Jeudi - 30 avril 2026
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Ken Griffin alerte sur les risques du private credit pour les particuliers fortunés

— Résumé

Ken Griffin — fondateur du hedge fund Citadel (67 Mds $ d’actifs) et de la société de trading Citadel Securities — doute que les particuliers fortunés comprennent réellement les risques du « private credit » et avertit qu’ils pourraient avoir du mal à récupérer leur argent en cas de crise. Ses propos, tenus au Financial Times, alimentent l’inquiétude grandissante sur l’expansion rapide du secteur vers la clientèle particulière.

Le private credit — des fonds qui prêtent directement à des entreprises détenues par des fonds de private equity, en remplaçant largement les banques freinées par la régulation — atteint désormais plus de 3 500 Mds $ d’actifs selon l’Alternative Investment Management Association. Les fonds ciblant les particuliers fortunés sont parmi les segments à plus forte croissance, avec Blackstone, Apollo, KKR et Ares en première ligne. Les structures « semi-liquides » n’autorisent les rachats qu’à intervalles réguliers. Griffin résume : « le vrai problème, c’est l’asymétrie de liquidité entre l’investisseur particulier et la durée des investissements ». Premières fissures : Blue Owl Capital a limité les retraits sur ses deux fonds phares face à des milliards de demandes de rachat et à une exposition à des éditeurs de logiciels vulnérables à l’IA. Au premier trimestre 2025, les particuliers fortunés ont demandé plus de 20 Mds $ de rachats — à peine la moitié a été honorée.

Jamie Dimon (JPMorgan) a déclaré le même jour à Oslo que, compte tenu des plus de 1 000 fonds de private credit actifs et des standards de souscription affaiblis, le prochain cycle de crédit sera « pire que ce que les gens pensent ». John Waldron, président de Goldman Sachs, a parallèlement reproché à certains acteurs « de ne pas avoir commercialisé leur produit avec la clarté » qu’il attendrait. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Harriet Agnew et Robin Wigglesworth.

Les chiffres clés

IndicateurValeur
AUM mondial private credit (AIMA)>3 500 Mds $
Fonds de private credit actifs (chiffre Dimon)>1 000
Demandes de rachat T1 2025 (particuliers fortunés)>20 Mds $
Part honoréeun peu plus de la moitié

Pourquoi c’est important

Le private credit — fonds prêtant directement aux entreprises détenues par des fonds de private equity, en remplaçant des banques bridées par la régulation — atteint >3 500 Mds $. Le canal retail/wealth est le segment qui croît le plus vite, avec Blackstone, Apollo, KKR et Ares en première ligne via des structures « semi-liquides » qui n’autorisent les rachats qu’à intervalles réguliers.

Diagnostic Griffin : une asymétrie de liquidité. Les particuliers sont habitués à une liquidité immédiate sur leurs autres placements ; la durée du private credit se compte en années. Lorsque le stress arrive, les portes se ferment — Blue Owl en a fait la démonstration, limitant les retraits sur ses deux fonds phares face à des milliards de demandes et à des inquiétudes sur l’exposition à des éditeurs de logiciels disruptés par l’IA.

Dimon, le même jour à Oslo : avec plus de 1 000 fonds de private credit, « ils ne sont pas tous brillants » ; les standards de souscription affaiblis annoncent un prochain cycle de crédit « pire que ce que les gens pensent ». Waldron, par ailleurs : certains acteurs n’ont pas commercialisé leurs produits avec une clarté suffisante sur l’illiquidité.

À retenir

Trois des plus grandes voix de la finance qui sonnent la même alerte la même semaine, c’est un marqueur de cycle. Surveiller les décotes des BDC et les annonces de gating comme indicateurs avancés. Pour les détenteurs longs de gérants alternatifs, le canal retail qui a porté la croissance des frais est aussi le plus exposé en cas d’accélération des rachats.

— L'Avis de Delfineo

Trois figures majeures de la finance — Griffin, Dimon, Waldron — tirent le même signal d’alarme la même semaine : un marqueur de cycle. Pour la réflexion de portefeuille de Delfineo sur les gestionnaires alternatifs (Blackstone, Apollo, KKR, Ares, Tikehau, Eurazeo) : le canal retail wealth qui a porté la croissance des frais ces cinq dernières années est aussi celui le plus exposé en cas de vague de rachats. Surveiller les décotes des BDC et les annonces de gating comme indicateurs avancés.

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