La France pousse Athènes à céder une dizaine de Mirage 2000-5 à l'Ukraine, en échange d'une commande grecque de Rafale neufs, rapporte Les Echos à la veille de la visite de deux jours d'Emmanuel Macron en Grèce. Kiev réclame davantage d'appareils ; Paris, empêtré dans ses difficultés budgétaires, ne peut livrer directement et voit Athènes comme un intermédiaire jouable.
Le dossier est tendu. La Grèce dispose de 24 Mirage 2000-5 plus 10 Mirage 2000 EGM/BGM en stockage, ainsi que de 24 Rafale et de F-16 américains. Athènes hésite à céder immédiatement la moitié de son escadron Mirage, par crainte d'un vide stratégique face à la Turquie avant l'arrivée de nouveaux Rafale (le remplacement des Mirage était prévu à l'horizon 2030, pas maintenant). Le montage financier reste ouvert : un Mirage d'occasion et un Rafale neuf n'ont rien de comparable. La Grèce a déjà engagé environ 12 milliards d'euros de son plan de modernisation de 25 milliards d'euros à horizon 2036, dont 20 F-35.
Seul un montage européen — par exemple l'Ukraine utilisant le prêt UE de 90 milliards d'euros pour acheter les Mirage grecs, les recettes finançant l'acompte Rafale de la Grèce — rend le triangle tenable. Dassault serait aussi sollicité sur le prix. Les discussions se poursuivent pendant la visite de Macron. Source : Les Echos, 24 avril 2026, Basile Dekonink et Anne Bauer.