Le Premier ministre polonais Donald Tusk a ouvertement mis en doute la volonté des États-Unis d'honorer l'article 5 de l'OTAN en cas d'attaque russe sur un membre de l'alliance, estimant qu'une telle attaque pourrait intervenir dans « des mois » plutôt que des années. Dans un entretien au Financial Times à Ayia Napa, Tusk a déclaré que « la plus grande et plus importante question pour l'Europe est de savoir si les États-Unis sont prêts à être aussi loyaux que le décrivent nos traités [OTAN] », présentant le propos comme « mes rêves que les garanties sur papier deviennent quelque chose de très pratique ».
L'intervention est marquante. La Pologne est le plus gros contributeur OTAN en part de PIB, déjà à 5 % — cible de l'alliance — et l'un des pays les plus atlantistes d'Europe. Tusk a évoqué l'incident de l'an passé où environ 20 drones russes ont violé l'espace aérien polonais sans que certains alliés veuillent y voir une attaque ; l'alliance avait finalement dépêché des chasseurs et abattu plusieurs drones, première confrontation directe OTAN-Russie depuis 2022.
Le contexte est un sommet de l'UE à Chypre où les dirigeants discutent de la réactivation de l'article 42.7 — la clause de défense mutuelle du traité de l'UE — en réponse à la position ambiguë de Trump sur l'article 5 et ses menaces répétées de retrait de l'OTAN. Le départ de Viktor Orbán, allié de Poutine, ouvre l'espace pour cette discussion ; Tusk a qualifié l'élection probable du conservateur pro-UE Péter Magyar de « bien meilleur collaborateur » sur la défense. Son cadrage : « mon obsession maintenant et ma mission, c'est de réintégrer l'Europe ». Source : Financial Times, 24 avril 2026, Henry Foy et Barbara Moens.