L'action Hermès a chuté jusqu'à 13% mercredi après des ventes du T1 de 4,07 Mds€, en recul de 1% sur un an (+5,6% à devises constantes, contre +7,1% attendus). Les ventes en France ont reculé de 2,8%, frappées par l'effondrement des flux touristiques ; l'Asie n'a progressé que de 3,5% (contre 7,7% attendus) ; les Amériques ont été le seul point lumineux à +17%. Quarante des soixante boutiques du groupe sont en travel retail et pâtissent des perturbations du trafic aérien.
L'action Hermès chute sur un T1 décevant, la guerre en Iran pèse sur le luxe
— Résumé
L’histoire en une phrase : L’action Hermès a chuté jusqu’à 13% mercredi après une croissance des ventes du T1 plus lente qu’attendu, frappée par l’effondrement des achats touristiques au Moyen-Orient et en Europe.
Chiffres clés
- Revenus du T1 : 4,07 Mds€, en baisse de 1% sur un an (publié), ou +5,6% à devises constantes — bien en dessous des +7,1% attendus par les analystes.
- Capitalisation boursière : ~170 Mds€. Cours de l’action : –30% sur un an.
- Ventes par région : France –2,8% (plus de la moitié des ventes françaises sont réalisées auprès de touristes) ; Asie +3,5% (contre 7,7% attendus) ; Amériques +17% (le seul point lumineux, contre 14% attendus).
- Division maroquinerie (Birkin, Kelly — la plus importante et la plus profitable) : +9% (contre 12,2% attendus).
- 40 des 60 boutiques du groupe sont situées en travel retail (aéroports, etc.) et ont été frappées par les perturbations du trafic aérien.
Pourquoi c’est important
Hermès est normalement le nom le plus résistant aux récessions dans le luxe — la demande pour un sac Birkin dépasse largement le nombre que l’entreprise accepte d’en fabriquer chaque année, ce qui la protège habituellement. Mais ce trimestre montre que même Hermès ne peut pas totalement échapper à l’assèchement du tourisme moyen-oriental. Kering (propriétaire de Gucci) a également chuté de 10% le même jour ; LVMH a signalé des pressions similaires. Le directeur financier a indiqué qu’Hermès peut absorber l’impact Moyen-Orient « sans trop de difficultés » pendant deux mois supplémentaires — une limite de temps révélatrice.
À retenir
La guerre commence désormais à entamer visiblement même la franchise de luxe la plus solide. Les États-Unis portent le secteur ; la Chine ne rebondit pas chez Hermès comme elle l’a fait chez LVMH.
Source : Financial Times, 15 avril 2026 — Megan Snaith.
— L'Avis de Delfineo
Hermès est d'ordinaire le nom le plus défensif du luxe, parce que la demande de Birkin est rationnée, pas simplement vendue. Le fait que même la division cuir ait manqué les prévisions (9% contre 12,2% attendus) montre que le canal touristique — et non le désir sous-jacent — a été la contrainte effective ce trimestre. La déclaration du directeur financier selon laquelle Hermès peut absorber l'impact Moyen-Orient « pendant encore deux mois » est le vrai chiffre à surveiller : c'est un compte à rebours sur le pouvoir de fixation des prix du secteur, pas seulement sur un trimestre.