Les retards des data centers américains menacent l'expansion de l'IA
Résumé
Près de 40 % des projets de data centers américains prévus pour 2026 risquent de prendre plus de trois mois de retard, selon le cabinet SynMax qui exploite l'imagerie satellite. Ces retards menacent l'infrastructure d'IA de Microsoft, OpenAI, Oracle et d'autres, faisant craindre un décalage des retours sur les centaines de milliards annoncés en capex (dépenses d'investissement).
Les hyperscalers (les plus grands opérateurs de cloud exploitant des data centers géants) courent pour livrer des sites tirant 1 gigawatt ou plus — l'équivalent d'un réacteur nucléaire. Seuls quelques-uns seront prêts en 2026, dont des campus d'Amazon Web Services, Meta et xAI d'Elon Musk. Un campus phare de 1,4 GW sur environ 480 hectares à Shackelford County (Texas), construit pour Oracle au service d'OpenAI, voit seulement 1 bâtiment sur 10 engagé, 6 terrains dégagés. SynMax anticipe la livraison du premier bâtiment fin décembre au mieux, fin 2027 selon les benchmarks habituels. Un site OpenAI de 1,2 GW à Milam County (Texas) ne compte qu'un bâtiment en chantier. Seul un projet à Abilene reste dans les temps.
Goulets d'étranglement : pénuries d'électriciens et tuyauteurs, réseau électrique saturé, turbines à gaz et transformateurs manquants, permis lents et opposition locale montante. Les sites reculés font bondir les coûts salariaux jusqu'à +30 %. SynMax note que plus de 60 % des projets 2027 n'ont même pas démarré. Josh Price (Capstone) parle d'un « retard réglementaire » face au rythme des développeurs. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Rafe Rosner-Uddin, Martha Muir, Nassos Stylianou et Aditi Bhandari.