, lorsque Antoon Jurgens rachète le brevet de la margarine. KKR a pris le contrôle en 2017 lors d'une enchère âprement disputée, battant Apollo et CVC, après que Unilever s'est désengagée à la suite de l'offre ratée de Kraft Heinz à 143 milliards de dollars. Depuis, Unilever a aussi cédé son activité thé à CVC et a séparé sa division glaces (Magnum). Le FT a rapporté mercredi que CVC injecte désormais 210 millions pour redresser l'activité thé alors que le deal Lipton à 4,5 milliards d'euros s'enlise. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Ivan Levingston et Madeleine Speed.
Les "Big Four" hyperscalers — Amazon, Meta, Microsoft et Alphabet — prévoient ensemble 725 milliards de dollars de capex IA en 2025, soit 77 % de plus que les 410 milliards record de 2024. Google ressort en grand gagnant du trimestre : résultat net en hausse de 81 % à 62,6 Mds$, chiffre d'affaires +22 % à 110 Mds$, ventes Google Cloud en hausse de 63 % à 20 Mds$. L'action Alphabet montait de 6 % en pré-marché, en passe d'ouvrir près d'une valorisation record de 4 500 milliards de dollars. La recherche a apporté à elle seule 60,4 Mds$ (+19 %), et le groupe a comptabilisé une plus-value latente de 36,9 Mds$ sur des titres de capital (il détient des participations dans SpaceX, valorisée 1 250 Mds$, et Anthropic, 380 Mds$). Microsoft a publié un chiffre d'affaires record de 82,9 Mds$ et un résultat net de 32 Mds$, porté par une hausse de 40 % des ventes cloud ; Azure a ajouté 7,9 Mds$ sur un an pour atteindre 34,7 Mds$. Mais la directrice financière Amy Hood a guidé le capex 2026 à 190 Mds$ — bien au-dessus du consensus à 152 Mds$ — dont 25 Mds$ liés à la hausse des prix des puces mémoire, et a prévenu que les contraintes de capacité dureraient "au moins jusqu'à fin 2026". L'action Microsoft a perdu 1,8 % après avoir gagné 18 % sur le mois écoulé. Amazon Cloud a ajouté 8,3 Mds$ sur un an à 37,6 Mds$, avec un pipeline de contrats de 364 Mds$ fin mars, dont un récent contrat Anthropic à 100 Mds$ ; le titre gagnait 1,8 %. Meta est le perdant du tour. La guidance de capex grimpe à 145 Mds$ (+10 Mds$), le chiffre d'affaires bondit certes de 33 % à 56,3 Mds$, mais la baisse du nombre d'utilisateurs et le calendrier flou de Mark Zuckerberg sur les modèles IA ont fait chuter le titre de 8 % en pré-marché — soit environ 113 Mds$ de capitalisation envolée. Dec Mullarkey, de SLC Management, résume la critique : "Les investisseurs s'inquiètent de voir la machine à cash autrefois peu gourmande de Zuckerberg se transformer en incinérateur capitalistique." Le PDG de Microsoft Satya Nadella a salué la fin de l'exclusivité avec OpenAI, qui donne à son groupe "un modèle frontière, royalty-free, avec tous les droits de PI, jusqu'en 2032". Source : Financial Times, 30 avril 2026, Stephen Morris, Ryan McMorrow, Hannah Murphy, Rafe Rosner-Uddin, Michael Acton.
Plus de la moitié des paris "long shot" sur des actions militaires placés sur Polymarket sont gagnants, selon un nouveau rapport de l'Anti-Corruption Data Collective (ACDC) — un résultat qui suggère que les marchés prédictifs représentent une menace de trading d'initiés plus large pour les informations sensibles qu'on ne le pensait. L'ACDC a analysé plus de 400 000 marchés soldés sur Polymarket entre janvier 2021 et mars 2026 et a trouvé que les paris "long shot" — définis comme des mises de 2 500 dollars ou plus à des cotes de 35 % ou moins — sur les marchés militaires et de défense affichaient un taux de réussite moyen d'environ 52 %. À comparer aux 25 % sur l'ensemble des marchés politiques et à seulement 14 % sur l'ensemble des marchés de la plateforme. Le rapport intervient après la première poursuite américaine pour délit d'initié sur des marchés prédictifs. La semaine dernière, le parquet a inculpé Gannon Ken Van Dyke, un soldat d'active impliqué dans la planification du raid de janvier visant à capturer le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, pour avoir placé environ 13 paris d'un montant total de 33 034 dollars sur des positions comme "US Forces in Venezuela" et "Maduro out". Les paris ont rapporté plus de 400 000 dollars. Van Dyke a plaidé non coupable mardi. Plus tôt cette année, Israël avait engagé des poursuites similaires contre un réserviste et un civil. L'ACDC affirme que les marchés où les résultats sont déterminés par de petits groupes décisionnels — en particulier militaires et défense — sont "structurellement vulnérables aux délits d'initiés". L'activité sur la plateforme reste lourde. Le marché sur l'éventuel accord de paix permanent entre les États-Unis et l'Iran a vu un volume de 63 millions de dollars, et celui sur une invasion de Taïwan par la Chine en 2026, 23 millions. Mais le sport domine encore : le volume échangé sur le vainqueur du Super Bowl 2026 a dépassé 700 millions de dollars. Polymarket a salué l'arrestation de Van Dyke comme la "preuve que le système fonctionne", soulignant avoir référé l'affaire au DoJ américain. Une vague de start-up vend désormais des outils pour copier les wallets supposés d'initiés — Unusual Whales facture 20 dollars par mois, Polywhaler 4,99 dollars. Une étude distincte de la LSE constate que seuls 3 % des comptes génèrent l'essentiel de la découverte des prix sur la plateforme. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Stephanie Stacey, Chris Cook et Jill R Shah.
L'inflation annuelle en Iran a grimpé à 50 % au 4 avril, contre plus de 40 % avant la guerre américano-israélienne, selon la banque centrale — et les Iraniens se préparent à de nouvelles hausses de prix et licenciements alors qu'un cessez-le-feu fragile tient pendant que les États-Unis bloquent le détroit d'Ormuz pour perturber le commerce iranien. Une femme au foyer de 56 ans à Téhéran a indiqué au FT que le prix d'un bloc de fromage est passé cette semaine à IR 6,7 millions (5,09 dollars) contre IR 5,2 millions une semaine plus tôt. Une Peugeot 207 neuve est passée d'environ IR 18 milliards à IR 25 milliards depuis le début de la guerre. Les autorités devraient approuver une hausse de 40 % des prix administrés du ciment. Le rial, largement stable pendant la guerre, est tombé à un plus bas record mercredi à IR 1,8 million pour un dollar, alimentant la panique publique. La production d'acier a chuté jusqu'à 30 %, selon le quotidien Etemaad. Une petite usine pétrochimique près de Téhéran a licencié huit personnes, près d'un tiers de ses effectifs. Un patron d'entreprise de prêt-à-porter à Téhéran fait état de ventes à IR 2 milliards et de coûts à IR 5 milliards. Le chômage était de 7,6 % avant la guerre ; le ministre adjoint du travail a annoncé mercredi que 191 000 travailleurs avaient demandé des allocations chômage depuis le début des hostilités. Les coupons alimentaires de IR 10 millions (~7 dollars) par personne et par mois, introduits pendant les manifestations de décembre-janvier, sont maintenus. Politiques et analystes soutiennent que l'Iran a un seuil de douleur plus élevé que Washington après des décennies de sanctions, et espèrent que les États-Unis assoupliront leurs exigences — qui incluent l'arrêt de l'enrichissement d'uranium pour 20 ans et la réouverture du détroit. Téhéran refuse de céder le contrôle du détroit et continuera à enrichir l'uranium en tant que signataire du Traité de non-prolifération. Certaines grandes industries (gaz, pétrochimie, acier) évitent pour l'instant les licenciements de masse mais sont sous forte pression. Si les capacités de stockage se remplissent et que le blocus réussit, la production de pétrole devra être réduite significativement. Le gouvernement du président Masoud Pezeshkian assure que les réserves alimentaires stratégiques sont suffisantes. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Najmeh Bozorgmehr.
SoftBank prévoit de créer et de coter aux États-Unis une société d'IA et de robotique baptisée Roze, avec une valorisation visée pouvant atteindre 100 milliards de dollars. Le fondateur Masayoshi Son veut introduire le titre dès cette année pour compenser des engagements de dépense, dispersés dans le portefeuille du conglomérat, qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars — dont les énormes promesses faites à OpenAI. SoftBank prévoit d'organiser une journée investisseurs dans un centre de données au Texas en juillet pour promouvoir l'IPO. Le groupe n'a pas finalisé la taille de la part de Roze qu'il vendra, mais il a historiquement gardé la majorité — il détient encore environ 90 % du concepteur britannique de puces Arm, coté en 2023. Roze interviendra dans la construction de centres de données. ABB Robotics, dont SoftBank a accepté l'an dernier le rachat, pourrait jouer un rôle clé une fois la transaction bouclée, aux côtés d'actifs existants du groupe (foncier, infrastructures). SoftBank construit aussi ses propres centres de données, dont un projet de grande envergure dans l'Ohio alimenté par une centrale gaz de 33 milliards de dollars opérée par SoftBank et financée par le gouvernement japonais via un accord commercial avec les États-Unis. Son espère répliquer ce modèle dans d'autres États. L'investissement supplémentaire de 30 milliards de dollars dans OpenAI est déployé en parallèle, mais l'exposition rend nerveux certains lieutenants et étire le bilan. En interne, certains sont sceptiques sur la valorisation et le calendrier compte tenu des incertitudes géopolitiques et économiques après les frappes de Trump sur l'Iran. Les marchés publics américains pourraient en outre avoir à digérer cette année trois des plus grosses IPO de l'histoire — SpaceX d'Elon Musk, Anthropic et OpenAI — qui éclaireront la demande. L'action SoftBank était déjà volatile : un sommet historique en octobre, puis une chute de près de 45 % jusqu'en mars, un net rebond, puis une rechute brutale ces derniers jours sur de nouvelles inquiétudes autour de la croissance d'OpenAI. L'IPO d'OpenAI est centrale dans le plan de Son pour réduire le levier, mais la start-up affronte une concurrence croissante de Google et d'Anthropic. Source : Financial Times, 30 avril 2026, David Keohane et Leo Lewis.
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UBS publie un bénéfice net de 3 milliards de dollars au premier trimestre, en hausse de 80 % sur un an, porté par des revenus de trading record — dopés par la volatilité née de la guerre au Moyen-Orient — qui offrent à la banque suisse son meilleur trimestre depuis des années. Les revenus de la division de marchés atteignent un record de 3,2 Mds $, soit près d’un tiers de plus qu’un an plus tôt. Le trading actions progresse de 29 % à 2,3 Mds $, le trading obligataire bondit de 38 % à 900 M $, et les revenus de la banque d’investissement augmentent de 30 %, portant son résultat avant impôts à 1,2 Md $, contre 696 M $ un an plus tôt. La gestion de fortune — cœur du modèle UBS — voit ses revenus croître de 11 % à 7,1 Mds $ et collecte 37,4 Mds $ de nouveaux actifs nets. Le rendement des fonds propres durs (RoCET1, ratio clé de rentabilité) atteint 16,8 %. UBS confirme la poursuite de ses rachats d’actions et de ses dividendes, malgré la proposition de Berne d’un renforcement de 20 Mds $ de capital, que la banque qualifie d’« extrême ». Les concurrents font moins bien. Deutsche Bank affiche 8,7 Mds € de revenus (+2 %) et un bénéfice net record de 2,2 Mds € (+8 %), mais un trading obligataire stable et des provisions sur pertes de crédit en hausse de 10 % à 519 M €. Santander publie 5,5 Mds € de bénéfice net (+60 %), grâce à une plus-value de 1,9 Md € sur la cession de sa filiale polonaise. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Simon Foy, Mercedes Ruehl et Florian Müller.
Pernod Ricard et l’américain Brown-Forman, propriétaire de Jack Daniel’s, ont mis fin dans la nuit du 28 au 29 avril aux discussions de « fusion entre égaux » qu’ils avaient annoncées fin mars, faute d’accord sur des conditions acceptables pour les deux parties. Pernod Ricard est valorisé plus de 15 Mds € (17 Mds $) en Bourse, Brown-Forman environ 12 Mds $. À l’annonce, l’action Brown-Forman a chuté jusqu’à 9,8 % en after-hours (elle reste en hausse de 6,4 % depuis le début de l’année), tandis que Pernod Ricard reculait de 12 % à Paris. Un porte-parole de Pernod a évoqué « une combinaison d’éléments » liés à la structure de la dette et au contexte économique. En parallèle, le concurrent américain Sazerac (plus de 500 marques de spiritueux) a déposé une offre concurrente d’environ 15 Mds $ — soit 32 $ par action — sur Brown-Forman. Les analystes restent partagés : ensemble, Brown-Forman et Sazerac contrôleraient plus de 30 % du marché du whisky aux États-Unis, ce qui déclencherait probablement un « examen approfondi » des régulateurs, selon Barclays, et nécessiterait d’importantes cessions d’actifs. Pernod Ricard, propriétaire d’Absolut et de Jameson, a abaissé mi-avril ses objectifs annuels et parle d’une « année de transition ». Source : Les Echos, 29 avril 2026.
TotalEnergies publie un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de 51 % sur un an, et un cash-flow de 8,6 Mds $ (+23 %). Des résultats qui se rapprochent des records enregistrés au début de la guerre en Ukraine, dopés cette fois par l’envolée des prix du pétrole et des produits raffinés depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. La production de pétrole et de gaz se maintient à 2,6 millions de barils par jour : la production de pétrole recule de 2 %, celle de gaz progresse de 2 %. Les nouveaux projets Lapa SW (Brésil) et Mabrul (Libye) compensent une perte d’environ 100 000 barils par jour au Moyen-Orient liée à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le GNL (gaz naturel liquéfié) dégage 1,3 Md $ de résultat opérationnel net, avec une production en hausse de 12 %. Le raffinage et la commercialisation rapportent 1,9 Md $, les raffineries tournant à plus de 90 % de leur capacité. Le groupe a finalisé l’opération de 5 Mds € avec EPH, rémunérée intégralement en actions, qui fait de Daniel Kretinsky l’un des principaux actionnaires de TotalEnergies. La production d’électricité reste marginale (500 M $ de résultat opérationnel), mais le portefeuille renouvelable doit atteindre 8 GW supplémentaires sur douze mois. Source : Les Echos, 29 avril 2026, Hortense Goulard.
Le finlandais Kone a annoncé le rachat de son concurrent allemand TK Elevator (TKE) pour 29 milliards d’euros — la plus grosse acquisition de l’histoire d’une entreprise finlandaise et l’une des plus importantes opérations de M&A en Europe ces dernières années. L’ensemble combiné générerait environ 21 Mds € de chiffre d’affaires annuel. Le prix se décompose en 5 Mds € en numéraire, environ 15 Mds € en actions Kone, et la reprise de 9,2 Mds € de dette de TKE. Les vendeurs forment un consortium de private equity mené par Advent et Cinven, qui avaient racheté TKE à Thyssenkrupp en 2020 pour 17 Mds €, aux côtés de l’Abu Dhabi Investment Authority et de la fondation RAG ; le saoudien Alat a pris 15 % du capital l’an dernier. TKE a réalisé environ 9,2 Mds € de chiffre d’affaires sur l’exercice clos en septembre. Le deal, courtisé par Kone depuis dix ans, devrait se clôturer au plus tôt au deuxième trimestre 2027, sous réserve d’approbation réglementaire, et constitue l’une des plus grandes sorties de private equity jamais réalisées en Europe. Stratégiquement, la fusion combine la force de Kone en Asie avec celle de TKE aux États-Unis et accentue le pivot des deux groupes vers les services, plus rentables : Uday Yadav, le PDG de TKE, rappelle que sur 22 millions d’ascenseurs dans le monde, 30 % ont plus de 20 ans et sont candidats au remplacement, tandis que le vieillissement démographique en Europe et en Chine soutient structurellement la demande. L’action Kone perd environ 6 % depuis le début de l’année, pour une capitalisation boursière d’environ 25 Mds €. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Ivan Levingston et Richard Milne.
Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi leur départ de l’Opep, privant le cartel pétrolier vieux de 66 ans de son troisième plus grand producteur et de l’un de ses membres les plus influents. Le baril de Brent a progressé pour la septième séance consécutive, mais cette hausse est tirée par la fermeture du détroit d’Ormuz et non par le retrait émirien — signal de l’érosion durable du pouvoir de l’Opep sur le marché. Hors EAU, l’Opep a produit environ un quart du pétrole mondial l’an dernier, contre près de la moitié à son apogée. L’alliance élargie Opep+ représente encore environ 40 % de la production mondiale. Les tensions avec l’Arabie saoudite remontent à près d’une décennie : Abou Dhabi pousse pour porter sa capacité de production de 3 à 5 millions de barils par jour (objectif initialement fixé à 2030, puis avancé à 2027), a obtenu en 2021 un quota plus élevé en menaçant déjà de quitter le cartel, et est régulièrement accusé de pomper au-delà de ses limites. L’Arabie saoudite, l’Irak et le Koweït pèsent encore plus de la moitié de la production de l’Opep, mais le contrôle iranien du détroit d’Ormuz — par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial — affaiblit davantage le levier du cartel. L’Indonésie, le Qatar, l’Équateur et l’Angola ont déjà quitté l’Opep ces dernières années. Le départ émirien n’est pas « fatal » selon les analystes, mais un effet domino impliquant le Venezuela, l’Irak ou l’Iran fragiliserait sérieusement l’alliance. UBS anticipe une pression baissière sur les cours à long terme, à mesure que les EAU produiront plus librement. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Verity Ratcliffe et Malcolm Moore.
Le budget de défense allemand atteindra, d’ici la fin de la décennie, le total cumulé de ceux du Royaume-Uni et de la France — le plus grand basculement de l’équilibre militaire européen depuis l’après-guerre. Après avoir desserré son frein constitutionnel à la dette, Berlin allouera 779 Mds € à la défense entre 2026 et 2030, soit plus du double des cinq années précédentes. D’ici 2030, l’Allemagne dépassera l’objectif de l’Otan de 3,5 % du PIB consacré au militaire — cinq ans avant l’échéance fixée à 2035 — avec un budget annuel approchant 190 Mds €. Le chancelier Friedrich Merz présente cet effort comme une réponse à la Russie, au retrait américain et à la guerre menée par Poutine en Ukraine, et a promis de faire de la Bundeswehr (les forces armées allemandes) « la plus grande armée conventionnelle d’Europe ». À titre de comparaison, la France dépense 55 Mds € en défense, qui financent son arsenal nucléaire, sous-marins et avions de chasse. Mais 80 % des dépenses allemandes prévues sont fléchées vers des capacités existantes, et la part des nouvelles technologies plafonne à 5 % de l’investissement, selon le Kiel Institute. Des tensions émergent. Paris craint que Berlin ne verrouille des achats américains (F-35, Patriot) et ne fasse grossir Rheinmetall au détriment de ses pairs européens ; le programme franco-allemand d’avion de combat futur (SCAF/FCAS) est en survie après des disputes avec Dassault Aviation. Berlin prévoit aussi 35 Mds € pour ses propres satellites militaires, en concurrence d’une initiative européenne. L’opinion est partagée : environ 75 % des Allemands soutiennent le doublement du budget, mais 61 % s’opposent à un rôle militaire dominant de Berlin en Europe. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Anne-Sylvaine Chassany et Leila Abboud.
BNP Paribas et Holmarcom Finance Company (HFC) ont signé mercredi un accord portant sur la vente de la totalité de la participation de 67 % détenue par BNP Paribas dans BMCI (Banque marocaine pour le commerce et l'industrie). L'opération, entrée en négociations exclusives en décembre, devrait être finalisée au quatrième trimestre 2026 sous réserve de l'aval des autorités marocaines. BNP Paribas conservera une présence au Maroc à travers la banque d'investissement et Arval Maroc (location longue durée). Cotée à Casablanca, BMCI a affiché un bénéfice net 2025 de 420 millions de dirhams (+29 %), soit environ 39 millions d'euros, pour un produit net bancaire de 3,94 milliards de dirhams (363 millions d'euros). Sur la base du cours de décembre, la participation de BNP valait environ 530 millions d'euros ; la transaction se traduira par un impact positif d'environ 15 points de base sur le ratio CET1 de BNP à la réalisation. Cette sortie s'inscrit dans un mouvement plus large de retrait des banques françaises d'Afrique. Après la vente par Société Générale de sa filiale marocaine à Saham en 2024, et après la cession par Crédit Agricole de sa participation de 78,7 % dans Crédit du Maroc à Holmarcom, BNP devient la troisième grande banque française à quitter une franchise retail nord-africaine. Le conglomérat Holmarcom, présent dans l'agroalimentaire, l'immobilier et l'assurance, entend rapprocher BMCI et Crédit du Maroc ; son PDG Mohamed Hassan Bensalah a indiqué que le nouvel ensemble cumulerait 9 % de parts de marché, soit la cinquième banque du pays. Lamiae Kendili, dirigeante de HFC, a promis qu'il n'y aurait "aucun plan de départs contraints" dans le rapprochement. BNP réorganise par ailleurs d'autres participations. Le groupe a finalisé mardi la cession de ses 25 % dans AG Insurance et a utilisé les fonds pour renforcer sa position dans la maison mère Ageas : Cardif est passée de 14,9 % à 22,5 % d'Ageas, premier assureur belge issu de l'ex-Fortis. BNP a aussi ouvert en décembre des discussions pour racheter Athlon, la branche leasing de Mercedes-Benz, avec une finalisation attendue en 2026. Source : Les Echos, 29 avril 2026, Krystèle Tachdjian.
Le recrutement par Citi en 2024 de Vis Raghavan comme responsable de la banque d’investissement — présenté aux actionnaires comme un coup de maître, avec un package de rémunération de 52 M$ destiné à « l’inciter » à quitter JPMorgan — relève en réalité d’un sauvetage négocié en un week-end : trois jours plus tôt, JPMorgan lui avait signifié qu’il n’avait plus d’avenir à long terme dans la banque, après des années de plaintes sur son comportement. Vis Raghavan, désormais considéré comme l’un des candidats à la succession de Jane Fraser, a passé 23 ans chez JPMorgan et contribué à hisser la banque en tête des classements européens. Mais il a fait l’objet de deux revues internes sur son style de management, a obtenu l’embauche d’un proche en dérogation aux règles maison, et s’est vu réduire sa rémunération une année à cause de problèmes comportementaux. Trois personnes ont quitté la banque à cause de lui ; les alertes sont remontées jusqu’au PDG Jamie Dimon dès 2021. Après un remaniement début 2024 qui place Jennifer Piepszak et Troy Rohrbaugh à la tête de la banque d’investissement et du trading, JPMorgan conclut que sa position est intenable. Chez Citi, Raghavan a livré : la division banque a publié des revenus record en 2025, l’action est à un plus haut depuis 17 ans et il a débauché plusieurs banquiers de JPMorgan et Goldman. Mais le premier trimestre 2026 a été plus modeste que celui des concurrents, et les anciens collègues restent partagés sur la réalité de son apaisement. Citi qualifie l’enquête du Financial Times de « couverture frivole et tabloïd, fondée sur des attaques anonymes ». Source : Financial Times, 29 avril 2026, Joshua Franklin, Julie Steinberg, Ortenca Aliaj et Akila Quinio.
Ken Griffin — fondateur du hedge fund Citadel (67 Mds $ d’actifs) et de la société de trading Citadel Securities — doute que les particuliers fortunés comprennent réellement les risques du « private credit » et avertit qu’ils pourraient avoir du mal à récupérer leur argent en cas de crise. Ses propos, tenus au Financial Times, alimentent l’inquiétude grandissante sur l’expansion rapide du secteur vers la clientèle particulière. Le private credit — des fonds qui prêtent directement à des entreprises détenues par des fonds de private equity, en remplaçant largement les banques freinées par la régulation — atteint désormais plus de 3 500 Mds $ d’actifs selon l’Alternative Investment Management Association. Les fonds ciblant les particuliers fortunés sont parmi les segments à plus forte croissance, avec Blackstone, Apollo, KKR et Ares en première ligne. Les structures « semi-liquides » n’autorisent les rachats qu’à intervalles réguliers. Griffin résume : « le vrai problème, c’est l’asymétrie de liquidité entre l’investisseur particulier et la durée des investissements ». Premières fissures : Blue Owl Capital a limité les retraits sur ses deux fonds phares face à des milliards de demandes de rachat et à une exposition à des éditeurs de logiciels vulnérables à l’IA. Au premier trimestre 2025, les particuliers fortunés ont demandé plus de 20 Mds $ de rachats — à peine la moitié a été honorée. Jamie Dimon (JPMorgan) a déclaré le même jour à Oslo que, compte tenu des plus de 1 000 fonds de private credit actifs et des standards de souscription affaiblis, le prochain cycle de crédit sera « pire que ce que les gens pensent ». John Waldron, président de Goldman Sachs, a parallèlement reproché à certains acteurs « de ne pas avoir commercialisé leur produit avec la clarté » qu’il attendrait. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Harriet Agnew et Robin Wigglesworth.
Bruxelles négocie avec Péter Magyar, futur Premier ministre hongrois, un dispositif qui maintiendrait une partie des 10 Mds € de fonds européens de relance Covid encore gelés au-delà de la date limite du 31 août. Magyar — conservateur pro-européen dont la victoire électorale a mis fin au règne de Viktor Orbán — rencontre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen mercredi. Ces fonds avaient été gelés sous Orbán pour cause de manquements à l’État de droit. La Hongrie cherche à récupérer au total plus de 30 Mds €, dont 7,6 Mds € de fonds budgétaires réguliers et 17 Mds € de prêts européens à taux réduit pour la défense. Une option proposée par Magyar — un véhicule ad hoc pour décaisser les fonds après l’échéance — a été écartée par les responsables de la Commission, jugée trop complexe à monter en trois mois. Bruxelles préfère un calendrier de versements adossé à des réformes anti-corruption, validé dans les premières semaines de Magyar au pouvoir. Certains des 27 « super-jalons » jamais atteints par la Hongrie (réforme des retraites, des marchés publics) pourraient être remplacés par des mesures plus rapides à mettre en œuvre. L’enjeu est vital : l’économie hongroise n’a progressé que de 0,4 % en 2025, les rendements obligataires souverains figurent parmi les plus élevés de l’UE, et le coût de financement de la dette atteint 4-5 % du PIB. La Hongrie prévoit d’émettre près de 10 Mds € de dette souveraine en devises étrangères en 2026, alors même que le dérapage budgétaire de l’ère Orbán — déjà deux tiers du plan annuel 2026 consommés fin mars — impose des ajustements drastiques. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Paola Tamma, Henry Foy et Marton Dunai.
Goldman Sachs a interdit à ses banquiers de Hong Kong l’usage des modèles d’intelligence artificielle Claude d’Anthropic — dernier signe de l’irruption des tensions sino-américaines dans la technologie. Les collaborateurs sur place n’ont plus accès à Claude, ni directement ni via la plateforme IA interne de Goldman, depuis plusieurs semaines, selon quatre sources proches du dossier. Les modèles occidentaux comme ChatGPT (OpenAI) et Claude (Anthropic) sont bloqués en Chine continentale par la « Grande Muraille numérique ». Hong Kong fonctionnait jusqu’ici en dehors de ce périmètre, les restrictions étant fixées par les entreprises d’IA elles-mêmes. Une source proche du dossier explique que Goldman a retenu une lecture stricte de son contrat avec Anthropic, après consultation de la start-up, et a conclu qu’aucun salarié à Hong Kong ne devait pouvoir utiliser les produits Anthropic. La restriction ne s’étend pas à d’autres fournisseurs comme OpenAI. Anthropic a indiqué au Financial Times que ses modèles n’avaient jamais été officiellement « pris en charge » à Hong Kong, sans commenter davantage. Goldman s’est refusé à tout commentaire. Cette décision reflète la peur croissante de la « distillation » — des acteurs chinois entraînant de nouveaux modèles à partir d’une utilisation intensive de modèles étrangers. OpenAI avait accusé DeepSeek de cette pratique l’an dernier, et la Maison Blanche a dénoncé ce mois-ci un vol « à échelle industrielle » de la propriété intellectuelle des laboratoires d’IA américains — accusations qualifiées de « pure calomnie » par Pékin. Le contexte est lourd : le nouveau modèle Mythos d’Anthropic suscite des inquiétudes sur sa capacité à percer les défenses cyber actuelles et à menacer la stabilité du système financier. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Arjun Neil Alim, Zijing Wu et Tim Bradshaw.
Uber étend ses services à la réservation d'hôtels via un partenariat avec Expedia, dans une nouvelle tentative d'atteindre le statut de "super app" et de faire croître sa base d'abonnés premium. Les clients pourront réserver et payer leurs hôtels via Expedia à l'intérieur même de l'application Uber, le groupe de VTC offrant des remises et un cashback en crédits de course pour stimuler l'adoption. Le PDG Dara Khosrowshahi — qui dirigeait Expedia avant de rejoindre Uber en 2017 — a déclaré au FT que la "très grande majorité" des revenus de l'accord sera réinjectée dans les remises hôtelières et les incitations destinées aux membres Uber One. Le programme d'abonnement payant compte près de 50 millions de membres ; Uber a refusé de communiquer la commission qu'il prélèvera sur les réservations. Uber tente depuis des années d'intégrer plusieurs services dans son application, à l'image des "super apps" asiatiques Grab (Singapour) et WeChat (Chine), qui combinent banque, messagerie et commerce. La livraison de repas a été ajoutée en 2019, en parallèle de l'application autonome Uber Eats, et Uber s'est ensuite étendu à l'épicerie et au shopping (Best Buy, Walmart). Khosrowshahi a utilisé ces services pour amener Uber à son premier bénéfice en 2023. Les mobilités — location de voitures, VTC, vélos électriques, trottinettes — pèsent environ la moitié des bookings bruts. Le pari : les hôtels approfondiront la valeur Uber One et tireront davantage d'usage de la base existante — un modèle différent des marchés américains et européens, qui ont jusqu'ici résisté aux interfaces "super app" surchargées. Uber ajoutera un onglet "hôtel" et redessinera sa fonction de recherche pour permettre une navigation transverse aux services. Khosrowshahi reste au conseil d'Expedia mais n'a, dit-il, pas été impliqué dans le choix du partenaire. Uber n'investira pas dans Expedia dans le cadre de l'accord. Le FT avait rapporté qu'Uber avait étudié un rachat du groupe de réservation valorisé 30 milliards de dollars en 2024 sans formaliser d'offre. Khosrowshahi qualifie de "force majeure" la croissance d'Uber par voie organique et par partenariats. L'accord teste aussi la manière dont les agences de voyage en ligne survivent aux agents IA capables de réserver des hôtels seuls — Uber et Expedia défendent que leur "inventaire unique" de chauffeurs et de chambres est difficile à répliquer. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Rafe Rosner-Uddin.
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Les États-Unis ont touché 13 000 cibles iraniennes en 39 jours de guerre avant le cessez-le-feu, en grande partie avec leurs munitions de précision les plus chères. Selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), le stock de sept munitions « critiques » est dangereusement bas, fragilisant aussi bien le réarmement de l'Ukraine que la défense de Taïwan ou des îles de mer de Chine méridionale. Plus de 1 100 missiles Tomahawk ont été tirés (un tiers du stock, soit cinq fois la production prévue en 2026), retardant la livraison de 400 Tomahawk au Japon. Un quart des JASSM lancés depuis avion ont été consommés, deux fois la production annuelle. Les missiles antiaériens sont les plus exposés : un tiers des intercepteurs SM-6 et plus de la moitié des SM-3 ont été utilisés, plus de 75 % des THAAD au sol, et plus de la moitié des Patriot PAC-3 (4 millions de dollars pièce, achetés par 18 pays et expédiés à plus de 600 exemplaires en Ukraine). Lockheed Martin a annoncé une montée en cadence de 96 à 400 THAAD par an, et de 600 à 2 000 Patriot d'ici dix ans. Le sénateur démocrate Jack Reed, président de la commission des forces armées, juge qu'« au rythme actuel de production, reconstituer ce que nous avons dépensé pourrait prendre des années ». Le Pentagone a obtenu un budget 2026-2027 de 1 500 milliards de dollars et un bond de 150 % des commandes de munitions hors nucléaire à 79 milliards. Mais le CSIS prévient qu'il faudra plus de quatre ans avant les premières livraisons. Le Pentagone se rabat sur des armes alternatives moins chères, comme le drone « Lucas » (10 000 à 55 000 dollars), copie du Shahed iranien. Source : Les Echos, 28 avril 2026, Solveig Godeluck.
La Banque du Japon a maintenu mardi son taux directeur à environ 0,75 %, mais a relevé fortement sa prévision d'inflation alors que la guerre en Iran fait flamber l'énergie dans un pays qui importe plus de 90 % de son brut depuis le Moyen-Orient. La décision a été prise à six voix contre trois — la plus grande division depuis l'arrivée du gouverneur Kazuo Ueda et la sortie des taux négatifs en 2016 — les trois dissidents demandant une hausse immédiate à 1 %. Le comité a relevé sa prévision d'inflation « cœur » (prix à la consommation hors produits frais) à 2,8 % pour l'exercice clos en mars 2027, contre 1,9 % en janvier, citant la hausse du brut qui pèse sur les marges des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages. Il prévoit aussi un ralentissement de la croissance cette année et estime que « les risques sur l'activité sont orientés à la baisse et ceux sur les prix à la hausse ». Capital Economics anticipe une nouvelle hausse en juin, sauf escalade au Moyen-Orient. Le yen s'est apprécié face au dollar après la décision, mais le Nikkei 225 — qui avait atteint un record absolu de 60 537 points lundi — a reculé d'environ 1 %, tandis que le Topix, plus exposé aux financières, a gagné 0,9 %. La ministre des Finances Satsuki Katayama a prévenu que le gouvernement était prêt à intervenir contre des mouvements brutaux de la devise, alors que le yen oscillait autour de 159,50 ¥ pour 1 dollar. La BoJ ouvre une semaine avec quatre grandes banques centrales en décision de taux : la Fed, la BCE et la Banque d'Angleterre devraient elles aussi temporiser. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Leo Lewis.
CATL — le premier fabricant mondial de batteries pour véhicules électriques — va lever 5 milliards de dollars à Hong Kong en émettant 62,4 millions d'actions supplémentaires à 626,92 dollars de Hong Kong (80 dollars US) pièce, soit une décote d'environ 10 % sur le cours moyen des cinq dernières séances. L'action chinoise a bondi de 40 % depuis l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, les investisseurs misant sur une accélération de la demande de véhicules électriques et d'énergies renouvelables sous l'effet du choc pétrolier mondial. Le placement secondaire augmentera le flottant de Hong Kong de 40 %. Mardi, l'action à Hong Kong a perdu 8 % et celle du continent 1,4 %. Cotée à Shenzhen depuis 2018, CATL avait ajouté l'an dernier une cotation à Hong Kong, levant plus de 5 milliards de dollars dans la deuxième plus grosse opération mondiale de 2025, mais le flottant H ne pesait encore que 3,7 % du total avant cette opération. Faute d'offre suffisante, les investisseurs étrangers privilégient les H shares, qui se traitent avec une prime sur les A shares du continent — un cas rare pour une entreprise chinoise. Brian Ho, analyste chez Bernstein, qualifie le timing de « très opportuniste ». CATL annonce que les fonds serviront à la R&D et à « la construction de projets globaux dans les nouvelles énergies ». Le groupe possède déjà des usines de batteries en Hongrie et en Allemagne, et en construit une en Espagne avec Stellantis ; les fonds levés à Hong Kong échappent au contrôle des changes chinois et peuvent être déployés à l'international. Horace Tse, de CLSA, s'interroge néanmoins sur la nécessité de cette levée « alors qu'ils ont du cash en main ». Source : Financial Times, 28 avril 2026, William Sandlund.
L'Indonésie est en passe de répéter avec l'aluminium ce qu'elle a réussi avec le nickel : un afflux massif d'investissements chinois en fait un producteur majeur, alors que la guerre en Iran tend l'offre mondiale. Selon Goldman Sachs, l'Indonésie représentera 5 % de la production mondiale d'aluminium primaire en 2030 (contre 1 % aujourd'hui) et 40 % de la croissance mondiale. Le Moyen-Orient pèse près de 10 % de l'offre mondiale, et la perturbation de la production a poussé les prix à des sommets inédits depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Le mécanisme est réglementaire. L'Indonésie a interdit en 2023 les exportations de bauxite — le minerai dont est tiré, après transformation en alumine, l'aluminium —, contraignant les producteurs à installer leurs usines de raffinage sur place, exactement comme pour le nickel : la part indonésienne du nickel raffiné mondial est passée de 6 % en 2015 à 65 % l'an dernier. Au même moment, Pékin avait imposé en 2017 un plafond domestique sur la production d'aluminium, poussant des géants chinois comme Shandong Nanshan Aluminium et Tsingshan à investir hors de Chine. La production indonésienne d'alumine est passée de 3,3 millions de tonnes en 2022 à 5,9 millions en 2025, selon CRU. JPMorgan prévoit désormais le plus gros déficit mondial d'aluminium primaire depuis 2000, avec des stocks « minces ». South32 a fermé sa fonderie Mozal au Mozambique le mois dernier, et Rio Tinto envisage la fermeture de Tomago en Australie, toutes deux pour cause de coûts de l'électricité trop élevés. Les nouvelles fonderies indonésiennes commenceront à entrer en service à partir de 2027, compensant en partie les pertes du Golfe mais ravivant la crainte d'une suroffre à moyen terme une fois la prime de guerre dissipée. Source : Financial Times, 28 avril 2026, William Sandlund, Camilla Hodgson, Edward White et A. Anantha Lakshmi.
Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc) prévoit d'investir « plusieurs dizaines de milliards de dollars » aux États-Unis pour bâtir une activité gaz naturel intégrée, dans une bascule de guerre destinée à réduire son exposition aux perturbations gazières du Golfe. XRG — le bras d'investissement international d'Adnoc, lancé il y a un an — étudie 29 transactions potentielles couvrant toute la chaîne du gaz, de l'amont aux gazoducs, en passant par le traitement, la liquéfaction et la regasification, indique son nouveau directeur des investissements Nameer Siddiqui. XRG détient déjà une participation dans l'usine GNL de Rio Grande au Texas. Les banques se retirant des nouveaux paris GNL américains par crainte d'une suroffre mondiale, les investisseurs moyen-orientaux ont une fenêtre de tir — même si XRG a manqué la vague de constructions déclenchée par la guerre en Ukraine et le retour de Donald Trump. Le bilan est mitigé : XRG a retiré en septembre une offre de 19 milliards de dollars sur l'australien Santos, mais a hérité d'Adnoc le rachat à 14,7 milliards d'euros de l'allemand Covestro et la fusion avec l'autrichien OMV qui a donné Borouge International. La presse rapporte que XRG s'intéresserait au projet North West Shelf en Australie, ce que Siddiqui n'a pas commenté. Stratégiquement, XRG resserre sa cible. Michele Fiorentino, à la tête de la division énergies, indique au FT que les paris sur l'hydrogène et la capture de CO₂ (CCUS) sont écartés faute de demande et de rentabilité ; la participation dans le projet hydrogène bas carbone d'ExxonMobil au Texas est gelée. Le nouveau mandat : exclusivement des actifs qui produisent, transportent ou utilisent du gaz naturel, y compris du GNL pour les marchés mondiaux et du gaz pour alimenter les data centers américains. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Jamie Smyth, Verity Ratcliffe et Olaf Storbeck.
Les compagnies aériennes européennes profitent du doublement du prix du kérosène lié à la guerre en Iran pour pousser l'UE et le Royaume-Uni à abandonner ou retarder des règles qu'elles combattent depuis des années — dont le projet d'autoriser chaque passager à embarquer deux bagages cabine gratuits. Les groupes de pression visent aussi les contributions environnementales, les indemnités passagers, la règle des créneaux aéroportuaires « use it or lose it », et la règle dite « anti-tankering » qui interdit aux compagnies de faire le plein de carburant moins cher hors UE. Le contexte financier est lourd. EasyJet a alerté sur une perte de printemps plus forte que prévu, Lufthansa a annulé 20 000 vols, Virgin Atlantic prévoit de peiner à atteindre la rentabilité en 2026. Le PDG de Wizz Air, József Váradi, lance : « Je n'ai pas déclenché la guerre en Iran. Pourquoi devrais-je en payer les conséquences ? » et réclame la suspension des règles d'indemnisation en cas de vol annulé pour pénurie de carburant. L'organisation Airlines 4 Europe demande la suspension temporaire de l'anti-tankering, plus de 50 jours après le début du conflit, en attendant la normalisation de l'approvisionnement. Le secteur aérien européen pèse plus de 5 millions d'emplois. Bruxelles n'a accordé pour l'instant que des assouplissements temporaires sur les créneaux, l'anti-tankering, les obligations de service public et les droits des passagers ; le commissaire aux Transports Apostolos Tzitzikostas refuse d'inviter à voler moins (« Pas besoin pour l'instant d'intervenir sur la façon dont les gens vivent, travaillent ou voyagent »). Le Royaume-Uni autorise déjà des dérogations à la règle des créneaux quand la pénurie de carburant cloue les avions au sol. La vraie question : un choc énergétique temporaire risque-t-il de servir de prétexte à un détricotage durable des protections passagers ? Source : Financial Times, 28 avril 2026, Peter Campbell et Ian Johnston.
Les Wall Street primary dealers — les grandes banques chargées de placer la dette américaine — détiennent plus de bons du Trésor américains qu'à tout moment depuis la crise financière mondiale, alors que la déréglementation de l'administration Trump les ramène sur le marché de 31 000 milliards de dollars de dette publique. Les stocks nets de Treasuries des primary dealers ont atteint en moyenne près de 550 milliards de dollars cette année, contre moins de 400 milliards en 2025, soit près de 2 % du marché total — la part la plus élevée depuis 2007. Le déclencheur est l'allègement de l'enhanced supplementary leverage ratio (eSLR), la règle qui oblige les plus grandes banques américaines à détenir un coussin de capital sur chaque actif de leur bilan, indépendamment de son risque. Les régulateurs ont finalisé cette détente fin 2025 sous l'impulsion de la gouverneure de la Fed Michelle Bowman, qui jugeait que les règles post-2008 avaient chassé les banques du marché de la dette publique et l'avaient rendu plus fragile. Morgan Stanley a indiqué ce mois-ci avoir mobilisé davantage de capital sur le trading de Treasuries grâce à la réforme. Les caveats demeurent. Les banques ne sont pas tenues d'animer le marché, et Jay Barry de JPMorgan rappelle qu'elles ne retrouveront pas leur place d'avant 2008 : les hedge funds et les traders à haute fréquence sont devenus des acteurs structurels. La détente s'inscrit dans une vague plus large de déréglementation aux États-Unis — celle qui a aussi nourri les rachats d'actions records du premier trimestre et la proposition, le mois dernier, de réduire encore les exigences en capital des plus grandes banques, compensant en partie la légère hausse de Bâle III Endgame. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Kate Duguid.
L'élite politique iranienne se fissure de nouveau, trois semaines après la mise en place d'un cessez-le-feu fragile avec les États-Unis et Israël. Les députés ultra-conservateurs proches de l'influente faction Paydari attaquent ouvertement le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a mené début avril les pourparlers avec le vice-président américain JD Vance au Pakistan. Leur exigence : que le programme nucléaire iranien reste hors négociation et que le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei — qui n'est plus apparu en public depuis le début de la guerre le 28 février, blessé selon des sources lors de la frappe qui a tué son père Ali Khamenei — soit obéi à la lettre. Lundi, 261 députés sur 290 ont signé un texte de soutien à Ghalibaf et aux négociateurs, mais les principaux membres de Paydari étaient absents. Un deuxième round prévu au Pakistan ce week-end a échoué, l'Iran exigeant la levée préalable du blocus américain sur le détroit d'Ormuz. Le président Donald Trump a annulé le déplacement de la délégation américaine et publié sur les réseaux sociaux que « personne ne sait qui dirige » en Iran. La ligne officielle reste l'unité : Ghalibaf, le président réformateur Masoud Pezeshkian et le chef de la magistrature ont publié un message commun affirmant qu'« en Iran, il n'y a ni durs ni modérés ». Les lignes rouges iraniennes n'ont pas bougé : levée du blocus américain, droit de prélever des taxes de transit dans le détroit d'Ormuz, droit d'enrichir l'uranium, et refus de transférer le stock d'uranium hautement enrichi aux États-Unis. Le premier round de pourparlers avait mobilisé une délégation iranienne de 70 personnes, signe d'une coordination réelle entre factions. Mais des diplomates étrangers soulignent que la mise à l'abri du Guide ralentit les décisions, et les réformateurs craignent que les durs ne fassent repartir la guerre si les pourparlers piétinent. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Najmeh Bozorgmehr et Andrew England.
L'élite économique hongroise prend rapidement ses distances avec le réseau du Premier ministre sortant Viktor Orbán, quelques semaines après la victoire écrasante du parti Tisza de Péter Magyar aux législatives. Magyar, ancien initié du régime devenu opposant en 2024, promet de poursuivre les responsables et dirigeants accusés de corruption au sein du « système de coopération nationale » qui récompensait les fidèles. Plusieurs familles d'oligarques auraient déjà commencé à délocaliser, à mettre leurs actifs à l'abri, à retirer leurs enfants de l'école et à recruter des agents de sécurité privés en vue d'un départ. Magyar a notamment ciblé l'ami d'enfance d'Orbán, Lőrinc Mészáros, l'homme le plus riche de Hongrie, qui se préparerait à s'installer à Dubaï avec sa famille — la société Mészáros Group dit avoir écrit à Magyar pour « apaiser la situation », et le FT n'a pas pu vérifier les informations sur le déménagement. Plus tôt en avril, Magyar avait visé Ádám Matolcsy, fils de l'ex-gouverneur de la banque centrale György Matolcsy, dont les sociétés sont accusées d'avoir détourné plus d'un milliard d'euros de la banque centrale en une décennie ; père et fils nient. Magyar a indiqué qu'il demanderait aux Émirats arabes unis l'extradition d'Ádám « par des mesures coercitives s'il le faut », alors qu'aucun traité n'existe entre les deux pays. Le gendre d'Orbán, István Tiborcz, qui s'est installé à New York en 2025, dit conserver ses activités en Hongrie via son véhicule d'investissement BDPST. Ce nettoyage est aussi une condition pour débloquer plusieurs dizaines de milliards d'euros de fonds européens gelés par Bruxelles pour cause de corruption. L'investisseur Dániel Jellinek, fondateur d'Indotek, qui a soldé en 2024 ses participations dans Waberer's Group lié à Orbán, dit que son téléphone « a explosé » le soir des élections de la part de fonds étrangers de private equity qui veulent revenir en Hongrie « parce que la Hongrie est bon marché ». Sándor Csányi, président d'OTP et ami de longue date d'Orbán, dit ne rien craindre, « contrairement à ceux qui ont obtenu des contrats sans appels d'offres normaux ». Source : Financial Times, 28 avril 2026, Marton Dunai.
Airbus a livré 114 avions commerciaux au premier trimestre 2026, soit 22 de moins qu’un an plus tôt et 29 de moins que son concurrent Boeing en plein redressement. Le chiffre d’affaires consolidé recule de 7 % à 12,7 Mds €, et le bénéfice net tombe à 300 M €, contre 624 M € il y a un an. Les résultats sont inférieurs aux attentes des analystes (résultat d’exploitation ajusté de ~512 M € sur ~12,87 Mds € de revenus). L’avionneur invoque la pénurie de moteurs Pratt & Whitney et des défauts de fuselage signalés en décembre dernier (provenant d’un sous-traitant espagnol). Le bénéfice d’exploitation ajusté de la branche commerciale chute de 84 %, à 81 M €, pénalisé aussi par un taux de couverture défavorable face à la dépréciation du dollar. La filiale Défense et Espace, à l’inverse, voit ses bénéfices progresser de 69 % et son chiffre d’affaires atteindre 2,8 Mds € (+7 %), porté par la hausse mondiale des dépenses militaires. Une livraison de 20 avions à des clients chinois, retardée par un blocage administratif, est désormais résolue. Avec un carnet de commandes record de 9 037 avions commerciaux à fin mars, Airbus maintient inchangées ses prévisions 2026 : objectif de 870 livraisons, ce qui dépasserait le record prépandémie de 863 appareils livrés en 2019. « Nous progressons » avec Pratt & Whitney sans accord encore signé, indique le PDG Guillaume Faury. Source : Les Echos, 28 avril 2026, Charles Plantade.
Bill Ackman touche au but pour l’introduction en Bourse longtemps désirée de Pershing Square, avec une levée de 5 Mds $ — soit la moitié du haut de fourchette à 10 Mds $ — après un échec en 2024. L’opération couvre conjointement un nouveau fonds fermé, Pershing Square USA, et la société de gestion du hedge fund ; les actions doivent débuter leur cotation mercredi. La levée concrétise un effort de plusieurs années pour sécuriser des capitaux permanents et bâtir ce qu’Ackman décrit comme « un Berkshire Hathaway des temps modernes ». Les souscripteurs reçoivent des actions bonus de la société de gestion pour participer, ce qui leur ouvre l’accès aux revenus de frais. Le format réduit — contre un objectif initial de 25 Mds $ en 2024 — traduit le scepticisme persistant à l’égard des fonds fermés, qui se négocient structurellement avec une décote sur leur actif net. Fin mars, Pershing Square Holdings, le véhicule londonien d’Ackman, valait environ 9 Mds $ pour 16 Mds $ d’actifs sous gestion. Selon deux sources, au moins 80 % des 5 Mds $ levés provient d’investisseurs institutionnels, alors même qu’Ackman avait courtisé le grand public via une interview avec le PDG de Robinhood. Ackman multiplie les opérations — il a notamment pris le contrôle effectif du groupe immobilier Howard Hughes Holdings — avec des résultats inégaux : son hedge fund phare était en baisse de plus de 2 % depuis le début de l’année au 21 avril. Le nouveau véhicule garantit à Pershing Square un flux régulier de frais quelle que soit la performance, répondant au problème de capitaux permanents qui freinait la plateforme. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Amelia Pollard et Costas Mourselas.
Le britannique RAC, prestataire de services automobiles, a reporté à la fin 2026 son projet d’introduction en Bourse à Londres, prolongeant la sécheresse des cotations dans la capitale britannique alors que la volatilité des marchés perturbe les calendriers. L’opération, qui vise une valorisation d’environ 5 Mds £, était initialement envisagée au premier semestre. Le RAC — détenu par CVC Capital Partners, le fonds singapourien GIC et Silver Lake Partners — comptait plus de 15,5 millions de membres fin 2025 et a publié 840 M £ de chiffre d’affaires et 329 M £ de résultat ajusté (+12 % sur un an). Un pool de neuf banques et le conseil Lazard ont été mandatés ; le groupe se concentre désormais exclusivement sur l’IPO, écartant l’hypothèse d’une cession. Son rival le plus proche, AA, prépare au contraire une cession potentielle d’environ 5 Mds £ et a suscité l’intérêt de fonds de private equity. D’autres cotations londoniennes ont également glissé : le groupe nordique de logiciels Visma reporte son IPO de 19 Mds € après une vague de ventes dans le secteur, et Loveholidays — pressentie comme la première grande cotation londonienne 2026 — a aussi décalé ses débuts. Parmi les sociétés qui poursuivent leur projet londonien : Waterstones (détenue par Elliott Management) vient de recruter ses banques, et l’unité de mobile money d’Airtel Africa pourrait s’y inscrire après que la guerre en Iran a perturbé son plan initial au Moyen-Orient. AS Watson, la filiale santé-beauté de CK Hutchison (qui regroupe notamment Superdrug), envisage Londres en cotation secondaire à côté d’une cotation principale à Hong Kong. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Kieran Smith, Ashley Armstrong et Ivan Levingston.
Aucun article dans cette rubrique le 28 avril 2026.
La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque du Japon, la Banque d'Angleterre et la Banque du Canada devraient toutes maintenir leurs taux cette semaine, faute de visibilité sur l'inflation en pleine guerre en Iran et avec un pétrole devenu hautement volatil. C'est le deuxième grand choc énergétique en cinq ans, et les banquiers centraux redoutent de revivre l'erreur de 2021-2022, où ils avaient réagi trop tard. La Fed votera mercredi avec une fourchette inchangée de 3,5 % à 3,75 %, alors que l'inflation PCE sous-jacente atteignait encore 2,8 % en février. La BCE, à 2 %, est la seule grande banque centrale occidentale à avoir ramené l'inflation à la cible ; les marchés y intègrent encore deux hausses cette année, mais le chef économiste Philip Lane prévient qu'aucun jugement n'est possible avant juin. La BoJ devrait laisser son taux directeur autour de 0,75 % plutôt que de procéder à la hausse anticipée, et la BoE n'est pas pressée de bouger son 3,75 %. Les responsables s'appuient désormais sur des scénarios plutôt que sur une prévision centrale, en partie parce que les messages de Donald Trump sur la guerre déstabilisent eux-mêmes le marché pétrolier. Le gouverneur de la Fed Chris Waller a alerté qu'un choc prolongé risque d'ancrer durablement des anticipations d'inflation plus élevées. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Sam Fleming, Olaf Storbeck, Claire Jones et Leo Lewis.
Les Émirats arabes unis ont exigé le remboursement immédiat de 3,5 milliards de dollars à Pakistan, soit environ un cinquième des réserves de la banque centrale d'Islamabad. Le rappel a pris de court le ministère pakistanais des Finances comme le FMI : Abou Dhabi avait promis au Fonds de ne pas demander le remboursement avant la fin du programme d'aide de 7 milliards de dollars accordé en 2024, qui court jusqu'en 2027. L'Arabie saoudite est intervenue avec 3 milliards de dollars de nouveaux dépôts à la banque centrale pakistanaise et a prolongé de plus d'un an une ligne existante de 5 milliards. Officiels pakistanais et analystes lisent ce geste comme une sanction d'Abou Dhabi : Islamabad a tenté de jouer les médiateurs dans la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran au lieu de s'aligner sur la position du Golfe. C'est aussi un nouveau signe du fossé croissant entre Riyad et Abou Dhabi. Arabie saoudite et Pakistan ont signé un pacte de défense mutuelle en septembre ; le rapprochement parallèle entre les Émirats et l'Inde se situe sur l'autre côté de cette ligne de faille. Un projet de conversion de 1 milliard de dollars de dette en investissements dans la Fauji Foundation, conglomérat lié à l'armée pakistanaise, a été abandonné et l'argent rendu. Le Pakistan dispose désormais d'environ 16 milliards de dollars de réserves, dont les dépôts saoudiens représentent à peu près la moitié — un niveau de dépendance que des conseillers pakistanais et des analystes extérieurs jugent risqué, compte tenu du resserrement budgétaire à Riyad. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Humza Jilani et Andrew England.
Goldman Sachs relève ses prévisions de pétrole, la perturbation au Moyen-Orient durant plus longtemps que prévu. La banque table désormais sur un baril de Brent — référence internationale — à environ 90 dollars en moyenne au quatrième trimestre, contre 80 auparavant, et sur un WTI américain à 83 dollars, contre 75. Elle a repoussé son hypothèse de normalisation des exportations moyen-orientales de la mi-mai à fin juin, et estime que la crise a réduit les stocks pétroliers de jusqu'à 12 millions de barils par jour en avril. Le Brent dépassait 106 dollars lundi, en hausse de plus de 20 % depuis le 17 avril, date à laquelle les négociations de paix États-Unis–Iran se sont enlisées et où Washington a imposé son propre blocus naval du détroit d'Ormuz, en parallèle de celui de Téhéran. Le Brent avait atteint près de 120 dollars début mars. Détail crucial : la courbe reste inclinée à la baisse — les contrats Brent de décembre s'échangent autour de 84,80 dollars — signe que le marché continue d'anticiper une atténuation. Goldman évoque une « cicatrice » durable d'environ 500 000 barils par jour de capacité de production dans le Golfe, surtout en Irak. Malgré le choc, les actions ont monté : le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont clôturé à des records vendredi, portés par de bons résultats. Goldman avertit que l'effet économique sera plus large que le seul prix affiché, du fait des pénuries de produits raffinés et de l'ampleur inédite du choc, et signale le risque de restrictions américaines à l'exportation qui creuseraient l'écart Brent-WTI. Source : Financial Times, 27 avril 2026, William Sandlund.
Onze ans après sa création, OpenAI affiche une valorisation record de 852 milliards de dollars (725 milliards d'euros) après une levée de 122 milliards début avril, mais sa préparation à l'introduction en Bourse vire au casse-tête. Le créateur de ChatGPT prévoit d'investir 600 milliards de dollars en quatre ans dans des centres de données, alors que la rentabilité n'est pas attendue avant 2030 et qu'Anthropic est en passe de le dépasser sur les revenus en entreprise. Le chiffre d'affaires devrait plus que doubler en 2026 à 30 milliards de dollars (contre 13,5 milliards en 2025), porté par 900 millions d'utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT. Mais en interne la directrice financière Sarah Friar, ex-Goldman Sachs et habituée des introductions en Bourse, est en froid avec Sam Altman sur la soutenabilité des dépenses et le calendrier d'IPO. La française Fidji Simo, nouvelle directrice des applications, a déjà débranché Sora, le réseau social de vidéo IA, et annulé le projet de centres de données au Royaume-Uni. Les grandes entreprises pèsent désormais 40 % du chiffre d'affaires, attendues à 50 % en fin d'année. Codex, le concurrent de Claude Code d'Anthropic, est passé de 3 à 5 millions d'utilisateurs en quelques semaines. S'y ajoute le procès intenté par Elon Musk, qui s'est ouvert lundi 27 avril à Oakland en Californie devant la juge Yvonne Gonzalez Rogers : le patron de xAI réclame une révision des statuts d'OpenAI qui pourrait retarder l'IPO de plusieurs mois. L'ancien ingénieur Ilya Sutskever et l'ex-CTO Mira Murati doivent témoigner, alimentant une série de critiques contre Sam Altman. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Florian Dèbes.
De grands investisseurs en capital-investissement — dont un fonds souverain et l'un des plus grands fonds de pension publics américains — alertent : certains de leurs pairs valident un peu vite les opérations où les fonds de buyout se vendent des actifs à eux-mêmes via des « fonds de continuation ». Un fonds de continuation est un véhicule créé par le gérant de private equity pour racheter un actif à l'un de ses anciens fonds, ce qui lui permet de conserver l'actif plutôt que de le vendre à un tiers. L'inquiétude porte sur le « limited partner advisory committee », ce petit comité de souscripteurs qui vote ces ventes. Il compte de plus en plus d'institutions qui possèdent aussi une activité de secondaires et financent les fonds de continuation — autrement dit, le même investisseur se retrouve des deux côtés de la transaction. Un investisseur décrit certains membres récents comme « quasi-initiés ». Les LP citent notamment Hamilton Lane, HarbourVest et Partners Group, qui exercent ces deux métiers ; aucune de ces sociétés n'est accusée de faute. Le phénomène a explosé : les fonds de continuation ont représenté environ un cinquième de toutes les sorties du private equity l'an dernier, avec plus de 100 milliards de dollars vendus dans le monde, contre environ 70 milliards en 2023 et 7 milliards ou moins en 2015 selon Jefferies. L'Institutional Limited Partners Association vient de publier des recommandations exigeant des fonds de buyout qu'ils déclarent toute incitation annexe — y compris des engagements sur de futurs fonds — incluse dans les offres sur un fonds de continuation. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Alexandra Heal.
L'allemand SAP, deuxième groupe technologique européen en capitalisation boursière, lance lundi en France une offre de cloud dite « souveraine » avec S3ns (prononcer « sens »), la coentreprise de Thales et de Google Cloud. Les clients de SAP pourront migrer leurs systèmes directement sur la plateforme de S3ns, qualifiée SecNumCloud par l'ANSSI en décembre dernier — un label qui certifie une offre cloud « de confiance », recommandée notamment par l'État pour les données sensibles. Thales fait office de « client zéro » de cette offre, qui sera disponible d'ici la fin de l'année. Le groupe français y voit un moyen d'accélérer sa montée en puissance dans la défense et la cybersécurité, secteurs où il opère encore beaucoup en interne. Pour SAP, l'enjeu est d'accélérer la migration vers le cloud de clients réticents, en particulier dans les secteurs réglementés. Le groupe avait déjà annoncé un partenariat à Berlin avec Mistral, et s'est associé en début d'année avec le cloud Bleu (Orange, Capgemini, Microsoft). Le contexte joue pour SAP. Thomas Saueressig, membre du comité exécutif, cite explicitement le Cloud Act américain — cette loi extraterritoriale qui permet aux autorités américaines d'exiger des données détenues par toute société de droit américain — comme déclencheur des discussions « au cœur des conseils d'administration » européens. Il plaide pour une « union numérique » européenne, dénonçant l'absurdité économique de vingt-sept clouds nationaux. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Joséphine Boone.
Les deux développeurs solaires français GreenYellow et Reden Solar ont levé près de 2 milliards d'euros de dette en cumulé, dans un marché photovoltaïque par ailleurs en plein doute après les menaces de moratoire de l'an dernier et la nouvelle Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) jugée moins ambitieuse. Les deux entreprises veulent financer de nouvelles centrales et installations de stockage par batterie, surtout en France, mais aussi des acquisitions ciblées et, pour Reden, le refinancement de projets existants. GreenYellow, spécialiste des installations solaires sur grandes toitures, annonce un refinancement de 824 millions d'euros sous forme de crédit renouvelable, apporté par neuf banques commerciales, un fonds de dette et Bpifrance. Le groupe dispose désormais de plus de 800 millions d'euros de revolver à cinq ans, contre 600 millions auparavant, à de meilleures conditions. Il a aussi signé une dette senior de 400 millions d'euros sur vingt ans pour son portefeuille historique. Reden Solar a bouclé la semaine précédente 1,055 milliard d'euros menés par Natixis et Crédit Agricole CIB, dont 700 millions sur quinze ans pour refinancer ses actifs et 250 millions de revolver, sa première ligne de ce type. Tous deux profitent d'actionnaires solides — Ardian chez GreenYellow depuis 2022, Macquarie chez Reden — qui rassurent les banques. Mais le contexte se tend : Reden a gelé 20 recrutements de développeurs et compte se redéployer en Italie, en Espagne et en Allemagne, alors qu'environ 90 % de ses contrats français dépendent d'appels d'offres publics qui vont diminuer. GreenYellow, lui, s'oriente vers des contrats long terme d'autoconsommation avec des entreprises. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Amélie Laurin.
Selon le média américain Axios, l'Iran a soumis à Washington une proposition pour mettre fin à la guerre commencée le 28 février : la réouverture du détroit d'Ormuz contre une mise entre parenthèses des discussions sur le nucléaire, traitées dans un second temps. Ce nouveau plan doit être examiné lundi à Washington lors d'une réunion entre Donald Trump et ses principaux conseillers de sécurité. Le détroit d'Ormuz reste paralysé par un double blocus iranien et américain, alors qu'y transitent en temps normal environ 20 % du brut mondial. Le contexte tactique se durcit. Le commandement central américain de la marine (CENTCOM) affirme avoir refoulé 38 navires des ports iraniens dans la nuit. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Saint-Pétersbourg lundi matin pour rencontrer Vladimir Poutine, en mettant en avant la « priorité » donnée par Téhéran à ses voisins du Golfe. Trump, lui, a annulé samedi le déplacement au Pakistan de son gendre Jared Kushner et de son envoyé spécial Steve Witkoff, lançant à la télévision : « Nous avons toutes les cartes en main. » Les marchés réagissent. Lundi en début d'échanges en Asie, le Brent gagnait 2,28 % à 107,73 dollars, le WTI 2,21 % à 96,48 dollars. L'or perdait 0,2 % à 4 700 dollars l'once, et le moral des ménages allemands plongeait à -33,3 (-5,2 sur un mois), au plus bas depuis février 2023, plombé par la guerre. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Claude Fouquet.
La Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), principal régulateur économique chinois, a ordonné à Meta d'annuler son acquisition de 2 milliards de dollars de l'application d'intelligence artificielle Manus. L'intervention, exceptionnelle à un stade aussi tardif, intervient à moins de trois semaines d'un sommet attendu entre Donald Trump et Xi Jinping. L'opération avait été annoncée en décembre et bouclée début 2026 ; Meta avait déjà commencé à intégrer le logiciel de Manus dans ses propres produits. Manus a été fondée en Chine en 2022 par Butterfly Effect avant de transférer son siège et ses équipes clés à Singapour en 2025, à la suite d'un tour de table mené par le fonds américain Benchmark Capital. Pékin demande aux parties d'inverser totalement la transaction — restitution des capitaux, réinscription au registre et arrêt de l'utilisation par Meta de l'algorithme Manus — et a évoqué des sanctions, des restrictions commerciales et de possibles poursuites pénales en cas de refus. L'enquête, ouverte en janvier, mobilise les règles d'investissement étranger, le droit de la concurrence et le contrôle des exportations ; en mars, deux cofondateurs de Manus avaient été interdits de quitter la Chine. Selon des proches du dossier cités par le FT, démêler une opération déjà bouclée est « difficile » et la décision sert avant tout d'avertissement. C'est la seconde fois en quelques mois que Pékin tente de remodeler une transaction étrangère majeure, après la vente par CK Hutchison de 43 ports à un consortium piloté par BlackRock, où les autorités avaient poussé l'entrée d'un coactionnaire chinois. Le signal politique est clair : tout actif d'IA d'origine chinoise, même hébergé hors de Chine, reste politiquement contesté. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Arjun Neil Alim et Tim Bradshaw.
Shell a annoncé l'achat d'ARC Resources, producteur de gaz de schiste basé à Calgary, pour 16,4 milliards de dollars : c'est sa plus grosse acquisition depuis le rachat de BG Group il y a dix ans. Le prix se décompose en 13,6 milliards de dollars (dont les trois quarts en actions Shell) plus 2,8 milliards de dollars de dette reprise, soit une prime de 20 % sur le cours récent d'ARC, stable en 2026 mais multiplié par trois en cinq ans. Pour Shell, c'est un demi-tour sur le schiste nord-américain : le groupe avait cédé en 2021 ses actifs du bassin Permien à ConocoPhillips pour 9,5 milliards de dollars, et son directeur général Wael Sawan, en poste depuis 2023, s'était jusqu'ici tenu à l'écart des grosses opérations, y compris un rachat de BP plusieurs fois évoqué. L'acquisition ajoute 370 000 barils de pétrole et de gaz par jour, fait passer la croissance annuelle de production de 1 % à 4 % et apporte 2 milliards de barils de réserves prouvées et probables. ARC produit surtout du gaz et du condensat (un liquide léger utilisé en raffinage et pour fabriquer de l'éthylène), une matière première qui peut alimenter LNG Canada, l'usine de gaz naturel liquéfié de 40 milliards de dollars dont Shell détient 40 %. Le secteur pétrolier canadien vit une année exceptionnelle — Enverus attend 90 milliards de dollars canadiens (66 milliards de dollars US) de bénéfices si le baril reste au-dessus de 100 dollars. Shell contrôle plus de 30 % de la capacité mondiale de GNL et reste le premier négociant. ARC a bondi de 22 % à 31,51 dollars canadiens à l'annonce ; Shell est restée stable. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Malcolm Moore, Jamie Smyth et Ilya Gridneff.
Jain Global, le hedge fund multi-stratégies fondé en 2024 par Bobby Jain (ancien co-directeur des investissements de Millennium), prévoit de rendre les capitaux extérieurs à ses investisseurs au troisième trimestre 2026 et de gérer désormais des fonds exclusivement pour Millennium. Annoncé dans un mémo interne, le tour de vis met fin à l'un des lancements de hedge funds les plus ambitieux de la décennie. Le fonds gère aujourd'hui environ 6 milliards de dollars — loin de l'échelle des géants Citadel et DE Shaw, qui pèsent plusieurs dizaines de milliards — et n'affiche que 0,6 % de performance depuis le début de l'année, dans un contexte de marchés très volatils à cause de la guerre en Iran. Bobby Jain a présenté l'opération à ses équipes comme une accélération : « Dans cette industrie, l'échelle est primordiale. Nous l'avons toujours su et nous avons pris le chemin le plus difficile pour y parvenir. Millennium vient de raccourcir le calendrier. » Le fonds avait obtenu 5,3 milliards de dollars d'engagements à son lancement, en structure de tirage progressif (capitaux appelés par tranches plutôt qu'en bloc), recruté plus de 200 professionnels de l'investissement et démarré avec sept divisions simultanément. Ce socle de coûts, face à des rendements minces, a rendu la vie indépendante difficile. Millennium, fondé en 1989 et gérant plus de 84 milliards de dollars, a déjà signé des accords similaires avec des gérants externes — notamment le fonds quantitatif WorldQuant. L'accord transforme Jain Global en pod quasi captif : externe en façade, mais financé et avec un seul client de fait, Millennium. Le signal envoyé à l'industrie est qu'il devient quasi impossible de monter un nouveau multi-stratégies indépendant. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Amelia Pollard et Costas Mourselas.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que les États-Unis sont « humiliés » par l'Iran et qu'il ne voit « aucune stratégie de sortie » à la guerre du Moyen-Orient — une charge inhabituelle de la part d'un atlantiste convaincu, qui traduit une exaspération européenne croissante envers Washington. Lors d'une visite scolaire dans l'ouest de l'Allemagne lundi, il a estimé que les États-Unis « sont visiblement entrés dans cette guerre sans aucune stratégie » et n'ont « pas non plus de stratégie réellement convaincante dans les négociations », tandis que les Iraniens « négocient très habilement — ou ne négocient très habilement pas ». Le contexte économique allemand est sombre. Berlin a divisé par deux sa prévision de croissance 2026 à 0,5 % à cause de la guerre en Iran, ce qui condamne le pays à une quatrième année consécutive de stagnation malgré un vaste plan d'infrastructures et de défense. La coalition Merz a adopté un paquet de 1,6 milliard d'euros pour amortir la flambée des prix du carburant chez les ménages. Les sondages donnent l'AfD d'extrême droite à 27 %, devant la CDU du chancelier. Le ministre de la Défense Boris Pistorius a même dit, après la demande de Trump à l'Otan d'aider à sécuriser le détroit d'Ormuz, que la guerre en Iran « n'est pas notre guerre » ; Merz a depuis promis des chasseurs de mines, mais seulement après un cessez-le-feu. Le chancelier s'inquiète aussi que la guerre en Iran ampute les livraisons d'armes américaines à l'Ukraine. Il a évoqué les leçons d'« Afghanistan, pendant 20 ans » et de l'Irak : « Le problème dans ce genre de conflit, c'est qu'il ne suffit pas d'y entrer, il faut aussi en sortir. » Source : Financial Times, 27 avril 2026, Anne-Sylvaine Chassany.
La marketplace de seconde main lituanienne Vinted a bouclé une vente secondaire d'actions de 880 millions d'euros sur la base d'une valorisation de 8 milliards d'euros, soit 60 % de plus que le tour de table de 2024 piloté par TPG (5 milliards d'euros). Les nouveaux entrants Teachers' Venture Growth et Schroders Capital rejoignent EQT, déjà actionnaire, aux côtés de BlackRock, Lombard Odier et Pinegrove Opportunity Partners. L'opération a permis à des actionnaires historiques et à des salariés de céder une partie de leurs titres. Aucun capital primaire n'a été levé. L'économie de Vinted ressemble désormais à celle d'une plateforme rentable plus qu'à celle d'une marketplace en phase de start-up. Le volume brut d'affaires (GMV — la valeur totale des biens vendus sur la plateforme) a atteint 10,8 milliards d'euros en 2025, en hausse de 47 % sur un an. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 1,1 milliard d'euros et le résultat net à 62 millions d'euros — des marges encore minces mais une inflexion nette. Le directeur financier Maurizio D'Arrigo a déclaré au FT que l'entreprise « fonctionne déjà en interne comme une société cotée » et serait « prête à y aller » quand les conditions le permettront, sans engagement de calendrier. Fondée en 2008, Vinted s'est étendue du vêtement aux livres, jouets et jeux vidéo, et a construit ses propres infrastructures de livraison et de paiement (elle a obtenu en mars une licence d'établissement de monnaie électronique au Royaume-Uni — autorisation de fournir des services de paiement et de détenir des soldes clients). La consolidation s'accélère : eBay a accepté de racheter Depop à Etsy pour 1,2 milliard de dollars cette année. Vinted teste désormais des échanges Londres–New York mais traite les États-Unis « comme un test, pas une expansion à grande échelle ». Source : Financial Times, 27 avril 2026, Ivan Levingston.
Huit semaines après le début de la guerre en Iran et alors que les négociations sont au point mort, le Trésor américain a placé le 24 avril Hengli, deuxième plus gros groupe pétrochimique privé chinois, sur sa liste noire. L'opération, baptisée « Economic Fury » en clin d'œil à la campagne militaire « Epic Fury », vise aussi quarante pétroliers — souvent détenus par des sociétés basées à Hong Kong — accusés d'avoir acheminé du pétrole iranien vers la Chine ou des pays tiers. Concrètement, ces sanctions gèlent les actifs américains de Hengli et de ses filiales contrôlées à plus de 50 %, et coupent ces entités du système financier américain. Les banques et les fournisseurs étrangers qui continueraient à travailler avec elles s'exposent à des sanctions secondaires. Hengli — un conglomérat de 230 000 salariés actif dans la pétrochimie, le textile, la céramique, le tourisme et la construction navale, et l'une des plus grandes « raffineries-théières » du pays (les raffineries privées qui traitent 25 % à 30 % du pétrole chinois selon Wood Mackenzie) — aurait reçu plus de 5 millions de barils de brut iranien depuis 2023, pour des « milliards de dollars », et aurait financé l'armée iranienne via la Sepehr Energy Nama Pars Company pour « plusieurs centaines de millions de dollars ». Hengli juge ces accusations « sans fondement » et indique disposer de trois mois de stocks. L'impact financier a été immédiat : Hengli Petrochemical Refinery a perdu 10 % en Bourse lundi (le maximum autorisé), le groupe règlera désormais ses commandes en yuan, et deux clients asiatiques auraient déjà annulé. Donald Trump est attendu en Chine les 14 et 15 mai. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Raphaël Balenieri.
La 11e conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) s'est ouverte ce 27 avril au siège de l'ONU à New York. Signé par 191 pays — dont l'Iran —, le TNP est entré en vigueur en 1970 et reste l'un des rares textes universels de maîtrise des armements encore debout, alors que les autres traités importants (New Start sur les têtes nucléaires entre les États-Unis et la Russie, FNI sur les missiles à portée intermédiaire) ont été dénoncés ou expirés. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a affirmé que « la France ne laissera pas cet édifice vaciller », alors que « jamais le risque de prolifération nucléaire n'a été aussi élevé ». La Chine a fait passer son arsenal de moins de 300 têtes il y a trois ans à entre 600 et 1 000 aujourd'hui, sans transparence ; la Russie multiplie les menaces nucléaires depuis sa guerre contre l'Ukraine ; les États dotés ont investi 100,2 milliards de dollars en 2024 pour moderniser leurs arsenaux selon ICAN. Les conférences précédentes (2015 et 2022) n'ont pas réussi à produire de déclaration commune et personne n'attend d'avancée à New York cette année. Sur le terrain diplomatique, la France pousse son concept de « dissuasion nucléaire avancée » présenté par Emmanuel Macron à l'Île Longue le 2 mars : huit pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Pays-Bas, Pologne, Suède, Royaume-Uni) sont en discussion intense avec Paris pour s'en rapprocher. L'Arabie saoudite, elle, a signé un pacte de défense avec le Pakistan, puissance nucléaire non signataire du TNP. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Anne Bauer.
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Transavia, la filiale à bas coûts du groupe Air France-KLM, va annuler une partie de ses vols prévus en mai et juin afin de contenir ses coûts face à la flambée du kérosène liée à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué dimanche un porte-parole à l'AFP. Les annulations concernent « moins de 2 % du programme de vols » sur la période. Les clients touchés sont prévenus individuellement par SMS et e-mail, et bénéficient au choix d'un report sans frais, d'un avoir ou d'un remboursement intégral. Pour la majorité des vols supprimés, une solution de réacheminement est proposée dans les 24 heures. Le contexte sectoriel est tendu. L'Europe importe normalement la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe ; or, depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l'Iran fin février, le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du brut mondial, est paralysé. À Bruxelles, le commissaire européen Dan Jorgensen estime que l'Union européenne « s'approche très rapidement » d'une crise d'approvisionnement, avec un été marqué par « des billets plus chers et des annulations ». L'IATA, l'organisation mondiale des compagnies aériennes, a appelé le 17 avril à coordonner un éventuel rationnement. Transavia, comme d'autres compagnies, a déjà appliqué une hausse de tarifs d'environ 10 euros par aller-retour. Côté français, le gouvernement, par la voix de Maud Bregeon (Énergie) et Maud Bregeon (porte-parole du gouvernement), n'a pas constaté de difficulté immédiate, mais se dit prêt à libérer une partie des stocks stratégiques en cas de problème de volume. Source : Le Monde avec AFP, 26 avril 2026.
L'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, lui-même brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront sur une liste commune lors des prochaines élections législatives prévues en octobre, ont-ils annoncé dimanche. Le nouveau parti, baptisé « Beyahad » (« ensemble »), sera dirigé par Bennett, classé à droite, et soutenu par Lapid, qui appartient au camp centriste. Selon les sondages, Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre Benyamin Nétanyahou. Bennett a promis, en cas de victoire, de nommer une commission nationale d'enquête sur les défaillances qui ont conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel. « Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête », a déclaré Lapid, défendant la cohérence d'une alliance allant du centre à la droite contre Nétanyahou. Bennett et Lapid avaient déjà formé ensemble un gouvernement d'union large en juin 2021, auquel a succédé fin 2022 la coalition actuellement au pouvoir. Sur le plan biographique, Bennett, 54 ans, ancien officier commando devenu entrepreneur high-tech, avait revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros). Lapid, 62 ans, est le fils de l'auteure Shoulamit Lapid et du journaliste et ancien ministre Tommy Lapid, rescapé de la Shoah. Journaliste vedette de la télévision, il avait fondé en 2012 le parti Yesh Atid (« Il y a un futur »), devenu rapidement la deuxième formation du pays. Source : Le Monde avec AFP, 26 avril 2026.
Arabelle Solutions, filiale d'EDF spécialisée dans les turbines et circuits pour réacteurs nucléaires, va investir 100 millions d'euros à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) pour internaliser la production des échangeurs thermiques destinés aux six futurs réacteurs EPR2 français. Le projet, dévoilé lundi par le ministre de l'Industrie Sébastien Martin et la ministre de l'Énergie Maud Bregeon, doit créer 160 emplois. Les travaux démarreront début 2027 sur l'ancienne friche de l'usine Nordeon/Philips, et la production des grands réchauffeurs et sécheurs surchauffeurs — cylindres de 25 mètres pesant entre 220 et 270 tonnes — débutera en 2030. Le calendrier ne couvre pas la première paire d'EPR2 prévus à Penly (Seine-Maritime), dont la mise en service est désormais reportée à 2038. EDF assure néanmoins qu'Arabelle « fournira les échangeurs des six premiers réacteurs », sans préciser les sites de production. À côté de Chalon, l'industriel a déjà engagé une extension à 350 millions d'euros de son usine historique de Belfort, qui fabriquera des turbines pour les réacteurs britanniques d'EDF, pour Westinghouse en Pologne et pour les EPR2. Arabelle prévoit de recruter 600 personnes par an d'ici à 2030, dont 70 % en France. Le choix de Chalon répond aussi à une logique d'écosystème : Framatome (ex-Areva NP) y emploie déjà 1 300 personnes, et plusieurs milliers en Saône-et-Loire (forge du Creusot, usine de Saint-Marcel). Les deux groupes se sont engagés à ne pas se débaucher mutuellement par un « gentlemen's agreement », alors que la filière nucléaire française prévoit 100 000 embauches d'ici à 2035 (Gifen). Source : Les Echos, 26 avril 2026, Amélie Laurin.
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Mediterranean Shipping Company, premier armateur de porte-conteneurs au monde, vient officiellement de transmettre le contrôle de l'entreprise par son fondateur Gianluigi Aponte, 85 ans, à ses deux enfants : Diego (directeur général) et Alexa (directrice financière). Personne dans le secteur ne s'attend à ce qu'Aponte se retire vraiment : il tient toujours, à Genève, des réunions avec ses dirigeants le samedi matin, et des appels quotidiens avec ses courtiers. Sa fortune personnelle est estimée à 44 milliards de dollars par Forbes. Parti d'un seul navire d'occasion en 1970, MSC est devenu un groupe familial de près de 800 navires contrôlant environ 20 % du marché mondial du conteneur — il a dépassé Maersk en 2022. La diversification s'accélère. Juste avant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, MSC a acquis 50 % du sud-coréen Sinokor, qui a ensuite acheté pour environ 5,4 milliards de dollars de pétroliers au premier trimestre — un timing remarquable, les taux de fret des plus grands tankers étant désormais à 200 000 dollars par jour, contre 40 000 un an plus tôt. Le groupe attend par ailleurs la finalisation d'un accord à 23 milliards de dollars pour racheter le portefeuille mondial de ports de CK Hutchison, dont une participation minoritaire dans les terminaux du canal de Panama ; l'opération est gelée par les tensions sino-américaines et la saisie locale des actifs panaméens. Deux navires MSC ont été saisis par l'Iran cette semaine et au moins sept restent bloqués dans le Golfe — six autres ont pu en sortir le week-end. L'opacité fait partie du modèle. MSC ne publie pas ses comptes : une fuite en 2022 a révélé 36,2 milliards d'euros de bénéfice net pour 86,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 63 milliards d'euros de trésorerie. Le groupe n'a pas contesté ces chiffres. Source : Financial Times, 25 avril 2026, Alice Hancock, Mercedes Ruehl et Silvia Sciorilli Borrelli.
La justice américaine a arrêté Puthugramam Chidambaran, fondateur et ancien dirigeant d'iLearningEngines, ainsi que son directeur financier Sayyed Farhan Ali Naqvi, pour dix chefs d'accusation pouvant leur valoir la prison à vie. Présentée comme une « solution révolutionnaire » d'éducation et de formation par intelligence artificielle, la société aurait, selon les procureurs, exploité l'enthousiasme des investisseurs autour de l'IA en s'appuyant sur des perspectives financières « idylliques fondées sur des mensonges » : 90 % de son chiffre d'affaires serait, en réalité, fictif. Créée en 2010, iLearningEngines avait rejoint le Nasdaq via un SPAC (société d'acquisition à vocation spécifique cotée pour absorber une cible non cotée). Elle annonçait des revenus de 300 à 400 millions de dollars grâce à la vente de licences de ses « packs IA » éducatifs, soutenus par un système de faux clients et de contrats fictifs qu'auraient mis en place ses dirigeants entre 2019 et 2024. Le vendeur à découvert Hindenburg Research a publié en août 2024 un rapport qui a fait perdre la moitié de la valeur du titre en 24 heures ; la société s'est déclarée en faillite la veille de Noël 2024, après huit mois seulement de cotation. Le ticker « AILE » n'aura pas suffi à la faire voler. Le préjudice concerne plusieurs catégories d'acteurs : les institutions financières qui ont prêté à iLearningEngines, les actionnaires ruinés et les collaborateurs licenciés. Le demi-milliard de dollars d'actions détenues par le fondateur ne vaut plus rien. Source : Les Echos, 25 avril 2026, Nessim Aït-Kacimi.
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La France pousse Athènes à céder une dizaine de Mirage 2000-5 à l'Ukraine, en échange d'une commande grecque de Rafale neufs, rapporte Les Echos à la veille de la visite de deux jours d'Emmanuel Macron en Grèce. Kiev réclame davantage d'appareils ; Paris, empêtré dans ses difficultés budgétaires, ne peut livrer directement et voit Athènes comme un intermédiaire jouable. Le dossier est tendu. La Grèce dispose de 24 Mirage 2000-5 plus 10 Mirage 2000 EGM/BGM en stockage, ainsi que de 24 Rafale et de F-16 américains. Athènes hésite à céder immédiatement la moitié de son escadron Mirage, par crainte d'un vide stratégique face à la Turquie avant l'arrivée de nouveaux Rafale (le remplacement des Mirage était prévu à l'horizon 2030, pas maintenant). Le montage financier reste ouvert : un Mirage d'occasion et un Rafale neuf n'ont rien de comparable. La Grèce a déjà engagé environ 12 milliards d'euros de son plan de modernisation de 25 milliards d'euros à horizon 2036, dont 20 F-35. Seul un montage européen — par exemple l'Ukraine utilisant le prêt UE de 90 milliards d'euros pour acheter les Mirage grecs, les recettes finançant l'acompte Rafale de la Grèce — rend le triangle tenable. Dassault serait aussi sollicité sur le prix. Les discussions se poursuivent pendant la visite de Macron. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Basile Dekonink et Anne Bauer.
La start-up chinoise DeepSeek a dévoilé vendredi DeepSeek-V4, en revendiquant des capacités « nettement renforcées » par rapport à son prédécesseur R1 — le modèle de janvier 2025 qui avait brièvement secoué Wall Street en prouvant qu'un agent chinois bon marché pouvait concurrencer ChatGPT. L'annonce intervient la même semaine qu'OpenAI présente GPT-5.5, et alors que Washington accuse DeepSeek d'entraîner ses modèles sur des puces Nvidia Blackwell interdites. Selon le média The Information, V4 aurait en réalité été optimisée pour des puces Huawei plutôt que des puces américaines. L'entreprise basée à Hangzhou a publié deux versions : la V4-Pro, plus performante et plus gourmande en calcul, et la V4-Flash, moins coûteuse et plus légère. Aucune n'est encore multimodale (pas de traitement vidéo ou image), mais DeepSeek dit travailler à l'intégration de ces capacités. C'est la principale limite technique par rapport aux modèles frontière occidentaux. L'enjeu est réel : le secteur IA chinois est sous pression. Les contrôles américains à l'export privent les laboratoires chinois des meilleures puces Nvidia, et Moonshot AI, Zhipu AI et MiniMax étaient perçus comme ayant pris de l'avance. DeepSeek a aussi perdu des talents clés — Guo Daya, l'un des artisans du modèle R1, aurait été débauché par ByteDance pour plus de 100 millions de yuans (12,5 M euros). V4 est la réponse de DeepSeek : elle reste dans la course. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Claude Fouquet.
Microsoft va lancer le premier plan de départs volontaires de ses 51 ans d'histoire, ciblant environ 7 % de ses effectifs américains — soit près de 8 700 personnes — selon CNBC, cité par Les Echos. Le groupe emploie environ 125 000 salariés aux États-Unis et 228 000 dans le monde. Contrairement aux vagues de licenciements forcés des dernières années, ce dispositif repose sur le volontariat. Les critères d'éligibilité reposent sur un seuil combiné âge plus ancienneté de 70 (un salarié de 50 ans avec 20 ans de maison est éligible), jusqu'au niveau directeur senior. Les salariés ont été informés jeudi ; les modalités détaillées seront annoncées le 7 mai. Amy Coleman, directrice des ressources humaines, a présenté le plan comme donnant « aux personnes éligibles le choix de passer à l'étape suivante selon leurs propres conditions, avec le soutien généreux de l'entreprise ». En parallèle, Microsoft revoit la rémunération de ses cadres : primes et actions seront désormais découplées, et la grille d'évaluation passera de neuf à cinq niveaux. L'annonce tombe la même semaine que la confirmation d'environ 8 000 suppressions chez Meta. En France, Microsoft prévoit 180 suppressions de poste, avec un impact net estimé à 75 à 100 postes après postes vacants et mobilités internes. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Claude Fouquet.
Nike a annoncé jeudi soir la suppression de 1 400 postes dans le monde — un peu moins de 2 % de ses effectifs totaux — principalement dans la technologie au sein des opérations mondiales. Ces coupes s'inscrivent dans le plan de redressement « Win Now » du directeur général Elliott Hill, revenu aux commandes fin 2024 d'un groupe en perte de vitesse sur ses marchés clés. Plusieurs centaines de postes avaient déjà été supprimés l'été dernier, et 775 autres en janvier dans les centres de distribution, sur fond d'automatisation. Le contexte est lourd. Le résultat net du trimestre clos fin février a chuté de 35 % sur un an, à 520 millions de dollars ; le chiffre d'affaires est resté stable à 11,2 milliards de dollars. Nike a averti que ses ventes du trimestre en cours reculeraient de 2 % à 4 %, évoquant le contexte géopolitique ; en Chine — troisième marché derrière l'Amérique du Nord et l'EMEA — la chute devrait atteindre 20 %. Les promotions continues pour écouler les stocks en Europe et au Moyen-Orient continuent de peser sur les marges. L'action reflète le tableau. Nike cède environ 30 % depuis le début de l'année et a reculé de près de 2 % lors de la seule séance de jeudi. Les prévisions à plus long terme sont attendues à l'automne. « Win Now » vise à simplifier l'organisation, moderniser les outils industriels et mieux intégrer la chaîne d'approvisionnement. Pour l'heure, le marché attend que les coupes produisent leur effet. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Hayat Gazzane.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a ouvertement mis en doute la volonté des États-Unis d'honorer l'article 5 de l'OTAN en cas d'attaque russe sur un membre de l'alliance, estimant qu'une telle attaque pourrait intervenir dans « des mois » plutôt que des années. Dans un entretien au Financial Times à Ayia Napa, Tusk a déclaré que « la plus grande et plus importante question pour l'Europe est de savoir si les États-Unis sont prêts à être aussi loyaux que le décrivent nos traités [OTAN] », présentant le propos comme « mes rêves que les garanties sur papier deviennent quelque chose de très pratique ». L'intervention est marquante. La Pologne est le plus gros contributeur OTAN en part de PIB, déjà à 5 % — cible de l'alliance — et l'un des pays les plus atlantistes d'Europe. Tusk a évoqué l'incident de l'an passé où environ 20 drones russes ont violé l'espace aérien polonais sans que certains alliés veuillent y voir une attaque ; l'alliance avait finalement dépêché des chasseurs et abattu plusieurs drones, première confrontation directe OTAN-Russie depuis 2022. Le contexte est un sommet de l'UE à Chypre où les dirigeants discutent de la réactivation de l'article 42.7 — la clause de défense mutuelle du traité de l'UE — en réponse à la position ambiguë de Trump sur l'article 5 et ses menaces répétées de retrait de l'OTAN. Le départ de Viktor Orbán, allié de Poutine, ouvre l'espace pour cette discussion ; Tusk a qualifié l'élection probable du conservateur pro-UE Péter Magyar de « bien meilleur collaborateur » sur la défense. Son cadrage : « mon obsession maintenant et ma mission, c'est de réintégrer l'Europe ». Source : Financial Times, 24 avril 2026, Henry Foy et Barbara Moens.
Dans une tribune au Financial Times, Chris McGuire — senior fellow pour la Chine au Council on Foreign Relations et ancien adjoint au Conseil de sécurité nationale des États-Unis — soutient qu'avril 2026 marque un tournant dans l'IA : les laboratoires américains ont bâti des modèles si puissants qu'ils choisissent délibérément de ne pas les diffuser au public. Claude Mythos Preview, d'Anthropic, est décrit comme le premier modèle capable de découvrir, enchaîner et exploiter ou patcher des vulnérabilités logicielles plus vite que presque tout chercheur humain, à grande échelle. Les experts en cybersécurité parlent d'un « événement charnière ». Le prochain modèle d'OpenAI, Spud, suivrait la même logique de diffusion sélective. L'argument central : l'avance actuelle des États-Unis sur la Chine en IA est d'environ sept mois, et c'est la fenêtre dont dispose l'Amérique pour durcir son infrastructure numérique avant que les cyber-armes chinoises n'égalent ses défenses. L'écosystème IA chinois reste structurellement dépendant des technologies américaines — puces Nvidia (malgré les sanctions), distillation depuis les modèles américains, machines de lithographie ASML (la Chine a acheté en 2024 plus de systèmes DUV que tous les autres pays réunis). Boucher les trous étendrait l'avance à 18 mois ou plus. Sa prescription est maximaliste : stopper toutes les exportations de puces IA vers la Chine (y compris les Nvidia H200 moins avancées), démanteler les réseaux de contrebande (il cite un cas de 2,5 milliards de dollars de serveurs Nvidia détournés via l'Asie du Sud-Est), bloquer l'accès des entreprises chinoises aux puces sous contrôle via le cloud, interdire l'accès distant aux modèles IA américains, et stopper l'export d'équipements de fabrication de semi-conducteurs, y compris les outils fabriqués à l'étranger qui reposent sur la technologie américaine. Le précédent Guerre froide qu'il cite : les États-Unis avaient bloqué toute assistance au programme nucléaire soviétique mais avaient fini par partager les technologies de « permissive action link » empêchant les tirs non autorisés. Maximiser l'avance, mais continuer à parler des garde-fous. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Chris McGuire.
Les grandes banques américaines ont proposé à leurs clients fortunés des structures de frais radicalement différentes pour accéder à la levée de fonds d'Anthropic en février, un tour de 30 milliards de dollars valorisant le créateur de Claude à 350 milliards de dollars et incluant le fonds souverain de Singapour, Coatue et Nvidia. Morgan Stanley a facturé un frais de placement forfaitaire de 1 %. Goldman Sachs a appliqué une structure à plusieurs étages — une commission de gestion de 1,25 % plus 17,5 % de carried interest sur les profits au-delà de 8 % de rendement — inhabituelle pour un véhicule d'investissement sur une seule entreprise, où les banques facturent généralement un simple frais de placement et des frais de maintenance nominaux. L'écart crée la possibilité que deux investisseurs dans exactement la même opération obtiennent des rendements nettement différents selon la banque utilisée. Goldman présente sa structure comme cohérente avec un rôle de co-investisseur fiduciaire aux côtés de clients ultra-fortunés (compte moyen d'environ 70 millions de dollars). Morgan Stanley affirme que son échelle lui permet un accès « sans frais de gestion ni de carry, similaire à ce que reçoivent les institutionnels », et n'agit pas en fiduciaire (proposant l'opération sans recommandation). Chez Morgan Stanley, les comptes wealth typiques sont de 20 millions de dollars et plus. Contexte : les investisseurs particuliers et wealth jouent un rôle de plus en plus central à l'approche des méga-IPO d'Anthropic, OpenAI et SpaceX. OpenAI a levé 3 milliards de dollars auprès des particuliers dans le cadre de son tour record de 122 milliards de dollars le mois dernier. Wall Street utilise des véhicules dédiés pour entrer ces clients dans les opérations en amont — mais la façon dont elles tarifient l'accès varie désormais considérablement, et le manque de standardisation sera dans la ligne de mire des régulateurs. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Harriet Clarfelt, Joshua Franklin, Eric Platt et George Hammond.
Dans une longue enquête au Financial Times, Anna Nicolaou et Eva Xiao retracent la façon dont Donald Trump a remodelé le paysage médiatique américain sur une décennie — de la déclaration de guerre à la presse en 2016 à aujourd'hui, où des milliardaires pro-Trump possèdent de grands titres, les créateurs en ligne dépassent régulièrement les présentateurs télé, et sa Federal Communications Commission fait figure, pour ses critiques, de « chien d'attaque » sur les diffuseurs. Fox News, sa chaîne préférée, a affiché environ 1,9 million de téléspectateurs par jour en mars, contre 641 000 à CNN et 759 000 à MS Now (ex-MSNBC). Le volet juridique est sans précédent. Trump a attaqué The New York Times pour 15 milliards de dollars, le Wall Street Journal pour 10 milliards de dollars et la BBC pour 5 milliards de dollars. Paramount a payé 16 millions de dollars pour clore un procès CBS News largement jugé faible, afin de dégager la voie pour l'approbation de sa fusion avec Skydance de David Ellison. Fox News avait auparavant versé 787,5 millions de dollars à Dominion Voting Systems pour diffamation autour de fausses allégations sur l'élection 2020 — l'un des plus gros règlements de l'histoire des États-Unis. La propriété s'est concentrée autour de figures alignées avec Trump. Paramount sous David Ellison — fils du donateur trumpien Larry Ellison, fondateur d'Oracle — a remporté la bataille pour Warner Bros Discovery après une intervention publique de Trump. Ellison contrôle désormais CBS et CNN et a placé Bari Weiss à la tête de CBS News ; Anderson Cooper et John Dickerson sont partis sur fond d'accusations d'ingérence éditoriale. Le président de la FCC, Brendan Carr, a prévenu en mars que les diffuseurs relayant ce qu'il a qualifié de « fake news » sur la guerre avec l'Iran pourraient perdre leur licence — le jour même où Trump se disait « ravi ». Parallèlement, les voix en ligne — Candace Owens (près de 6 millions d'abonnés YouTube, plus que The New York Times), Joe Rogan, Matt Walsh — ont gagné une portée autrefois réservée aux grandes chaînes. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Anna Nicolaou et Eva Xiao.
KPMG et EY retirent discrètement des associés britanniques de leur partnership equity pour leur proposer à la place un statut d'« associé salarié », rompant avec le modèle historique d'emploi à vie du secteur comptable, selon plusieurs sources citées par le Financial Times. Les associés equity — les praticiens seniors qui détiennent le cabinet et se partagent les profits — conservaient traditionnellement ce statut jusqu'à l'âge de la retraite obligatoire ; être « retraité » vers un rôle salarié est une nouvelle forme de « departnering ». Chez KPMG, où la rémunération moyenne d'un associé equity a atteint 880 000 livres l'an dernier, certains associés ont été prévenus qu'ils basculeraient vers l'échelon salarié créé ces dernières années. Sous le directeur général Jon Holt, nommé en 2021, KPMG a réalloué les « unités » qui déterminent la part de chaque associé equity dans les profits, en donnant moins de poids à l'ancienneté et plus à la capacité à générer des missions. Un raccourci interne — « Huncs », pour high-units-no-clients — désigne les associés qui détiennent de grosses participations equity sans clientèle active. Plusieurs d'entre eux, selon les sources, « ont été remerciés récemment ». Le profit par associé chez KPMG dépasse désormais celui de PwC et d'EY pour la première fois depuis plus d'une décennie. La tendance est plus large. Les promotions d'associés equity dans les Big Four ont atteint un plus bas de cinq ans en 2025. EY a aussi rétrogradé un petit nombre d'associés equity depuis l'introduction de son échelon salarié en 2022. KPMG indique qu'il aura créé plus de 200 nouveaux rôles d'associés (salariés et equity combinés) sur deux ans. Le mouvement reproduit des pratiques de cabinets d'avocats et de Goldman Sachs : concentrer le profit sur les meilleurs performers, et pousser dehors ceux qui sous-performent — même si un titre formel de « salaried partner » adoucit le message. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Ellesheva Kissin.
La start-up canadienne Cohere s'est entendue pour reprendre l'allemande Aleph Alpha dans une opération valorisant le groupe combiné à environ 20 milliards de dollars, créant ce que les deux gouvernements présentent comme une alternative transatlantique aux grands acteurs américains. La transaction est soutenue par les gouvernements allemand et canadien, et centrée sur l'IA « souveraine » — des systèmes où les clients gardent le contrôle de leurs données et de leur infrastructure. Les actionnaires d'Aleph Alpha recevront une action Cohere pour neuf actions détenues, selon deux sources proches des modalités ; Cohere conservera son nom et opérera depuis un double siège au Canada et en Allemagne. L'opération traduit un rejet plus large de la dépendance à la Silicon Valley : elle suit l'acquisition par SpaceX de la start-up de développement Cursor, et constitue un premier signal de consolidation dans l'IA. Cohere, fondée à Toronto en 2019 par d'anciens chercheurs de Google, développe des grands modèles de langage pour les entreprises déployés dans l'infrastructure du client, et était valorisée 6,8 milliards de dollars l'an dernier. Aleph Alpha, basée à Heidelberg, valait environ 500 millions d'euros lors d'un tour en 2023 et peinait à suivre ses rivaux ; son ancien directeur général Jonas Andrulis est parti plus tôt cette année pour fonder une nouvelle start-up avec le conseil Roland Berger. Le rapprochement s'accompagne d'un tour de financement piloté par Schwarz Digits, la branche tech du distributeur allemand Schwarz Group (propriétaire de Lidl), qui engage 600 millions de dollars en capital et financements recherche. Schwarz est déjà le principal soutien d'Aleph Alpha (plus de 20 %) et construit un data center de 11 milliards d'euros près de Berlin pour des charges IA ; ces data centers hébergeront les systèmes Cohere. Le gouvernement allemand jouera le rôle de client ancre pour l'IA souveraine dans la commande publique. Le ministre canadien de l'IA Evan Solomon a déclaré au FT que les « puissances moyennes » avaient besoin d'« une option entre les hyperscalers et l'hégémon ». Source : Financial Times, 24 avril 2026, Florian Müller, George Hammond et Ilya Gridneff.
Les banques américaines, emmenées par Goldman Sachs, ont emprunté des montants records en renminbi cette année, en exploitant le marché offshore de la dette chinoise pour lever des financements à bas coût, alors que Pékin facilite l'accès des investisseurs continentaux aux produits de taux cotés à Hong Kong. Les émissions totales d'obligations « dim sum » — dette libellée en renminbi émise hors Chine continentale, principalement à Hong Kong — ont atteint 300 milliards de yuans (44 milliards de dollars) depuis le début de l'année, plus du double du même point en 2025, déjà une année record. Les émissions auto-dirigées par les banques américaines ont atteint 47,5 milliards de yuans, Goldman en constituant la majorité. Goldman est devenue le plus gros émetteur étranger d'obligations dim sum et le deuxième émetteur tous acteurs confondus, derrière la Bank of China publique, avec 32,1 milliards de yuans émis cette année — soit environ 10 % des émissions totales. Isaac Wong, responsable de la distribution fixed income de Goldman pour l'Asie hors Japon, indique que le marché offre « une source alternative de financement attractive ». La banque convertit les produits en dollars via des swaps et couvre le risque de change ; l'argent n'est pas employé pour les activités en Chine continentale (les renminbi levés offshore ne sont pas soumis aux contrôles stricts des capitaux chinois). Parmi les autres émetteurs d'avril : le Portugal, l'institution finlandaise MuniFin, la Korea Development Bank, la Nordic Investment Bank et la Swedish Export Credit Corporation. Le moteur est un écart de rendement. L'obligation d'État chinoise à 10 ans se traite autour de 1,75 %, poussant les investisseurs institutionnels chinois — assureurs, caisses de retraite — vers des produits offshore à plus haut rendement, après l'élargissement de Bond Connect l'an passé par Pékin. L'obligation dim sum à 10 ans de Goldman porte un coupon de 3 %. Parallèlement, les rendements de l'obligation d'État japonaise à 10 ans ont grimpé au-delà de 2,4 % contre 0,61 % au début de 2024, effaçant le rôle historique du yen comme monnaie de financement la moins chère au monde. « Le renminbi offshore est devenu une monnaie de financement majeure faute de mieux », selon Alicia García-Herrero, de Natixis. Source : Financial Times, 24 avril 2026, William Sandlund.
Le directeur général de Monte dei Paschi di Siena (MPS), Luigi Lovaglio, envisage de céder la participation de 13 % dans l'assureur Generali, évaluée 7,4 milliards d'euros et acquise l'an dernier via la prise de contrôle de Mediobanca, pour financer une nouvelle tentative sur Banco BPM, selon cinq sources citées par le FT. L'opération raviverait le plan historique du gouvernement italien de combiner MPS et BPM en champion bancaire national, plan perturbé l'an dernier par l'offre d'UniCredit sur BPM, finalement bloquée par Rome. Après publication, MPS a démenti examiner la cession de Generali, se disant « entièrement concentré » sur l'intégration de Mediobanca. Lovaglio a été réinstallé au poste de directeur général moins d'un mois après avoir été écarté par le conseil sortant de MPS sur fond de désaccords stratégiques — dont l'avenir de la participation Generali. Le gouvernement italien, qui conserve une petite participation dans MPS, s'est abstenu lors du vote, signalant qu'il ne s'opposait pas à son retour. Le gouvernement Meloni considère Generali comme un « actif stratégique national » — l'assureur est l'un des plus gros acheteurs italiens de dette souveraine — et s'était opposé l'an dernier à la coentreprise de gestion d'actifs entre Generali et le français Natixis, craignant que la gouvernance française n'affaiblisse le rôle de Generali sur les obligations italiennes. Intesa Sanpaolo et UniCredit sont vus comme acquéreurs préférés pour la participation, mais les deux sont problématiques : UniCredit est engagé dans la bataille pour Commerzbank en Allemagne, et Intesa est déjà la première banque italienne et la première compagnie d'assurance-vie du pays (risque antitrust). Le directeur général d'Intesa a d'ailleurs écarté toute prise de participation « minoritaire ». Une alternative serait la distribution de la participation aux actionnaires MPS en dividende spécial. Pendant ce temps, Andrea Orcel, d'UniCredit, a constitué de son côté une participation proche de 9 % dans Generali. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Silvia Sciorilli Borrelli.
Le parquet fédéral américain a inculpé Gannon Ken Van Dyke, militaire d'active à Fort Bragg (Caroline du Nord), pour avoir utilisé des informations classifiées sur l'opération de janvier ayant permis la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro afin de placer des paris sur Polymarket et d'empocher plus de 400 000 dollars. Selon l'acte d'accusation fédéral rendu public jeudi, Van Dyke, qui avait participé à la planification de l'opération, a placé environ 13 paris pour un montant de 33 034 dollars entre décembre et fin janvier, sur des positions comme « US Forces in Venezuela » et « Maduro out ». Après avoir dégagé un profit de 409 881 dollars, il a transféré l'essentiel de ses gains vers un coffre-fort de cryptomonnaie à l'étranger puis vers un nouveau courtier en ligne, et a cherché à dissimuler son identité après les signalements de trading atypique sur les contrats Maduro. Le procureur général par intérim Todd Blanche a déclaré que les militaires « ont l'interdiction d'utiliser ces informations hautement sensibles pour un enrichissement personnel », ajoutant que « l'accès généralisé aux marchés prédictifs est un phénomène relativement nouveau, mais les lois fédérales protégeant les informations de sécurité nationale s'appliquent pleinement ». Van Dyke est poursuivi pour trois violations du Commodity Exchange Act, une fraude par communication électronique et une transaction monétaire illégale — chaque chef emportant une peine maximale de 10 à 20 ans. L'affaire est assignée au tribunal fédéral de Manhattan. Polymarket a indiqué avoir signalé en interne les paris — « quand nous avons identifié un utilisateur trading sur la base d'informations gouvernementales classifiées, nous avons saisi le DOJ » — et présente l'arrestation comme la « preuve que le système fonctionne ». L'affaire est la plus retentissante des poursuites pour délit d'initié liées aux marchés prédictifs, et intervient alors que le secteur est sous pression réglementaire croissante : le patron de Vanguard a mis en garde cette semaine contre l'« exploitation financière » par les marchés prédictifs, et les autorités françaises enquêtent sur une possible manipulation des données de Météo-France après des paris Polymarket suspects. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Stefania Palma.
Meta va supprimer 10 % de ses effectifs le mois prochain — environ 8 000 emplois — alors que le groupe de médias sociaux de 1 700 milliards de dollars annonce vouloir « gérer l'entreprise plus efficacement » pour compenser la vague de dépenses IA du directeur général Mark Zuckerberg, selon un mémo interne cité par le FT. Meta renonce par ailleurs à pourvoir 6 000 postes qu'il prévoyait de recruter. Les licenciements sont programmés pour le 20 mai et incluront 18 mois de couverture santé pour les salariés américains concernés, selon Janelle Gale, directrice des ressources humaines. Les coupes compensent l'investissement IA extraordinaire engagé par Zuckerberg. Meta a indiqué en janvier que les capex pourraient presque doubler cette année à 135 milliards de dollars ; le groupe dépense aussi lourdement pour débaucher des talents afin de rattraper Google et OpenAI sur les modèles de pointe. Zuckerberg a centré la stratégie IA sur ce qu'il appelle la « superintelligence personnelle » ; Meta a lancé ce mois-ci Muse Spark, un nouveau modèle IA que l'entreprise admet retarder encore sur les meilleurs rivaux occidentaux. Un nouveau projet de data centres, « Meta Compute », vise des « dizaines de gigawatts cette décennie et des centaines ou plus » — chaque gigawatt de capacité coûtant plusieurs dizaines de milliards de dollars à construire. L'annonce intervient le jour même où Microsoft a proposé un plan de départs volontaires à environ 7 % de ses effectifs américains (voir notre brief Microsoft). Les nerfs des salariés sont aussi mis à l'épreuve par le projet de Meta d'installer un logiciel de suivi enregistrant les mouvements de souris, les clics, les frappes clavier et le contenu d'écran des salariés pour entraîner des agents IA capables de réaliser des tâches de manière autonome — faisant craindre aux salariés qu'ils entraînent eux-mêmes les modèles qui les remplaceront. Reuters a révélé en premier les licenciements et le projet de suivi. Source : Financial Times, 23 avril 2026, Hannah Murphy.
Ingenico, ex-leader historique des terminaux de paiement et propriété du fonds américain Apollo depuis 2022, a entamé des discussions avec ses créanciers sur sa dette de 1,1 milliard d'euros à rembourser d'ici 2030, selon Bloomberg. La société française a pris Rothschild comme conseiller financier ; côté créanciers, le gestionnaire d'actifs Pimco mène le groupe, conseillé par la banque d'investissement Houlihan Lokey et le cabinet d'avocats Gibson Dunn. La structure de dette inclut aussi une facilité de crédit renouvelable allant jusqu'à 278 millions d'euros à échéance mars 2028, partiellement utilisée. Apollo et Ingenico ont refusé de commenter. Le marché des terminaux s'est durci. Ingenico, qui dominait avec l'américain Verifone et ses fameux terminaux noirs, voit le chinois PAX prendre des parts avec des appareils nettement moins chers. Le pivot vers le logiciel et le cloud n'a pas suffi à reconstituer la marge. Moody's a abaissé la note de la société de B3 à Caa2 en février, soulignant un endettement « très élevé », un flux de trésorerie disponible négatif persistant et une faible liquidité. L'agence chiffre la charge d'intérêts à environ 100 millions d'euros par an et la consommation de trésorerie à 60-70 millions, jugée « insoutenable ». Apollo avait acheté la branche terminaux à Worldline en 2022 pour 2,3 milliards d'euros. La dette, reprise à prix réduit par Pimco, a été refinancée début 2024. Moody's avertissait dès février que la « marge de manœuvre au regard des clauses restrictives » se réduisait, et qu'une notation de détresse pourrait suivre dans l'année. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Marion Heilmann.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans son premier rapport trimestriel intégrant la guerre en Iran, estime que la production mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) — gaz refroidi à environ -160 °C pour être transporté par méthanier — a chuté de 8 % en mars. La fermeture du détroit d'Ormuz a privé les marchés mondiaux d'environ 20 % des volumes de GNL. Les chargements au Qatar et aux Émirats arabes unis ont reculé de 9,5 milliards de mètres cubes en mars sur un an, soit la quasi-totalité de leur production. L'Amérique du Nord a partiellement compensé la chute. L'usine de liquéfaction de Plaquemines, en Louisiane, est montée en puissance entre octobre 2025 et février 2026, contribuant à elle seule à la moitié de la croissance mondiale de l'offre ; les capacités globales ont progressé de 12 % et le commerce effectif de 9,5 % (28 milliards de mètres cubes). L'Asie a néanmoins absorbé l'essentiel du choc — 85 % du gaz qatari et émirati y allait en 2025 : les importations pakistanaises ont reculé de 70 %, celles de la Chine de 30 %. Les prix spot asiatiques ont bondi de 55 % en mars contre 35 % en Europe. L'AIE projette que la « nouvelle vague » mondiale de GNL sera retardée d'au moins deux ans. Le Qatar, gravement endommagé, mettrait quatre ans à retrouver le niveau attendu, alors que de nouvelles capacités y devaient entrer en service d'ici 2030. Chaque mois supplémentaire de fermeture d'Ormuz amputerait la fourniture mondiale d'environ 10 milliards de mètres cubes. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Nicolas Rauline.
La procureure fédérale de Washington Jeanine Pirro a annoncé l'abandon des poursuites contre Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), liées aux dépassements de coût de la rénovation du siège de la banque centrale, passés de 1,9 à 2,5 milliards de dollars. C'est désormais l'inspecteur général de la Fed qui examinera ces dépassements, qualifiés de « plusieurs milliards » à la charge des contribuables. L'enquête contre Powell, ouverte en novembre par une procureure nommée par Donald Trump, accusait le président de la Fed d'« incompétence » et même d'avoir « empoché de l'argent » sur les travaux. La décision est une victoire pour Powell, en fin de mandat jusqu'au 15 mai, dans son bras de fer avec la Maison-Blanche. Trump a multiplié les attaques contre lui — le qualifiant d'« imbécile » et estimant qu'il était « vraiment l'une de [ses] pires nominations » — parce que le banquier central refusait de baisser les taux d'intérêt, par crainte de relancer l'inflation. Powell, dans une rare vidéo en janvier, avait qualifié les accusations de « prétextes » et défendu l'indépendance de la Fed face à la « pression politique ». L'abandon des poursuites lève un obstacle à la confirmation par le Sénat de Kevin Warsh, choisi par Trump pour succéder à Powell après la mi-mai. Le sénateur républicain Thom Tillis, qui bloquait la nomination tant que l'enquête courait, a confirmé dimanche son soutien. Une autre enquête visant la gouverneure de la Fed Lisa Cook reste ouverte. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Sarah Dumeau (avec agences).
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Le suédois Electrolux va supprimer 3 000 postes sur deux ans — près de 8 % de ses effectifs mondiaux — et lancer une augmentation de capital de 9 milliards de couronnes suédoises (830 millions d'euros), avant la publication de ses résultats trimestriels. Cela fait suite à une restructuration de taille comparable annoncée fin 2022 (4 000 postes à l'époque) et à une série de coupes plus limitées depuis. La moitié des 1 500 premières suppressions de l'année se fera en Amérique du Nord, où Electrolux crée une coentreprise avec le chinois Midea pour reprendre une partie de sa production régionale. La JV, effective au troisième trimestre 2026, couvre trois sites avec des participations différentes : l'usine d'Anderson en Caroline du Nord (qui cesse la réfrigération pour se concentrer sur le lavage, Midea prévoyant d'y embaucher jusqu'à 1 200 personnes en 2027-2028 — pas forcément les mêmes ni aux mêmes conditions), une entité commerciale américaine dans la réfrigération, et une usine de réfrigération au Mexique. Electrolux vise environ 600 millions de couronnes suédoises (55,5 millions d'euros) de synergies la troisième année du partenariat. En parallèle, le groupe ferme une usine hongroise de réfrigérateurs (pose libre et encastrable). Electrolux présente la manoeuvre comme une recherche d'efficacité « par une optimisation ciblée de l'empreinte industrielle mondiale », mais le rapprochement avec Midea est le signal le plus fort : un acteur européen historique confie une partie de sa base manufacturière américaine à un concurrent chinois. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Clotilde Briard.
Nestlé a maintenu ses objectifs pour 2026 malgré le scandale du lait infantile contaminé et la pression sur les matières premières liée au Moyen-Orient, et a publié un premier trimestre meilleur qu'attendu grâce à des volumes plus forts sur le café, les produits culinaires et les snacks. Le chiffre d'affaires a reculé de 5,7 % sur un an, à 21,3 milliards de francs suisses (23,1 milliards d'euros) — légèrement au-dessus du consensus de 21,2 milliards de francs suisses — la vigueur du franc expliquant l'essentiel du recul. Les volumes ont progressé de 1,2 %, bien au-dessus de la prévision moyenne de 0,2 % des analystes interrogés par AWP. L'action a bondi de 6,20 % à 80,22 francs suisses (87,4 euros) à 9h50 (heure de Paris), soutenant le SMI en hausse de 1,04 %. Le nouveau directeur général, Philipp Navratil, estime que la stratégie de redressement « porte ses fruits ». Le rappel du lait infantile a pesé sur la croissance organique, mais la reprise des volumes a plus que compensé : Nestlé vise toujours une croissance organique annuelle d'environ 3 % à 4 %, avec une accélération des volumes par rapport à 2025. La géopolitique au Moyen-Orient ajoute de l'incertitude. La région représente environ 3 % du chiffre d'affaires du groupe, et Nestlé dit que ses usines continuent à fonctionner — mais souligne que « les effets plus larges sur le groupe, notamment les répercussions sur les coûts des matières premières, les coûts de distribution et la confiance des consommateurs, demeurent incertains ». En parallèle, Nestlé France annonce 180 suppressions de poste potentielles à partir de 2027, avec un impact net estimé à 75 à 100 après postes vacants et mobilités internes. Source : Les Echos, 23 avril 2026.
Wendel, l'une des principales sociétés d'investissement cotées en Europe, a publié un actif net réévalué (ANR) du premier trimestre de 158,4 euros par action — en baisse de 3,6 % par rapport à fin 2025. Le groupe attribue ce recul à la baisse des multiples de marché utilisés pour valoriser sa branche de gestion d'actifs privés, notamment IK Partners et Monroe Capital. À côté de ses participations industrielles (Bureau Veritas, Scalian), Wendel a bâti une plateforme de gestion pour compte de tiers désormais proche des 50 milliards d'euros d'actifs. Le directeur général Laurent Mignon a qualifié les activités d'investissement et de gestion de « deux moteurs solides et complémentaires de création de valeur », mais la publication du T1 signale aussi une pression réelle. Dans la dette privée, un véhicule de Monroe Capital a fait l'objet de demandes de retraits — « limitées » et intégralement honorées grâce à de nouvelles souscriptions, indique Wendel. Cette seule ligne a amputé l'ANR de 8,5 euros par action sur le trimestre. Le signal dépasse Wendel. Aux États-Unis, Apollo, Ares, Blackstone, BlackRock et Blue Owl ont tous dû gérer ou encadrer les sorties dans des fonds de crédit privé. Blue Owl a limité les retraits à 5 % des parts dans un véhicule, restituant un peu plus d'1 milliard de dollars sur les 5,4 milliards réclamés. Malgré l'impact valorisation, la dynamique commerciale de Wendel reste intacte : 349 millions d'euros de commissions en 2025, 3,8 milliards de dollars levés par Monroe, et commissions du T1 en hausse de 129 % sur un an à 106,2 millions d'euros. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Samir Touzani.
L'action Avis Budget a bondi de 342 % depuis le 20 mars, pour atteindre 444 dollars, alors que le S&P 500 ne gagne que 10 % sur la même période. Élément déclencheur : Pentwater Capital Management a dévoilé le 20 mars une position de 8 millions d'actions, soit 22 % des 35 millions d'actions en circulation — deuxième actionnaire derrière SRS Investment Management (~17 millions d'actions, soit environ 50 % du capital). Les deux fonds détiennent aussi des swaps à dénouement financier (« cash-settled ») leur donnant le droit d'acquérir jusqu'à 13 millions d'actions supplémentaires ; le flottant hors SRS et Pentwater n'est que de 10 millions d'actions. C'est là que la situation devient explosive. Plus de 9 millions d'actions ont été vendues à découvert. Si SRS et Pentwater exercent même partiellement leurs swaps, les vendeurs à découvert n'auront presque nulle part où racheter les titres. Les teneurs de marché qui ont vendu les swaps détiennent le sous-jacent en couverture et ne le libéreront pas. SRS, qui dépasse 10 % du capital, ne peut vendre pendant la « quiet period » précédant les résultats de fin avril. Pentwater est bloqué par les règles américaines anti-initiés jusqu'en septembre (les profits réalisés dans les six mois doivent être reversés à l'entreprise). Les pertes comptables des vendeurs à découvert atteignent déjà 2,5 milliards de dollars, selon S3 Partners, et le coût d'emprunt des titres a explosé à plus de 13 fois son niveau habituel. Le précédent historique est Volkswagen 2008, quand la position cachée de Porsche avait brièvement fait du constructeur la première capitalisation mondiale. La seule soupape plausible serait une émission d'actions nouvelles par Avis (jusqu'à 5 millions autorisés), mais elle suppose un feu vert du conseil (où SRS détient 2 des 6 sièges) et devra probablement attendre après les résultats. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Corentin Chappron.
Christophe Bruneau, président exécutif d'ArianeGroup depuis le 1er avril, lance un avertissement aux Européens dans un entretien conjoint aux Echos et au Handelsblatt : « Demain, si Elon Musk décide de ne pas lancer untel ou untel, il fermera le robinet. » Son groupe, détenu à parité par Airbus et Safran, est le seul acteur continental à maîtriser la totalité des technologies balistiques et veut devenir le pilier du réarmement spatial et nucléaire européen. ArianeGroup vise 7 à 8 lancements d'Ariane 6 cette année, puis une dizaine par an à terme, chacun capable de placer plus de 30 satellites en orbite basse — Amazon Leo a déjà signé pour 18 lancements, dont le premier a eu lieu le 12 février depuis Kourou. Bruneau travaille aussi sur le balistique conventionnel et étudie une production de missiles outre-Rhin, dans le sillage du Zeitenwende allemand : 300 PME allemandes font partie de la communauté Ariane et l'armée allemande prévoit 47 satellites d'ici 2029. Côté coûts, Bruneau promet une baisse « significative » en passant d'un « modèle d'artisanat » à un modèle industriel — simplification du retour géographique, fin des dérogations, réutilisation via Maiaspace. Le message politique est direct : les prix cassés de SpaceX reposent sur les contrats institutionnels américains, et l'Europe doit instaurer une « préférence européenne » pour ses lancements institutionnels sous peine de voir les tarifs « flamber » une fois la concurrence éliminée. Ariane 6 est présentée comme la « voie indépendante » pour la recherche, les télécoms et le militaire. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Anne Drif.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne — 26 en réalité, le Premier ministre hongrois Viktor Orban étant absent après sa défaite aux législatives du 12 avril — se réunissent ce jeudi soir à Nicosie pour un sommet informel centré sur l'impact géopolitique, économique et énergétique de la crise au Moyen-Orient. Chypre est l'Etat membre le plus proche de l'Iran, et la Commission a dévoilé mercredi 22 avril des mesures face à la fermeture du détroit d'Ormuz — flambée des carburants, risque de pénurie de kérosène pour l'aviation. Autre sujet clé : « opérationnaliser » l'article 42.7 du traité sur l'UE, clause d'assistance mutuelle activée une seule fois — par la France en 2015 après les attentats de Paris — et remise à l'ordre du jour depuis qu'un drone iranien a frappé une base britannique à Chypre. Les services de renseignement estiment que la Russie pourrait tester un Etat membre, en particulier dans les pays baltes, et l'Ukraine y voit une garantie de sécurité. L'objectif est de définir une procédure d'activation, avec ou sans coordination des institutions européennes, sans affaiblir l'article 5 de l'Otan — des exercices politiques sont déjà programmés ce printemps. Vendredi, les dirigeants ouvrent pour la première fois le dossier toxique du budget européen 2028-2034 : il faut financer les nouvelles priorités (défense, compétitivité, recherche) et rembourser le grand emprunt post-Covid sans creuser les contributions nationales. La présidence irlandaise du second semestre vise un accord fin 2026 pour des premiers décaissements en janvier 2028, calendrier jugé irréaliste par la plupart des diplomates. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Karl De Meyer.
John Phelan a été limogé mercredi de son poste de secrétaire à la Marine américaine, départ brutal annoncé par le porte-parole du Pentagone Sean Parnell sur X sans motif officiel. La mesure tombe en plein milieu de l'une des opérations navales américaines les plus lourdes depuis des décennies : le blocus des navires entrant et sortant des ports iraniens via le détroit d'Ormuz, avec 21 navires de guerre américains dans la zone, sept autres en route et plus d'une dizaine activement engagés. Phelan, financier et donateur politique basé à Palm Beach, était rattaché au secrétaire à la Défense Pete Hegseth et pilotait un plan de reconstruction des chantiers navals militaires américains, dont une « Golden Fleet ». Selon une source proche du dossier, les tensions avec la hiérarchie civile du Pentagone s'étaient aggravées sur le programme naval, les nominations d'officiers et les promotions. Il est remplacé à titre intérimaire par Hung Cao, sous-secrétaire à la Marine. Ce limogeage s'inscrit dans une série de remaniements au Pentagone orchestrés par Hegseth sous le second mandat de Donald Trump : début avril, le chef d'état-major de l'armée Randy George a été démis au moment où des milliers de soldats étaient déployés pour la guerre en Iran, et les tensions avec le secrétaire à l'Armée Dan Driscoll sont désormais publiques. La purge coïncide avec des opérations militaires de plus en plus offensives — guerre d'Iran depuis fin février, raid au Venezuela en janvier, frappes continues contre des « bateaux de trafiquants ». Source : Financial Times, 23 avril 2026, James Politi et Steff Chávez.
Le Japon a engagé le blocage du rachat du fabricant de machines-outils Makino Milling par le fonds de capital-investissement sud-coréen MBK Partners pour 274 Mds¥ (1,7 Md$), au titre de la sécurité nationale — première intervention depuis la refonte du cadre de contrôle des investissements étrangers en 2020, et premier blocage pur et simple depuis le dossier J-Power d'un hedge fund britannique en 2008. Le titre Makino a chuté jusqu'à 10 % jeudi, le Nikkei 225 perdait 1 %. Tokyo a jugé l'actionnariat MBK « incompatible » avec les obligations de confidentialité de Makino : ses machines-outils — les « machines mères » qui fabriquent aubes et pales de moteurs d'avion — sont « largement utilisées par les fabricants d'équipements de défense au Japon ». MBK a jusqu'au 1er mai pour se retirer volontairement, faute de quoi Tokyo pourra imposer des mesures plus strictes. La Première ministre Sanae Takaichi, élue en février, refond le régime japonais de contrôle des investissements étrangers sur le modèle américain (CFIUS, Committee on Foreign Investment in the US) et durcit parallèlement sa politique de défense et de matières premières critiques. La décision pourrait refroidir le private equity étranger au Japon, où MBK — fondé en 2005 par l'ancien dirigeant de Carlyle Michael Byung Ju Kim, aujourd'hui 33 Mds$ d'actifs sous gestion — est l'un des acheteurs les plus actifs. MBK discutait avec Tokyo depuis dix mois après avoir remporté le deal ; il s'était positionné suite au retrait de Nidec, confronté à une « pilule empoisonnée » de Makino. Le fonds américain Carlyle et plusieurs acteurs japonais sont en embuscade. Source : Financial Times, 23 avril 2026, Harry Dempsey, David Keohane et Daniel Tudor.
Renault a publié un chiffre d'affaires en hausse de 7,3 % au premier trimestre 2026, à 12,5 milliards d'euros, mais la marque Dacia a servi de frein : ses immatriculations ont chuté de 16,3 % sur la période, plombées par des perturbations logistiques et de production liées à des conditions météorologiques sévères dans le détroit de Gibraltar, qui ont affecté l'usine marocaine du groupe en janvier et février. Mars a amorcé un rattrapage (+1,9 % en Europe) et le carnet de commandes reste solide, soutenu par une croissance à deux chiffres des prises de commandes depuis le début de l'année. La marque Renault a tiré son épingle du jeu : +2,2 % d'immatriculations globales, près de 400 000 véhicules vendus, +3,8 % en Europe, et une nouvelle génération de Clio 6 à 27 000 unités déjà écoulées en Europe. Le 100 % électrique a bondi de 40 % et représente désormais 23,9 % du mix européen, tiré par la R5 et bientôt la Twingo. Alpine, niche sportive, progresse de 54,7 % avec 3 246 véhicules (A290 en tête). A l'international hors Europe, les ventes sont stables à 140 000 unités, avec les lancements récents du Duster en Inde et du Filante en Corée du Sud. Au total, les immatriculations du groupe reculent de 3,3 %, mais le chiffre d'affaires auto progresse de 6,5 % (+8 % à taux de change constants) grâce aux ventes à partenaires (Micra pour Nissan à Douai, Geely au Brésil). Mobilize Financial Services, la filiale de crédit auto du groupe, maintient son rythme avec +13 % de chiffre d'affaires à 1,72 milliard d'euros. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Lionel Steinmann.
Les actionnaires salariés et ex-salariés de Société Générale ont massivement vendu en 2025 pour profiter de la hausse de 153 % du cours de l'action, passé de 26 à 70 euros. Leur part dans le capital est tombée à 9,11 % au 31 décembre 2025, contre 10,23 % fin 2024 — et ce malgré le lancement en juillet d'un plan mondial d'actionnariat salarié (PMAS) auquel ont souscrit plus de 50 000 collaborateurs, générant 7,5 millions d'actions (0,97 % du capital). Au total, les salariés se sont délestés de plus de 19 millions d'actions, soit environ 2,5 % du capital. En prenant le cours moyen annuel d'environ 48 euros, l'opération représente un peu plus de 900 millions d'euros bruts, même si le gain exact dépend du prix d'entrée de chacun. Société Générale reste néanmoins au 3e rang des entreprises du SBF 120 pour le poids de l'actionnariat salarié (derrière Bouygues et Eiffage) et au 1er rang de son secteur, loin devant BNP Paribas (4,4 % chez les employés) et la moyenne du secteur bancassurance (4,2 %). La politique d'actionnariat salarié, historique depuis la privatisation de 1987, a été relancée par Slawomir Krupa à son arrivée avec un rythme annuel (contre un plan tous les trois ans auparavant) : la part des salariés était de 7,93 % fin 2022, 9,84 % fin 2023, 10,23 % fin 2024 avant le retrait récent. La CFDT conteste l'assimilation à de la rémunération et l'engagement interne est à un plus bas historique. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Gabriel Nédélec.
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Leonardo-Maria Del Vecchio, l'un des héritiers du fondateur d'EssilorLuxottica décédé en 2022, a conclu un accord pour racheter à son frère Luca et à sa sœur Paola leurs participations de 12,5 % chacune dans Delfin, la holding familiale, pour un montant total de 10 milliards d'euros. Il portera ainsi sa part à 37,5 % et s'imposera comme l'actionnaire de référence du véhicule, verrouillant la gouvernance du géant italo-français de l'optique. Delfin détient 32 % d'EssilorLuxottica, 10 % du capital de l'assureur Generali et 17 % de la banque italienne BMPS — autant de positions clés que Leonardo-Maria contrôlera de facto. Une partie du prix sera financée sur ses liquidités personnelles, le solde par un prêt bancaire qu'UniCredit, BNP Paribas et Crédit Agricole se disent prêts à accorder. L'accord doit être validé en assemblée générale extraordinaire le lundi 27 avril et l'opération bouclée d'ici à juin, juste avant l'AG annuelle de Delfin en juillet. L'enjeu dépasse la succession : EssilorLuxottica est candidat désigné par Giorgio Armani à la reprise de son groupe de luxe, et le renouvellement de la gouvernance du groupe optique est prévu au printemps 2027. En parallèle, EssilorLuxottica a publié un chiffre d'affaires trimestriel de 7,13 milliards d'euros, en hausse de 10,8 % à taux de change constants. Source : Les Echos, 22 avril 2026, Olivier Tosseri.
Dans une tribune au Financial Times, Nadia Schadlow — ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale lors du premier mandat Trump, aujourd'hui senior fellow au Hudson Institute — soutient que la fracture transatlantique ouverte par la guerre en Iran est plus profonde que le style de Trump. Washington et les capitales européennes partent d'hypothèses divergentes sur le risque, la responsabilité et l'utilité des institutions multilatérales. Les Etats-Unis ont jugé que frapper l'Iran valait la perturbation à court terme pour affaiblir durablement Téhéran ; l'Europe a préféré préserver la stabilité, les flux énergétiques et les canaux diplomatiques. Schadlow remonte à l'accord JCPOA de juillet 2015, dont Trump s'est retiré en 2018 après avoir conclu que l'Iran s'en était servi pour bâtir le plus grand arsenal balistique du Moyen-Orient et enrichir l'uranium à un niveau proche du militaire, selon l'AIEA. La formule d'Ursula von der Leyen – « la table des négociations est le seul endroit pour mettre fin à cette crise » – résume la foi européenne dans le dialogue ; Trump considère qu'un régime théocratique est hors de portée de la persuasion. Schadlow pointe aussi la complaisance stratégique européenne : Nord Stream 2 et la dépendance aux fournisseurs extérieurs, autant d'alertes ignorées. Combler l'écart, conclut-elle, exige moins d'indignation et plus de clarté sur les désaccords de fond. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Nadia Schadlow.
Le Conseil fédéral suisse a confirmé mercredi vouloir imposer à UBS environ 20 Mds$ de fonds propres supplémentaires de qualité adossés à ses filiales étrangères, cœur de la réforme « too big to fail » (trop gros pour faire faillite) lancée après l'effondrement de Credit Suisse. Le montant est inférieur aux 26 Mds$ annoncés en juin 2025, mais UBS chiffre plutôt l'impact à 22 Mds$ et qualifie la proposition d'« extrême ». La réforme se déroule en deux volets. Une ordonnance du gouvernement, qui ne passe pas par le Parlement, étalera sur trois ans la déduction des logiciels des fonds propres et épargne pour l'instant les impôts différés actifs (crédits d'impôt déductibles des bénéfices futurs), amputant environ 4 Mds$ de CET1 (common equity tier one, les fonds propres de meilleure qualité) dès janvier. Le second volet, plus lourd — obliger UBS à couvrir l'intégralité de ses filiales étrangères par du CET1 au niveau de la maison mère, soit environ 20 Mds$ — sera débattu au Parlement à partir de juin et pourrait encore être édulcoré. Le titre UBS a clôturé en hausse de 0,15 % à Zurich. Depuis l'absorption de Credit Suisse en 2023, le bilan d'UBS dépasse le PIB suisse, ce qui justifie pour Berne une ligne plus dure que Washington. L'Association suisse des banquiers et seize cantons s'opposent au texte, y voyant une entrave à la compétitivité internationale ; la ministre des Finances Karin Keller-Sutter estime que l'Etat ne peut pas absorber une nouvelle faillite de style Credit Suisse. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Mercedes Ruehl et Simon Foy.
Boeing a livré 143 avions commerciaux au premier trimestre 2026, en hausse de 10 % sur un an et 29 de plus qu'Airbus — son plus grand écart trimestriel depuis 2018, année du début de la crise des 737 Max. Le chiffre d'affaires grimpe de 14 % à 22,2 Mds$, et la perte nette se réduit à 7 M$ contre 31 M$ un an plus tôt, mieux que les prévisions d'analystes. Le titre a clôturé en hausse de 5,5 %. Le directeur général Kelly Ortberg, aux commandes depuis août 2024, maintient l'objectif annuel de livraisons du 737 Max malgré un problème de câblage et confirme le passage à 47 appareils par mois cet été (contre 42 aujourd'hui). La certification des nouvelles variantes 737-7 et 737-10 est attendue d'ici fin 2026. Le directeur financier Jay Malave table sur 1 à 3 Mds$ de free cash-flow (trésorerie disponible après investissements) en 2026, avec un objectif de long terme à 10 Mds$. L'activité défense, espace et sécurité bondit de 21 %, tirée par un contrat-cadre de sept ans avec le Pentagone sur les capteurs du missile Patriot et par la montée en puissance des budgets militaires. Airbus, le rival européen, peine à cause de pénuries de moteurs, ce qui élargit la brèche ouverte par Boeing. Ortberg dit ne constater aucun impact de la guerre en Iran, même si Scott Mikus (Melius Research) estime que la persistance de prix élevés du kérosène pourrait profiter aux deux constructeurs par accélération du renouvellement des flottes. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Christian Davies et Sylvia Pfeifer.
L'économie argentine s'est contractée de 2,6 % en février par rapport à janvier, la plus forte baisse mensuelle depuis l'entrée en fonction de Javier Milei fin 2023, selon l'indicateur avancé du PIB publié par l'institut national de statistiques. Sur un an, l'activité recule de 2,1 %, la plus forte chute depuis 2024, brisant l'optimisme né après une croissance de 4,4 % en 2025. Le retournement révèle le coût de la politique monétaire restrictive et du programme d'austérité : le chômage atteint 7,5 % au T4 2025, en hausse de 1,1 point sur un an, son plus haut niveau depuis le Covid. L'industrie manufacturière et le commerce de détail — sous pression des baisses de droits de douane et des importations — chutent respectivement de 8,7 % et 7 % en glissement annuel, tandis que la mine (+9,9 %) et l'agriculture (+8,4 %) s'envolent. La cote de popularité de Milei tombe à 36 % en mars selon AtlasIntel, son plus bas niveau depuis son élection. Les investisseurs saluent toujours la désinflation, l'assouplissement du contrôle des changes et la reconstitution des réserves de change, mais le stratège Ramiro Blazquez Giomi (StoneX) avertit que le gouvernement devra « donner de l'air » aux secteurs fragilisés avant la réélection visée en 2027. Milei veut basculer l'économie de l'industrie vers la mine, l'énergie, l'agriculture et la tech — qui ne représentent aujourd'hui que 12 % de l'emploi. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Ciara Nugent.
Mārtiņš Kazāks, gouverneur de la Banque de Lettonie et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a confié au Financial Times que la Banque centrale européenne a le « luxe » de ne pas avoir à se précipiter pour relever ses taux au-dessus de 2 %, malgré les tensions au Moyen-Orient. Il s'exprime une semaine avant la réunion de politique monétaire du 30 avril, insistant sur le fait que les anticipations d'inflation restent ancrées et que la hausse des prix de l'énergie n'a produit jusqu'ici que des effets limités sur le reste de l'économie. Kazāks estime que les « décisions difficiles prises par le passé » pour juguler la poussée inflationniste de 2022 donnent à la BCE actuelle la marge d'agir avec méthode, tout en précisant que « nous agirons bien sûr si nous le jugeons nécessaire ». Les investisseurs anticipent actuellement deux hausses d'un quart de point d'ici la fin de l'année, portant le taux directeur à 2,5 %, selon les données Reuters. Ils attribuent seulement 15 % de probabilité à une hausse dès le 30 avril. Les cours du pétrole ont reflué depuis leur pic post-guerre et les prix du gaz européen restent très en deçà de 2022. Kazāks prévient toutefois que « beaucoup de blessures sont encore fraîches » et que « chaque semaine apporte du nouveau », justifiant la patience plutôt que le préemptif. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Olaf Storbeck.
Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, a prévenu les alliés des Etats-Unis qu'ils devaient accepter de payer une « prime de sécurité nationale » pour les minéraux critiques sourcés hors de Chine, dans le cadre de l'effort américain pour briser la mainmise de Pékin sur l'offre. Dans le schéma proposé, un club de partenaires — Europe incluse — échangerait ces minéraux à des prix planchers afin de protéger les investissements dans l'extraction et la transformation, et des producteurs extérieurs comme la Chine se verraient appliquer de lourds droits de douane ou autres barrières destinés à empêcher toute politique de prix cassés. Le dispositif inquiète déjà plusieurs alliés, selon des personnes au fait des discussions privées. Les responsables craignent une hausse des coûts pour les entreprises et des représailles commerciales chinoises, dans un contexte où les économies avancées absorbent déjà le choc énergétique et inflationniste lié à la guerre en Iran. Greer, qui finalise les termes précis du plan, a déclaré au FT que la « fixation occidentale sur les coûts » expliquait la dépendance actuelle à la Chine. Le projet s'inscrit dans un effort plus large de l'administration Trump visant à transformer les prix planchers en outil de politique industrielle, sur le modèle de l'acier et de l'aluminium. Les partenaires attendent désormais les chiffres et les listes précises — quels minéraux, quels pays, quels filets tarifaires. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Aime Williams.
Tesla relève son plan d'investissements 2026 à 25 Mds$ — contre 20 Mds$ précédemment annoncés et près de trois fois les 8,5 Mds$ investis en 2025 — Elon Musk doublant sa mise sur les taxis autonomes, le camion électrique « Semi », le robot humanoïde Optimus et une nouvelle méga-usine de puces « Terafab » à Austin, copilotée avec SpaceX. Le chiffre d'affaires du T1 progresse de 16 % à 22,4 Mds$, le résultat net passe de 409 M$ à 477 M$, le deuxième plus faible bénéfice trimestriel en cinq ans. Hors pertes sur cryptos et hausse de 87 % de la rémunération en actions à 803 M$, le résultat ajusté bondit de 56 % à 1,5 Md$. Tesla a retiré ses SUV X et sa berline de luxe S pour se concentrer sur l'IA. Le robotaxi reste en phase pilote dans quelques villes du Texas, et la production de masse d'Optimus glisse à juillet-août. Les capex trimestriels grimpent de 67 % à 2,5 Mds$ ; Musk anticipe une « très forte hausse » sur le reste de l'année, invoquant les 660 Mds$ que ses rivaux des Big Tech prévoient de dépenser en puces et centres de données. Le titre recule de 1 % après la clôture. Musk rebat aussi les cartes de son écosystème : SpaceX a déjà absorbé xAI et la plateforme X, et prépare son introduction en Bourse en juin sur une valorisation de 1 750 Mds$. Philippe Houchois (Jefferies) craint que la montée en charge des capex « n'alimente les inquiétudes sur le financement » et réveille la logique d'une fusion Tesla-SpaceX. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Stephen Morris.
OpenAI s'est engagé à apporter jusqu'à 1,5 Md$ à une coentreprise avec plusieurs fonds de private equity, nouveau levier de sa stratégie pour dominer le marché de l'IA d'entreprise avant Anthropic. La start-up y injectera 500 M$ de capital initial ; le véhicule, baptisé en interne « DeployCo », sera valorisé 10 Md$ lors du tour de table attendu début mai. OpenAI détient une option pour ajouter 1 Md$ plus tard. Les investisseurs – TPG, Bain Capital, Advent International, Brookfield et Goanna Capital – apporteront pour leur part 4 Md$. DeployCo embauchera ses propres équipes aux côtés de salariés détachés d'OpenAI et facturera ses clients — essentiellement les sociétés de portefeuille des fonds — pour intégrer l'IA dans leurs opérations. La structure complète les partenariats existants d'OpenAI avec McKinsey et Accenture dans la course à l'entreprise. Les commanditaires se voient garantir un rendement annuel de 17,5 % sur cinq ans, un plancher qu'OpenAI prévoit de dépasser. C'est à peu près le rendement minimum visé par un fonds de PE, et la garantie réduit le risque porté par les investisseurs. En échange, OpenAI sécurise du « capital patient » adossé à son canal de distribution. Source : Financial Times, 22 avril 2026, George Hammond.
L'administration Trump négocie une injection pouvant atteindre 500 M$ dans Spirit Airlines pour aider la compagnie low-cost à sortir de sa deuxième faillite en neuf mois, rapportent Sujeet Indap et Christian Davies dans le Financial Times. L'argent prendrait la forme d'un prêt senior assorti de bons de souscription donnant au gouvernement américain à terme une participation majoritaire — dernière en date d'une série de prises de participation publiques (Intel et deux producteurs de terres rares). Le titre Spirit a plus que triplé mercredi après la fuite des discussions. Spirit est entré en Chapter 11 (procédure américaine de redressement judiciaire) en août 2025 avec près de 3 Mds$ de dette financière, après avoir déjà effacé près d'1 Md$ lors d'une première sortie de faillite en novembre 2024. La guerre en Iran a fait grimper le prix du kérosène d'un cours projeté à 2,24 $/gallon à près de 5 $, aujourd'hui autour de 4 $ — JPMorgan chiffre le surcoût pour Spirit à 360 M$ sur la seule année 2026. La compagnie a perdu 2,76 Mds$ en 2025 malgré une réduction d'un quart de ses départs et de près de 40 % de sa flotte. Ses principaux créanciers : Citadel Americas, Cyrus Capital, Ares et Pimco. Concurrents et analystes critiquent le projet : Savanthi Syth (Raymond James) dit que le sauvetage maintiendrait des « capacités inefficaces » sur le marché ; Scott Kirby (United) estime que les transporteurs low-cost rivaux devraient être « furieux ». Spirit emploie plus de 11 000 personnes en Floride, Etat d'adoption de Donald Trump. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Sujeet Indap et Christian Davies.
Une attaque à l'acide perpétrée en mars contre l'activiste Andrie Yunus, 27 ans — voix critique de l'expansion des pouvoirs militaires sous le général devenu président Prabowo Subianto — alimente les craintes d'un recul démocratique en Indonésie, troisième plus grande démocratie du monde. Des motards lui ont lancé une bouteille d'acide au visage alors qu'il rentrait chez lui de nuit, lui causant des brûlures sur 20 % du corps et une forte baisse de la vision d'un œil. Les assaillants ont été identifiés comme des militaires en service actif. Le chef du renseignement militaire, dont dépendent les soldats mis en cause, a démissionné, et quatre militaires doivent comparaître ce mois-ci devant une cour martiale. Les organisations de défense des droits affirment que les critiques, militants et journalistes subissent une intimidation croissante du gouvernement et de l'armée depuis l'élection de Prabowo en 2024. « Les attaques contre les activistes et la liberté de la presse sont des indicateurs de rétrécissement de notre espace civique, qui affecte la qualité de notre démocratie », observe Anis Hidayah, de la Commission nationale des droits humains. Le choc est fort parce que l'Indonésie a passé un quart de siècle à bâtir un contrôle civil de l'armée après trois décennies de dictature sous Suharto. Sous Prabowo, ancien général de l'ère Suharto, les pare-feux de la reformasi sont mis à l'épreuve et des officiers militaires reviennent à des fonctions civiles. Source : Financial Times, 22 avril 2026, A. Anantha Lakshmi et Diana Mariska.
La filiale chinoise longtemps pionnière de Nestlé s'est enfoncée dans une spirale de litiges avec ses distributeurs, de « channel stuffing » et de crises de gouvernance, selon une enquête du Financial Times nourrie par des cadres actuels et passés. La Grande Chine a représenté 5 % des 89,5 Md de francs suisses (114,8 Md$) de revenus annuels du groupe l'an dernier, mais les ventes y ont reculé de 10,2 %, faisant de la région le pire marché majeur du suisse. Elles ont baissé six fois sur sept au cours des sept dernières années, malgré plus de 30 usines et centres de recherche. Plusieurs distributeurs, dont Feng Liqing qui possède dans le Hebei un entrepôt de 100 m² rempli d'invendus Nestlé, affirment que l'entreprise les a poussés à accepter plus de stocks que le marché ne pouvait absorber pour atteindre ses objectifs internes. Feng estime être créancière d'environ 1 M de renminbi (147 000 dollars). D'anciens cadres qualifient cette pratique de « moyen facile d'empocher son bonus et d'afficher des chiffres » qui finit par aliéner les distributeurs et endommager la marque. Le naufrage chinois s'inscrit dans une crise de gouvernance plus large. Le directeur général Mark Schneider a été écarté en 2024, remplacé par le vétéran maison Laurent Freixe, licencié un an plus tard pour une liaison avec une subordonnée. Le président Paul Bulcke a démissionné dans la foulée sous la critique actionnariale. Nestlé, fondée il y a 159 ans, a ouvert son premier bureau à Shanghai en 1908 et contribué à bâtir l'industrie laitière chinoise moderne dans les années 1980. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Madeleine Speed, Nian Liu et Thomas Hale.
La bascule électrique chinoise a atteint son point d'équilibre : l'an dernier, les véhicules électriques (hybrides rechargeables compris) ont égalé les thermiques dans les ventes annuelles, à 13,9 millions chacun sur 27,8 millions au total, selon le cabinet shanghaïen Automobility. Cinq ans plus tôt, les thermiques dominaient 23,9 millions contre 1,3 million pour les électriques. La poussée actuelle dans les villes de rangs inférieurs est alimentée par les hybrides rechargeables à prix serré de BYD et Geely, et par un plan de bornes massif piloté par l'Etat. Le gouvernement central chinois a lancé un plan de trois ans pour faire passer le parc de bornes publiques de 21 millions début 2026 à 28 millions fin 2027 — de quoi couvrir 80 millions de véhicules électriques, contre plus de 50 millions déjà en circulation. Les médias d'Etat estiment à environ 28 Md$ les dépenses en équipements et travaux sur la période. La course à l'autonomie et à la vitesse de charge s'intensifie : CATL, premier fabricant mondial de batteries, a présenté cette semaine des cellules permettant de rouler 1 500 km sur une seule charge. La hausse du prix des carburants depuis les frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février donne un coup de pouce supplémentaire à la demande d'électriques, selon les concessionnaires. Des analystes comme Yuqian Ding (HSBC) s'attendent à ce que les consommateurs des villes moyennes suivent les tendances de niveau 1 et 2, mais se tournent vers des marques locales plus abordables. Source : Financial Times, 22 avril 2026.
Le projet d'avion de combat du futur franco-allemand-espagnol (SCAF) n'est pas mort, mais il est en sursis. Les médiateurs français et allemand, Laurent Collet-Billon et Frank Haun, ont demandé dix jours supplémentaires, jusqu'au 28 avril, pour tenter de relancer le dossier, a annoncé la ministre des Armées Catherine Vautrin. Le programme, qui doit succéder au Rafale et à l'Eurofighter en 2040, oppose frontalement Dassault Aviation et Airbus Defence & Space. Après une première phase d'études déjà financée à hauteur de 3 Md€, l'enjeu porte sur l'ouverture d'une deuxième phase budgétée en 2022 à environ 8 Md€. Les dirigeants d'Airbus DS et de Dassault ne se parlent plus depuis des mois. Les rapports des médiateurs, remis samedi comme prévu, portaient sur trois axes : propriété intellectuelle, répartition de la charge de travail et capacités d'exportation — tous particulièrement difficiles. Outre-Rhin, plusieurs voix — dont Volker Mayer-Lay, rapporteur armée de l'Air du groupe conservateur au Bundestag — jugeaient le projet quasi enterré ce week-end. En France, la DGA affirmait que la médiation se poursuivait. Annoncé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, le SCAF est devenu pour le chancelier Friedrich Merz une question de principe : ne pas se voir accuser, comme dans le dossier EADS-BAE, d'avoir torpillé un projet européen. Source : Les Echos, 22 avril 2026, Anne Drif.
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Revolut vise une valorisation pouvant atteindre 200 Mds USD lors de son entrée en Bourse, selon des investisseurs informés par la fintech — un flottement qui ferait du fondateur Nik Storonsky l'un des hommes les plus riches du monde. Les dirigeants ont discussé en interne une fourchette de 150 à 200 Mds USD, sans objectif officiel ; la société a indiqué qu'elle ne s'introduirait pas avant 2028. Atteindre le haut de la fourchette déclencherait un bonus à la Elon Musk : la participation de Storonsky monte fortement au-delà de 150 Mds USD, atteignant environ 40 % de la société à 200 Mds USD, soit une enveloppe d'environ 80 Mds USD. Le groupe londonien vient d'obtenir sa licence bancaire britannique complète après quatre ans d'attente, ce qui lui permet de proposer des crédits, et a déposé une demande aux États-Unis. Son tour de table de novembre 2025 le valorisait 75 Mds USD, contre 45 Mds USD en 2024, avec Nvidia comme nouvel entrant. À court terme, Revolut prépare une cession secondaire au second semestre 2026 permettant à des investisseurs historiques — Balderton Capital et Index Ventures — de sortir partiellement à une valorisation supérieure à 100 Mds USD. Le bénéfice avant impôt a bondi de 57 % à 1,7 Md £ l'an dernier, sur 4,5 Mds £ de chiffre d'affaires, grâce à une hausse de 67 % des revenus d'abonnements premium. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Laith Al-Khalaf et Arash Massoudi.
John Ternus, ingénieur hardware de 50 ans et vétéran d'Apple depuis 25 ans, prendra les rênes du groupe valorisé 4 000 Mds USD en septembre, alors qu'Apple affronte des doutes sur sa position en intelligence artificielle et une chaîne d'approvisionnement plus fragile. Ternus a porté plusieurs paris récents du groupe dont l'iPhone Air « skinny », le MacBook Neo (entrée d'Apple sur les laptops abordables) et le casque Vision Pro — l'iPhone Air et le Vision Pro ont tous deux déçu commercialement. Il remplace Tim Cook, qui perpétue la tradition d'une promotion interne. Ternus a devancé des candidats plus médiatiques dont Craig Federighi (logiciels) et Greg Joswiak (marketing). Le bras droit de Cook, Jeff Williams, a quitté Apple en novembre 2025 et a rejoint le conseil de Disney. Le conseil a renouvelé son top management avec le directeur financier Kevan Parekh, le directeur des opérations Sabih Khan, la directrice juridique Jennifer Newstead et le directeur IA Amar Subramanya. Le patron historique des puces Johny Srouji a été nommé directeur hardware. Ternus est surtout connu pour avoir piloté le passage d'Apple des puces Intel aux puces maison en 2020. Il supervise désormais aussi les équipes de design logiciel, alors que le groupe prépare la refonte de son assistant Siri, test le plus visible de sa capacité à rattraper son retard en IA générative. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Michael Acton.
Sotheby's a signé un accord avec le fonds américain KKR pour emprunter jusqu'à 100 M USD, adossés aux frais que lui doivent ses clients sur leurs achats aux enchères. La facilité, négociée en février, porte un taux supérieur à 8 % et est remboursable en 2029. Elle n'a pas encore été tirée. La maison de vente prévoit d'utiliser ces fonds pour verser aux vendeurs une partie du produit des ventes peu après l'enchère (ses conditions standard prévoient un règlement à 45 jours) et pour ses besoins généraux de fonds de roulement. L'accord ajoute une couche de dette supplémentaire, sept ans après le LBO de Patrick Drahi. La maison a plus de 1 Md USD de dette cumulée entre obligations publiques et lignes bancaires. Après plusieurs années de pertes et un marché de l'art morose, 2025 s'est soldé par un bénéfice avant impôt de 53 M USD (contre une perte de 190 M USD l'année précédente). Moody's a relevé sa perspective à positive et S&P à stable, mais les notations restent en catégorie spéculative (B3 et B–). La semaine dernière, Sotheby's a également placé un emprunt obligataire de 825 M USD à environ 8,5 % de rendement, dans le haut des discussions de prix. Séparément, la maison propose un intérêt de 7 % aux vendeurs prêts à différer le versement du produit de leurs ventes — autre signe de tensions sur la trésorerie. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Euan Healy, Josh Spero et Antoine Gara.
Home Depot, géant américain de la rénovation valorisé 350 Mds USD, dépense des milliards pour attirer plus d'artisans et de bâtisseurs professionnels, alors que les taux élevés et un marché immobilier figé pèsent sur la clientèle do-it-yourself. Une série d'acquisitions a ajouté des distributeurs grossistes de couvertures, plaques de plâtre et climatisation au groupe. Le DG Ted Decker a déclaré au FT que, faute de croissance dans la construction neuve, « notre croissance doit venir de la prise de parts de marché ». Les professionnels représentent déjà 9 M de clients et environ 90 Mds USD sur les 165 Mds USD de ventes annuelles — plus de la moitié — mais les dirigeants estiment le marché pro total à 700 Mds USD, et « nous avons le droit de conquérir tout ça », selon le directeur financier Richard McPhail. En 2024, Home Depot a racheté SRS Distribution (couverture, aménagement extérieur) pour 18,3 Mds USD, puis GMS (plaques de plâtre, ossatures métalliques) pour 5,5 Mds USD l'an dernier. SRS compte 1 200 implantations et en ouvre 40 à 50 par an. Home Depot ouvre aussi 17 centres de distribution « plateaux » pour livrer directement les chantiers. Le coût d'un projet de rénovation standard a bondi de 45 % depuis 2019. Les dirigeants prévoient 2,5 à 4,5 % de croissance du chiffre d'affaires en 2026, bien en-deçà des moyennes pré-pandémie. Les concurrents consolident aussi : Lowe's a payé 8,8 Mds USD pour Foundation Building Materials l'an dernier ; QXO de Brad Jacobs vient d'acquérir TopBuild pour 17 Mds USD. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Gregory Meyer.
Le fonds de capital privé EQT et le fonds de pension canadien Omers ont proposé de porter leur investissement dans Deutsche Glasfaser à près de 5 Mds €, pour éviter la prise de contrôle du fournisseur allemand de haut débit par ses prêteurs. Les deux investisseurs ont déjà injecté 4 Mds € dans Glasfaser ; ils ajouteraient environ 850 M € en actions de préférence, avec 400 M € de nouvelle dette super-senior apportés par les prêteurs, selon quatre sources proches du dossier. Ils ont dû agir après l'échec de leurs tentatives de trouver un nouveau partenaire, alors que le groupe porte plus de 7 Mds € de dette brute. EQT et Omers avaient racheté Glasfaser à KKR en 2020 pour 2,8 Mds €, EQT en prenant 51 % et Omers le reste. Une proposition de refinancement de 1,7 Md € présentée en décembre avait été rejetée par les créanciers, qui avaient proposé de reprendre la société. Le refinancement déplacerait davantage de dette au niveau de la holding. Fondé en 2011, Glasfaser est le 2e fournisseur allemand de fibre, desservant plus de 2,6 M de foyers, mais peine à attirer les clients et a abaissé son objectif de couverture de 6 M à 3,2 M de foyers d'ici 2032. Les deux investisseurs ont essuyé d'autres revers : EQT a cédé son groupe de maisons de retraite Colisée à ses prêteurs l'an dernier (1,8 Md € de dette), et Omers a passé en perte ses 31 % dans Thames Water en 2024. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Kieran Smith, Daniel Thomas et Ivan Levingston.
Thales a enregistré une progression spectaculaire de ses prises de commandes défense au 1er trimestre 2026, avec une hausse de 71 % dans la défense aérienne et antimissile, à plus de 2,2 Mds €. Les prises de commandes totales ont franchi 4,6 Mds € (+23 %) et le chiffre d'affaires trimestriel a progressé de 7,2 % à 5,3 Mds €, au-dessus des attentes. La dynamique est tirée par la demande pour le système SAMP/T en Europe et au Moyen-Orient, dont un contrat danois d'environ 8 Mds € qui lance le « dôme de fer » européen de Thales, développé avec la France et l'Italie face au projet allemand basé sur les missiles américains Patriot. Chaque batterie SAMP/T comprend 48 missiles pour un ensemble de 500 M €, dont 50 % de la valeur apportée par le radar et le système de commande Thales, et 10 % par missile. Des discussions sont en cours avec la Suisse, la Turquie et l'Estonie — cette dernière poussant aussi parce que ses livraisons de Patriot américains sont suspendues, Washington priorisant la guerre avec l'Iran. Thales a aussi signé un contrat de satellite de télécommunications défense pour le Luxembourg et un partenariat avec Airbus et Radmor pour un satellite similaire en Pologne. L'ombre au tableau : les prises de commandes cyber et digital baissent de 7 %, quatrième trimestre consécutif de recul. L'aérospatial est aussi en recul de 1 %. Malgré le bon T1, Thales a confirmé sans relever ses objectifs annuels (6 à 7 % de croissance, 23,3-23,6 Mds €). L'action a cédé plus de 3 % à l'ouverture mardi. Source : Les Echos, 21 avril 2026, Anne Drif.
Airbus a acquis Quarkslab, spécialiste français du cyber offensif et défensif, sa troisième acquisition cyber-défense après l'allemand Infodas en 2024 et le britannique Ultra le mois dernier. L'opération porte les effectifs cyber d'Airbus pour la défense et le renseignement à 1 600 personnes, avec 300 experts supplémentaires venant de Quarkslab. L'acquisition est pilotée par Alix Carmona, directrice de la cybersécurité d'Airbus Defence and Space. Quarkslab, fondé par l'ancien d'Airbus Frédéric Raynal, s'est fait une spécialité des solutions d'« offuscation » — transformer les codes en « boîtes noires » pour contrer les intrusions par IA — et a fait partie des équipes test sélectionnées par Google pour identifier ses vulnérabilités. Airbus intègre déjà le produit Qshield de Quarkslab dans ses livraisons d'hélicoptères et de satellites, pour empêcher le rétro-engineering et protéger la propriété intellectuelle. Trois ans après l'échec de sa tentative de rachat des activités cyber défense d'Atos, Airbus revient à l'offensive. L'acquisition d'Ultra, racheté au britannique Cobham, apporte le chiffrement de très haut niveau et la gestion des clés pour les Five Eyes (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) et l'Otan, dont la cryptographie des communications avion-sol. Infodas (250 experts) sécurise les passerelles entre niveaux d'habilitation (« restreint » vs « secret », armées nationales vs Otan), en vue de programmes pan-européens comme le SCAF. Airbus sécurise aussi les systèmes RIFAN et Syracuse de la Marine et contribue à la constellation Iris2. Source : Les Echos, 21 avril 2026, Anne Drif.
Près de deux ans après son arrivée au pouvoir, Keir Starmer a effectué son virage européen le plus net, déclarant à la nation que « le Brexit a profondément abîmé notre économie » et promettant un rapprochement « plus ambitieux » avec l'UE. Mais diplomates et analystes préviennent que la fenêtre d'opportunité pourrait être déjà fermée : le paquet attendu lors du sommet UE-Royaume-Uni de juillet n'augmentera le PIB britannique que de 0,3 % sur 15 ans selon les estimations du gouvernement — une fraction des 4 % du « coût Brexit » estimés par l'Office for Budget Responsibility (ou 8 % selon une étude américaine citée par la chancelière Rachel Reeves). Le paquet sommet couvre à ce stade la suppression des contrôles sur les exportations agro-alimentaires et la réconnexion des systèmes de tarification carbone. Un programme de mobilité jeunesse 18-30 ans reste à négocier. Bruxelles estime que le « reset » du Labour reste pénalisé par les lignes rouges de son manifeste — pas d'union douanière, pas de marché unique — qualifiées de « vieux vin dans de nouvelles bouteilles » par un diplomate. La commission des affaires étrangères des Communes a critiqué un reset sans « direction, définition ni élan ». Bruxelles n'est pas pressée : « Nous avons dix priorités bien plus hautes », dit un diplomate. Le Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages, a promis de déchirer tout accord. Les 18 premiers mois de négociations ont « entamé la confiance des deux côtés », avec les gains rapides espérés par Londres (musiciens en tournée) rejetés comme du « cherry-picking ». Source : Financial Times, 21 avril 2026, Peter Foster, George Parker et Andy Bounds.
Donald Trump a prolongé mardi le cessez-le-feu américain avec l'Iran, la veille de son expiration, à la demande du Pakistan et parce que le gouvernement iranien était selon lui « sérieusement fracturé ». Le président américain a écrit sur Truth Social qu'il renonçait à une nouvelle attaque « jusqu'à ce que leurs dirigeants et représentants parviennent à une proposition unifiée ». Le vice-président JD Vance devait se rendre au Pakistan, mais son voyage a été annulé. Le Brent a bondi de près de 6 % en séance, au-delà de 100 dollars le baril, les traders anticipant l'échec des discussions, avant de refluer autour de 99,15 dollars (+4 % environ). Trump a indiqué que les Etats-Unis maintiendraient leur blocus des navires iraniens tentant de sortir du détroit d'Ormuz, artère maritime que Téhéran a de facto bloquée depuis le début de la guerre, qui entre dans sa huitième semaine. Le Pentagone déploie un porte-avions supplémentaire, le plus gros renforcement militaire américain au Moyen-Orient depuis 2003. Les pourparlers antérieurs à Islamabad, impliquant Vance, Jared Kushner et Steve Witkoff, ont duré 21 heures sans percée. L'agence iranienne Tasnim a indiqué que les messages échangés cette semaine n'avaient produit « aucun progrès significatif », et l'ambassadeur iranien à l'ONU a accusé les Etats-Unis de piraterie après la saisie d'un navire iranien au large d'Oman. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Abigail Hauslohner et Lauren Fedor.
SpaceX a sécurisé une option pour acquérir la start-up de code Cursor (maison mère Anysphere) à 60 Md$, à quelques mois de l'introduction en bourse record visée par le groupe d'Elon Musk. Si SpaceX renonce, il devra verser 10 Md$ de pénalité — l'un des plus gros break fees de l'histoire. Cursor était valorisée 29 Md$ lors de son tour de table de novembre et son revenu annualisé a dépassé 2 Md$ en début d'année, porté par ses outils IA pour développeurs. L'opération s'inscrit dans la stratégie de consolidation de Musk. Il a fusionné X avec xAI en mars dernier, puis intégré l'ensemble dans SpaceX en février sur une valorisation de 1 250 Md$. L'IPO de SpaceX est attendue autour de 1 750 Md$, la plus grosse cotation de l'histoire. L'objectif : aider xAI à rattraper les rivaux dont les modèles la dépassent. xAI a perdu 6,4 Md$ en 2025 (contre 1,56 Md$ en 2024), tandis que Starlink a dégagé 4,42 Md$ de résultat opérationnel (contre 2 Md$). Les revenus de Cursor sont sous pression alors qu'OpenAI, Anthropic et Google publient leurs propres modèles de code ; son dernier modèle Composer s'appuie sur un modèle open source de la chinoise Moonshot AI. Cursor accéderait en retour au compute de SpaceX, dont le supercalculateur Colossus construit en 122 jours. Source : Financial Times, 21 avril 2026, George Hammond et Stephen Morris.
Une perturbation prolongée du détroit d'Ormuz menace de déclencher un choc alimentaire mondial, ont averti les principaux négociants agricoles réunis au FT Commodities Summit. La fermeture du détroit par l'Iran et le blocus naval américain ont redirigé les tankers pétroliers vers le canal de Panama, où les temps d'attente atteignent environ 40 jours et où les opérateurs paient plusieurs millions de dollars pour doubler la file. Le transport de céréales et autres cargaisons vrac subit hausses de fret et retards ; certaines routes ont déjà vu leurs taux grimper de 50 à 60 %, selon Louisa Follis (Clarksons). Pablo Galante Escobar a prévenu qu'une perturbation durable imposera des substitutions énergétiques et alimentaires, ce qui exigera « des prix significativement plus élevés pour stimuler de nouvelles sources d'offre » ou la substitution de la demande. La hausse du prix des soutes force les navires à ralentir, réduisant la capacité effective du vrac sec — une « inefficacité pour l'ensemble du système », selon Follis. Les négociants pointent un marché qui n'a pas intégré l'hypothèse d'une dislocation sur plusieurs trimestres. Vijay Chakravarthy, chief risk officer de Louis Dreyfus : « Personne n'est prêt à cela. » Six mois supplémentaires de blocage suffiraient à fragiliser la campagne agricole 2027, via l'approvisionnement en engrais et la trésorerie des exploitants. Source : Financial Times, 21 avril 2026.
Deutsche Telekom étudie une fusion totale avec sa filiale américaine T-Mobile US, qui créerait l'un des plus grands groupes de télécoms au monde et renforcerait sa main dans les futures opérations, selon des personnes au fait des discussions. Le schéma envisagé verrait une nouvelle holding lancer une offre en titres sur les actions des deux entités, alors que Deutsche Telekom détient déjà 53 % de T-Mobile US. La holding serait vraisemblablement domiciliée dans un pays européen autre que l'Allemagne, avec potentiellement une double cotation américaine et européenne. Deutsche Telekom, premier opérateur télécom européen avec une capitalisation supérieure à 142 Md€, s'est largement appuyé sur la croissance de T-Mobile US, qui a fusionné avec Sprint en 2020. T-Mobile US pèse 215 Md$ et rivalise désormais directement avec Verizon et AT&T. Les discussions sont préliminaires et les deux groupes se refusent à tout commentaire. Toute opération exigera un feu vert politique et réglementaire en Allemagne et aux Etats-Unis : l'Etat allemand détient environ 14 % de Deutsche Telekom, et la banque publique KfW contrôle une part similaire. Le directeur général Tim Höttges, également président de T-Mobile US, vante de longue date un marché américain plus consolidé et plus favorable aux opérateurs. Source : Financial Times, 21 avril 2026, Kieran Smith et Ivan Levingston.
Face à la flambée des prix du carburant liée au conflit au Moyen-Orient, le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé mardi soir un paquet d'aides élargi : 170 M€ par mois, contre 70 M€ pour le dispositif précédent. Après les agriculteurs et les pêcheurs, le Premier ministre étend le mécanisme aux petites entreprises du BTP et aux travailleurs modestes gros rouleurs — soit environ 3 millions de personnes, dont les aides-soignants. Pour les pêcheurs, l'aide de l'Etat passait jusqu'ici à 20 centimes par litre de gazole non routier (GNR) ; elle devrait atteindre 30 à 35 centimes par litre à partir du mois de mai, sous réserve de l'accord de la Commission européenne. Pour les agriculteurs, l'enveloppe actuelle de 20 M€ est multipliée par quatre, ce qui représente l'équivalent d'environ 15 centimes par litre de GNR consommé. Les aides aux transporteurs, mises en place le mois dernier à hauteur de 20 centimes d'euro par litre, seront prolongées en mai. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a ouvert des discussions avec les représentants des taxis et des VTC, qui pourraient bénéficier de nouvelles mesures. Les aides d'avril devraient être payées en mai. Source : Les Echos, 21 avril 2026, Hortense Goulard.
Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a annoncé lundi soir au Parisien un plan « Choose France for Higher Education », acte 2 du dispositif « Bienvenue en France » porté en 2018 par Edouard Philippe. Dès la rentrée 2026, la plupart des étudiants extracommunautaires verront leurs droits d'inscription grimper en flèche : 2 895 € en licence et 3 941 € en master, contre 178 € et 254 € actuellement pour les étudiants qui paient le tarif standard français. Le dispositif de 2018, peu appliqué — seules une dizaine d'universités sur 78 (La Rochelle, Le Havre, Grenoble Alpes, Paris Panthéon-Assas) le pratiquent — ne permettra plus d'exonération massive. « La règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération », martèle le ministre. Chaque université pourra exonérer jusqu'à 10 % de ses étudiants extracommunautaires, et les meilleurs auront accès à une bourse du gouvernement français. D'ici deux à trois ans, la mesure devrait rapporter environ 250 M€ par an aux universités, une manne jugée précieuse dans un contexte de forte contrainte budgétaire. Le gouvernement veut également prioriser les formations en sciences et en ingénierie pour accompagner la réindustrialisation. La réforme s'appliquera par décret aux nouveaux arrivants et aux changements de cycle, hors boursiers. Source : Les Echos, 21 avril 2026, Marie-Christine Corbier.
Oliver Blume, patron de Volkswagen, a annoncé mardi dans Manager Magazin qu'il travaillait sur une nouvelle réduction « pouvant aller jusqu'à un million de capacités supplémentaires » afin de refléter la situation du marché mondial — sans préciser les pays et sites concernés. Le groupe, qui écoulait encore 11 millions de véhicules en 2019, est engagé depuis plus d'un an dans un plan massif d'adaptation face au recul du marché européen et à l'effondrement de ses ventes en Chine. Dans l'ex-empire du Milieu, toujours son premier marché, Volkswagen a déjà raboté sa capacité locale d'un million de véhicules par an. En Europe, le constructeur doit diminuer de près de 700 000 véhicules sa capacité en Allemagne — il a fermé fin 2025 le site de Dresde, une première en 90 ans d'existence. Audi a par ailleurs fermé une usine à Bruxelles. Le mois dernier, la direction a annoncé 50 000 suppressions d'emplois en Allemagne, affectant aussi Audi et Porsche. Volkswagen n'est pas le seul groupe lesté par la surcapacité européenne : selon l'institut Inovev, 13,7 millions de véhicules ont été fabriqués l'an dernier en Europe (Royaume-Uni inclus), contre 17,5 millions en 2019. Stellantis a annoncé la semaine dernière la fin de la production automobile à Poissy. Source : Les Echos, 21 avril 2026, Lionel Steinmann.
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Anthropic s'est engagée à dépenser plus de 100 Mds USD en puces et puissance de calcul auprès d'Amazon, son plus gros contrat à ce jour pour sécuriser de la capacité IA après avoir rencontré des goulets d'étranglement. Le laboratoire valorisé 380 Mds USD recevra jusqu'à 5 gigawatts (GW) de nouvelle capacité pour entraîner et faire tourner son modèle Claude sur la prochaine décennie, près d'un cinquième arrivant cette année. Amazon va investir 5 Mds USD immédiatement dans Anthropic à la valorisation actuelle, et jusqu'à 20 Mds USD de plus dans le temps, en plus des 8 Mds USD déjà investis depuis 2023. Le chiffre d'affaires annualisé d'Anthropic est passé de 9 Mds USD fin 2025 à plus de 30 Mds USD, l'outil de codage Claude Code saturant la capacité et provoquant des pannes aux heures de pointe. Début avril, Anthropic a aussi signé avec Google et Broadcom pour environ 5 GW additionnels. Aux prix actuels, 100 Mds USD n'achètent qu'environ 2 GW ; le coût du calcul devrait continuer de baisser sur la durée de l'accord. L'accord confirme le schéma d'investissements circulaires entre laboratoires IA et fournisseurs de cloud : le partenaire investit dans le laboratoire, puis le laboratoire achète ses puces. Amazon construit Project Rainier, un campus de 2,4 GW à New Carlisle (Indiana), et veut ancrer Anthropic sur sa famille de puces Trainium face aux GPU de Nvidia. Source : Financial Times, 20 avril 2026, George Hammond et Rafe Rosner-Uddin.
Kevin Warsh, 56 ans, entame mardi ses auditions devant la commission bancaire du Sénat, en tant que candidat de Donald Trump à la présidence de la Réserve fédérale américaine. Ancien gouverneur de la Fed (le plus jeune jamais nommé, en 2006), passé par Morgan Stanley et gendre du donateur républicain Ronald Lauder, Warsh avait perdu la course face à Jay Powell il y a huit ans et critique l'institution depuis quinze ans. Il prévoit de grandes réformes : réduire le bilan de 6 700 Mds$ de la Fed, supprimer les « dot plots » trimestriels (prévisions anonymisées de taux des 19 décideurs) et limiter l'exposition médiatique des responsables de la Fed. Trump veut des baisses de taux massives ; Warsh a un long historique faucon mais a récemment repris l'argument d'Alan Greenspan selon lequel un boom de productivité lié à l'IA permettrait un assouplissement marqué. Les Fed funds futures n'intègrent désormais qu'environ 50 % de probabilité d'une seule baisse de 25 points de base en 2026, la guerre avec l'Iran ayant ravivé l'inflation. Chris Waller — battu par Warsh pour le poste — a publiquement qualifié la réduction du bilan d'« inefficace » et de « stupide », avertissant qu'elle pousserait les rendements longs des Treasuries et les taux hypothécaires à la hausse. Des sénateurs démocrates ont déjà pointé environ 100 M$ d'actifs « non divulgués » chez Warsh. La confirmation de Warsh est bloquée par le sénateur républicain Thom Tillis tant que l'enquête criminelle visant Powell, menée par la procureure Jeanine Pirro, n'est pas classée. Le mandat de Powell s'achève le 15 mai ; il dit vouloir rester président par intérim jusqu'à ce que Warsh obtienne les 51 voix républicaines nécessaires. Trump a menacé de limoger Powell s'il ne part pas « à l'heure ». Source : Financial Times, 20 avril 2026, Claire Jones et Amelia Pollard.
Le chancelier allemand Friedrich Merz et Commerzbank ont publiquement critiqué UniCredit, accusant la banque italienne de tactiques « hostiles » dans son offre de 35 Mds € pour prendre le contrôle du prêteur francfortois. Le directeur général d'UniCredit, Andrea Orcel, a dévoilé lundi un nouveau plan stratégique pour Commerzbank, estimant que la banque allemande a « systématiquement sous-performe » et qu'un groupe combiné pourrait porter le résultat net à environ 5,1 Mds € en 2028, bien au-dessus des projections actuelles. Commerzbank a rejeté formellement l'approche, la qualifiant de « trompeuse » et de « tentative spéculative de démanteler le modèle de Commerzbank ». Merz a déclaré à une réception de l'association bancaire allemande à Berlin que l'Europe a besoin de grandes banques, mais « cela ne signifie pas que toute forme de rachat est la bienvenue en Allemagne », rejetant les méthodes « agressives ». UniCredit est déjà le premier actionnaire individuel de Commerzbank après la constitution de sa participation en 2024, mais la prise de contrôle totale est bloquée par le gouvernement allemand. Sa dernière offre de 35 Mds €, déposée le mois dernier, a été rejetée. Orcel défend « une fusion intra-marché entre deux banques complémentaires qui tentent de se rapprocher depuis 25 ans ». UniCredit a projeté jusqu'à 7 000 suppressions de postes. L'action Commerzbank a gagné 1,2 % à Francfort ; UniCredit a cédé 3 % à Milan. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Silvia Sciorilli Borrelli, Simon Foy et Florian Müller.
Pablo Hernández de Cos — ancien gouverneur de la Banque d'Espagne et, depuis 2025, directeur général de la Bank for International Settlements (BIS, la banque centrale des banques centrales, basée à Bâle) — est le candidat le plus qualifié pour succéder à Christine Lagarde à la présidence de la BCE, selon un sondage de 20 experts de politique monétaire réalisé par le think-tank londonien OMFIF. Il obtient une note moyenne de 1,77 (1 = meilleure, 5 = plus faible) sur neuf dimensions dont la gestion de crise, le leadership et la recherche de consensus, devant le président de la Bundesbank Joachim Nagel (1,9), l'ancien patron de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot (1,92) et le gouverneur sortant de la Banque de France François Villeroy de Galhau (1,94). Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, termine cinquième à 2,57. Le mandat de huit ans de Lagarde ne s'achève qu'en octobre 2027, mais « un lobbying feutré a déjà commencé », a dit John Orchard, vice-président d'OMFIF, au FT, suggérant que la décision pourrait tomber plus tôt. Le FT avait rapporté en février que Lagarde prévoyait de démissionner avant terme pour permettre à Emmanuel Macron, président français sortant, et au chancelier allemand Friedrich Merz de pourvoir le poste avant la présidentielle française pivot de 2027. Le nouveau risque inflationniste lié à la guerre avec l'Iran pourrait déjouer ce calendrier — Lagarde a déclaré à Bloomberg TV : « Quand il y a de gros nuages à l'horizon, le capitaine ne quitte pas le navire. » Hernández de Cos est perçu comme un centriste à léger biais accommodant ; Nagel et Knot passent pour des faucons modérés. L'Espagne et l'Allemagne n'ont jamais occupé le sommet de la BCE en 27 ans d'histoire, mais la Commission européenne est déjà dirigée par une Allemande (Ursula von der Leyen), ce qui joue contre Nagel. Des candidats de compromis sont souvent apparus en fin de course — la nomination de Lagarde elle-même en 2019 avait surpris. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Olaf Storbeck.
Tokio Marine, le premier assureur coté japonais, a révélé que son partenariat avec Berkshire Hathaway vise à alimenter une série d'acquisitions milliardaires en assurance. Berkshire a pris 2,5 % du capital de Tokio Marine le mois dernier pour 287,4 Mds ¥ (environ 1,8 Md USD) et accepté de réassurer une part non communiquée du risque total de Tokio Marine, plafonnant pour l'instant sa participation potentielle à 10 %. « La M&A est la clé », a déclaré au FT Kenichi Sakakibara, directeur de la planification chez Tokio Marine. Le groupe japonais a réalisé cinq grandes opérations internationales en dommages-biens depuis 2008 pour environ 19 Mds USD, dont Philadelphia Consolidated (4,7 Mds USD, 2008), HCC Insurance (7,5 Mds USD, 2015) et Privilege Underwriters (3,1 Mds USD, 2019). Berkshire dispose du capital mais fait face à « certaines contraintes » pour intégrer les assureurs acquis mondialement ; Tokio Marine apporte le savoir-faire opérationnel. Le montage rappelle l'accord de 2015 avec Insurance Australia Group, récemment prolongé jusqu'en 2029. L'accord arrive alors que Greg Abel, successeur de Buffett, alerte sur l'érosion des rendements de l'assurance due à l'arrivée du capital privé. Berkshire a placé vendredi une obligation en yens de 272 Mds ¥ (1,7 Md USD) pour financer l'opération. Les trois grands non-vie japonais contrôlent environ 90 % de leur marché domestique. Source : Financial Times, 20 avril 2026, David Keohane, Harry Dempsey et Eric Platt.
Jeff Bezos est proche de boucler un tour de 10 Mds USD valorisant 38 Mds USD Project Prometheus, son laboratoire d'IA consacré aux systèmes qui comprennent le monde physique et peuvent transformer l'ingénierie et la production. Ce tour prolonge les 6,2 Mds USD levés en novembre 2025 et inclut JPMorgan et BlackRock comme nouveaux investisseurs, Bezos lui-même figurant parmi les investisseurs initiaux. C'est son premier rôle opérationnel depuis son retrait de la direction d'Amazon en 2021. En parallèle du laboratoire, Prometheus lève des dizaines de milliards de dollars pour une société holding distincte, destinée à prendre des participations dans les entreprises qu'il s'attend à voir bouleversées par sa technologie — notamment dans l'ingénierie, l'architecture et le design. La holding aurait accès aux données de son portefeuille pour entraîner les modèles de Prometheus, créant un volant de données et de déploiement verticalement intégré. Prometheus est basé à San Francisco avec des bureaux à Londres et Zurich, sous la direction de Bezos et du co-DG Vikram Bajaj. Le groupe a recruté des centaines de personnes : chercheurs en IA, experts sectoriels, ingénieurs d'infrastructure. Début avril, le FT a révélé le recrutement de Kyle Kosic, ancien d'OpenAI et co-fondateur de xAI, qui dirigeait le supercalculateur Colossus de Musk. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Cristina Criddle et George Hammond.
Sefe — ex-Gazprom Germania, saisi par Berlin après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 — prépare la première étape de sa privatisation. Son directeur général Egbert Laege a indiqué au FT que l'entreprise lèverait 1,5 à 2 Mds€ lors d'une augmentation de capital (émission de nouvelles actions qui diluera la participation actuelle de 100 % de l'État allemand) afin de financer le développement de ses actifs d'infrastructure régulée. Sefe, acronyme de Securing Energy for Europe, détient des installations de stockage de gaz, des pipelines et une activité de trading basée au Royaume-Uni, anciennement connue sous le nom de Gazprom Marketing & Trading. Cette augmentation de capital marquera la première dilution de l'actionnariat public total. Selon les règles de la Commission européenne, Berlin devra céder au moins 75 % de sa participation d'ici fin 2028. Laege a expliqué que la guerre avec l'Iran a accéléré la logique de privatisation en mettant en lumière la valeur de fournisseurs de gaz fiables et non russes pour l'Europe — tout en poussant les prix du gaz à la hausse. Les étapes suivantes pourraient prendre la forme d'une nouvelle cession, d'une introduction en Bourse (IPO) ou d'un autre dispositif, même si Laege juge une IPO « un peu difficile » dans la fenêtre courte disponible. Le rôle de Sefe dans la sécurité énergétique allemande limitera le type d'investisseurs que Berlin acceptera. Sefe entend conserver ensemble son pôle d'infrastructure régulée et son pôle de trading, écartant pour l'instant les spéculations sur un démantèlement. Une éventuelle fusion avec Uniper (l'importateur de gaz nationalisé par Berlin en 2022 après la coupure russe) a été étudiée mais Laege travaille pour l'heure sur l'hypothèse d'un processus autonome. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Verity Ratcliffe.
Les grands programmes d'armement communs européens s'étiolent l'un après l'autre au bénéfice des industriels américains. Le SCAF (Système de combat aérien du futur), porté par la France, l'Allemagne et l'Espagne via Dassault, Airbus et Indra, touche à sa fin : la deadline du 18 avril pour une réconciliation entre Éric Trappier (Dassault) et son homologue allemand de chez Airbus a été repoussée, et Berlin ainsi que Madrid se dirigent vers le F-35 américain. Même scénario pour le MGCS (char de combat du futur) franco-allemand, où la répartition industrielle et le calendrier patinent : la France a déjà prévu en interne de remplacer son char Leclerc d'ici 2037, seule si nécessaire. L'Eurodrone (Airbus, Dassault, Leonardo) a accumulé huit années de retard ; seule une quinzaine d'exemplaires ont été commandés à ce jour, contre des centaines de drones américains MQ-9 Reaper déjà en service. Les chiffres confirment la bascule. Selon l'Agence européenne de défense (EDA), plus de 60 % des achats d'armement des 27 États membres entre février 2022 et juin 2023 ont été effectués hors de l'UE, et 63 % auprès d'industriels américains. Le montant total des commandes sur cette période dépasse 100 Mds€, contre 52 Mds€ sur l'ensemble de 2021. Dans les carnets, le F-35 américain domine — l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique, la Pologne, la Finlande, le Danemark, la Norvège et la République tchèque sont clients — quand le Rafale français séduit principalement hors Europe (Inde, Émirats, Grèce, Croatie, Indonésie, Égypte, Serbie). Le Patriot de Raytheon et le THAAD de Lockheed Martin ont également capté la majorité de la demande européenne en défense antiaérienne, reléguant le SAMP/T franco-italien. Plusieurs causes expliquent ce basculement. Les délais de livraison américains — de 18 à 36 mois pour un F-35 contre 5 à 7 ans pour un Rafale en temps de guerre — restent un facteur décisif. L'interopérabilité au sein de l'Otan, la maturité des systèmes déjà produits en série, et une intégration plus rapide aux chaînes de commandement allié jouent aussi. À l'inverse, les programmes communs européens souffrent d'une gouvernance fragmentée : chaque État exige sa part industrielle, ce qui étire les calendriers et renchérit les coûts. La France pousse depuis 2017 pour construire une base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) ; les faits démontrent que cette bataille est, pour l'instant, largement perdue. Source : Les Echos, 20 avril 2026, Anne Drif.
L'industrie automobile française est passée au 5ème rang européen en volume de production. En 2025, les usines hexagonales ont assemblé environ 986 000 voitures, en hausse de 15,5 % sur un an grâce à un rebond post-crise, mais encore loin des 3,7 millions de 2002. La France est désormais dépassée par l'Allemagne (4,03 millions), l'Espagne (1,77 million), la République tchèque (1,44 million) et la Slovaquie (1,07 million). Sa part dans la production automobile européenne est tombée à environ 9 %, contre 11 % en 2013. Les causes sont structurelles. Les constructeurs français — Stellantis (PSA–FCA) et Renault — ont progressivement délocalisé la fabrication des petites voitures, celles qui faisaient la fierté du site France, vers l'Espagne, le Maroc, la République tchèque et la Slovaquie, où le coût du travail et l'énergie sont significativement moins chers. Le haut de gamme est resté ailleurs : la R5 électrique de Renault, succès commercial de 2024-2025, est produite à Douai, mais la Peugeot 208 est assemblée en Slovaquie, la Citroën C3 en Slovaquie également et à Trnava. La fermeture de l'usine Stellantis de Poissy, annoncée dans les jours qui viennent, symbolise cette bascule. Le site, qui produit la DS3 et la DS4, ne sera pas remplacé par un nouveau modèle. Le tableau n'est pas uniformément sombre. La R5 et la R4 électriques de Renault rencontrent la demande européenne, et la France reste le siège de la R&D et du design des deux groupes. Mais la tendance de fond est claire : la France est devenue un marché de distribution plus qu'un pays producteur. Le rééquilibrage supposerait soit une baisse marquée des coûts de production, soit un avantage technologique durable (électrique, hydrogène, logiciel), soit une politique industrielle coordonnée avec l'Allemagne au sein de l'UE. Les trois manquent. Source : Les Echos, 20 avril 2026, Julien Dupont-Calbo et al.
Les marchés pétroliers font face à davantage de turbulences, alors que les tensions au Moyen-Orient s'ajoutent à un creux saisonnier de la demande, a déclaré Gary Pedersen, nouveau patron de Gunvor, dans un entretien au FT. L'Agence internationale de l'énergie prévoit une baisse de la demande mondiale de 1,5 M de barils par jour au 2e trimestre — la plus importante depuis la pandémie — tandis que l'Opep table sur 500 000 b/j seulement. Selon Pedersen, les prix risquent d'être davantage dictés par les gros titres que par l'offre et la demande réelles entre avril et juin. Gunvor, 4e négociant indépendant mondial, a dégagé plus de 1,6 Md USD de marge brute au 1er trimestre 2026 — autant que sur l'ensemble de 2025. Pedersen, qui a pris les rênes après un rachat par les dirigeants en décembre, a expliqué s'être préparé au conflit iranien en revoyant les expositions en amont, avec une stratégie focalisée sur le physique plutôt que sur les dérivés. Gunvor a notamment acheté des volumes « significatifs » libérés par la réserve stratégique américaine. L'entreprise sort d'une période difficile, Washington l'ayant qualifiée de « marionnette du Kremlin » et l'ayant empechée d'acquérir des actifs étrangers de Lukoil, ce qui a débouché sur le départ de son propriétaire Torbjörn Törnqvist et le rachat par les dirigeants. Les États-Unis sont désormais le principal axe de développement, avec 4 Mds USD d'actifs et environ un tiers du trading. Pedersen s'intéresse aussi à des raffineries. Le rachat a laissé les dirigeants devoir plusieurs milliards à Törnqvist, qui détenait 86 % de la société valorisée 6 Mds USD. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Malcolm Moore.
La France et l'Allemagne ont rédigé des propositions distinctes n'offrant à l'Ukraine que des avantages « symboliques » dans une phase pré-adhésion à l'UE, bien en-deçà des espérances d'une adhésion accélérée après un éventuel accord de paix avec la Russie. L'Allemagne propose un statut d'« associate membership » — siège aux réunions ministrérielles et de chefs d'État, sans droit de vote et « sans application automatique » du budget européen. La France dubbe sa version « statut d'État intégré », avec un accès à la PAC et aux fonds de cohésion « reporté à la phase post-adhésion ». Le président Volodymyr Zelenskyy plaide pour une adhésion dès 2027, mais les plus grands États membres ont résisté aux propositions de la Commission de réformer le processus d'adhésion traditionnel. La PAC et les fonds régionaux représentent environ deux tiers du budget de l'UE, et la France exige un référendum pour chaque nouveau membre — un débat politiquement risqué à l'approche de la présidentielle française, les favoris d'extrême droite instrumentalisant déjà les préoccupations des agriculteurs. Un officiel ukrainien parle d'« adhésion fantôme ». Une concession importante : la clause de défense mutuelle de l'UE (article 42.7) « pourrait être rendue applicable de facto par une simple déclaration politique », selon le document allemand — un soutien sécuritaire réel alors que l'Otan reste hors de portée. La défaite électorale du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui bloquait l'ouverture des négociations avec l'Ukraine, débloque une partie du processus sans changer la réticence franco-allemande. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Paola Tamma, Henry Foy et Christopher Miller.
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Donald Trump a annoncé dimanche que le destroyer lance-missiles USS Spruance avait arraisonné le cargo sous pavillon iranien Touska dans le golfe d'Oman, après que celui-ci a tenté de franchir le blocus naval américain des ports iraniens. Le destroyer a tiré sur le navire, « perçant un trou » dans sa salle des machines, avant que des troupes du 31st Marine Expeditionary Unit ne montent à bord. Le Touska était déjà placé sous sanctions du Trésor américain. Le Khatam al-Anbiya Central Headquarters iranien a qualifié l'opération de « piraterie maritime » et promis des représailles. Le pétrole a flambé. Le Brent (référence internationale) a grimpé jusqu'à 7,9 % à 97,50 dollars le baril, avant de refluer à 95,40 dollars, en hausse de près de 6 %. Le WTI (référence américaine) a progressé de 6 % à 89,01 dollars. Les futures sur le S&P 500 ont reculé de 0,6 % et ceux du Stoxx Europe 600 de 1 %. Trump a simultanément menacé de détruire « chaque centrale électrique et chaque pont en Iran » si Téhéran refuse un accord, relançant les inquiétudes sur d'éventuels crimes de guerre. Il a affirmé que les forces américaines seraient prêtes à arraisonner des navires iraniens « jusqu'à l'océan Pacifique ». Les discussions prévues au Pakistan — avec les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner — paraissent fragiles : l'agence Tasnim News a indiqué que Téhéran n'enverra pas de négociateurs tant que le blocus perdure. Les marchés à terme tablent désormais sur moins de 50 % de probabilité d'une seule baisse de 25 points de base par la Fed cette année, et un sondage NBC montre que deux tiers des Américains désapprouvent la gestion de la guerre par Trump. Source : Financial Times, 19 avril 2026, James Politi, Najmeh Bozorgmehr et Michael Acton.
QXO, la société de Brad Jacobs, a conclu un accord de 17 Mds$ en numéraire et en actions pour racheter le distributeur américain d'isolation TopBuild, valorisé à 505 dollars par action — une prime de 23 % sur le cours de clôture de vendredi. Le paiement se fait pour 45 % en cash et 55 % en actions. Le nouvel ensemble dépassera 18 Mds$ de chiffre d'affaires annuel et deviendra le deuxième plus grand distributeur coté de produits de construction en Amérique du Nord, en combinant la position dominante de TopBuild dans l'isolation à la force de QXO dans la toiture et l'étanchéité. C'est la dernière brique d'un build-up rapide. Jacobs a créé QXO fin 2023 avec l'objectif affiché de bâtir un géant de 50 Mds$ dans le secteur très fragmenté des produits de construction, en reprenant le schéma qui a fait le succès de United Rentals et XPO Logistics. En 2025, QXO a racheté Beacon Roofing Supply pour 11 Mds$, puis Kodiak plus tôt cette année pour 2,25 Mds$. En début d'année 2026, QXO a levé 3,75 Mds$ de capitaux propres — auprès d'Apollo, du singapourien Temasek et d'Affinity Partners, la société de capital-investissement de Jared Kushner — pour financer de nouvelles acquisitions. Jacobs affirme que l'intégration de TopBuild apporte de la taille et une exposition aux grands projets complexes « comme les data centers ». L'activisme de Jacobs accélère la consolidation des produits de construction aux États-Unis. Home Depot a racheté GMS pour 5,5 Mds$ l'été dernier et SRS Distribution pour 18,25 Mds$ en 2024. Source : Financial Times, 19 avril 2026, Oliver Barnes et Julia Rock.
L'ancien président bulgare Rumen Radev, favorable à Moscou, est en voie de remporter les élections législatives avec une majorité absolue — un résultat qui pourrait stabiliser le pays après huit scrutins anticipés en cinq ans, mais rapprocher ce membre de l'UE et de l'Otan de la Russie. Son bloc de gauche Progressive Bulgaria (PB) est crédité de plus de 43 % des voix et de 129 sièges sur 240, selon le verdict indépendant de l'institut AlphaResearch. Les résultats officiels sont attendus lundi. Radev a quitté la présidence en janvier pour briguer le poste de Premier ministre. Le parti de centre-droit GERB de l'ancien chef du gouvernement Boyko Borisov n'obtiendrait que 40 sièges, son partenaire DPS — du magnat Delyan Peevski, sanctionné par les États-Unis et le Royaume-Uni — 23 sièges. Le parti libéral We Continue the Change (PP-DB) est donné à 36 sièges ; le parti d'extrême droite pro-russe Revival chute à 12 sièges (contre 33). Avec PP-DB, PB disposerait de la supermajorité constitutionnelle nécessaire pour réformer la justice dans l'un des pays les plus corrompus de l'UE. Radev a centré sa campagne sur l'anti-corruption et refuse toute coalition avec Borisov ou Peevski. Radev a refusé de condamner l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, critiqué les sanctions européennes, tenté de bloquer l'adhésion de la Bulgarie à la zone euro (effective depuis janvier) et affirmé vouloir « rétablir les relations avec la Russie ». Valérie Hayer, du groupe Renew Europe, l'a qualifié de « cheval de Troie de Poutine ». Les analystes notent toutefois qu'une forte dépendance aux fonds européens, une opposition pro-européenne robuste au parlement et un électorat divisé rendent improbable un basculement complet à la Orbán. Population : un peu moins de 6,7 millions d'habitants. Source : Financial Times, 19 avril 2026, Marton Dunai.
Jeudi 16 avril au soir, Altice France a accepté l'offre d'un consortium réunissant Orange, Bouygues Telecom et Iliad pour racheter SFR à 20,35 Mds€. Le deal — validé sur DocuSign, sans champagne — met fin à quatorze ans de guerre des télécoms français depuis l'irruption de Free dans le mobile en 2012 et douze ans après le rachat de SFR par Patrick Drahi. Le marché repasse de quatre à trois opérateurs. Drahi a suivi les négociations depuis Tel-Aviv, « bloqué par la guerre au Proche-Orient » : il a donné son go à 16 heures, le communiqué était finalisé à 20 heures. Les discussions ont failli capoter deux fois. Une première offre à 17 Mds€ est tombée le 14 octobre et a été rejetée par Drahi. Après deux mois de gel, chacun a fait un geste et la due diligence a démarré début janvier, avec 400 à 500 personnes mobilisées les premières semaines de 2026. Une offre révisée est tombée début avril, puis une offre améliorée le vendredi 10 avril. Mardi soir, tout le monde était prêt à signer. Mercredi matin, « l'ambiance s'est refroidie soudainement » et « le fantôme de 2016 est refait surface » — une référence à l'échec de l'opération « Jardiland » qui, dix ans plus tôt, avait vu échouer le rachat de Bouygues Telecom par Orange. Les acheteurs proposaient 17 Mds€, Drahi en voulait 23 Mds€ ; le prix a été conclu à un peu plus de 20 Mds€. Chaque camp a travaillé sous un nom de code : « Rainbow » chez Altice, « Mont-Blanc » chez Bouygues, « Mosaïque » chez Iliad, « Voltaire » chez Orange. Côté Orange, Christel Heydemann — polytechnicienne comme Drahi — a joué un rôle clé, conseillée par Laurence Hainault (Evercore). Côté Iliad, Thomas Reynaud et le nouveau directeur financier Thomas Kienzi étaient appuyés par Perella Weinberg (Gilles Tré-Hardy) et Bredin Prat (Florence Haas). Les avocats ont désormais jusqu'au 15 mai pour produire la documentation juridique ; Drahi devra ensuite solder ses autres actifs télécoms européens et se désendetter aux États-Unis. Source : Les Echos, 19 avril 2026, Thomas Pontiroli, Romain Gueugneau, Mehdi Laghrari et David Barroux.
Aucun article dans cette rubrique le 19 avril 2026.
Airbnb intègre des hôtels indépendants à sa plateforme : la société synonyme de location courte durée se tourne vers l'hébergement traditionnel pour relancer sa croissance. Une expérience permet désormais aux utilisateurs de New York, Los Angeles, Paris et Madrid de choisir parmi des hôtels boutique aux côtés de logements privés. Le groupe basé à San Francisco casse les commissions facturées par Booking.com et Expedia : Jesse Stein — nommé en janvier premier responsable des hôtels chez Airbnb — affirme que la société propose une « structure de commissions très compétitive… par rapport aux autres acteurs du secteur ». Deux pressions sous-tendent cette décision. D'abord, Airbnb cherche à séduire les voyageurs d'affaires, qui préfèrent la prévisibilité des hôtels : les dépenses mondiales de voyages d'affaires ont atteint 1.600 milliards de dollars en 2025, selon la Global Business Travel Association. Ensuite, la réglementation se resserre : les règles new-yorkaises de 2023 ont restreint les locations touristiques courtes, et Airbnb a indiqué lors de sa publication trimestrielle de novembre n'avoir pas pu convertir des millions de recherches new-yorkaises en réservations. C'est la dynamique de croissance qui déclenche la stratégie : le chiffre d'affaires n'a progressé que de 10 % en 2025, le rythme le plus faible depuis le début de la pandémie de Covid-19, et le titre n'a gagné que 2 % depuis l'introduction en bourse de décembre 2020 de cette entreprise valorisée 85 milliards de dollars. Le directeur général Brian Chesky a indiqué en septembre qu'il n'était « pas satisfait » de la croissance et entendait « empiler de nouvelles activités » pour accélérer. La concurrence sera rude. L'analyste Bernstein Richard Clarke souligne la difficulté de pénétrer un marché de la réservation hôtelière dominé par Booking.com et Expedia. Hilton, Marriott et InterContinental Hotels Group multiplient eux-mêmes les partenariats « soft » et « conversion-friendly » pour ajouter des hôtels indépendants à leur réseau sans le coût de nouvelles constructions. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Stephanie Stacey.
L'Iran a déclaré samedi que le détroit d'Ormuz — passage obligé d'environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial — ne serait pas pleinement rouvert et restait sous le « contrôle strict » de ses forces armées. Le communiqué du Khatam al-Anbiya Central Command Headquarters est tombé après que Donald Trump a annoncé le maintien du blocus naval américain des ports iraniens. Le président américain a mis en garde Téhéran contre toute tentative de « chantage » et affirmé que les négociations de cessez-le-feu avançaient « vraiment très bien ». Deux incidents illustrent la fragilité du trafic. Selon UK Maritime Trade Operations, le pétrolier Sanmar Herald, sous pavillon indien, a été visé par deux canonnières du Corps des Gardiens de la Révolution islamique malgré une autorisation de transit ; les marins ont été entendus lancer « Mayday » à la radio avant de faire demi-tour. Un porte-conteneurs français de CMA-CGM a également été touché, avec des dégâts sur certains conteneurs mais sans incendie. La quasi-totalité des autres navires a rebroussé chemin vers le Golfe ; seuls quelques bâtiments à capitaux moyen-orientaux ou chinois sont passés durant la nuit. Le cessez-le-feu américano-iranien de 14 jours expire mardi en fin de journée. Trump a affirmé vendredi que l'Iran avait accepté de suspendre indéfiniment son programme nucléaire et de livrer son stock d'uranium hautement enrichi, ce que Téhéran, par la voix de son négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, a démenti catégoriquement. Les cours du pétrole et du gaz avaient reculé vendredi sur l'espoir d'une réouverture ; le revirement de samedi réintroduit la prime de risque. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Najmeh Bozorgmehr, Andrew England, Alice Hancock et James Politi.
Chelsea a publié ce mois-ci une perte avant impôts de 262 millions de livres sur 2024-25, un record pour un club de Premier League, sous la propriété de Clearlake Capital et du financier Todd Boehly, qui ont racheté le club pour 2,5 milliards de livres il y a près de trois ans. Sous l'oligarque précédent Roman Abramovich, le club perdait environ 1 million de livres par semaine pendant près de deux décennies — un rythme désormais dépassé par les actionnaires actuels. Depuis le rachat, Chelsea a dépensé environ 1,7 milliard d'euros (1,5 milliard de livres) en joueurs, s'est séparé de quatre entraîneurs principaux et n'a pas tranché entre la modernisation de Stamford Bridge ou un déménagement. Le financement est de facture capital-investissement. Au cœur figure un payment-in-kind note de 500 millions de dollars consenti par Ares Management à la holding 22 Holdco, portant un taux de 11,2 % qui se capitalise dans le principal (s'élevant à 595,9 millions de livres en juin dernier, échéance 2033) ; une autre entité porte 794 millions de livres de prêts supplémentaires. Les actionnaires se sont engagés sur 1,75 milliard de livres au départ et disposent encore de 1,3 milliard. Le chiffre d'affaires a progressé de 4,8 % à 490,9 millions de livres en 2024-25 et devrait atteindre environ 700 millions cette année, dopé par la victoire à la première Coupe du monde des clubs de la Fifa. Chelsea est désormais bénéficiaire au niveau opérationnel. Le négoce de joueurs a partiellement compensé : 1,75 milliard d'euros de recrutements pour 921 millions d'euros de ventes. Les contrats sont souvent signés sur sept ans ou plus, ce qui permet d'amortir les indemnités de transfert sur une période plus longue et de rester dans les clous des règles financières. Stamford Bridge reste le point de blocage stratégique. Sa capacité de 40.000 places a généré 86,7 millions de livres de recettes match l'an dernier, contre 160 millions à Old Trafford de Manchester United (74.000 places). Le projet d'Earl's Court s'est éloigné après l'approbation par deux conseils municipaux de plans n'incluant pas de stade. Un peu plus de la moitié des 4.000 répondants à un sondage du Chelsea Supporters' Trust se déclarent « très peu confiants » que le club soit dirigé pour un succès durable. La qualification en Ligue des champions — 75 à 80 millions d'euros cette saison — dépend des six derniers matchs, Chelsea pointant à la sixième place. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Samuel Agini.
À l'approche de sa guerre de plusieurs semaines contre Israël et les États-Unis, l'armée iranienne a discrètement décortiqué le conflit en Ukraine pour en tirer des leçons stratégiques. Le Financial Times a passé au crible plus de 300 articles publiés sur cinq ans dans une douzaine de revues de défense iraniennes, rattachées aux écoles d'état-major du Corps des Gardiens de la Révolution islamique et des Forces armées régulières. Le fil rouge : Téhéran doit basculer vers une guerre plus dispersée et moins coûteuse — drones produits en masse, unités de combat plus mobiles, intelligence artificielle pour la désignation d'objectifs, et capacités cyber renforcées. Plusieurs textes sont signés de noms aujourd'hui de premier plan — ou récemment éliminés. Hossein Dadvand, commandant d'un important collège de combat au nord de Téhéran, a publié des recommandations citant la résilience industrielle ukrainienne et l'emploi d'imprimantes 3D pour produire des drones bon marché. Kioumars Heydari et Abdolali Pourshasb, deux généraux ayant dirigé l'armée iranienne, ont cosigné en 2023 dans Strategic Defence Studies un article alertant sur une planification insuffisante face aux « menaces émergentes ». Aziz Nasirzadeh — ancien ministre de la Défense tué lors d'une frappe aérienne le 28 février — avait cosigné un texte appelant à reconstruire une flotte de chasse vieillissante en achetant des Su-35 russes, et un autre dépeignant l'US Air Force comme affaiblie par le vieillissement et des programmes de modernisation ratés. Les analystes cités — Nicole Grajewski (Sciences Po), Afshon Ostovar, Farzin Nadimi (Washington Institute for Near East Policy) et Michael Connell (Center for Naval Analyses) — soulignent que ces revues importent moins pour leurs conclusions que pour ce qu'elles révèlent des priorités : drones, cyber, IA, défense aérienne, et faiblesses internes comme les discriminations liées à la pauvreté ou à l'origine ethnique, les pensées suicidaires chez les soldats, et les hôpitaux militaires trop dépendants du privé. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Jacob Judah.
La guerre en Iran coûte cher aux finances publiques françaises. Selon Les Echos, le gouvernement devrait annoncer une première salve d'économies de 4 milliards d'euros environ pour respecter la cible de déficit 2026, près de deux mois après le déclenchement surprise du conflit. Les coupes pourraient toucher à la fois les dépenses de l'État et celles de la Sécurité sociale ; certaines sources évoquent un nouveau coup de rabot sur les exonérations de cotisations patronales jusqu'à 3 SMIC. Le ministre du Budget David Amiel a réuni mardi le Comité d'alerte des finances publiques avec parlementaires, élus locaux, partenaires économiques et syndicaux. Le décor macroéconomique est dégradé. Bercy a révisé mardi ses prévisions : croissance ramenée de 0,1 point à 0,9 % en 2026 (l'activité serait quasiment atone au deuxième semestre), et inflation portée à 1,9 % sur l'ensemble de l'année, largement au-dessus des 1,3 % inscrits au budget. Le rapporteur du Budget à l'Assemblée Philippe Juvin rappelle qu'on est passé d'une estimation de déficit 2025 de 5,4 % à 5,1 %, avec un budget 2026 construit sur 5 %. La crise pèse sur les recettes fiscales et fait gonfler des dépenses imprévues : environ 70 millions d'euros d'aides ont déjà été versés en avril aux agriculteurs, pêcheurs et transporteurs routiers, et le Premier ministre prépare « un nouveau paquet d'aides pour le mois de mai ». Mais le principal effet vient de la charge de la dette, dont le surcoût est estimé à environ 4 milliards d'euros — entre obligations indexées renchéries par l'inflation et nouvelles émissions à des taux remontés. La manœuvre est classique : en 2025, Bercy avait annulé ou gelé 8 milliards d'euros de crédits d'État entre avril et juin et freiné les dépenses d'assurance maladie de 1,7 milliard. Ces décisions impopulaires avaient permis d'atterrir à 5,1 % de déficit, mieux que prévu. Le gouvernement vise désormais 5 % du PIB cette année. Source : Les Echos, 18 avril 2026, Sébastien Dumoulin et Stéphane Loignon.
Les deux médiateurs nommés mi-mars pour débloquer le Système aérien du futur (SCAF) — Laurent Collet-Billon, ex-patron de la Direction générale de l'armement (DGA), et Frank Haun, ex-dirigeant du fabricant de chars Krauss-Maffei Wegmann — ont remis leurs rapports. La balle est désormais dans le camp des gouvernements français et allemand, alors que les PDG d'Airbus Defence & Space et de Dassault Aviation ne se parlent plus depuis des mois. Les discussions avec les industriels ont porté sur trois axes : propriété intellectuelle, répartition de la charge de travail et capacités d'exportation. Le nœud reste le même. Dassault exige un leadership industriel plus clair sur le pôle avion de combat, aujourd'hui réparti à parts égales entre Dassault, Airbus Allemagne et Airbus Espagne — une redistribution rejetée par Berlin. Emmanuel Macron entendait sauver un programme annoncé avec Angela Merkel en 2017, pour lequel 3 milliards d'euros d'études ont déjà été engagés, sur un projet à 100 milliards d'euros. Selon le « Handelsblatt », les médiateurs n'auraient pas trouvé d'accord et Friedrich Merz voudrait trancher d'ici mardi, avant la réunion informelle des 27 chefs d'État européens à Chypre jeudi et vendredi. La DGA affirme toutefois côté français que « la médiation est toujours en cours ». Outre-Rhin, l'industrie aéronautique et le syndicat IG Metall poussent pour la conception de deux avions séparés, tout en conservant des piliers communs pour les drones et un « cloud de combat ». Le député conservateur Volker Mayer-Lay appelle à basculer « sans délai » vers la solution à deux appareils. Le PDG de Dassault, Eric Trappier, avait lui-même annoncé lors du forum « Guerres et paix » début avril : « On se reverra le 18 avril ». Source : Les Echos, 18 avril 2026, Emmanuel Grasland et Anne Drif.
L'Alternative für Deutschland (AfD), parti d'extrême droite, se déchire sur la conscription, et c'est son aile anti-Otan et pro-Moscou qui prend l'avantage. Rüdiger Lucassen — ancien colonel de la Bundeswehr, ex-pilote d'hélicoptère de 74 ans et l'un des pro-Américains les plus affirmés du parti — a démissionné de son poste de porte-parole défense après huit ans, quelques jours avant un vote qui devait le destituer. Il est remplacé par Jan Nolte, député de Hesse qui a accordé en 2024 encore des entretiens à Izvestia, journal russe cofondé par l'un des proches de Vladimir Putin. La conscription a été suspendue en Allemagne en 2011. Sur le papier, l'AfD y est favorable ; en pratique, lors d'un récent séminaire, la direction a décidé d'éviter le sujet. Björn Höcke, figure de proue de l'aile ethno-nationaliste, a mené la fronde — invitant les députés du parlement de Thuringe à imaginer leurs fils et petits-fils déchiquetés sur un champ de bataille étranger, et refusant de soutenir la conscription dans un pays qui, selon lui, n'a rien à défendre à part « des spectacles de drag queens dans les maternelles », la désindustrialisation, l'immigration de masse et la culpabilité de guerre. L'aile orientale, là où la sympathie pour la Russie et la défiance envers les États-Unis sont les plus fortes, dispose du muscle électoral — l'AfD atteint 40 % dans certaines parties de l'est, est en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et pourrait emporter la Saxe-Anhalt en septembre. Fondée en 2013 pendant la crise de l'euro, l'AfD se radicalise à mesure qu'elle progresse — 21 % des suffrages l'an dernier, son record, en deuxième position aux élections fédérales. Certains députés de l'Ouest soutiennent encore le réarmement porté par le chancelier Friedrich Merz et le ministre de la Défense Boris Pistorius, mais la ligne orientale juge la souveraineté militaire non prioritaire face aux économies budgétaires, et estime que la Russie n'est pas vraiment une menace. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Laura Pitel (avec la contribution de Max Seddon).
Les conseillers patrimoniaux des grandes banques américaines et des courtiers indépendants ont perçu plus de 2 milliards de dollars de commissions de gestion depuis 2017 en orientant des investisseurs particuliers vers des fonds de marchés privés — avant même les commissions d'entrée, selon une analyse par le Financial Times des documents réglementaires couvrant seize fonds gérés par Blackstone, Blue Owl, Apollo et KKR. La révélation intervient alors que ces mêmes particuliers cherchent désormais à sortir : plus de 20 milliards de dollars de demandes de rachat ont été présentées aux véhicules de crédit privé au premier trimestre. Le millefeuille de frais est éloquent. Les commissions de gestion — versées annuellement pour le suivi du compte — représentent 0,25 % à 0,85 % de l'investissement ; les frais de placement de 0,5 % sont prélevés à l'entrée (parfois plafonnés à 0,85 % en cumulé) ; les courtiers peuvent aussi facturer des commissions pouvant atteindre 3,5 %, avec une moyenne autour de 2 %. Blackstone mène la danse. Son fonds immobilier Breit et son fonds de crédit Bcred ont drainé plus de 100 milliards de dollars d'actifs nets depuis 2020 et ont versé 280 millions de dollars en commissions de gestion aux courtiers sur la seule dernière année. Breit vient de relever le plafond de ces versements de 8,75 % à 10 % du capital brut levé, libérant plusieurs centaines de millions de rémunération supplémentaire pour les conseillers. Breit a déjà versé plus de 500 millions de dollars de commissions aux courtiers. L'écart de rendement lié à ces frais est mesurable. La classe d'actions de Breit la moins chargée a rendu plus de 9,3 % par an depuis 2017 ; la plus chargée, seulement 8 %. Chez Bcred, depuis son lancement en 2021, les rendements ressortent à 9,5 % contre 7,8 %. Blackstone rétorque qu'une majorité de ses actifs « evergreen » se trouvent dans des classes sans commission ni frais de gestion, et que ses fonds ont surperformé les indices publics d'environ 60 % depuis leur création. Ted Pick, patron de Morgan Stanley, précise que les actifs alternatifs ne représentent que 5 % des avoirs gérés par les conseillers financiers, et que la banque a « harmonisé » les barèmes pour éviter que les conseillers ne soient incités à pousser un fonds plutôt qu'un autre. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Antoine Gara, Amelia Pollard, Eric Platt et Harriet Clarfelt.
Florent Menegaux, PDG de Michelin, acte un choix stratégique : l'exportation depuis l'Europe de pneus grand public est devenue impossible. L'écart de coût avec l'Asie est trop large, les Chinois s'implantent désormais dans le pneu tourisme, et les revenus 2025 du groupe ont reculé de 4,4 % à 26 Md€, plombés par le ralentissement du camion aux États-Unis. La réponse : ne conserver en France que le haut de gamme — pneus de course, trains d'atterrissage d'aéronefs, et un pneu de rover lunaire que Michelin propose à la Nasa pour les missions Artemis — tout en se diversifiant agressivement dans les polymères composites (matériaux pour mastics, revêtements textiles, aéronautique, énergie, construction). L'empreinte française se réduit déjà. Michelin a fermé l'an dernier deux usines de pneus poids lourds et utilitaires (Vannes en Bretagne, Cholet dans l'ouest), supprimant plus de 6 % des effectifs français — 1 200 emplois. Clermont-Ferrand, berceau du groupe depuis près de 140 ans, emploie aujourd'hui environ 10 000 personnes, un tiers du pic des années 1980. L'usine historique de Cataroux est en cours de reconversion en hub de start-ups et pôle recherche. La CGT redoute d'autres coupes : la plupart des sites français tournent en sous-capacité — seule l'usine de pneus d'avion de Bourges va bien. La France accueille encore la moitié des 30 usines européennes de Michelin ; le groupe en a autant aux Amériques et 15 en Asie. Le calcul de la diversification compte. Les polymères composites ont généré 1,3 Md€ de chiffre d'affaires en 2025 (1,7 Md€ en intégrant les dernières acquisitions), une fraction des revenus du groupe, mais avec une marge de 15 %, l'activité la plus rentable de Michelin. Trois acquisitions américaines de composites l'an dernier, pour une valeur d'entreprise cumulée d'environ 1 Md€, avec l'objectif d'au moins autant chaque année à l'échelle mondiale. Menegaux met en garde contre les droits de douane européens qui s'annoncent sur les pneus chinois et contre le cadre « Buy European » : ils ne doivent pas devenir une « rente » qui démobilise les industriels européens sur l'innovation. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Sarah White.
Helion Energy, start-up américaine de fusion nucléaire soutenue par Sam Altman et Peter Thiel, confirme au Financial Times qu'elle « reste en ligne » pour fournir de l'électricité commerciale à Microsoft via le réseau en 2028 — un jalon qu'aucune entreprise de fusion n'a encore atteint. Le directeur financier Pragav Jain précise que le générateur en construction dans l'État de Washington pour Microsoft sera une « unité commerciale de sous-échelle », moins efficace que les systèmes pleine taille que l'entreprise compte déployer ensuite. Helion a également signé avec le sidérurgiste Nucor un accord de 500 mégawatts pour 2030, et Axios rapportait le mois dernier qu'OpenAI était en discussion pour acheter de l'électricité à Helion. Le pari divise le secteur. Helion est parmi les mieux financées — 1 Md$ levé, valorisation à 5,4 Md$ au dernier tour — mais reste plus petite que Commonwealth Fusion Systems, qui a levé environ 3 Md$ et prévoit sa première centrale commerciale au début des années 2030 avec Google comme client. Les scientifiques du gouvernement américain ont franchi le « net energy gain » (produire plus d'électricité que ce qui est consommé pour déclencher la fusion), mais aucune start-up n'a fait pareil, et encore moins construit une centrale commerciale. Les rivaux jugent le calendrier 2028 d'Helion « intenable » et critiquent son silence sur la gestion des neutrons de haute énergie, qui abîment les structures du réacteur. Helion dit développer un matériau doté d'un « mécanisme d'auto-cicatrisation » mais communique peu, pour protéger sa propriété intellectuelle des « imitateurs ». Selon la Fusion Industry Association, 89 % des entreprises privées du secteur pensent alimenter le réseau d'ici 2030. L'atout d'Helion, s'il est réel, tient à son design. L'entreprise ne prévoit pas de turbines ; elle veut générer l'électricité directement depuis les variations du champ magnétique au moment où le plasma se dilate, induisant un courant dans les bobines voisines. Un investisseur de la fusion décrit cette approche comme le « Saint Graal » — en théorie, elle permettrait à Helion de produire de l'électricité utile commercialement avec un gain net d'énergie inférieur à celui exigé par ses concurrents. La société teste actuellement une machine pré-commerciale censée « démontrer la production d'électricité par fusion », mais Jain refuse de dire si Helion approche le point d'équilibre énergétique. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Ryohtaroh Satoh.
Le Financial Times reportage depuis le comté de Longhui (Hunan) : les 300 millions de travailleurs migrants chinois restent de plus en plus chez eux — un renversement silencieux de quatre décennies de migrations rurales vers les villes. Selon une agence publique de recrutement de Longhui, depuis 2023 les offres d'emploi reculent pendant que les demandeurs affluent ; les usines de chaussures de sport du comté n'emploient plus que 200 à 300 personnes, contre près de 3 000 au pic, en cause le conflit commercial sino-américain. Un ouvrier du bâtiment interviewé dans un salon de mah-jong explique que son salaire mensuel sur les chantiers du Guangdong est tombé de 15 000-16 000 yuans au pic à 7 000-8 000 aujourd'hui. Un carreleur de marbre dont le chantier à Dongguan est suspendu précise que son travail en ville lui rapporterait 20 000 yuans par mois, contre environ 4 000 localement : « Quel que soit le salaire, je le prendrai. » L'explication macro tient à la combinaison d'une crise de plusieurs années de l'immobilier et de la construction avec un basculement structurel vers des industries moins intensives en main-d'œuvre. Ernan Cui (Gavekal Dragonomics) constate une baisse des embauches urbaines « dans la construction, la fabrication et les services », pendant que les nouveaux emplois se concentrent dans l'IA — créant un décalage structurel de compétences avec les travailleurs plus âgés. Jenny Chan (Hong Kong Polytechnic University) observe que les travailleurs de la fin de la quarantaine au début de la soixantaine sont pris de court par la montée en gamme industrielle et se rabattent sur l'agriculture et les petits boulots. La migration interprovinciale décline chaque année depuis 2015 ; les salaires sont encore plus élevés pour ceux qui bougent, mais en 2024 ils progressent moins vite que pour les migrants intraprovinciaux. La politique commence à bouger. En novembre, le ministère chinois de l'Agriculture et des Affaires rurales a tenu une conférence de travail qui signale explicitement le « retour massif et le maintien à la campagne » des travailleurs. Pékin a publié des directives pour améliorer l'offre d'emplois aux migrants, y compris des subventions de transport pour la mobilité interprovinciale. Le recruteur de Longhui résume le risque sans fard : « Pratiquement chaque village a maintenant un nombre de travailleurs échoués. En termes d'ordre social, ce n'est pas génial. » Pékin ne publie pas de chiffres annuels sur les retours, mais les analystes jugent que la tendance s'accélère depuis 2023. Source : Financial Times, 18 avril 2026, William Langley (avec la contribution de Tina Hu).
Un reportage du FT Magazine au Creative Machines Lab de Columbia, où le professeur Hod Lipson et ses étudiants construisent un « métabolisme robotique » — des robots modulaires capables de s'assembler à partir de pièces simples, de se réparer, et, à terme, de se reproduire. Les briques de construction actuelles sont des tiges en plastique blanc baptisées « truss links » (développées par Philippe Wyder, PhD fraîchement diplômé) et une nouvelle génération de triangles (Sylvester Zhang, étudiant en master). Un article paru l'été dernier dans Science Advances décrit ce que le groupe présente comme la première démonstration d'un système robotique qui se développe à partir de pièces isolées pour devenir un robot 3D complet, en améliorant systématiquement ses propres capacités — sans aucune machine externe. Quête de vie de Lipson : identifier « les 20 briques pour construire tous les robots possibles », en écho délibéré aux environ 20 acides aminés qui encodent la vie biologique. Le contexte : la robotique est devenue le jumeau en retard de l'IA. Les grands modèles de langage ont aspiré le hype, le capital et les doctorants ; la robotique, dit Goldfeder, « ne marche pas encore » — précisément ce qui la rend intéressante pour ce groupe. La thèse de Lipson est que la prochaine rupture ne viendra pas de modèles plus gros : « les cerveaux ont avancé, il est temps que les corps rattrapent — dans la nature, il n'y a jamais d'esprit sans corps ». Le projet emblématique du labo : « une machine qui fabrique une autre machine, et cette machine-là sort tranquillement en marchant ». L'horizon commercial dessiné par Lipson est radical : l'acheteur n'achètera plus un robot fini mais un sac rempli de blocs modulaires qui s'auto-assembleront selon la tâche demandée. La réalité est plus rude. À Penn, Mark Yim — pionnier de la robotique modulaire — reconnaît que les trois promesses de l'an 2000 (polyvalence, accessibilité, fiabilité) ne sont pas tenues : « ils ne savent rien faire, ils sont ruineux et ils cassent tout le temps. » Au MIT, Daniela Rus, directrice du CSAIL, juge que les démonstrations de robots reproductifs sont « très simples par rapport à la promesse ». Néanmoins, devant le FT, le labo de Columbia a obtenu une petite victoire : huit triangles de Zhang ont rampé millimètre par millimètre dans un couloir en linoléum, se sont accrochés pour former un serpent, puis se sont scindés en deux tétraèdres qui se sont repliés sur eux-mêmes — un acte primitif de reproduction robotique. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Oliver Roeder.
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Berlin s'apprête à ramener sa prévision de croissance 2026 de 1 % à 0,5 %, l'impact de la guerre américano-iranienne sur les prix de l'énergie torpillant les espoirs de reprise. La première économie européenne se dirige ainsi vers une quatrième année consécutive de stagnation de fait, malgré un plan public de 1 000 Mds€ financé par la dette. Le ministère de l'Économie reconnaît un « ralentissement notable » au T1 2026 sur fond de conflit au Moyen-Orient. Le chancelier Friedrich Merz a annoncé un paquet de 1,6 Md€ pour atténuer la hausse des prix du carburant. Le chef économiste de Commerzbank, Jörg Krämer, table désormais sur 0,3 % de croissance 2026 ajustée du nombre de jours ouvrés, contre 0,4 % en 2025, soit « un zéro pointé ». Goldman Sachs estime que le plan de 1 000 Mds€ n'ajoutera que 0,5 point de PIB cette année. La chimie allemande, très consommatrice d'énergie, est la plus touchée : la production est revenue aux niveaux de fin 2004 (données Bundesbank), et les usines ferment faute de taux d'utilisation. Les faillites du T1 atteignent leur plus haut niveau en plus de 20 ans, au-dessus du pic de 2009, et le chômage dépasse de 30 % les niveaux d'avant pandémie. Pour Clemens Fuest (Ifo), « la stagnation est la nouvelle norme » outre-Rhin. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Olaf Storbeck et Anne-Sylvaine Chassany.
La plateforme britannique OnlyFans est en discussions avancées pour céder une participation minoritaire de moins de 20 % au fonds américain Architect Capital (San Francisco), sur la base d'une valorisation supérieure à 3 Mds$. L'accord pourrait être signé dès le mois prochain. Il intervient après le décès fin mars du propriétaire Leonid Radvinsky ; le contrôle restera dans la fiducie familiale dirigée par sa veuve Katie. OnlyFans a généré 7,2 Mds$ de revenus utilisateurs en 2025 et versé un dividende record de 701 M$ à son propriétaire sur la seule année écoulée. La plateforme visait plus de 5 Mds$ lorsqu'elle envisageait une cession majoritaire ; la bascule vers un processus minoritaire a réduit la valeur de la participation. Architect était entré en exclusivité fin 2025, devançant notamment l'américain Forest Road Company, soutenu par les milliardaires britanniques David et Simon Reuben. Le fonds finance l'opération via un véhicule ad hoc (SPV — structure dédiée à une seule transaction) avec des co-investisseurs. Dans le cadre de l'opération, OnlyFans développera avec Architect des services financiers pour ses créateurs, souvent exclus du système bancaire traditionnel. Radvinsky, entrepreneur ukraino-américain ayant racheté la maison mère Fenix International en 2018, est décédé à 43 ans d'un cancer. La cession ouvre la voie à d'autres sorties, tout en maintenant la fiducie familiale aux commandes. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Daniel Thomas, Kieran Smith et Oliver Barnes.
Deux des plus grands conglomérats hongkongais — Jardines et CK Hutchison de Li Ka-shing — négocient un rapprochement qui créerait un distributeur alimentaire dominant à Hong Kong. Jardines veut racheter la chaîne ParknShop à CK et la fusionner avec sa propre enseigne Wellcome, opération comparée à un rachat de Sainsbury's par Tesco au Royaume-Uni ou à une fusion Walmart-Costco aux États-Unis. À elles deux, les chaînes détenaient près de 90 % du marché hongkongais des supermarchés en 2023, selon l'US Foreign Agricultural Service (données Euromonitor). Selon des sources proches, en tenant compte de l'e-commerce et du shopping transfrontalier en Chine continentale, la part de marché combinée tomberait sous 50 %. Les discussions ne sont pas imminentes et aucune valorisation n'est divulguée. En parallèle, CK Hutchison étudie une introduction en Bourse de sa maison mère AS Watson — propriétaire au Royaume-Uni de Superdrug et The Perfume Shop — visée jusqu'à 30 Mds$. Lors du processus précédent en 2013, les offres pour ParknShop s'établissaient entre 3 et 4 Mds$. L'opération traduit le virage de Jardines vers un modèle de capital-investissement sous la direction du nouveau DG Lincoln Pan, ex-co-directeur du private equity chez PAG. Elle s'inscrit aussi dans la rotation d'actifs de CK Hutchison : cession d'UK Power Networks, cession prévue des ports hors Chine, IPO envisagées d'AS Watson et de l'activité télécoms mondiale. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Arjun Neil Alim et Zijing Wu.
Près de 40 % des projets de data centers américains prévus pour 2026 risquent de prendre plus de trois mois de retard, selon le cabinet SynMax qui exploite l'imagerie satellite. Ces retards menacent l'infrastructure d'IA de Microsoft, OpenAI, Oracle et d'autres, faisant craindre un décalage des retours sur les centaines de milliards annoncés en capex (dépenses d'investissement). Les hyperscalers (les plus grands opérateurs de cloud exploitant des data centers géants) courent pour livrer des sites tirant 1 gigawatt ou plus — l'équivalent d'un réacteur nucléaire. Seuls quelques-uns seront prêts en 2026, dont des campus d'Amazon Web Services, Meta et xAI d'Elon Musk. Un campus phare de 1,4 GW sur environ 480 hectares à Shackelford County (Texas), construit pour Oracle au service d'OpenAI, voit seulement 1 bâtiment sur 10 engagé, 6 terrains dégagés. SynMax anticipe la livraison du premier bâtiment fin décembre au mieux, fin 2027 selon les benchmarks habituels. Un site OpenAI de 1,2 GW à Milam County (Texas) ne compte qu'un bâtiment en chantier. Seul un projet à Abilene reste dans les temps. Goulets d'étranglement : pénuries d'électriciens et tuyauteurs, réseau électrique saturé, turbines à gaz et transformateurs manquants, permis lents et opposition locale montante. Les sites reculés font bondir les coûts salariaux jusqu'à +30 %. SynMax note que plus de 60 % des projets 2027 n'ont même pas démarré. Josh Price (Capstone) parle d'un « retard réglementaire » face au rythme des développeurs. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Rafe Rosner-Uddin, Martha Muir, Nassos Stylianou et Aditi Bhandari.
Patrick Drahi donne son feu vert à la cession de SFR : Bouygues Telecom, Iliad et Orange sont entrés en négociations exclusives avec Altice France pour une offre valorisant les actifs visés à 20,35 Mds€ en valeur d'entreprise, contre 17 Mds€ dans l'offre d'octobre refusée par le propriétaire d'Altice. La période d'exclusivité court jusqu'au 15 mai pour finaliser les termes. La répartition du prix et de la valeur se ferait à hauteur de 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Iliad (Free) et 27 % pour Orange. Le périmètre exclut plusieurs actifs d'Altice France : ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge, Altice Technical Services et les activités en outre-mer. Côté clients, Bouygues Telecom reprendrait l'activité B to B (entreprises), tandis que la clientèle B to C (grand public) serait partagée entre les trois acquéreurs. Le réseau mobile de SFR en zone non dense reviendrait à Bouygues Telecom ; les infrastructures et les fréquences seraient également réparties. Le consortium met en avant une opération « socialement responsable », avec vigilance sur l'emploi, et promet davantage d'investissements dans les réseaux très haut débit, la cybersécurité et l'IA. L'opération devra passer par la consultation des instances représentatives du personnel, puis par les autorisations réglementaires, notamment au titre du contrôle des concentrations (antitrust) — historiquement un obstacle majeur pour la consolidation des télécoms françaises. Source : Les Echos, 17 avril 2026, Thomas Pontiroli.
Le Venezuela, pays sud-américain aux premières réserves mondiales de pétrole, rétablit des relations officielles avec le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale après sept ans d'interruption. L'accord, annoncé vendredi 17 avril par le ministre vénézuélien de l'Économie, ouvre la voie à une normalisation financière sous le gouvernement de Nicolas Maduro, alors que le pays sort d'une longue crise économique marquée par l'hyperinflation et un effondrement du PIB. Le FMI n'avait plus mené de mission de consultation au titre de l'article IV (l'évaluation annuelle classique que le FMI effectue auprès de ses membres) depuis 2004. La Banque mondiale, elle, n'avait plus accordé de nouveau prêt depuis 2005. Le dégel devrait permettre à Caracas d'accéder à l'enveloppe de 5 Mds$ de droits de tirage spéciaux (les DTS, unité de réserve créée par le FMI) alloués en 2021 mais gelés faute de reconnaissance diplomatique — les États-Unis et plusieurs pays européens ayant contesté la légitimité du régime Maduro après la présidentielle de 2018. Le cadre retenu reste limité dans un premier temps : missions d'assistance technique, surveillance macroéconomique, dialogue sur la stabilisation monétaire. Les programmes financiers de grande ampleur, eux, supposeraient une restructuration préalable de la dette extérieure, estimée à plus de 150 Mds$ tous créanciers confondus (bons souverains, PDVSA, arriérés). Pour les marchés obligataires et les créanciers pétroliers, ce rapprochement constitue un premier signal de réintégration du Venezuela dans l'architecture financière internationale. Source : Les Echos, 17 avril 2026, Claude Fouquet.
Le régulateur espagnol de la concurrence CNMC a ouvert vendredi une enquête formelle contre le gestionnaire de réseau Red Eléctrica pour des manquements « très graves » présumés liés au blackout ibérique du 28 avril 2025, et lancé des procédures distinctes pour manquements « graves » contre les producteurs d'électricité Iberdrola, Naturgy, Endesa et Repsol. C'est la première fois, près d'un an après les faits, que les autorités espagnoles attribuent différents degrés de responsabilité aux acteurs liés à cette panne, qui a privé d'électricité près de 60 millions de personnes en Espagne et au Portugal. La CNMC a ouvert cinq enquêtes contre chacun des trois grands producteurs — Iberdrola, Naturgy et Endesa — et une contre Repsol. Pour Red Eléctrica, dont la maison mère est dirigée par l'ancienne ministre socialiste Beatriz Corredor, le régulateur invoque les dispositions de la loi sur la planification de la production, l'équilibrage du réseau, le partage d'informations et les instructions aux fournisseurs. Une enquête gouvernementale de 49 jours, achevée en juin 2025, avait déjà partagé les torts entre une « mauvaise planification » du gestionnaire et des erreurs des centrales. Les gestionnaires européens avaient qualifié l'événement de « premier du genre » et appelé à des réformes continentales. Les conclusions définitives prendront de 9 à 18 mois. La CNMC souligne que les indices examinés ne désignent pas nécessairement la cause de la panne, qui « a eu de multiples causes ». Source : Financial Times, 17 avril 2026, Barney Jopson.
Le pétrole s'est effondré après que l'Iran a déclaré qu'il rouvrirait le détroit d'Ormuz et que Donald Trump a laissé entendre que Washington et Téhéran approchaient d'un accord pour mettre fin à la guerre qui a secoué les marchés mondiaux. Le Brent a clôturé en baisse de 9,1 % à 90,38 dollars le baril, son plus bas en cinq semaines, tandis que les prix européens du gaz reculaient de 7 %. Le S&P 500 a gagné 1,2 %, en route pour une troisième semaine consécutive de hausse, et progresse de plus de 9 % sur le mois d'avril, les opérateurs misant sur une désescalade après un conflit qui a ravivé les pressions inflationnistes mondiales. Sur le terrain, la réalité reste plus nuancée. Selon les données satellitaires, au moins 25 navires faisaient route vers le détroit — dont trois porte-conteneurs de l'armateur français CMA CGM, quatre tankers grecs et plusieurs navires chinois — mais au moins 12 ayant entamé la traversée ont fait demi-tour. Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a démenti les propos de Trump, affirmant que le détroit « ne restera pas ouvert » tant que le blocus naval américain — décrété cette semaine pour empêcher l'entrée et la sortie des ports iraniens — sera maintenu. Un cinquième du pétrole mondial transitait par Ormuz avant la guerre ; la fermeture de sept semaines a provoqué une crise énergétique mondiale et donné un levier à Téhéran. Le dossier nucléaire reste le principal point de blocage. Trump exige que l'Iran remette ses 440 kg d'uranium enrichi, tandis que Téhéran défend son droit à enrichir et veut reconstruire ses sites de Natanz et Fordow, bombardés lors de la guerre de 12 jours menée par Israël en juin dernier. Le Pakistan joue les médiateurs ; le cessez-le-feu de deux semaines expire mardi soir. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Andrew England, Malcolm Moore, Humza Jilani et Steff Chávez.
Les co-fondateurs de Blue Owl, Doug Ostrover et Marc Lipschultz, ont indiqué qu'ils n'utilisaient plus leurs actions du groupe d'investissement comme garantie de prêts personnels, levant un risque qui pesait depuis plusieurs mois sur le titre. « Aucune participation dans la société n'est actuellement nantie par nos administrateurs ou dirigeants », a précisé Blue Owl dans les documents annuels destinés aux actionnaires déposés vendredi auprès de la Securities and Exchange Commission. Les dirigeants ont fourni d'autres garanties aux prêteurs ; la société avait précédemment averti qu'une vente forcée des participations nanties pourrait affecter le titre « de manière significative ». Les chiffres expliquent l'ampleur de la préoccupation. Le co-directeur général et président Ostrover avait nanti 43 millions de parts ordinaires — d'une valeur de 649 millions de dollars fin 2025 — pour garantir son prêt. Le co-DG Lipschultz avait nanti 33 millions de parts ordinaires, valant environ 493 millions de dollars. Les parts ordinaires sont convertibles à un pour un en actions cotées. Blue Owl, qui gère plus de 300 milliards de dollars, a vu son titre chuter de plus de 40 % sur un an sous l'effet d'un dégradé sur les perspectives de croissance et de tensions sectorielles, et reste sous son prix d'introduction en bourse de 10 dollars de 2021. Les investisseurs craignaient qu'une nouvelle baisse ne déclenche des appels de marge sur les deux fondateurs, conduisant un prêteur à réaliser les garanties et à déverser les actions sur le marché. La divulgation intervient alors que Blue Owl gère un afflux de demandes de remboursement sur plusieurs de ses fonds phares de crédit privé et liquide un véhicule plus ancien. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Eric Platt.
Record historique pour les métaux à Londres : l'indice LMEX du London Metal Exchange, qui suit six grands métaux industriels, a atteint jeudi un sommet inédit, porté avant tout par l'aluminium rendu précieux par la guerre en Iran. L'indice a gagné près de 12 % en quatre semaines. Malgré la fermeture persistante du détroit d'Ormuz, la flambée des coûts de l'énergie et les craintes sur la croissance mondiale, les cours sont tirés par l'espoir d'une prolongation du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et par les signes d'un début d'apaisement. Aluminium et cuivre pèsent à eux deux près des trois quarts de l'indice. L'aluminium s'impose comme le principal moteur : son prix a grimpé de plus de 15 % depuis le début de la guerre en Iran et touchait jeudi un plus haut de quatre ans à Londres, avant un léger repli vendredi autour de 3.629 dollars la tonne selon Bloomberg. Le marché s'est tendu après les frappes ayant touché des capacités clés du Golfe : le Moyen-Orient assure environ un dixième de la production mondiale, et JP Morgan parle d'un « trou noir » de l'offre après les frappes iraniennes sur deux fonderies majeures à Abu Dhabi et Bahreïn. Les stocks d'aluminium du LME sont retombés sous les 400.000 tonnes, loin des niveaux d'il y a quelques années ; une partie est d'origine russe, ce qui en limite l'usage pour certains acheteurs occidentaux. Wood Mackenzie estime qu'« il n'y a pas moyen d'échapper à un important déficit sur le marché mondial de l'aluminium dans les dix-huit prochains mois », avec un manque pouvant atteindre 4 millions de tonnes cette année. Le cuivre contribue également à la hausse du LMEX — +11 % sur quatre semaines — mais pour d'autres raisons : retour des acheteurs chinois et anticipations autour de décisions tarifaires américaines. Il évoluait vendredi autour de 13.270 dollars la tonne, proche de son record de clôture atteint en janvier ; Mercuria et BMO Capital Markets estiment qu'il pourrait dépasser ce seuil dans les prochaines semaines. Source : Les Echos, 17 avril 2026, Samir Touzani.
Le Commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius a fait étape jeudi à Bourges et Montluçon, sur les sites de production du missilier MBDA et du fabricant de kits de guidage AASM Safran, accompagné des ministres délégués aux Armées et à l'Europe Alice Rufo et Benjamin Haddad. Enjeu : anticiper le fléchage des 60 milliards d'euros de prêts européens pour la défense de Kiev, alors que la chute de Viktor Orban en Hongrie débloque les perspectives de financement. Sur les 2.000 missiles qui ont frappé l'Ukraine, 900 étaient balistiques : « Pour en détruire un seul, il faut deux à trois missiles antibalistiques », a souligné le Commissaire, alors que la production de Patriot américains ne dépasse pas 750 et que la guerre en Iran détourne ce flux vers les stocks américains. Les deux industriels français ont présenté leurs solutions. Safran produit à Montluçon des centrales inertielles équipant les bombes AASM capables de se diriger sans GPS, une technologie dont les Américains ne disposent pas (le système Patriot dépend du GPS). « Nous dominons Northrop Grumman et Honeywell, nos principaux compétiteurs », a affirmé Franck Saudo, responsable de la division électronique et défense de Safran. La France et la Norvège ont annoncé l'acquisition pour Kiev d'un gros volume d'AASM pour plus de 7 milliards de couronnes norvégiennes ; la production de ces bombes a été multipliée par quatre en quatre ans, à 1.200 exemplaires en 2025. Côté MBDA, le Meteor vole à plus de 5.000 km/h, et le SAMP/T NG produit avec Thales — intercepteur à 150 km, composé de 40.000 pièces dont 60 % viennent de sous-traitants — sera testé en Ukraine dès 2026. La production de l'Aster a quintuplé entre 2024 et 2025 et doit encore doubler en 2026, avec un délai de fabrication ramené de trois ans en 2022 à 18 mois. MBDA va investir 5 milliards d'euros dans les prochaines années. L'enjeu politique est de cantonner les fonds européens à la production européenne, alors que Kiev a déjà signé un contrat de 3,7 milliards d'euros avec Raytheon pour des Patriot fabriqués en Allemagne, que Berlin cofinance avec les États-Unis, et que Rheinmetall-Lockheed Martin et Diehl-Raytheon ont noué des alliances transatlantiques. « Dépendre uniquement d'une industrie tierce ne peut plus marcher », a conclu Alice Rufo. Source : Les Echos, 17 avril 2026, Anne Drif.
Réunis en assemblée générale le 16 avril, les actionnaires de Banco BPM ont reconduit Giuseppe Castagna comme directeur général et validé la liste du conseil d'administration sortant, qui a obtenu 58,87 % des voix favorables. L'événement majeur est l'entrée en force de Crédit Agricole au conseil d'administration : la banque française voit sa part dans le capital passer de 20,1 % à 22,8 % et obtient quatre sièges sur les 15 que compte le conseil. Sa liste a recueilli 30,9 % des voix, surpassant largement celle d'Assogestioni (8 %). Les quatre représentants de Crédit Agricole seront Frédéric de Courtois, ancien cadre dirigeant d'AXA, l'ancien ministre des Finances Domenico Siniscalco, Rossella Leide et Alessio Foletti. Giuseppe Castagna a salué l'issue du scrutin, invoquant la performance boursière des trois dernières années — le titre a « progressé de plus de 200 %, générant un rendement pour les actionnaires de plus de 300 % ». Il a également rappelé que Crédit Agricole « n'a jamais caché son intention de vouloir monter au-dessus des 20 % » et que la Banque centrale européenne a autorisé la banque verte à monter jusqu'à 29,9 %. « Ils sont désormais au conseil d'administration et ce sera une expérience nouvelle. Ce sont tous des administrateurs indépendants », a-t-il précisé. Une fusion entre la filiale italienne de Crédit Agricole et Banco BPM « aurait un fondement industriel solide », selon les analystes de Fitch Ratings, mais reste peu probable à court terme : Fitch n'attend pas « de développement sur ce deal potentiel en 2026 ». Les implications politiques liées à l'importance systémique de Banco BPM dans la péninsule la compliquent, et le groupe français applique des « critères très stricts », notamment la volonté de « ne pas perdre le contrôle de ce qu'il possède en Italie ». Source : Les Echos, 17 avril 2026, Olivier Tosseri.
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Reed Hastings, cofondateur et président de Netflix, quittera le conseil d'administration en juin après près de 30 ans passés au sein du géant du streaming valorisé 450 Mds$. L'annonce, combinée à des prévisions T2 décevantes, a fait chuter l'action de 9,6 % en après-séance, malgré des résultats T1 solides. Le bénéfice par action atteint 1,23 $ au T1, largement au-dessus des 76 cents attendus, gonflé par 2,8 Mds$ d'indemnité de rupture versée par Paramount après le retrait de Netflix de la course aux studios Warner Bros Discovery (deal à 83 Mds$). Le chiffre d'affaires atteint 12,3 Mds$ et le résultat net 5,3 Mds$, dopés aussi par des hausses de prix. Mais la guidance T2 à 78 cents de BPA déçoit face aux 84 cents attendus. Le co-DG Ted Sarandos rend hommage à Hastings, qui a bâti « une entreprise de preneurs de risques », et cite le World Baseball Classic au Japon comme preuve que les nouveaux paris live dopent inscriptions et revenus publicitaires. Jason Bazinet (Citi) souligne que la direction n'a pas modifié sa politique d'allocation du capital pour 2026, décevant les attentes de rachats d'actions plus importants ou de marges revues à la hausse. Après l'échec WBD, l'engagement de l'audience redevient la métrique centrale des investisseurs selon Raymond James. Hastings, déjà en retrait depuis 2020, se concentrera sur la philanthropie via le Hastings Fund. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Christopher Grimes.
Le spécialiste de la réparation de pare-brise Belron — propriétaire d'Autoglass au Royaume-Uni, Carglass en Europe et Safelite aux États-Unis — vise une introduction en Bourse à Amsterdam sur une valorisation de 30 à 40 Mds€, qui serait l'une des plus grandes cotations européennes depuis des années. Dirigé par Carlos Brito (ex-patron d'AB InBev), le groupe a préféré Amsterdam à New York après discussions sur les deux places. L'actionnaire majoritaire est le conglomérat belge D'Ieteren (50,3 %, également derrière Moleskine), qui ne devrait pas céder la majorité de sa participation. Le fonds de capital-investissement Clayton Dubilier & Rice détient 20,4 % : entré en 2018 à une valorisation de 3 Mds€ (pour 40 %), il avait partiellement basculé en 2021 dans un « continuation vehicle » (structure permettant à un fonds de conserver plus longtemps un actif gagnant) sur une valorisation de 21 Mds€. Autres actionnaires : Hellman & Friedman, le fonds singapourien GIC, BlackRock, et le management plus l'ancien DG Gary Lubner (9,6 % via son véhicule Atessa, premier donateur du Labour britannique). Belron était valorisé 32 Mds€ dette de 8 Mds€ incluse. Le résultat opérationnel a progressé de 10 % à 1,26 Md€ en 2025. L'opération raviverait un marché IPO européen atone, en retrait face aux États-Unis où les méga-cotations tech dominent. Aucune banque n'a été mandatée et le calendrier pourrait glisser en 2027. En 2024, Belron avait réalisé l'un des plus gros « dividend recap » financés par la dette de l'histoire du private equity. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Ivan Levingston, Ashley Armstrong et Arash Massoudi.
Quelques jours après l'arrivée de Martin Sion comme directeur général (en remplacement d'Henri Poupart-Lafarge), le constructeur ferroviaire Alstom a lancé un sévère avertissement sur résultats. À l'ouverture de la Bourse de Paris vendredi 17 avril, l'action plongeait de près de 30 %, passant de 22,70 € à 16,48 €. Le problème ne vient pas du carnet de commandes, qui dépasse 100 Mds€, mais de l'exécution industrielle à court et moyen terme. La croissance organique du chiffre d'affaires 2025-2026 ressort à 7 % à 19,2 Mds€, conforme aux attentes, mais la marge d'exploitation ajustée recule à environ 6 %, contre environ 7 % initialement promis. Des retards sur de grands projets de matériel roulant (les rames et locomotives livrées aux opérateurs ferroviaires) pèsent sur les marges et la trésorerie. En conséquence, l'objectif de cash-flow libre cumulé de 1,5 Md€ sur 2024-2025 à 2026-2027 est abandonné, et la cible à moyen terme d'une marge d'exploitation ajustée de 8 à 10 % à l'horizon 2026-2027 est reportée. Pour l'exercice en cours, la direction table désormais sur environ +5 % de croissance organique, une marge d'exploitation ajustée d'environ 6,5 %, et un cash-flow libre positif. Un « plan de transformation opérationnelle » sera présenté d'ici aux résultats audités du 13 mai. « Soyons clairs, ce n'est pas la manière dont je pensais débuter mon mandat », a reconnu Martin Sion. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Denis Fainsilber.
La Commission européenne prépare le plus important assouplissement des règles de fusion de l'Union en plus de vingt ans, avec l'objectif d'aider les entreprises européennes à prendre de la taille face à leurs rivales américaines et chinoises, selon un projet de lignes directrices consulté par le Financial Times. Bruxelles va désormais donner plus de poids à « l'innovation, l'investissement et la résilience du marché intérieur » lors de l'examen des deals, élargissant les critères qui, depuis les années 2000, se concentraient principalement sur l'effet des fusions sur les consommateurs (pouvoir de fixation des prix et choix). Un responsable européen parle de lignes directrices « en rupture avec le passé » et d'« une approche ambitieuse qui reflète les réalités d'une compétition mondiale de plus en plus dure ». Le texte conserve la préservation d'une concurrence effective comme objectif central mais indique que « la croissance et la montée en taille des entreprises… afin d'atteindre la taille nécessaire pour être compétitif au niveau mondial, peut être pro-concurrentielle » et avoir un « impact positif » sur l'UE. Invoquant un contexte géopolitique changé, le document estime que l'économie a « basculé vers des secteurs plus intensifs en innovation, où taille et innovation sont toutes deux critiques pour être compétitif ». La division antitrust est invitée à porter une attention plus fine à « la taille, l'innovation, l'investissement et la résilience comme facteurs pro-concurrentiels susceptibles de bénéficier d'une certaine consolidation ». La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, défend cette « nouvelle approche » plus favorable aux entreprises qui « montent en taille sur les marchés mondiaux ». La résistance vient de certains États membres libéraux et d'une partie de la Commission craignant qu'un assouplissement nuise à l'innovation, freine l'investissement et force les consommateurs à payer plus cher. Les acteurs du M&A et les investisseurs attendent cette réforme depuis longtemps ; elle pourrait débloquer une vague de consolidation dans plusieurs secteurs. La Commission n'a pas souhaité commenter. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Barbara Moens.
Le groupe suisse Barry Callebaut, premier transformateur mondial de cacao, a abaissé ses prévisions de résultat et alerté sur l'impact de la chute des cours du cacao, de la surcapacité du secteur et de perturbations d'approvisionnement, faisant plonger son action de plus de 15 %. La société zurichoise attend désormais une baisse « de l'ordre de mi-teens » (environ 15 %) de son EBIT (résultat opérationnel avant intérêts et impôts) sur l'exercice en cours, contre une précédente guidance de croissance — un signal fort sur l'ampleur du défi pour le nouveau directeur général Hein Schumacher, entré en fonction en janvier. Sur le premier semestre, l'EBIT récurrent baisse de 4,2 % à 310,9 millions de francs suisses (397 millions de dollars) en monnaies locales, et les volumes vendus reculent de 6,9 % à 1,01 million de tonnes — une performance que le groupe décrit comme meilleure que le marché. Schumacher attribue le choc à « la vitesse inédite de la baisse du cours du cacao combinée à un marché en surcapacité, à des baisses de volumes et à des perturbations d'approvisionnement ». Barry Callebaut vend l'essentiel de son chocolat sous des contrats qui répercutent le coût du cacao : il achète sa matière première plusieurs mois à l'avance, si bien que quand les prix chutent vite, il écoule des stocks chers en vendant moins cher. Le groupe pointe aussi des perturbations logistiques liées à la guerre d'Iran et la fermeture temporaire d'une usine au Canada. Jon Cox (Kepler Cheuvreux) parle « plutôt d'un reset sous le nouveau directeur général » et alerte sur des pressions structurelles sur la demande, dont les traitements anti-obésité GLP-1 (« Dans un monde GLP-1, à quel rythme les volumes de chocolat vont-ils encore progresser ? »). Les prix de détail du chocolat restent environ 10 % au-dessus d'un an plus tôt, ce qui pèse sur la consommation. Les volumes devraient repartir au second semestre ; la baisse annuelle est désormais guidée à 1–3 %. Le cacao a plus que divisé par deux ses prix ces derniers mois. L'action avait gagné plus de 55 % sur un an avant la chute de jeudi. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Susannah Savage.
Devant les analystes financiers réunis à Florence ce jeudi 16 avril, Luca de Meo a annoncé la première opération du nouveau véhicule d'investissement de Kering, baptisé « House of Wonders » et annoncé dès sa prise de fonction en septembre 2025. Il s'agit d'une prise de participation minoritaire dans Icicle, marque chinoise de « quiet luxury » — ce luxe discret qui ne met pas son logo en avant — créée en 1997 à Shanghai par Ye Shouzeng, ancien professeur à la Donghua University, et son épouse Tao Xiaoma. Kering investit plus précisément dans ICCF, le petit groupe qui détient Icicle et qui possède également environ 10 % de la maison française Carven depuis 2018. Icicle affiche un chiffre d'affaires estimé à 300 millions d'euros, fabrique 95 % de ses produits dans deux usines ultramodernes de Shanghai (équipées notamment des systèmes de coupe français Lectra) et compte environ 200 boutiques en Chine, trois à Paris et un corner au Bon Marché. La marque travaille cachemire et laine double face, avec des trench-coats en laine et soie ou vestes à plus de 1 000 euros pièce, et davantage pour les manteaux. Son approche de la distribution est singulière : à Shanghai, la société a acheté quatre bâtiments, dont deux classés monuments historiques dans l'ancienne concession française, pour y installer des flagships Icicle, Carven et un restaurant autour d'un grand jardin. « House of Wonders » complète « Kering Ventures », première branche capital-investissement du groupe, par une logique d'accompagnement long terme et de partage d'expérience — en distribution et immobilier commercial notamment. L'objectif stratégique est double : prouver que des marques de luxe peuvent émerger hors d'Europe et réduire la dépendance à Gucci. Icicle compte s'appuyer sur les fonds et l'expertise Pinault pour accélérer son développement international. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Philippe Bertrand.
Pluxee — spécialiste des titres-restaurant et avantages aux salariés, séparé de Sodexo depuis deux ans — publie ce jeudi 16 avril des résultats semestriels solides malgré les turbulences réglementaires brésiliennes. Le chiffre d'affaires organique progresse de 5,6 % à 655 millions d'euros, le résultat net part du groupe de 7,8 % à 105 millions d'euros et l'Ebitda (résultat opérationnel avant provisions et amortissements) bondit de 12,9 % à 242 millions d'euros sous le triple effet des volumes, de la rationalisation et des acquisitions. Le flux disponible récurrent atteint 210 millions d'euros : 86 % de l'Ebitda se transforme en cash, soit 10 points de plus en un an. La photographie se noircit géographiquement. L'Amérique latine — qui représente 43 % du chiffre d'affaires opérationnel du groupe — affiche +12,1 % de croissance organique quand l'Europe continentale, premier marché, stagne à +0,7 %. Au deuxième trimestre, l'écart est encore plus marqué : Europe à -3,3 %, Amérique latine à +10,1 %. Le chiffre d'affaires opérationnel total ressort à 306 M€, sous le consensus des analystes de 311 M€. Aurélien Sonet, directeur général, rappelle que le groupe a signé 900 M€ de volumes annualisés (objectif 1,3 Md€ pour l'année) et que 30 % de ces volumes concernent des PME, un marché encore peu couvert. Le Brésil entre en zone de turbulence réglementaire. La nouvelle loi y plafonne les commissions sur les titres-restaurant et réduit les délais de remboursement aux émetteurs depuis début mars ; l'ouverture du système à de nouveaux acteurs intervient en mai. L'impact sur les résultats débutera au second semestre 2026 et se prolongera jusqu'au premier semestre 2027. Pluxee investit 9 % de son CA dans le numérique et l'IA pour fidéliser son réseau de 800 000 commerçants et vise « un retour à une trajectoire de croissance durable et rentable à compter du second semestre de l'exercice 2027 ». Source : Les Echos, 16 avril 2026, Ninon Renaud.
Stellantis a acté ce jeudi 16 avril 2026 la fin de l'assemblage automobile à son usine de Poissy (Yvelines), à l'horizon fin 2028. L'annonce, faite lors du Comité social et économique, clôt un suspense de plusieurs mois : l'Île-de-France perdra bientôt sa dernière usine d'assemblage automobile. Le site, ouvert en 1937 par Ford, passé par Simca puis repris par PSA à la fin des années 1970 (jusqu'à près de 27 000 salariés à l'époque), assemble aujourd'hui des Opel Mokka et des DS 3. La production — un peu moins de 90 000 véhicules en 2025 — devrait tomber autour de 60 000 cette année. L'usine ne ferme toutefois pas. Stellantis mobilise environ 100 millions d'euros pour la transformer en pôle dédié « aux différentes vies des véhicules » : production de pièces détachées pour ses autres sites français (notamment Hordain, dans le Nord, où sont fabriqués les utilitaires) et pour l'après-vente. Le groupe prévoit 20 M€ pour moderniser l'atelier d'emboutissage avec une presse de nouvelle génération, une nouvelle ligne moteurs transférée de Vesoul (Haute-Saône) dès l'automne, un nouvel atelier de peinture, une ligne de déconstruction de véhicules (récupération de pièces viables remises dans le circuit de l'après-vente) et une compétence en impression 3D. Le « Green Campus » (R&D, fonctions support, siège Stellantis France) reste en place. Côté emploi, la direction mise sur les départs naturels. Les effectifs du site industriel passeront de 1 800 ouvriers aujourd'hui (dont 1 500 réellement opérationnels) à 1 200 d'ici 2030, sans plan social. Une partie de l'enveloppe financera les formations. Le syndicat majoritaire CFE-CGC salue « une première étape importante ». Cette décision — qui n'est pas sans rappeler la reconversion de Flins chez Renault — ne résout que partiellement le problème de surcapacité européenne de Stellantis : la plupart de ses usines tournent au ralenti, et Bloomberg a rapporté des discussions avec des constructeurs chinois pour occuper les lignes. Le plan stratégique de mai sera scruté. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Yann Duvert.
Le nouveau modèle d'IA d'Anthropic, « Mythos », a mis les régulateurs bancaires en alerte. François-Louis Michaud, nouveau président de l'Autorité bancaire européenne (EBA), a déclaré à la presse le 16 avril 2026 que la cybersécurité liée à Mythos était « clairement en tête des priorités » et faisait l'objet de discussions avec les partenaires internationaux. Mythos, présenté par Anthropic comme un outil destiné à « révolutionner la cybersécurité », serait capable d'identifier des milliers de failles critiques dans les logiciels les plus utilisés au monde — au point qu'Anthropic n'a pas diffusé le modèle publiquement et ne l'a partagé qu'avec une poignée de grandes entreprises pour laisser le temps aux éditeurs de corriger les vulnérabilités. Aux États-Unis, les dirigeants des grandes banques ont été convoqués par le Trésor ; le patron de JPMorgan, Jamie Dimon, a estimé que les outils d'IA allaient intensifier le risque cyber, tandis que David Solomon, chez Goldman Sachs, a confirmé que la banque disposait du modèle et renforçait la résilience de son infrastructure en lien avec Anthropic. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, a qualifié le risque cyber de menace « qui ne disparaît jamais » depuis la crise de 2008. Les systèmes informatiques « legacy » des banques (logiciels de base vieux de plusieurs décennies) sont jugés particulièrement exposés, du fait d'un empilement d'outils modernes et d'un secteur très interconnecté utilisant un ensemble restreint de prestataires pour l'onboarding, le KYC (« Know Your Customer », contrôle anti-blanchiment) et le traitement des transactions. Michaud cite l'AI Act européen et DORA (le règlement sur la résilience opérationnelle numérique encadrant le risque IT des banques) comme défenses. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Ingrid Feuerstein.
Les marques chinoises d'engins de chantier accélèrent leur poussée en Europe, et la France — plus grand marché du continent en taille — se trouve dans leur ligne de mire. Selon l'organisation professionnelle Evolis, les importations françaises de matériels chinois pour le BTP sont passées de 200 M€ en 2024 à 260 M€ en 2025, alors même que le total des importations a reculé de 15 % à 2,7 Mds€ ; la part de la Chine dans les importations a progressé de 3,3 points à 9,6 % sur un marché français de 5,5 Mds€. Les machines chinoises de Hangcha, LiuGong, XCMG, Sany, Sunward et Zoomlion se vendent 15 à 30 % moins cher que les concurrents européens et japonais tels que Caterpillar, Komatsu, Liebherr, Volvo, Haulotte, Manitou et Mecalac. XCMG — numéro quatre mondial — s'apprête à créer sa filiale française pour les engins de chantier ; LiuGong fait de même et revendique 85 % de couverture de la distribution en volume ; Sany dispose d'une branche française depuis 2023. Les leaders de la location Loxam et Kiloutou ont déjà signé des partenariats. Les grands groupes français Eiffage et Spie Batignolles disent rester fidèles à leurs fournisseurs premium européens, mais reconnaissent que les petits engins électriques pourraient basculer vers la Chine. La Commission européenne, saisie par le VDMA allemand, a ouvert une enquête anti-subventions sur les grues mobiles, et de nouveaux droits de douane s'appliquent déjà aux plateformes élévatrices. Les ventes françaises de matériels ont reculé de 1 % en 2025, avec -13 % sur les gros engins de terrassement — la deuxième plus mauvaise année depuis 2014. Evolis prévient que la menace chinoise est « un tsunami », surtout dans l'électrique. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Christophe Palierse.
Luca de Meo, directeur général de Kering, a dévoilé son plan stratégique à Florence le 16 avril 2026, baptisé « ReconKering » autour du credo « True Luxury, Next Luxury ». Le vrai luxe, c'est l'authenticité et le savoir-faire artisanal ; le nouveau luxe, ce sont les nouvelles technologies, les nouveaux clients et les nouvelles catégories. Kering s'engage à doubler à moyen terme sa marge d'exploitation récurrente — 11,1 % en 2025. Le groupe est restructuré en quatre pôles (mode et maroquinerie, joaillerie, lunettes, services groupe) adossés à cinq plateformes transverses (industrielle, client, technologie, développement durable, fonctions support). Gucci va pousser davantage la maroquinerie ; Saint Laurent renforce son offre homme et accélère en Asie ; Bottega Veneta étend son univers au-delà de la maroquinerie vers un vestiaire complet femme et homme ; Balenciaga est repositionnée en marque d'innovation pour la prochaine génération. Les maisons de joaillerie Boucheron, Pomellato, DoDo et Qeelin sont réunies dans une activité intégrée adossée à l'acquisition en cours du manufacturier Raselli Franco. Kering Eyewear, en partenariat avec Google, vise le leadership sur le « Smart Eyewear de luxe ». Pour réduire la « Gucci dépendance » — Gucci a perdu un tiers de son chiffre d'affaires en deux ans et divisé par deux le résultat du groupe — un nouveau fonds House of Wonders prendra des participations dans de jeunes marques non européennes, y compris chinoises, et Kering s'est rapproché de l'union italienne H Moda. La discipline opérationnelle passe par moins de boutiques mais mieux situées, des assortiments simplifiés, une gestion de production plus resserrée et des achats médias centralisés. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Philippe Bertrand.
L'économie chinoise a progressé de 5 % en glissement annuel au T1 2026, battant le consensus Bloomberg de 4,8 % et accélérant par rapport aux 4,5 % du trimestre précédent, pour atterrir en haut de la cible gouvernementale annuelle de 4,5 à 5 %. Le dépassement s'explique par la haute technologie manufacturière : la production industrielle de mars a progressé de 5,7 % en glissement annuel (vs 5,3 % attendus), les biens d'équipement de 8,9 % sur le trimestre et la haute technologie manufacturière de 12,5 %, avec des imprimantes 3D en hausse de 54 %, des batteries lithium-ion en hausse de 40,8 % et des robots industriels en hausse de 33,2 %. La consommation reste faible — les ventes au détail ont progressé de 1,7 % en mars contre 2,4 % attendus — et l'investissement immobilier recule de 11,2 % en glissement annuel ; l'investissement en actifs fixes ne progresse que de 1,7 %. Capital Economics avertit que son « China activity proxy » (indicateur alternatif de PIB basé sur des données haute fréquence) montre une croissance de seulement 3 % sur janvier-février, arguant que l'accélération en tête de ligne provient essentiellement de la construction et de l'industrie, les exportations faisant le gros du travail. La guerre en Iran devrait peser : Mao Shengyong, commissaire adjoint du Bureau national des statistiques, a reconnu que la Chine « sera certainement affectée dans une certaine mesure » par le choc énergétique, qui comprime les marges d'un secteur industriel déjà hyper-compétitif tout en atténuant la pression déflationniste. Xi Jinping doit rencontrer Donald Trump à Pékin mi-mai, les marchés espérant la prolongation de la trêve commerciale d'un an. Coface et le Conference Board citent l'essoufflement du soutien budgétaire et la prudence des acheteurs immobiliers comme les principaux vents contraires domestiques. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Joe Leahy, Wenjie Ding, Haohsiang Ko et Thomas Hale.
Tesco, première chaîne de supermarchés du Royaume-Uni et membre du FTSE 100, a prévenu le 16 avril 2026 que la guerre au Moyen-Orient pesait sur ses perspectives pour l'exercice clos en février 2027. Le groupe table sur un résultat opérationnel ajusté compris entre 3 Mds£ et 3,3 Mds£ — « une fourchette de guidance plus large que celle initialement prévue » — en raison de l'incertitude sur la durée du conflit et ses répercussions potentielles sur les ménages britanniques et l'économie au sens large. Les résultats de l'exercice clos en février 2026 sont globalement stables : le résultat opérationnel ajusté progresse de 0,8 % à 3,1 Mds£ (en haut de la fourchette révisée, soutenu par une bonne performance de Noël), tandis que le chiffre d'affaires grimpe de 4,6 % à 66,6 Mds£ malgré la hausse des coûts d'emploi et une concurrence intense. Tesco a capté 28 % du marché britannique de l'alimentation sur l'année, selon Worldpanel — sa plus forte part de marché en plus d'une décennie. La société annonce également 500 M£ supplémentaires d'économies de coûts pour l'année à venir, afin de disposer de la puissance de feu nécessaire pour multiplier les promotions. Les actions ont progressé de 3 % jeudi matin et de 37 % sur les 12 derniers mois, portant la capitalisation boursière à 30 Mds£. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Philip Stafford.
L'espagnol Repsol s'apprête à reprendre le contrôle opérationnel de ses actifs pétroliers au Venezuela dans le cadre d'un accord à signer le 16 avril 2026 avec Caracas, incluant la compagnie pétrolière d'État PDVSA. Le plan prévoit de tripler la production en trois ans et un système de paiement « garanti » destiné à éviter les écueils des arrangements passés, dans lesquels Caracas n'honorait pas ses paiements. Le nouveau cadre ne règle pas les quelque 4,55 Mds$ que Repsol indique être dûs par le Venezuela pour du gaz et du pétrole déjà livrés, mais la garantie couvre les volumes futurs. L'accord, qui suit celui conclu cette semaine entre Chevron et Caracas, s'inscrit dans un effort soutenu par les États-Unis pour reconstruire l'industrie pétrolière vénézuélienne après la capture de l'ancien président Nicolás Maduro par Washington en janvier 2026. Repsol détient 40 % de l'actif terrestre Petroquiriquire (PDVSA le reste), qui produit actuellement environ 45 000 barils par jour ; Repsol prévoit une hausse de production de 50 % dans les 12 mois et un triplement sous trois ans. Le groupe est également associé à l'italien Eni dans le gisement offshore Perla. Le Venezuela détient les plus importantes réserves pétrolières au monde mais produit seulement 1 million de barils par jour, contre un pic historique d'environ 3,5 millions. Donald Trump pousse les majors occidentales à investir 100 Mds$ au Venezuela, même si Darren Woods, directeur général d'ExxonMobil, a qualifié en janvier le pays de « non investissable ». Le Trésor américain a autorisé mardi les institutions financières à traiter avec la banque centrale du Venezuela, et Caracas a adopté des réformes hydrocarbures et minières abaissant la fiscalité et réduisant le contrôle de l'État. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Jamie Smyth et Joe Daniels.
Les monarchies du Golfe ont discrètement levé près de 10 Mds$ en placements privés d'obligations en dollars en avril 2026 — leur première émission internationale depuis que la guerre en Iran a frappé les économies de la région. Abou Dhabi a placé 4,5 Mds$, le Qatar 3 Mds$ et le Koweït 2 Mds$, contournant les marchés publics où les coûts d'emprunt sont devenus moins prévisibles. Les émissions interviennent alors que le Qatar a été contraint de suspendre ses exportations de LNG (gaz naturel liquéfié) et que les flux pétroliers du Koweït et des Émirats arabes unis ont été fortement réduits après la fermeture quasi complète du détroit d'Ormuz. Capital Economics s'attend à ce que les six États du Golfe enregistrent une contraction du PIB de 5 à 10 % cette année, même si la guerre prend fin rapidement. Le Golfe contrôle collectivement plus de 3 500 Mds$ d'actifs détenus par ses fonds souverains et investisseurs publics, mais reste un emprunteur régulier pour financer sa diversification. Abou Dhabi a émis 2 Mds$ via Goldman Sachs avec un coupon de 4,6 % et avait précédemment placé 2,5 Mds$ via Standard Chartered ; les 2 Mds$ du Koweït ont été arrangés par HSBC à un coupon de 4,8 % ; JPMorgan a piloté le placement du Qatar, coté à Londres. Les émissions internationales d'Abou Dhabi en 2026 atteignent désormais 8 Mds$, contre 3 Mds$ pour toute l'année 2025. Le coût de la protection contre le défaut à cinq ans (credit default swaps, ou CDS) sur la dette d'Abou Dhabi a grimpé à environ 55 points de base le mois dernier, contre moins de 30 avant la guerre, pour revenir à 40 depuis le cessez-le-feu. L'Arabie saoudite, premier emprunteur souverain du Golfe, n'a pas encore sollicité les marchés privés ; elle avait levé 13,5 Mds$ en janvier-février contre 53 Mds$ sur l'ensemble de 2025. Pimco indique rester « prêt à déployer davantage de capital » auprès des souverains du Golfe. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Joseph Cotterill.
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Depuis le début de la guerre en Iran le 28 février, le Royaume-Uni, l'Italie et la France — les nouveaux « Bifs » — ont vu leurs coûts d'emprunt à 10 ans grimper de 0,45 à 0,5 point de pourcentage, davantage que tout autre grand pays européen. Les investisseurs sanctionnent ce trio parce qu'il cumule des ratios dette/PIB déjà tendus et une pression de dépenses à venir sur la défense et l'indépendance énergétique. Le Royaume-Uni a placé une syndication record de 15 milliards de livres à 4,91%, le taux le plus élevé sur une vente à 10 ans depuis 2008.
Les six plus grandes banques américaines ont dépensé un record de 33 milliards de dollars en rachats d'actions au T1 2026 — soit 30 à 50% au-dessus des prévisions des analystes. JPMorgan (8,33 Mds $), Goldman Sachs (5 Mds $) et Citi (6,3 Mds $) ont tous enregistré des rachats records, tandis que Bank of America (7,2 Mds $) et Morgan Stanley (1,75 Md $) ont atteint leurs plus hauts pluriannuels. Cette envolée reflète la dérégulation voulue par l'administration Trump, incluant une baisse prévue de près de 5% des exigences en capital pour les plus grandes banques.
L'action Hermès a chuté jusqu'à 13% mercredi après des ventes du T1 de 4,07 Mds€, en recul de 1% sur un an (+5,6% à devises constantes, contre +7,1% attendus). Les ventes en France ont reculé de 2,8%, frappées par l'effondrement des flux touristiques ; l'Asie n'a progressé que de 3,5% (contre 7,7% attendus) ; les Amériques ont été le seul point lumineux à +17%. Quarante des soixante boutiques du groupe sont en travel retail et pâtissent des perturbations du trafic aérien.
Une enquête du FT fondée sur des documents divulgués montre que les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC) ont secrètement acquis un satellite espion chinois baptisé TEE-01B pour environ 36,6 M$ fin 2024, puis l'ont utilisé en mars 2026 pour photographier des bases américaines avant et après les avoir attaquées. Ce satellite à résolution de 0,5 mètre — dix fois plus précis que le meilleur satellite iranien antérieur — a surveillé au moins neuf sites militaires américains en Arabie saoudite, Jordanie, Bahreïn, Irak, Koweït, Djibouti et Oman.
Uber abandonne son modèle « asset-light » issu de la gig economy et engage plus de 10 milliards de dollars — dont plus de 2,5 Mds $ en prises de participation et plus de 7,5 Mds $ en achats de véhicules — pour acquérir des voitures autonomes et prendre des positions dans leurs constructeurs. Le groupe a annoncé des partenariats avec plus de 12 fournisseurs dont Baidu, Rivian, Lucid, Waabi et Zoox, et prévoit de lancer des services de robotaxis dans au moins 15 villes en 2026. Son action a baissé de 23% sur six mois alors que Waymo, Tesla et Zoox menacent de contourner la plateforme.
Les plus grandes banques américaines ont profité de la publication de leurs résultats du T1 pour chiffrer leur exposition aux fonds de crédit privé — essentiellement des prêts aux Business Development Companies (BDC) cotées, particulièrement malmenées en Bourse —, alors que le Conseil de stabilité financière (FSB) s'apprête à publier un rapport sur le sujet. Les montants divulgués totalisent plus de 120 Mds$ : JPMorgan environ 50 Mds$, Wells Fargo 36 Mds$, Citigroup 22 Mds$, Bank of America environ 20 Mds$. « Il faudrait des pertes très importantes sur le crédit privé pour que les banques soient touchées », a assuré Jamie Dimon, qui juge le risque « non systémique ». Les fonds de crédit privé font face à d'importantes demandes de retrait, certains plafonnant les sorties ; David Solomon (Goldman Sachs) a limité ces tensions aux investisseurs particuliers et précisé que la banque avait levé 10 Mds$ pour ces stratégies au T1, en soulignant une demande institutionnelle toujours forte. Larry Fink (BlackRock) fait la même distinction : les institutionnels augmentent leurs allocations, portés par l'élargissement des spreads et un taux de défaut dans la fourchette historique. Moody's prévient toutefois que les vulnérabilités pourraient s'aggraver à mesure que les échéances 2026-2028 se refinancent à des conditions moins favorables, en particulier sur les prêts aux éditeurs de logiciels exposés à l'IA. La SEC se veut rassurante (« Si tu ne supportes pas la chaleur, sors de la cuisine »), mais le Trésor américain aurait envoyé un questionnaire à l'industrie pour cartographier sa performance et ses liens avec banques et assureurs. Source : Les Échos, 15 avril 2026 — Bastien Bouchaud.
La fintech londonienne SumUp, connue pour ses terminaux de paiement destinés aux petits commerçants, a démarché des banques d'investissement pour préparer son introduction en Bourse, qui pourrait valoriser l'entreprise à plus de 10 Mds$, selon les informations de Bloomberg citées par Les Échos. Le groupe privilégie désormais la place de Londres — une bouffée d'oxygène pour une City qui souffre d'une pénurie d'IPO depuis plusieurs années —, même si Amsterdam et Francfort sont également dans la course, et qu'une cotation aux États-Unis (un temps envisagée) semble écartée, la présence commerciale de SumUp outre-Atlantique étant jugée trop modeste. Deutsche Bank, Goldman Sachs, Jefferies et JP Morgan devraient travailler sur l'opération, avec le cabinet britannique STJ Advisors LLP en conseil financier indépendant. Créée à Londres en 2012, SumUp est désormais présente dans 37 pays et revendique plus de 4 millions de commerçants. En décembre, la fintech annonçait 1 Md€ de dépôts sur ses comptes pro (1,5 million d'utilisateurs actifs). Elle étoffe son offre produit — dépôt d'espèces en point de vente lancé en Italie, Espagne et France fin 2025, IBAN locaux déployés en Italie dès 2026 et en France ensuite — et étudie une demande de licence bancaire complète (elle opère aujourd'hui sous une licence d'établissement de monnaie électronique). Le groupe prévoit aussi de sortir du pur B2B en ciblant les consommateurs via cashback et programmes de fidélité au sein de son réseau de commerçants. Source : Les Échos, 15 avril 2026 — Tifenn Clinkemaillié.
Sept mois après sa nomination à la tête de Kering (propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta et Boucheron), Luca de Meo — l'ex-patron de Renault — s'apprête à dévoiler son plan stratégique le 16 avril à Florence, berceau de Gucci, marque qui représente à elle seule environ 44 % des ventes du groupe et les deux tiers de son résultat opérationnel. Le groupe aborde ce rendez-vous en stabilisation : chiffre d'affaires stable au T1 dans l'ensemble mais Gucci pèse toujours, et l'action a perdu près de 9 % mercredi après-midi après la publication. De Meo a agi vite sur trois fronts : réorganisation managériale (Francesca Bellettini à la tête de Gucci depuis le 17 septembre, deux nouvelles directions — industrie et client — entrant au comité exécutif en mai, recrutement d'anciens collaborateurs de Renault), simplification du portefeuille (le groupe est désormais réorganisé autour de quatre divisions — mode et maroquinerie, joaillerie, Kering Eyewear, corporate — servies par cinq « centres d'excellence »), et assainissement du bilan (Kering a cédé sa division beauté à L'Oréal pour 4 Mds€ en octobre, refinancé son immobilier commercial de prestige dont un immeuble Via Monte Napoleone vendu à un investisseur qatari, et obtenu le report de deux ans de l'option sur Valentino, dont il détient 30 %). La dette nette a été réduite de 2,5 Mds€ entre fin 2024 et fin 2025. 32 boutiques Gucci ont fermé en 2025, et une centaine de fermetures supplémentaires sont prévues. Source : Les Échos, 15 avril 2026 — Virginie Jacoberger-Lavoué et Philippe Bertrand.
La loi française de simplification de la vie économique a été adoptée mardi 14 avril à l'Assemblée nationale puis mercredi 15 avril au Sénat, avec son article 15 préservé. Ce volet permet de classer les data centers d'envergure en « projet d'intérêt national majeur », un statut qui accélère la compatibilité avec les documents d'urbanisme, le raccordement électrique et la reconnaissance de raisons impératives d'intérêt public majeur. L'enjeu est massif : il faut aujourd'hui 5 à 7 ans pour sortir un projet d'envergure en France, contre environ 10 mois prévus une fois le classement obtenu — un calibrage comparable à l'Allemagne — et contre environ 2 ans pour un permis de construire classique sans garantie d'aboutissement, salue Régis Castagné, DG France d'Equinix (premier opérateur mondial de data centers). La France est le troisième pays européen pour le nombre de data centers, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne. L'exécutif veut positionner le pays dans la course à l'IA : au Sommet IA de Paris en 2025, Emmanuel Macron avait annoncé 109 Mds€ d'investissements français et étrangers. Depuis, une dizaine de projets ont été lancés, un abandonné (10 Mds€). Un amendement de gauche visant à réserver le statut aux acteurs français a été rejeté — la majorité des grands projets sont portés par des américains. Le classement n'est pas automatique (décret du Premier ministre, critères de taille critique et de souveraineté) et la pression va monter sur RTE pour les raccordements électriques. Des associations écologistes dénoncent un « fourre-tout » et interrogent l'impact environnemental. Source : Les Echos, 15 avril 2026, Joséphine Boone.
Amazon a confirmé son intention d'acquérir l'opérateur satellitaire Globalstar pour 11,57 Mds$ (9,81 Mds€), en payant jusqu'à 90 $ par titre en numéraire ou en actions Amazon. L'opération permet de greffer à Amazon Leo les 25 satellites en orbite basse (LEO) de Globalstar et, surtout, ses précieuses licences de fréquences MSS : la constellation d'Amazon doit atteindre 7 700 satellites mais n'en compte aujourd'hui qu'environ 200. Globalstar est aussi le partenaire exclusif d'Apple pour la messagerie d'urgence par satellite sur iPhone ; Apple détient 20 % de Globalstar, de sorte que la transaction rapproche Amazon de l'écosystème Apple. Pour mémoire, SpaceX a déboursé près de 20 Mds$ en 2025 pour EchoStar et ses fréquences, dont la largeur de spectre est environ quatre fois supérieure à celle de Globalstar — Amazon sera donc limité dans un premier temps à la voix et à la messagerie, et non à la 4G ou 5G depuis l'espace comme l'ambitionne Starlink. Amazon a parallèlement promis un système direct-to-device (D2D) de nouvelle génération « à partir de 2028 », sans plus de précisions. Le groupe est en retard sur son engagement FCC de 1 600 satellites en orbite d'ici juillet 2026, a demandé un délai, et presse le régulateur pour bloquer le projet de Musk d'envoyer jusqu'à un million de satellites. Le cours d'Amazon est passé de 200 à près de 250 $ depuis les premières rumeurs début avril, avec +4 % à l'annonce ; Globalstar a pris +10 %. Le marché de l'internet spatial est estimé à 200 Mds$ à terme. Source : Les Échos, 15 avril 2026 — Thomas Pontiroli.
Après près d'une décennie de retards, le camion lourd tout électrique de Tesla, le Tesla Semi, arrive enfin sur les routes américaines. Une usine dédiée inaugurée en mars 2026 à Sparks (Nevada) montera en cadence au cours de l'année, avec des premières livraisons prévues pour l'été. Deux versions sont commercialisées : l'une avec une autonomie supérieure à 500 km (325 miles), l'autre dépassant 800 km (500 miles). Selon une note de Tigress Financial citée par le Wall Street Journal, Tesla devrait produire entre 5 000 et 15 000 camions en 2026 et jusqu'à 50 000 en 2027. La presse spécialisée évoque jusqu'à 300 000 dollars pour la version longue distance ; Tesla n'a pas communiqué publiquement sur le prix. La Californie a alloué près de 200 millions de dollars pour subventionner plus de 1 000 commandes. Les premiers partenaires de flotte, dont PepsiCo et DHL (dont le pilote a été salué par Jim Monkmeyer, président de la division transport de DHL Amérique du Nord), indiquent que le camion tient ses promesses sur de longues distances. Le déploiement est contraint par l'infrastructure de recharge : Tesla a cartographié une soixantaine de sites de « mégachargeurs » le long des grands corridors, capables chacun de 1,2 MW de puissance — de quoi recharger la batterie à 60 % en une demi-heure. La flambée des prix du diesel, liée à la guerre en Iran, renforce l'intérêt économique pour les transporteurs, même si le camion reste un investissement initial lourd. Un lancement européen est envisagé, sans calendrier. Les batteries sont produites à la gigafactory de Sparks avec une nouvelle architecture en cube compacte dérivée du Cybertruck. Source : Les Echos, 15 avril 2026, Bastien Bouchaud.
Le marché des fusions-acquisitions bat des records malgré un contexte macroéconomique volatile. 22 opérations M&A de plus de 10 Mds$ chacune ont été annoncées au T1 2026, selon les données du London Stock Exchange Group, battant le précédent record de 21 au T4 2015. Goldman Sachs et JPMorgan Chase ont tous deux publié de bons résultats au T1, tirés par les commissions M&A, et Pershing Square de Bill Ackman a proposé ce mois-ci une offre de 55 Mds$ sur Universal Music. Parmi les moteurs : le recul de la politique antitrust stricte de Joe Biden sous Donald Trump, la consolidation défensive face à la disruption liée à l'IA, et les stratégies d'expansion en Europe ou de renforcement du pied aux États-Unis dans un contexte de frictions tarifaires. Les nuages se forment néanmoins : le « backlog » de Goldman (pipeline de commissions attendues sur des deals annoncés mais non clôturés) est en recul par rapport à ses niveaux records, et le directeur financier de JPMorgan a prévenu que la situation au Moyen-Orient « pourrait avoir un impact sur l'exécution et le timing des opérations ». L'équipe éditoriale du FT rappelle que l'histoire est sévère : 40 ans de recherche montrent que 70 à 75 % des acquisitions échouent. Le millésime 2015 offre des leçons contrastées — le rachat de BG Group par Shell a largement tenu ses promesses, mais Charter/Time Warner Cable a infligé des pertes aux actionnaires, la dette contractée par AB InBev pour absorber SABMiller a pesé des années, et Kraft Heinz, deal emblématique de 2015, est aujourd'hui en cours de démantèlement et reste l'échec marquant de la décennie. Les conseils d'administration, prévient le FT, doivent « réfléchir soigneusement, faute de quoi les investisseurs en paieront le prix ». Source : Financial Times, 15 avril 2026, The editorial board.
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