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Le gouvernement veut sélectionner davantage les étudiants étrangers

— Résumé

Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a annoncé lundi soir au Parisien un plan « Choose France for Higher Education », acte 2 du dispositif « Bienvenue en France » porté en 2018 par Edouard Philippe. Dès la rentrée 2026, la plupart des étudiants extracommunautaires verront leurs droits d'inscription grimper en flèche : 2 895 € en licence et 3 941 € en master, contre 178 € et 254 € actuellement pour les étudiants qui paient le tarif standard français.

Le dispositif de 2018, peu appliqué — seules une dizaine d'universités sur 78 (La Rochelle, Le Havre, Grenoble Alpes, Paris Panthéon-Assas) le pratiquent — ne permettra plus d'exonération massive. « La règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération », martèle le ministre. Chaque université pourra exonérer jusqu'à 10 % de ses étudiants extracommunautaires, et les meilleurs auront accès à une bourse du gouvernement français.

D'ici deux à trois ans, la mesure devrait rapporter environ 250 M€ par an aux universités, une manne jugée précieuse dans un contexte de forte contrainte budgétaire. Le gouvernement veut également prioriser les formations en sciences et en ingénierie pour accompagner la réindustrialisation. La réforme s'appliquera par décret aux nouveaux arrivants et aux changements de cycle, hors boursiers. Source : Les Echos, 21 avril 2026, Marie-Christine Corbier.

L’histoire en une ligne. Paris multiplie par 15 les droits d’inscription pour la plupart des étudiants extracommunautaires, au nom du financement universitaire et de la réindustrialisation — et prépare un terrain pré-présidentiel.

Chiffres clés

  • Licence : 2 895 € vs 178 € actuels (×16)
  • Master : 3 941 € vs 254 € actuels (×15,5)
  • 10 % d’exonérations possibles par université
  • ~250 M€/an de recettes attendues d’ici 2 à 3 ans
  • 10 universités sur 78 appliquaient pleinement le dispositif de 2018 (La Rochelle, Le Havre, Grenoble Alpes, Paris Panthéon-Assas)
  • Application par décret dès la rentrée 2026

Pourquoi c’est important

L’application uniforme des droits différenciés — qui avait échoué depuis 2018 — bascule la politique française sur l’accueil étudiant vers le modèle anglo-saxon : tarification pleine, bourses ciblées. L’effet budgétaire est réel (250 M€/an) mais secondaire face à l’enjeu politique : mettre le sujet des étudiants étrangers sur la table de la campagne présidentielle. Le risque est de détourner une partie des étudiants extracommunautaires vers les universités étrangères plus compétitives.

À retenir

Le ministère fait le pari que les universités étrangères européennes restent plus chères, et que les meilleurs étudiants non-UE continueront à choisir la France via les bourses. Si ce pari fonctionne, les recettes de 250 M€/an s’installent ; sinon, le flux d’étudiants diminue et Paris aura donné un argument à ses concurrents du Royaume-Uni, de l’Allemagne et des Pays-Bas.

Source : Les Echos, 21 avril 2026, Marie-Christine Corbier.

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