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M&A : 22 « mégadeals » au T1 2026, record battu malgré les craintes macro

— Résumé

Le marché des fusions-acquisitions bat des records malgré un contexte macroéconomique volatile. 22 opérations M&A de plus de 10 Mds$ chacune ont été annoncées au T1 2026, selon les données du London Stock Exchange Group, battant le précédent record de 21 au T4 2015. Goldman Sachs et JPMorgan Chase ont tous deux publié de bons résultats au T1, tirés par les commissions M&A, et Pershing Square de Bill Ackman a proposé ce mois-ci une offre de 55 Mds$ sur Universal Music.

Parmi les moteurs : le recul de la politique antitrust stricte de Joe Biden sous Donald Trump, la consolidation défensive face à la disruption liée à l'IA, et les stratégies d'expansion en Europe ou de renforcement du pied aux États-Unis dans un contexte de frictions tarifaires. Les nuages se forment néanmoins : le « backlog » de Goldman (pipeline de commissions attendues sur des deals annoncés mais non clôturés) est en recul par rapport à ses niveaux records, et le directeur financier de JPMorgan a prévenu que la situation au Moyen-Orient « pourrait avoir un impact sur l'exécution et le timing des opérations ».

L'équipe éditoriale du FT rappelle que l'histoire est sévère : 40 ans de recherche montrent que 70 à 75 % des acquisitions échouent. Le millésime 2015 offre des leçons contrastées — le rachat de BG Group par Shell a largement tenu ses promesses, mais Charter/Time Warner Cable a infligé des pertes aux actionnaires, la dette contractée par AB InBev pour absorber SABMiller a pesé des années, et Kraft Heinz, deal emblématique de 2015, est aujourd'hui en cours de démantèlement et reste l'échec marquant de la décennie. Les conseils d'administration, prévient le FT, doivent « réfléchir soigneusement, faute de quoi les investisseurs en paieront le prix ». Source : Financial Times, 15 avril 2026, The editorial board.

L’information en une phrase : Le T1 2026 a produit plus d’opérations M&A supérieures à 10 Mds$ que tout autre trimestre de l’histoire, les conseils d’administration profitant d’un antitrust américain assoupli et d’un dollar plus faible — tandis que l’équipe éditoriale du FT rappelle que l’histoire est impitoyable pour les acheteurs en série.

Chiffres clés

  • 22 deals >10 Mds$ au T1 2026 (données LSEG) — précédent record : 21 au T4 2015.
  • 55 Mds$ : offre de Pershing Square sur Universal Music.
  • 70 à 75 % des acquisitions échouent, selon une recherche couvrant 40 ans.
  • Goldman Sachs et JPMorgan Chase ont publié de bons résultats au T1, soutenus par les commissions M&A.
  • Le « backlog » d’investment banking de Goldman est en recul par rapport aux niveaux records.
  • Échec emblématique de 2015 : Kraft Heinz, aujourd’hui en cours de démantèlement.

Pourquoi c’est important

Le rythme des opérations reflète trois vents favorables : un antitrust américain plus souple sous Trump, des mouvements de consolidation face à la disruption de l’IA, et des stratégies transfrontalières dans un contexte de pression tarifaire. Mais le playbook de 2015 montre aussi la gueule de bois : le levier d’AB InBev après SABMiller, les pertes infligées par Charter Communications aux actionnaires après avoir surpayé Time Warner Cable, et l’échec massif de Kraft Heinz. Même le rachat de BG Group par Shell — souvent cité comme la réussite de 2015 — a demandé des années d’exécution pour être validé. Le directeur financier de JPMorgan signale déjà la turbulence moyen-orientale comme risque pour la clôture des opérations.

À retenir

La taille n’est pas une stratégie. Les conseils d’administration et les investisseurs doivent juger chaque mégadeal sur la discipline de prix, l’adéquation stratégique et la digestibilité du bilan — et non sur le fait que la musique continue de jouer.

Source : Financial Times, 15 avril 2026, The editorial board.

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