Jeudi - 30 avril 2026
DELFINEO Recherche & Actualités en Investissement Value
EN / FR
← Retour aux actualités

L'État belge en passe de racheter les sept réacteurs nucléaires d'Engie alors que De Wever rouvre la filière

— Résumé

Engie et l'État belge ont signé jeudi une lettre d'intention ouvrant des négociations exclusives pour le rachat de l'intégralité des activités nucléaires d'Engie en Belgique, portées par sa filiale Electrabel. Engie détient sept réacteurs dans le pays, dont deux seulement sont encore en activité. Toutes les opérations de démantèlement sont "suspendues avec effet immédiat", a annoncé le Premier ministre Bart De Wever sur X — une pause qui, selon La Libre, entraînera une compensation pour Engie. Les deux parties se donnent jusqu'au 1er octobre 2026 pour un protocole d'accord, mais précisent que la lettre d'intention n'est "pas un engagement ferme de conclure". L'action Engie a gagné plus de 2 % après la nouvelle.

L'opération retourne une décennie de politique énergétique. La Belgique prévoyait de sortir du nucléaire en 2025, mais la guerre en Ukraine et les inquiétudes énergétiques ont changé la donne. Le gouvernement de Bart De Wever, conservateur flamand au pouvoir depuis un an, a fait du prolongement du parc existant (4 GW) et de la construction de 4 GW supplémentaires une promesse forte. Engie n'avait concédé que la prolongation de deux réacteurs sur sept et refusait toute nouvelle construction. Les réacteurs Doel 3 et Tihange 1 sont à l'arrêt depuis fin 2022/début 2023, et leur démantèlement était prévu en 2027 — d'où l'urgence pour la Belgique, qui veut étudier le redémarrage de Tihange 1.

Après rachat, l'État belge pourra prolonger Doel 4 et Tihange 3 au-delà de 2035 et chercher un partenaire industriel : EDF et l'américain Westinghouse ont été évoqués. Selon La Lettre en septembre dernier, le directeur exécutif d'EDF Cédric Lewandowski avait étudié une reprise des activités nucléaires d'Electrabel, mais l'Agence des participations de l'État — qui gère les 100 % détenus par la France dans EDF — n'était pas favorable. Pour Engie, c'est l'occasion de tourner la page d'un dossier belge qui a empoisonné ses perspectives pendant des années. Source : Les Echos, 30 avril 2026, Sarah Dumeau et Hortense Goulard.

L’État belge en passe de racheter les sept réacteurs nucléaires d’Engie

L’histoire en une phrase : le gouvernement belge a signé une lettre d’intention pour racheter l’intégralité du parc nucléaire d’Engie, suspendant immédiatement le démantèlement et inversant un plan de sortie vieux de dix ans.

Chiffres clés

  • 7 réacteurs à racheter (2 actifs, 5 à l’arrêt)
  • Objectif gouvernemental : 4 GW existants prolongés + 4 GW nouveaux
  • Délai pour un protocole d’accord : 1er octobre 2026
  • Doel 3 et Tihange 1 à l’arrêt depuis fin 2022/début 2023 ; démantèlement prévu en 2027 — désormais suspendu
  • Doel 4 et Tihange 3 pourraient être prolongés au-delà de 2035
  • Action Engie après la nouvelle : +2 %
  • Partenaires industriels potentiels évoqués : EDF, Westinghouse

Pourquoi c’est important

Engie tente depuis des années de sortir du nucléaire belge ; le dossier pesait sur ses perspectives en raison de l’incertitude sur les coûts de démantèlement. La reprise des actifs par l’État lève cette épée de Damoclès et permet à Engie de se concentrer sur le gaz et les renouvelables. Côté belge, la décision officialise un demi-tour sur la sortie de 2025 et s’aligne sur les redémarrages à l’étude ailleurs en Europe (Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni). La compensation que recevra Engie pour l’arrêt du démantèlement sera le prochain chiffre à surveiller — La Libre la mentionne sans la chiffrer.

Le choix du partenaire industriel est la décision géopolitique la plus lourde. EDF est le candidat naturel mais l’APE résiste. Westinghouse est une alternative crédible et étendrait l’empreinte américaine sur le nucléaire européen, au moment où la diplomatie tarifaire de Trump redéfinit les liens transatlantiques sur l’énergie.

À retenir

Pour Engie, c’est une sortie propre et un catalyseur de re-rating — à condition que le prix ne soit pas punitif. Pour l’État belge, c’est l’engagement de faire tourner et éventuellement construire des réacteurs, avec le capex et le risque politique qui vont avec. À surveiller : le mémorandum du 1er octobre, le montant de la compensation, et le partenaire industriel retenu.

Source : Les Echos, 30 avril 2026, Sarah Dumeau et Hortense Goulard.

À lire également

Tous les articles →