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Capital-Investissement 18 avril 2026

Les conseillers patrimoniaux ont gagné plus de 2 milliards de dollars en frais sur les fonds non cotés

Résumé

Les conseillers patrimoniaux des grandes banques américaines et des courtiers indépendants ont perçu plus de 2 milliards de dollars de commissions de gestion depuis 2017 en orientant des investisseurs particuliers vers des fonds de marchés privés — avant même les commissions d'entrée, selon une analyse par le Financial Times des documents réglementaires couvrant seize fonds gérés par Blackstone, Blue Owl, Apollo et KKR. La révélation intervient alors que ces mêmes particuliers cherchent désormais à sortir : plus de 20 milliards de dollars de demandes de rachat ont été présentées aux véhicules de crédit privé au premier trimestre.

Le millefeuille de frais est éloquent. Les commissions de gestion — versées annuellement pour le suivi du compte — représentent 0,25 % à 0,85 % de l'investissement ; les frais de placement de 0,5 % sont prélevés à l'entrée (parfois plafonnés à 0,85 % en cumulé) ; les courtiers peuvent aussi facturer des commissions pouvant atteindre 3,5 %, avec une moyenne autour de 2 %. Blackstone mène la danse. Son fonds immobilier Breit et son fonds de crédit Bcred ont drainé plus de 100 milliards de dollars d'actifs nets depuis 2020 et ont versé 280 millions de dollars en commissions de gestion aux courtiers sur la seule dernière année. Breit vient de relever le plafond de ces versements de 8,75 % à 10 % du capital brut levé, libérant plusieurs centaines de millions de rémunération supplémentaire pour les conseillers. Breit a déjà versé plus de 500 millions de dollars de commissions aux courtiers.

L'écart de rendement lié à ces frais est mesurable. La classe d'actions de Breit la moins chargée a rendu plus de 9,3 % par an depuis 2017 ; la plus chargée, seulement 8 %. Chez Bcred, depuis son lancement en 2021, les rendements ressortent à 9,5 % contre 7,8 %. Blackstone rétorque qu'une majorité de ses actifs « evergreen » se trouvent dans des classes sans commission ni frais de gestion, et que ses fonds ont surperformé les indices publics d'environ 60 % depuis leur création. Ted Pick, patron de Morgan Stanley, précise que les actifs alternatifs ne représentent que 5 % des avoirs gérés par les conseillers financiers, et que la banque a « harmonisé » les barèmes pour éviter que les conseillers ne soient incités à pousser un fonds plutôt qu'un autre. Source : Financial Times, 18 avril 2026, Antoine Gara, Amelia Pollard, Eric Platt et Harriet Clarfelt.