Le recrutement par Citi en 2024 de Vis Raghavan comme responsable de la banque d’investissement — présenté aux actionnaires comme un coup de maître, avec un package de rémunération de 52 M$ destiné à « l’inciter » à quitter JPMorgan — relève en réalité d’un sauvetage négocié en un week-end : trois jours plus tôt, JPMorgan lui avait signifié qu’il n’avait plus d’avenir à long terme dans la banque, après des années de plaintes sur son comportement.
Vis Raghavan, désormais considéré comme l’un des candidats à la succession de Jane Fraser, a passé 23 ans chez JPMorgan et contribué à hisser la banque en tête des classements européens. Mais il a fait l’objet de deux revues internes sur son style de management, a obtenu l’embauche d’un proche en dérogation aux règles maison, et s’est vu réduire sa rémunération une année à cause de problèmes comportementaux. Trois personnes ont quitté la banque à cause de lui ; les alertes sont remontées jusqu’au PDG Jamie Dimon dès 2021. Après un remaniement début 2024 qui place Jennifer Piepszak et Troy Rohrbaugh à la tête de la banque d’investissement et du trading, JPMorgan conclut que sa position est intenable.
Chez Citi, Raghavan a livré : la division banque a publié des revenus record en 2025, l’action est à un plus haut depuis 17 ans et il a débauché plusieurs banquiers de JPMorgan et Goldman. Mais le premier trimestre 2026 a été plus modeste que celui des concurrents, et les anciens collègues restent partagés sur la réalité de son apaisement. Citi qualifie l’enquête du Financial Times de « couverture frivole et tabloïd, fondée sur des attaques anonymes ». Source : Financial Times, 29 avril 2026, Joshua Franklin, Julie Steinberg, Ortenca Aliaj et Akila Quinio.