KPMG et EY retirent discrètement des associés britanniques de leur partnership equity pour leur proposer à la place un statut d'« associé salarié », rompant avec le modèle historique d'emploi à vie du secteur comptable, selon plusieurs sources citées par le Financial Times. Les associés equity — les praticiens seniors qui détiennent le cabinet et se partagent les profits — conservaient traditionnellement ce statut jusqu'à l'âge de la retraite obligatoire ; être « retraité » vers un rôle salarié est une nouvelle forme de « departnering ».
Chez KPMG, où la rémunération moyenne d'un associé equity a atteint 880 000 livres l'an dernier, certains associés ont été prévenus qu'ils basculeraient vers l'échelon salarié créé ces dernières années. Sous le directeur général Jon Holt, nommé en 2021, KPMG a réalloué les « unités » qui déterminent la part de chaque associé equity dans les profits, en donnant moins de poids à l'ancienneté et plus à la capacité à générer des missions. Un raccourci interne — « Huncs », pour high-units-no-clients — désigne les associés qui détiennent de grosses participations equity sans clientèle active. Plusieurs d'entre eux, selon les sources, « ont été remerciés récemment ». Le profit par associé chez KPMG dépasse désormais celui de PwC et d'EY pour la première fois depuis plus d'une décennie.
La tendance est plus large. Les promotions d'associés equity dans les Big Four ont atteint un plus bas de cinq ans en 2025. EY a aussi rétrogradé un petit nombre d'associés equity depuis l'introduction de son échelon salarié en 2022. KPMG indique qu'il aura créé plus de 200 nouveaux rôles d'associés (salariés et equity combinés) sur deux ans. Le mouvement reproduit des pratiques de cabinets d'avocats et de Goldman Sachs : concentrer le profit sur les meilleurs performers, et pousser dehors ceux qui sous-performent — même si un titre formel de « salaried partner » adoucit le message. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Ellesheva Kissin.