Goldman Sachs a interdit à ses banquiers de Hong Kong l’usage des modèles d’intelligence artificielle Claude d’Anthropic — dernier signe de l’irruption des tensions sino-américaines dans la technologie. Les collaborateurs sur place n’ont plus accès à Claude, ni directement ni via la plateforme IA interne de Goldman, depuis plusieurs semaines, selon quatre sources proches du dossier.
Les modèles occidentaux comme ChatGPT (OpenAI) et Claude (Anthropic) sont bloqués en Chine continentale par la « Grande Muraille numérique ». Hong Kong fonctionnait jusqu’ici en dehors de ce périmètre, les restrictions étant fixées par les entreprises d’IA elles-mêmes. Une source proche du dossier explique que Goldman a retenu une lecture stricte de son contrat avec Anthropic, après consultation de la start-up, et a conclu qu’aucun salarié à Hong Kong ne devait pouvoir utiliser les produits Anthropic. La restriction ne s’étend pas à d’autres fournisseurs comme OpenAI. Anthropic a indiqué au Financial Times que ses modèles n’avaient jamais été officiellement « pris en charge » à Hong Kong, sans commenter davantage. Goldman s’est refusé à tout commentaire.
Cette décision reflète la peur croissante de la « distillation » — des acteurs chinois entraînant de nouveaux modèles à partir d’une utilisation intensive de modèles étrangers. OpenAI avait accusé DeepSeek de cette pratique l’an dernier, et la Maison Blanche a dénoncé ce mois-ci un vol « à échelle industrielle » de la propriété intellectuelle des laboratoires d’IA américains — accusations qualifiées de « pure calomnie » par Pékin. Le contexte est lourd : le nouveau modèle Mythos d’Anthropic suscite des inquiétudes sur sa capacité à percer les défenses cyber actuelles et à menacer la stabilité du système financier. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Arjun Neil Alim, Zijing Wu et Tim Bradshaw.