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Agroalimentaire 16 avril 2026

Barry Callebaut abaisse ses prévisions, le titre chute de plus de 15 % sur l'effondrement du cacao

Résumé

Le groupe suisse Barry Callebaut, premier transformateur mondial de cacao, a abaissé ses prévisions de résultat et alerté sur l'impact de la chute des cours du cacao, de la surcapacité du secteur et de perturbations d'approvisionnement, faisant plonger son action de plus de 15 %. La société zurichoise attend désormais une baisse « de l'ordre de mi-teens » (environ 15 %) de son EBIT (résultat opérationnel avant intérêts et impôts) sur l'exercice en cours, contre une précédente guidance de croissance — un signal fort sur l'ampleur du défi pour le nouveau directeur général Hein Schumacher, entré en fonction en janvier.

Sur le premier semestre, l'EBIT récurrent baisse de 4,2 % à 310,9 millions de francs suisses (397 millions de dollars) en monnaies locales, et les volumes vendus reculent de 6,9 % à 1,01 million de tonnes — une performance que le groupe décrit comme meilleure que le marché. Schumacher attribue le choc à « la vitesse inédite de la baisse du cours du cacao combinée à un marché en surcapacité, à des baisses de volumes et à des perturbations d'approvisionnement ». Barry Callebaut vend l'essentiel de son chocolat sous des contrats qui répercutent le coût du cacao : il achète sa matière première plusieurs mois à l'avance, si bien que quand les prix chutent vite, il écoule des stocks chers en vendant moins cher. Le groupe pointe aussi des perturbations logistiques liées à la guerre d'Iran et la fermeture temporaire d'une usine au Canada.

Jon Cox (Kepler Cheuvreux) parle « plutôt d'un reset sous le nouveau directeur général » et alerte sur des pressions structurelles sur la demande, dont les traitements anti-obésité GLP-1 (« Dans un monde GLP-1, à quel rythme les volumes de chocolat vont-ils encore progresser ? »). Les prix de détail du chocolat restent environ 10 % au-dessus d'un an plus tôt, ce qui pèse sur la consommation. Les volumes devraient repartir au second semestre ; la baisse annuelle est désormais guidée à 1–3 %. Le cacao a plus que divisé par deux ses prix ces derniers mois. L'action avait gagné plus de 55 % sur un an avant la chute de jeudi. Source : Financial Times, 16 avril 2026, Susannah Savage.