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Airbus plombé par la pénurie de moteurs Pratt & Whitney au premier trimestre

— Résumé

Airbus a livré 114 avions commerciaux au premier trimestre 2026, soit 22 de moins qu’un an plus tôt et 29 de moins que son concurrent Boeing en plein redressement. Le chiffre d’affaires consolidé recule de 7 % à 12,7 Mds €, et le bénéfice net tombe à 300 M €, contre 624 M € il y a un an. Les résultats sont inférieurs aux attentes des analystes (résultat d’exploitation ajusté de ~512 M € sur ~12,87 Mds € de revenus).

L’avionneur invoque la pénurie de moteurs Pratt & Whitney et des défauts de fuselage signalés en décembre dernier (provenant d’un sous-traitant espagnol). Le bénéfice d’exploitation ajusté de la branche commerciale chute de 84 %, à 81 M €, pénalisé aussi par un taux de couverture défavorable face à la dépréciation du dollar. La filiale Défense et Espace, à l’inverse, voit ses bénéfices progresser de 69 % et son chiffre d’affaires atteindre 2,8 Mds € (+7 %), porté par la hausse mondiale des dépenses militaires. Une livraison de 20 avions à des clients chinois, retardée par un blocage administratif, est désormais résolue.

Avec un carnet de commandes record de 9 037 avions commerciaux à fin mars, Airbus maintient inchangées ses prévisions 2026 : objectif de 870 livraisons, ce qui dépasserait le record prépandémie de 863 appareils livrés en 2019. « Nous progressons » avec Pratt & Whitney sans accord encore signé, indique le PDG Guillaume Faury. Source : Les Echos, 28 avril 2026, Charles Plantade.

Les chiffres clés

Indicateur (T1 2026)ValeurVariation
Livraisons commerciales114−22 a/a
Chiffre d’affaires consolidé12,7 Mds €−7 %
Bénéfice net300 M €vs 624 M €
CA Défense et Espace2,8 Mds €+7 %
Carnet de commandes (fin mars)9 037 avionsrecord

Pourquoi c’est important

Trois fils narratifs. Premier : la pénurie de moteurs Pratt & Whitney continue de brider les livraisons ; les discussions avancent mais aucun accord n’est signé. Deuxième : les défauts de fuselage signalés en décembre (sous-traitant espagnol) sont en cours de résolution et pèseront sur le S1. Troisième : le cycle défense compense largement la faiblesse commerciale — porté par la hausse mondiale des dépenses militaires (voir également : « L’Allemagne se réarme »).

La ligne couverture mérite aussi d’être notée : un dollar américain plus faible se traduit par un taux de couverture défavorable, qui ampute de 84 % le résultat opérationnel ajusté de la division commerciale. C’est un effet de change, pas un signal de demande.

Le carnet de 9 037 avions à fin mars reste l’ancre structurelle : malgré les perturbations du T1, Airbus réaffirme son objectif de 870 livraisons en 2026, ce qui dépasserait le record prépandémie de 863 (2019).

À retenir

Un T1 faible que l’entreprise considère comme transitoire. Les problèmes moteurs et fuselage sont le facteur clé pour la guidance annuelle — si l’un ou l’autre dérape sur le S2, l’objectif de 870 dérape avec. La défense devient discrètement un contributeur plus structurant.

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