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Engins de chantier : les marques chinoises déferlent sur la France, « un tsunami »

— Résumé

Les marques chinoises d'engins de chantier accélèrent leur poussée en Europe, et la France — plus grand marché du continent en taille — se trouve dans leur ligne de mire. Selon l'organisation professionnelle Evolis, les importations françaises de matériels chinois pour le BTP sont passées de 200 M€ en 2024 à 260 M€ en 2025, alors même que le total des importations a reculé de 15 % à 2,7 Mds€ ; la part de la Chine dans les importations a progressé de 3,3 points à 9,6 % sur un marché français de 5,5 Mds€.

Les machines chinoises de Hangcha, LiuGong, XCMG, Sany, Sunward et Zoomlion se vendent 15 à 30 % moins cher que les concurrents européens et japonais tels que Caterpillar, Komatsu, Liebherr, Volvo, Haulotte, Manitou et Mecalac. XCMG — numéro quatre mondial — s'apprête à créer sa filiale française pour les engins de chantier ; LiuGong fait de même et revendique 85 % de couverture de la distribution en volume ; Sany dispose d'une branche française depuis 2023. Les leaders de la location Loxam et Kiloutou ont déjà signé des partenariats. Les grands groupes français Eiffage et Spie Batignolles disent rester fidèles à leurs fournisseurs premium européens, mais reconnaissent que les petits engins électriques pourraient basculer vers la Chine.

La Commission européenne, saisie par le VDMA allemand, a ouvert une enquête anti-subventions sur les grues mobiles, et de nouveaux droits de douane s'appliquent déjà aux plateformes élévatrices. Les ventes françaises de matériels ont reculé de 1 % en 2025, avec -13 % sur les gros engins de terrassement — la deuxième plus mauvaise année depuis 2014. Evolis prévient que la menace chinoise est « un tsunami », surtout dans l'électrique. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Christophe Palierse.

L’information en une phrase : Après les panneaux solaires, les pompes à chaleur et la voiture électrique, les engins de chantier et de logistique sont le prochain marché industriel européen à être bousculé par une vague d’acteurs chinois agressifs — et la France est la cible prioritaire.

Chiffres clés

  • Importations françaises d’engins BTP chinois : 200 M€ en 2024260 M€ en 2025 (+30 %).
  • Total des importations françaises d’engins : -15 % à 2,7 Mds€ en 2025.
  • Part de la Chine dans les importations : +3,3 points à 9,6 %.
  • Taille du marché français : 5,5 Mds€.
  • Décote de prix chinoise vs concurrents européens/japonais : 15 à 30 %.
  • LiuGong revendique 85 % de couverture de la distribution française ; Sany présent en France depuis 2023 ; XCMG et LiuGong créent des filiales françaises.
  • Ventes 2025 d’engins en France : -1 % au global, -13 % sur le gros terrassement (2e plus mauvaise année depuis 2014).

Pourquoi c’est important

Le scénario rappelle la voiture électrique : les acteurs chinois s’appuient sur un marché intérieur en berne et un accès fermé aux États-Unis pour pousser des volumes sur une Europe ouverte. Ils arrivent avec des prix compétitifs, des chaînes d’approvisionnement japonaises/américaines/allemandes (moteurs Cummins, transmissions ZF Friedrichshafen, pompes hydrauliques japonaises) et, surtout, un leadership dans l’électrique — un segment où les industriels européens commencent seulement à investir. Les circuits de location (Loxam, Kiloutou) sont un vecteur clé : environ un quart du marché français transite par la location. Les entreprises Eiffage et Spie Batignolles restent fidèles à leurs fournisseurs premium européens pour l’instant, mais reconnaissent que les petits engins électriques pourraient basculer.

À retenir

La percée chinoise est encore à ses débuts mais déjà structurelle. La vraie bataille se jouera dans l’électrique, où l’écart prix-performance avec les Européens est peut-être le plus grand. Attendez-vous à une pression visible sur les industriels européens Haulotte, Manitou et Mecalac, ainsi qu’à de nouvelles actions anti-subventions à Bruxelles.

Source : Les Echos, 16 avril 2026, Christophe Palierse.

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