Jeudi - 30 avril 2026
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L'Allemagne amorce la privatisation de l'ex-filiale allemande de Gazprom

— Résumé

Sefe — ex-Gazprom Germania, saisi par Berlin après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 — prépare la première étape de sa privatisation. Son directeur général Egbert Laege a indiqué au FT que l'entreprise lèverait 1,5 à 2 Mds€ lors d'une augmentation de capital (émission de nouvelles actions qui diluera la participation actuelle de 100 % de l'État allemand) afin de financer le développement de ses actifs d'infrastructure régulée. Sefe, acronyme de Securing Energy for Europe, détient des installations de stockage de gaz, des pipelines et une activité de trading basée au Royaume-Uni, anciennement connue sous le nom de Gazprom Marketing & Trading.

Cette augmentation de capital marquera la première dilution de l'actionnariat public total. Selon les règles de la Commission européenne, Berlin devra céder au moins 75 % de sa participation d'ici fin 2028. Laege a expliqué que la guerre avec l'Iran a accéléré la logique de privatisation en mettant en lumière la valeur de fournisseurs de gaz fiables et non russes pour l'Europe — tout en poussant les prix du gaz à la hausse. Les étapes suivantes pourraient prendre la forme d'une nouvelle cession, d'une introduction en Bourse (IPO) ou d'un autre dispositif, même si Laege juge une IPO « un peu difficile » dans la fenêtre courte disponible. Le rôle de Sefe dans la sécurité énergétique allemande limitera le type d'investisseurs que Berlin acceptera.

Sefe entend conserver ensemble son pôle d'infrastructure régulée et son pôle de trading, écartant pour l'instant les spéculations sur un démantèlement. Une éventuelle fusion avec Uniper (l'importateur de gaz nationalisé par Berlin en 2022 après la coupure russe) a été étudiée mais Laege travaille pour l'heure sur l'hypothèse d'un processus autonome. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Verity Ratcliffe.

L’histoire en une phrase. Sefe, l’ex-Gazprom Germania nationalisé par Berlin en 2022, va lancer une augmentation de capital de 1,5 à 2 Mds€ comme première étape vers une privatisation d’au moins 75 % d’ici fin 2028, a indiqué au FT son directeur général Egbert Laege.

Chiffres clés

  • Taille de l’augmentation de capital : 1,5 à 2 Mds€.
  • Participation actuelle de l’État allemand : 100 %.
  • Cession minimale exigée par l’UE : 75 % d’ici fin 2028.
  • Métiers de Sefe : infrastructure régulée (stockage de gaz, pipelines) + activité de trading au Royaume-Uni (ex-Gazprom Marketing & Trading).
  • Historique : Berlin a saisi Gazprom Germania en 2022 après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie ; Uniper a également été nationalisé en 2022.
  • Étapes suivantes après l’augmentation de capital : nouvelle cession, IPO, ou autre dispositif — Laege juge une IPO « un peu difficile » dans la fenêtre courte disponible.

Pourquoi c’est important

Sefe se situe au croisement de trois thèmes européens. D’abord, la sécurité gazière : il exploite les infrastructures physiques de stockage et de pipelines dont l’Allemagne et l’UE dépendent, alors que la guerre avec l’Iran tend le marché du GNL et fait monter les prix européens du TTF. Ensuite, la rotation du public vers le privé : Berlin doit exécuter la cession imposée par l’UE d’ici fin 2028, et la première tranche de 1,5 à 2 Mds€ fixe la valorisation-référence de tout ce qui suivra. Enfin, l’option M&A : une combinaison Sefe-Uniper a été étudiée puis reportée, laissant Uniper comme contrepartie potentielle à terme.

Le choix de Laege de conserver ensemble l’infrastructure régulée et le trading pèse sur la valorisation. L’infrastructure gazière européenne régulée est un métier valorisé autour de 10-13 fois l’EBITDA, tandis que le trading d’énergie est cyclique et se paie moins cher. Le maintien de l’ensemble simplifie la cession mais pourrait peser sur le multiple qu’un acheteur infrastructure pur aurait été prêt à payer.

Ce qu’il faut retenir

L’augmentation de capital de 1,5 à 2 Mds€ est une dilution, pas une cession — Berlin garde la main sur le choix des entrants. À surveiller : la liste des investisseurs (qui exclura probablement les noms russes et les dossiers politiquement sensibles du Golfe) et la valeur d’entreprise implicite. Ce chiffre fixera le point de départ d’une cession de plus de 10 Mds€ sur les deux ans et demi à venir.

Source : Financial Times, 20 avril 2026, Verity Ratcliffe.

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