Stellantis arrête la production automobile à Poissy fin 2028, réoriente le site vers l'après-vente
Résumé
Stellantis a acté ce jeudi 16 avril 2026 la fin de l'assemblage automobile à son usine de Poissy (Yvelines), à l'horizon fin 2028. L'annonce, faite lors du Comité social et économique, clôt un suspense de plusieurs mois : l'Île-de-France perdra bientôt sa dernière usine d'assemblage automobile. Le site, ouvert en 1937 par Ford, passé par Simca puis repris par PSA à la fin des années 1970 (jusqu'à près de 27 000 salariés à l'époque), assemble aujourd'hui des Opel Mokka et des DS 3. La production — un peu moins de 90 000 véhicules en 2025 — devrait tomber autour de 60 000 cette année.
L'usine ne ferme toutefois pas. Stellantis mobilise environ 100 millions d'euros pour la transformer en pôle dédié « aux différentes vies des véhicules » : production de pièces détachées pour ses autres sites français (notamment Hordain, dans le Nord, où sont fabriqués les utilitaires) et pour l'après-vente. Le groupe prévoit 20 M€ pour moderniser l'atelier d'emboutissage avec une presse de nouvelle génération, une nouvelle ligne moteurs transférée de Vesoul (Haute-Saône) dès l'automne, un nouvel atelier de peinture, une ligne de déconstruction de véhicules (récupération de pièces viables remises dans le circuit de l'après-vente) et une compétence en impression 3D. Le « Green Campus » (R&D, fonctions support, siège Stellantis France) reste en place.
Côté emploi, la direction mise sur les départs naturels. Les effectifs du site industriel passeront de 1 800 ouvriers aujourd'hui (dont 1 500 réellement opérationnels) à 1 200 d'ici 2030, sans plan social. Une partie de l'enveloppe financera les formations. Le syndicat majoritaire CFE-CGC salue « une première étape importante ». Cette décision — qui n'est pas sans rappeler la reconversion de Flins chez Renault — ne résout que partiellement le problème de surcapacité européenne de Stellantis : la plupart de ses usines tournent au ralenti, et Bloomberg a rapporté des discussions avec des constructeurs chinois pour occuper les lignes. Le plan stratégique de mai sera scruté. Source : Les Echos, 16 avril 2026, Yann Duvert.