Jeudi - 30 avril 2026
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Comment la recrue à 52 M$ de Citi a été poussée vers la sortie de JPMorgan

— Résumé

Le recrutement par Citi en 2024 de Vis Raghavan comme responsable de la banque d’investissement — présenté aux actionnaires comme un coup de maître, avec un package de rémunération de 52 M$ destiné à « l’inciter » à quitter JPMorgan — relève en réalité d’un sauvetage négocié en un week-end : trois jours plus tôt, JPMorgan lui avait signifié qu’il n’avait plus d’avenir à long terme dans la banque, après des années de plaintes sur son comportement.

Vis Raghavan, désormais considéré comme l’un des candidats à la succession de Jane Fraser, a passé 23 ans chez JPMorgan et contribué à hisser la banque en tête des classements européens. Mais il a fait l’objet de deux revues internes sur son style de management, a obtenu l’embauche d’un proche en dérogation aux règles maison, et s’est vu réduire sa rémunération une année à cause de problèmes comportementaux. Trois personnes ont quitté la banque à cause de lui ; les alertes sont remontées jusqu’au PDG Jamie Dimon dès 2021. Après un remaniement début 2024 qui place Jennifer Piepszak et Troy Rohrbaugh à la tête de la banque d’investissement et du trading, JPMorgan conclut que sa position est intenable.

Chez Citi, Raghavan a livré : la division banque a publié des revenus record en 2025, l’action est à un plus haut depuis 17 ans et il a débauché plusieurs banquiers de JPMorgan et Goldman. Mais le premier trimestre 2026 a été plus modeste que celui des concurrents, et les anciens collègues restent partagés sur la réalité de son apaisement. Citi qualifie l’enquête du Financial Times de « couverture frivole et tabloïd, fondée sur des attaques anonymes ». Source : Financial Times, 29 avril 2026, Joshua Franklin, Julie Steinberg, Ortenca Aliaj et Akila Quinio.

Pourquoi c’est important

L’histoire dépasse la réputation d’un seul banquier. Elle illustre la manière dont Wall Street gère les problèmes de culture : le silence, des revues internes qui se concluent « sans action significative », et des sorties latérales à haut prix plutôt que des renvois. Le même schéma se répète : Andy Sieg, responsable de la gestion de fortune chez Citi, a fait l’objet d’accusations similaires de harcèlement (qu’il a niées ; une enquête interne l’a soutenu).

Pour Citi, le pari est rentable à court terme : Raghavan a livré des revenus IB record en 2025, débauché des talents chez JPMorgan et Goldman, et l’action se traite à un plus haut sur 17 ans. Mais le T1 2026 a été plus modeste que les pairs, et les anciens collègues restent partagés sur la réalité de l’apaisement : « il s’adoucit, puis ça repart », rapporte l’un d’eux.

À retenir

Le risque succession se précise. Les deux candidats internes pressentis pour succéder à Jane Fraser — Raghavan et Sieg — portent des accusations sur leur conduite. Les équipes de gouvernance côté buy-side vont y prêter attention.

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