Shell a annoncé l'achat d'ARC Resources, producteur de gaz de schiste basé à Calgary, pour 16,4 milliards de dollars : c'est sa plus grosse acquisition depuis le rachat de BG Group il y a dix ans. Le prix se décompose en 13,6 milliards de dollars (dont les trois quarts en actions Shell) plus 2,8 milliards de dollars de dette reprise, soit une prime de 20 % sur le cours récent d'ARC, stable en 2026 mais multiplié par trois en cinq ans.
Pour Shell, c'est un demi-tour sur le schiste nord-américain : le groupe avait cédé en 2021 ses actifs du bassin Permien à ConocoPhillips pour 9,5 milliards de dollars, et son directeur général Wael Sawan, en poste depuis 2023, s'était jusqu'ici tenu à l'écart des grosses opérations, y compris un rachat de BP plusieurs fois évoqué. L'acquisition ajoute 370 000 barils de pétrole et de gaz par jour, fait passer la croissance annuelle de production de 1 % à 4 % et apporte 2 milliards de barils de réserves prouvées et probables. ARC produit surtout du gaz et du condensat (un liquide léger utilisé en raffinage et pour fabriquer de l'éthylène), une matière première qui peut alimenter LNG Canada, l'usine de gaz naturel liquéfié de 40 milliards de dollars dont Shell détient 40 %.
Le secteur pétrolier canadien vit une année exceptionnelle — Enverus attend 90 milliards de dollars canadiens (66 milliards de dollars US) de bénéfices si le baril reste au-dessus de 100 dollars. Shell contrôle plus de 30 % de la capacité mondiale de GNL et reste le premier négociant. ARC a bondi de 22 % à 31,51 dollars canadiens à l'annonce ; Shell est restée stable. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Malcolm Moore, Jamie Smyth et Ilya Gridneff.