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Amazon rachète Globalstar pour 11,6 Mds$ et engage le fer avec SpaceX dans l'espace

— Résumé

Amazon a confirmé son intention d'acquérir l'opérateur satellitaire Globalstar pour 11,57 Mds$ (9,81 Mds€), en payant jusqu'à 90 $ par titre en numéraire ou en actions Amazon. L'opération permet de greffer à Amazon Leo les 25 satellites en orbite basse (LEO) de Globalstar et, surtout, ses précieuses licences de fréquences MSS : la constellation d'Amazon doit atteindre 7 700 satellites mais n'en compte aujourd'hui qu'environ 200. Globalstar est aussi le partenaire exclusif d'Apple pour la messagerie d'urgence par satellite sur iPhone ; Apple détient 20 % de Globalstar, de sorte que la transaction rapproche Amazon de l'écosystème Apple. Pour mémoire, SpaceX a déboursé près de 20 Mds$ en 2025 pour EchoStar et ses fréquences, dont la largeur de spectre est environ quatre fois supérieure à celle de Globalstar — Amazon sera donc limité dans un premier temps à la voix et à la messagerie, et non à la 4G ou 5G depuis l'espace comme l'ambitionne Starlink. Amazon a parallèlement promis un système direct-to-device (D2D) de nouvelle génération « à partir de 2028 », sans plus de précisions. Le groupe est en retard sur son engagement FCC de 1 600 satellites en orbite d'ici juillet 2026, a demandé un délai, et presse le régulateur pour bloquer le projet de Musk d'envoyer jusqu'à un million de satellites. Le cours d'Amazon est passé de 200 à près de 250 $ depuis les premières rumeurs début avril, avec +4 % à l'annonce ; Globalstar a pris +10 %. Le marché de l'internet spatial est estimé à 200 Mds$ à terme. Source : Les Échos, 15 avril 2026 — Thomas Pontiroli.

L’histoire en une phrase : Amazon a engagé 11,57 Mds$ pour acquérir Globalstar, un coup destiné à combler son retard spectral sur SpaceX/Starlink et à se rapprocher d’Apple sur la connectivité satellite-to-phone.

Chiffres clés

  • Taille de l’opération : 11,57 Mds$ (9,81 Mds€) — jusqu’à 90 $ par titre en numéraire ou en actions Amazon.
  • Globalstar aujourd’hui : 25 satellites en LEO, précieuses fréquences MSS autour de 2 GHz (mais ~4× plus étroites que celles d’EchoStar).
  • Amazon Leo : ~200 satellites en orbite contre un objectif à long terme de 7 700, pour un jalon FCC de 1 600 d’ici juillet 2026 (aujourd’hui en retard).
  • SpaceX/Starlink : ~10 000 satellites en orbite, dont ~650 pour le mobile ; a payé ~20 Mds$ pour EchoStar en 2025.
  • Apple détient 20 % de Globalstar.
  • Cours Amazon : 200 $ → ~250 $ depuis les rumeurs début avril ; +4 % à l’annonce. Globalstar : +10 %.
  • Marché de l’internet spatial à long terme : ~200 Mds$.

Pourquoi c’est important (jargon expliqué)

  • La LEO (Low-Earth Orbit) = satellites en orbite basse, à 500–2 000 km d’altitude ; plus proche = latence plus faible, mais il en faut beaucoup pour couvrir la planète. D’où les ~10 000 de Starlink et l’objectif de 7 700 chez Amazon Leo.
  • Les fréquences MSS (Mobile Satellite Service) = des bandes rares qui permettent à un satellite de parler directement à un smartphone ordinaire. Sans MSS, une constellation ne peut servir que des antennes fixes, pas un iPhone tout public.
  • Le D2D (direct-to-device) = signal satellite reçu par un téléphone standard, sans matériel spécifique. C’est le vrai prix — et c’est là que le partenariat Globalstar-iPhone prend tout son sens.
  • Globalstar seul ne permet pas à Amazon de rattraper SpaceX en 4G/5G spatiale (spectre trop étroit), mais rachète des équipes expérimentées sur le mobile satellitaire, la relation Apple, et de l’optionnalité en attendant le propre système D2D d’Amazon « à partir de 2028 ».

À retenir

C’est Bezos-vs-Musk round deux : la course pour posséder la couche physique de l’internet spatial, avec Apple en arbitre. À court terme, Amazon reste loin derrière Starlink en nombre de satellites et en spectre mobile. À long terme, le vrai champ de bataille se déplace vers le cloud dans l’espace — là où la domination d’AWS, et non l’avance de Starlink, devient l’avantage structurel.

Source : Les Échos, 15 avril 2026 — Thomas Pontiroli.

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