Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc) prévoit d'investir « plusieurs dizaines de milliards de dollars » aux États-Unis pour bâtir une activité gaz naturel intégrée, dans une bascule de guerre destinée à réduire son exposition aux perturbations gazières du Golfe. XRG — le bras d'investissement international d'Adnoc, lancé il y a un an — étudie 29 transactions potentielles couvrant toute la chaîne du gaz, de l'amont aux gazoducs, en passant par le traitement, la liquéfaction et la regasification, indique son nouveau directeur des investissements Nameer Siddiqui.
XRG détient déjà une participation dans l'usine GNL de Rio Grande au Texas. Les banques se retirant des nouveaux paris GNL américains par crainte d'une suroffre mondiale, les investisseurs moyen-orientaux ont une fenêtre de tir — même si XRG a manqué la vague de constructions déclenchée par la guerre en Ukraine et le retour de Donald Trump. Le bilan est mitigé : XRG a retiré en septembre une offre de 19 milliards de dollars sur l'australien Santos, mais a hérité d'Adnoc le rachat à 14,7 milliards d'euros de l'allemand Covestro et la fusion avec l'autrichien OMV qui a donné Borouge International. La presse rapporte que XRG s'intéresserait au projet North West Shelf en Australie, ce que Siddiqui n'a pas commenté.
Stratégiquement, XRG resserre sa cible. Michele Fiorentino, à la tête de la division énergies, indique au FT que les paris sur l'hydrogène et la capture de CO₂ (CCUS) sont écartés faute de demande et de rentabilité ; la participation dans le projet hydrogène bas carbone d'ExxonMobil au Texas est gelée. Le nouveau mandat : exclusivement des actifs qui produisent, transportent ou utilisent du gaz naturel, y compris du GNL pour les marchés mondiaux et du gaz pour alimenter les data centers américains. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Jamie Smyth, Verity Ratcliffe et Olaf Storbeck.