Jeudi - 30 avril 2026
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Goldman Sachs interdit Claude d’Anthropic à ses banquiers de Hong Kong

— Résumé

Goldman Sachs a interdit à ses banquiers de Hong Kong l’usage des modèles d’intelligence artificielle Claude d’Anthropic — dernier signe de l’irruption des tensions sino-américaines dans la technologie. Les collaborateurs sur place n’ont plus accès à Claude, ni directement ni via la plateforme IA interne de Goldman, depuis plusieurs semaines, selon quatre sources proches du dossier.

Les modèles occidentaux comme ChatGPT (OpenAI) et Claude (Anthropic) sont bloqués en Chine continentale par la « Grande Muraille numérique ». Hong Kong fonctionnait jusqu’ici en dehors de ce périmètre, les restrictions étant fixées par les entreprises d’IA elles-mêmes. Une source proche du dossier explique que Goldman a retenu une lecture stricte de son contrat avec Anthropic, après consultation de la start-up, et a conclu qu’aucun salarié à Hong Kong ne devait pouvoir utiliser les produits Anthropic. La restriction ne s’étend pas à d’autres fournisseurs comme OpenAI. Anthropic a indiqué au Financial Times que ses modèles n’avaient jamais été officiellement « pris en charge » à Hong Kong, sans commenter davantage. Goldman s’est refusé à tout commentaire.

Cette décision reflète la peur croissante de la « distillation » — des acteurs chinois entraînant de nouveaux modèles à partir d’une utilisation intensive de modèles étrangers. OpenAI avait accusé DeepSeek de cette pratique l’an dernier, et la Maison Blanche a dénoncé ce mois-ci un vol « à échelle industrielle » de la propriété intellectuelle des laboratoires d’IA américains — accusations qualifiées de « pure calomnie » par Pékin. Le contexte est lourd : le nouveau modèle Mythos d’Anthropic suscite des inquiétudes sur sa capacité à percer les défenses cyber actuelles et à menacer la stabilité du système financier. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Arjun Neil Alim, Zijing Wu et Tim Bradshaw.

Pourquoi c’est important

La valeur ajoutée de Hong Kong reste d’opérer hors du périmètre numérique chinois — un lieu où les banques mondiales coordonnent M&A, émissions et trading transfrontaliers. Si les éditeurs d’IA américains et leurs grands clients traitent désormais Hong Kong comme la Chine continentale, cette valeur s’érode. Les banquiers qui utilisent Claude pour du code et de la modélisation financière se retrouveront en retard sur leurs équipes de Londres ou New York.

La peur du distillage est le moteur : les entreprises occidentales redoutent que des acteurs chinois entraînent des modèles rivaux à partir d’un usage intensif de leurs systèmes. OpenAI a accusé DeepSeek de cette pratique l’an dernier ; la Maison Blanche a dénoncé ce mois-ci un vol « à échelle industrielle » de la PI des laboratoires d’IA américains (Pékin parle de « pure calomnie »). Le nouveau modèle Mythos d’Anthropic, capable de percer des défenses cyber actuelles et de mettre sous pression la sécurité du système financier, élève les enjeux.

À retenir

Un monde IA à deux vitesses — Ouest ouvert, Chine restreinte — se solidifie, avec Hong Kong glissant du mauvais côté de la ligne pour certains produits. Surveiller les autres banques et grands groupes qui suivront la lecture stricte de Goldman ; c’est ce qui dira si l’événement reste isolé ou marque un basculement sectoriel.

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