Patrick Drahi donne son feu vert à la cession de SFR : Bouygues Telecom, Iliad et Orange sont entrés en négociations exclusives avec Altice France pour une offre valorisant les actifs visés à 20,35 Mds€ en valeur d'entreprise, contre 17 Mds€ dans l'offre d'octobre refusée par le propriétaire d'Altice. La période d'exclusivité court jusqu'au 15 mai pour finaliser les termes.
La répartition du prix et de la valeur se ferait à hauteur de 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Iliad (Free) et 27 % pour Orange. Le périmètre exclut plusieurs actifs d'Altice France : ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge, Altice Technical Services et les activités en outre-mer. Côté clients, Bouygues Telecom reprendrait l'activité B to B (entreprises), tandis que la clientèle B to C (grand public) serait partagée entre les trois acquéreurs. Le réseau mobile de SFR en zone non dense reviendrait à Bouygues Telecom ; les infrastructures et les fréquences seraient également réparties.
Le consortium met en avant une opération « socialement responsable », avec vigilance sur l'emploi, et promet davantage d'investissements dans les réseaux très haut débit, la cybersécurité et l'IA. L'opération devra passer par la consultation des instances représentatives du personnel, puis par les autorisations réglementaires, notamment au titre du contrôle des concentrations (antitrust) — historiquement un obstacle majeur pour la consolidation des télécoms françaises. Source : Les Echos, 17 avril 2026, Thomas Pontiroli.
L’histoire en une phrase : Bouygues Telecom, Iliad et Orange entrent en exclusivité avec Altice France pour racheter SFR à 20,35 Mds€ de valeur d’entreprise, un tournant historique pour les télécoms françaises.
Chiffres clés
- Valeur d’entreprise des actifs visés : 20,35 Mds€ (contre 17 Mds€ en octobre).
- Répartition : Bouygues 42 %, Iliad 31 %, Orange 27 %.
- Fin de la période d’exclusivité : 15 mai 2026.
- Perimètre exclu : ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge, Altice Technical Services, outre-mer.
- Réseau mobile SFR en zone non dense : Bouygues Telecom.
- Clientèle : B2B pour Bouygues, B2C partagé entre les 3.
Pourquoi c’est important
Cette opération mettrait fin à des mois de suspense et ramènerait le marché mobile français de quatre à trois opérateurs, après plusieurs tentatives infructueuses sur la dernière décennie. La consolidation devrait améliorer la rentabilité des trois acteurs restants via des économies d’échelle (infrastructure partagée, fréquences mutualisées) et du pricing power accru. La contrepartie : un risque antitrust lourd — l’Autorité de la concurrence et Bruxelles seront particulièrement attentives à la protection du consommateur et aux promesses d’investissement.
À retenir
La revalorisation à 20,35 Mds€ (+20 % vs octobre) reflète la capacité de Drahi à faire monter les enchères, et un appui probable des autorités françaises. La réussite du deal dépend désormais moins du prix que du montage des engagements concurrentiels et sociaux.
Source : Les Echos, 17 avril 2026, Thomas Pontiroli.