Jeudi - 30 avril 2026
DELFINEO Recherche & Actualités en Investissement Value
EN / FR
← Retour aux actualités

Les durs iraniens s'écharpent en public sur l'opportunité de négocier avec les États-Unis

— Résumé

L'élite politique iranienne se fissure de nouveau, trois semaines après la mise en place d'un cessez-le-feu fragile avec les États-Unis et Israël. Les députés ultra-conservateurs proches de l'influente faction Paydari attaquent ouvertement le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a mené début avril les pourparlers avec le vice-président américain JD Vance au Pakistan. Leur exigence : que le programme nucléaire iranien reste hors négociation et que le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei — qui n'est plus apparu en public depuis le début de la guerre le 28 février, blessé selon des sources lors de la frappe qui a tué son père Ali Khamenei — soit obéi à la lettre.

Lundi, 261 députés sur 290 ont signé un texte de soutien à Ghalibaf et aux négociateurs, mais les principaux membres de Paydari étaient absents. Un deuxième round prévu au Pakistan ce week-end a échoué, l'Iran exigeant la levée préalable du blocus américain sur le détroit d'Ormuz. Le président Donald Trump a annulé le déplacement de la délégation américaine et publié sur les réseaux sociaux que « personne ne sait qui dirige » en Iran. La ligne officielle reste l'unité : Ghalibaf, le président réformateur Masoud Pezeshkian et le chef de la magistrature ont publié un message commun affirmant qu'« en Iran, il n'y a ni durs ni modérés ».

Les lignes rouges iraniennes n'ont pas bougé : levée du blocus américain, droit de prélever des taxes de transit dans le détroit d'Ormuz, droit d'enrichir l'uranium, et refus de transférer le stock d'uranium hautement enrichi aux États-Unis. Le premier round de pourparlers avait mobilisé une délégation iranienne de 70 personnes, signe d'une coordination réelle entre factions. Mais des diplomates étrangers soulignent que la mise à l'abri du Guide ralentit les décisions, et les réformateurs craignent que les durs ne fassent repartir la guerre si les pourparlers piétinent. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Najmeh Bozorgmehr et Andrew England.

À lire également

Tous les articles →