Jeudi - 30 avril 2026
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Les prix du pétrole vont rester turbulents, avertit le patron de Gunvor

— Résumé

Les marchés pétroliers font face à davantage de turbulences, alors que les tensions au Moyen-Orient s'ajoutent à un creux saisonnier de la demande, a déclaré Gary Pedersen, nouveau patron de Gunvor, dans un entretien au FT. L'Agence internationale de l'énergie prévoit une baisse de la demande mondiale de 1,5 M de barils par jour au 2e trimestre — la plus importante depuis la pandémie — tandis que l'Opep table sur 500 000 b/j seulement. Selon Pedersen, les prix risquent d'être davantage dictés par les gros titres que par l'offre et la demande réelles entre avril et juin.

Gunvor, 4e négociant indépendant mondial, a dégagé plus de 1,6 Md USD de marge brute au 1er trimestre 2026 — autant que sur l'ensemble de 2025. Pedersen, qui a pris les rênes après un rachat par les dirigeants en décembre, a expliqué s'être préparé au conflit iranien en revoyant les expositions en amont, avec une stratégie focalisée sur le physique plutôt que sur les dérivés. Gunvor a notamment acheté des volumes « significatifs » libérés par la réserve stratégique américaine.

L'entreprise sort d'une période difficile, Washington l'ayant qualifiée de « marionnette du Kremlin » et l'ayant empechée d'acquérir des actifs étrangers de Lukoil, ce qui a débouché sur le départ de son propriétaire Torbjörn Törnqvist et le rachat par les dirigeants. Les États-Unis sont désormais le principal axe de développement, avec 4 Mds USD d'actifs et environ un tiers du trading. Pedersen s'intéresse aussi à des raffineries. Le rachat a laissé les dirigeants devoir plusieurs milliards à Törnqvist, qui détenait 86 % de la société valorisée 6 Mds USD. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Malcolm Moore.

L’essentiel en une phrase. Le nouveau patron de Gunvor, Gary Pedersen, s’attend à des marchés pétroliers « très agités » au 2e trimestre, combinant faiblesse saisonnière et gros titres sur l’Iran, après un 1er trimestre 2026 déjà aussi profitable que toute l’année 2025.

Chiffres clés

  • 1,5 M b/j : baisse attendue de la demande au T2 (AIE), la plus forte depuis la Covid
  • 500 000 b/j : prévision plus modérée de l’Opep
  • 1,6 Md USD+ : marge brute de Gunvor au T1 2026, égale à toute l’année 2025
  • 4e négociant indépendant mondial
  • Décembre 2025 : rachat par les dirigeants après les pressions de Washington
  • 86 % : participation de Törnqvist au moment de sa sortie
  • 6 Mds USD : valorisation de Gunvor lors du rachat
  • 4 Mds USD+ d’actifs américains ; les États-Unis représentent ~1/3 du trading
  • « Plusieurs milliards » : dette résiduelle du management envers Törnqvist, étalée sur une décennie

Pourquoi c’est important

Les négociants comme Gunvor, Vitol, Trafigura et Mercuria ont été les grands gagnants visibles de la crise énergétique de 2022-24 avec des profits records. 2025 a été plus calme, mais le T1 2026 démontre que la guerre avec l’Iran combinée à la dynamique de l’offre Opep a rouvert la fenêtre de volatilité. Le message de Pedersen est opérationnel — se concentrer sur les barils physiques, mesurer le « stress risk » chaque jour, attendre des mouvements dictés par l’actualité — et tire les leçons de 2022, où beaucoup de traders avaient été pris à contre-pied.

À retenir

Gunvor se reconstruit après une période politiquement coûteuse : Washington l’a qualifiée de « marionnette du Kremlin », un accord Lukoil a été bloqué, et Törnqvist est sorti. Le nouveau modèle est analytique (Pedersen vient du hedge fund Millennium), américain et orienté sur le physique plutôt que les dérivés. Si des raffineries se vendent à des prix raisonnables, attendez Gunvor à l’achat — les fermetures dans l’Ouest créent une opportunité.

Source : Financial Times, 20 avril 2026, Malcolm Moore.

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