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Crédit Agricole accroît son influence au conseil de la banque italienne Banco BPM

— Résumé

Réunis en assemblée générale le 16 avril, les actionnaires de Banco BPM ont reconduit Giuseppe Castagna comme directeur général et validé la liste du conseil d'administration sortant, qui a obtenu 58,87 % des voix favorables. L'événement majeur est l'entrée en force de Crédit Agricole au conseil d'administration : la banque française voit sa part dans le capital passer de 20,1 % à 22,8 % et obtient quatre sièges sur les 15 que compte le conseil. Sa liste a recueilli 30,9 % des voix, surpassant largement celle d'Assogestioni (8 %).

Les quatre représentants de Crédit Agricole seront Frédéric de Courtois, ancien cadre dirigeant d'AXA, l'ancien ministre des Finances Domenico Siniscalco, Rossella Leide et Alessio Foletti. Giuseppe Castagna a salué l'issue du scrutin, invoquant la performance boursière des trois dernières années — le titre a « progressé de plus de 200 %, générant un rendement pour les actionnaires de plus de 300 % ». Il a également rappelé que Crédit Agricole « n'a jamais caché son intention de vouloir monter au-dessus des 20 % » et que la Banque centrale européenne a autorisé la banque verte à monter jusqu'à 29,9 %. « Ils sont désormais au conseil d'administration et ce sera une expérience nouvelle. Ce sont tous des administrateurs indépendants », a-t-il précisé.

Une fusion entre la filiale italienne de Crédit Agricole et Banco BPM « aurait un fondement industriel solide », selon les analystes de Fitch Ratings, mais reste peu probable à court terme : Fitch n'attend pas « de développement sur ce deal potentiel en 2026 ». Les implications politiques liées à l'importance systémique de Banco BPM dans la péninsule la compliquent, et le groupe français applique des « critères très stricts », notamment la volonté de « ne pas perdre le contrôle de ce qu'il possède en Italie ». Source : Les Echos, 17 avril 2026, Olivier Tosseri.

L’essentiel en une phrase. Crédit Agricole consolide sa position de premier actionnaire de Banco BPM, porte sa participation à 22,8 %, obtient quatre sièges au conseil d’administration de la banque milanaise, tandis qu’une fusion avec l’italienne reste peu probable en 2026.

Chiffres-clés

  • Vote AG du 16 avril : liste du conseil sortant 58,87 % ; liste Crédit Agricole 30,9 % ; Assogestioni 8 %.
  • Participation de Crédit Agricole : de 20,1 % à 22,8 %, avec feu vert BCE jusqu’à 29,9 %.
  • Sièges obtenus : 4 sur 15 au conseil d’administration.
  • Nouveaux administrateurs : Frédéric de Courtois (ex-AXA), Domenico Siniscalco (ex-ministre des Finances italien), Rossella Leide, Alessio Foletti.
  • Performance boursière de Banco BPM sur 3 ans : titre +200 %+, rendement actionnaire +300 %+.
  • Horizon Fitch sur une fusion Crédit Agricole Italia-Banco BPM : pas de développement attendu en 2026.

Pourquoi cela compte

La montée de Crédit Agricole au-dessus de 20 % et l’obtention de quatre sièges transforment un investissement financier en une influence stratégique. Pour être clair : quatre sièges sur quinze ne donnent pas le contrôle, mais installent la banque française comme interlocuteur incontournable sur chaque décision majeure — rémunération des dirigeants, distribution, M&A, remédiation. L’autorisation BCE de monter jusqu’à 29,9 % est le plafond réglementaire qui précède le déclenchement d’une offre publique obligatoire ; elle signale que Crédit Agricole se réserve l’option d’aller encore plus haut sans lancer d’OPA formelle.

La cible logique suivante serait la fusion entre Crédit Agricole Italia (la filiale italienne) et Banco BPM. Fitch juge la logique industrielle solide, mais deux freins : (1) le poids systémique de Banco BPM sur la péninsule, qui implique un arbitrage politique italien, et (2) l’exigence française de ne pas diluer le contrôle sur la filiale italienne existante. Le décalage entre BMPS (qui a connu des coups de théâtre) et Banco BPM (continuité) montre deux trajectoires consolidées différentes au sein de la péninsule.

À retenir

Crédit Agricole passe de l’actionnaire à l’architecte. L’AG de Banco BPM entérine une présence structurante pour les trois à cinq ans à venir, même sans fusion immédiate. Les actionnaires minoritaires de Banco BPM verront leurs décisions importantes filtrées par un partenaire français ; à l’inverse, les actionnaires de Crédit Agricole héritent désormais d’une exposition italienne qui pèsera sur le ROE consolidé.

Source : Les Echos, 17 avril 2026, Olivier Tosseri.

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