La start-up chinoise DeepSeek a dévoilé vendredi DeepSeek-V4, en revendiquant des capacités « nettement renforcées » par rapport à son prédécesseur R1 — le modèle de janvier 2025 qui avait brièvement secoué Wall Street en prouvant qu'un agent chinois bon marché pouvait concurrencer ChatGPT. L'annonce intervient la même semaine qu'OpenAI présente GPT-5.5, et alors que Washington accuse DeepSeek d'entraîner ses modèles sur des puces Nvidia Blackwell interdites. Selon le média The Information, V4 aurait en réalité été optimisée pour des puces Huawei plutôt que des puces américaines.
L'entreprise basée à Hangzhou a publié deux versions : la V4-Pro, plus performante et plus gourmande en calcul, et la V4-Flash, moins coûteuse et plus légère. Aucune n'est encore multimodale (pas de traitement vidéo ou image), mais DeepSeek dit travailler à l'intégration de ces capacités. C'est la principale limite technique par rapport aux modèles frontière occidentaux.
L'enjeu est réel : le secteur IA chinois est sous pression. Les contrôles américains à l'export privent les laboratoires chinois des meilleures puces Nvidia, et Moonshot AI, Zhipu AI et MiniMax étaient perçus comme ayant pris de l'avance. DeepSeek a aussi perdu des talents clés — Guo Daya, l'un des artisans du modèle R1, aurait été débauché par ByteDance pour plus de 100 millions de yuans (12,5 M euros). V4 est la réponse de DeepSeek : elle reste dans la course. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Claude Fouquet.