Les six plus grandes banques américaines ont dépensé un record de 33 milliards de dollars en rachats d'actions au T1 2026 — soit 30 à 50% au-dessus des prévisions des analystes. JPMorgan (8,33 Mds $), Goldman Sachs (5 Mds $) et Citi (6,3 Mds $) ont tous enregistré des rachats records, tandis que Bank of America (7,2 Mds $) et Morgan Stanley (1,75 Md $) ont atteint leurs plus hauts pluriannuels. Cette envolée reflète la dérégulation voulue par l'administration Trump, incluant une baisse prévue de près de 5% des exigences en capital pour les plus grandes banques.
Les grandes banques américaines dépensent un record de 33 milliards de dollars en rachats d'actions
— Résumé
L’histoire en une phrase : Les six plus grandes banques américaines ont dépensé un record de 33 milliards de dollars au T1 2026 à racheter leurs propres actions — résultat direct de bénéfices plus élevés et de l’assouplissement des règles sous l’administration Trump, qui leur permet de détenir moins de « capital de sécurité » et de restituer davantage aux actionnaires.
Chiffres clés
- JPMorgan : 8,33 Mds $ (nouveau record, juste au-dessus de son record précédent de 8,32 Mds $ il y a 6 mois).
- Bank of America : 7,2 Mds $ (plus haut depuis 4 ans).
- Citi : 6,3 Mds $ (record de T1 depuis au moins 20 ans).
- Goldman Sachs : 5 Mds $ (record).
- Wells Fargo : 4 Mds $. Morgan Stanley : 1,75 Md $.
- Les rachats réels ont été 30 à 50% au-dessus des prévisions des analystes.
- La Réserve fédérale prévoit de baisser les exigences en capital des grandes banques de près de 5%.
- Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, affirme que sa banque dispose de ~40 Mds $ de capital excédentaire.
Pourquoi c’est important (jargon expliqué)
- Un rachat d’actions intervient lorsqu’une entreprise utilise sa trésorerie pour acheter ses propres actions sur le marché. Cela réduit le nombre d’actions en circulation, si bien que chaque action restante détient une part légèrement plus grande de l’entreprise — c’est une façon de rendre de l’argent aux actionnaires (comme un dividende, mais plus avantageuse fiscalement).
- Les exigences en capital sont un coussin minimal de sécurité que les régulateurs imposent aux banques, afin qu’elles ne s’effondrent pas en cas de crise. Exigences plus basses = plus d’argent libéré pour les prêts, le trading et les rachats — mais un coussin plus mince si les choses tournent mal.
- Le ratio capitaux propres / actifs pondérés du risque de Goldman (son coussin de sécurité, en substance) est tombé à son plus bas depuis 2020.
À retenir
Dérégulation + profits de trading dopés par la volatilité liée à la guerre en Iran = le plus gros retour aux actionnaires depuis la crise de 2008. Les investisseurs sont contents ; le coussin protégeant les déposants s’amincit.
Source : Financial Times, 15 avril 2026 — Joshua Franklin et Akila Quinio.
— L'Avis de Delfineo
Deux forces convergent : la dérégulation libère du capital, et la volatilité de marché liée à la guerre en Iran dope les profits de trading. Résultat : le plus gros retour aux actionnaires depuis la crise de 2008. Mais le ratio capitaux propres / actifs pondérés du risque chez Goldman vient de chuter à son plus bas depuis 2020 — le coussin protégeant les déposants est délibérément aminci. La réticence de Dimon à racheter davantage (« je préfère racheter quand c'est vraiment une décote ») est la voix dissidente qu'il faut écouter.