La BCE a le « luxe » d'attendre avant de remonter les taux, selon un gouverneur
Source · Bureau Politique Monétaire
— Résumé
Mārtiņš Kazāks, gouverneur de la Banque de Lettonie et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a confié au Financial Times que la Banque centrale européenne a le « luxe » de ne pas avoir à se précipiter pour relever ses taux au-dessus de 2 %, malgré les tensions au Moyen-Orient. Il s'exprime une semaine avant la réunion de politique monétaire du 30 avril, insistant sur le fait que les anticipations d'inflation restent ancrées et que la hausse des prix de l'énergie n'a produit jusqu'ici que des effets limités sur le reste de l'économie.
Kazāks estime que les « décisions difficiles prises par le passé » pour juguler la poussée inflationniste de 2022 donnent à la BCE actuelle la marge d'agir avec méthode, tout en précisant que « nous agirons bien sûr si nous le jugeons nécessaire ». Les investisseurs anticipent actuellement deux hausses d'un quart de point d'ici la fin de l'année, portant le taux directeur à 2,5 %, selon les données Reuters. Ils attribuent seulement 15 % de probabilité à une hausse dès le 30 avril.
Les cours du pétrole ont reflué depuis leur pic post-guerre et les prix du gaz européen restent très en deçà de 2022. Kazāks prévient toutefois que « beaucoup de blessures sont encore fraîches » et que « chaque semaine apporte du nouveau », justifiant la patience plutôt que le préemptif. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Olaf Storbeck.
L’histoire en une ligne. Kazāks, à la BCE, renvoie les marchés à leur copie avant la réunion du 30 avril — pétrole redescendu, anticipations d’inflation ancrées, et un conseil qui veut plus de données avant d’agir.
Chiffres clés
2 % taux de dépôt actuel de la BCE
2,5 % taux attendu fin d’année (deux hausses d’un quart de point anticipées)
15 % probabilité implicite d’une hausse dès le 30 avril
Gaz européen très inférieur aux niveaux de 2022 ; pétrole en repli depuis le pic
Guerre au Moyen-Orient désormais dans sa huitième semaine
Pourquoi c’est important
Kazāks invite implicitement les marchés à ne pas précéder la BCE. Si le conseil a réellement « le luxe » d’attendre, il peut surveiller jusqu’à l’été et n’agir qu’en cas d’apparition d’effets de second tour. Cela dessine un cycle de resserrement plus lent que celui signalé par la Fed, élargit l’écart de politique monétaire transatlantique et pèse sur l’euro comme sur les rendements européens.
À retenir
La BCE distingue clairement le choc pétrolier de la guerre en Iran de la poussée inflationniste de 2022. Le cadrage de Kazāks — patience, pas urgence — est la lecture la plus nette du biais du conseil pour le 30 avril. Les marchés qui parient sur deux hausses d’ici la fin d’année pourraient surestimer d’un quart de point.
Source : Financial Times, 22 avril 2026, Olaf Storbeck.