Jeudi - 30 avril 2026
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Merz et Commerzbank attaquent les « tactiques hostiles » d'Orcel dans la bataille UniCredit

— Résumé

Le chancelier allemand Friedrich Merz et Commerzbank ont publiquement critiqué UniCredit, accusant la banque italienne de tactiques « hostiles » dans son offre de 35 Mds € pour prendre le contrôle du prêteur francfortois. Le directeur général d'UniCredit, Andrea Orcel, a dévoilé lundi un nouveau plan stratégique pour Commerzbank, estimant que la banque allemande a « systématiquement sous-performe » et qu'un groupe combiné pourrait porter le résultat net à environ 5,1 Mds € en 2028, bien au-dessus des projections actuelles.

Commerzbank a rejeté formellement l'approche, la qualifiant de « trompeuse » et de « tentative spéculative de démanteler le modèle de Commerzbank ». Merz a déclaré à une réception de l'association bancaire allemande à Berlin que l'Europe a besoin de grandes banques, mais « cela ne signifie pas que toute forme de rachat est la bienvenue en Allemagne », rejetant les méthodes « agressives ». UniCredit est déjà le premier actionnaire individuel de Commerzbank après la constitution de sa participation en 2024, mais la prise de contrôle totale est bloquée par le gouvernement allemand. Sa dernière offre de 35 Mds €, déposée le mois dernier, a été rejetée.

Orcel défend « une fusion intra-marché entre deux banques complémentaires qui tentent de se rapprocher depuis 25 ans ». UniCredit a projeté jusqu'à 7 000 suppressions de postes. L'action Commerzbank a gagné 1,2 % à Francfort ; UniCredit a cédé 3 % à Milan. Source : Financial Times, 20 avril 2026, Silvia Sciorilli Borrelli, Simon Foy et Florian Müller.

L’essentiel en une phrase. Le chancelier allemand et le conseil de Commerzbank ont rejeté publiquement l’offre de 35 Mds € d’UniCredit, qualifiée d’« hostile » et de « trompeuse » — l’une des batailles M&A bancaires les plus politiquement chargées d’Europe.

Chiffres clés

  • 35 Mds € : montant de l’offre totale d’UniCredit, déposée le mois dernier et rejetée
  • 5,1 Mds € de résultat net 2028 pour Commerzbank promis par Orcel, « bien au-dessus » des projections
  • Jusqu’à 7 000 postes potentiellement supprimés selon UniCredit
  • Premier actionnaire individuel : UniCredit détient déjà cette position depuis 2024
  • +1,2 % pour Commerzbank / -3 % pour UniCredit sur la séance
  • 25 ans que les deux banques « tentent de se rapprocher », selon Orcel

Pourquoi c’est important

Le conflit rappelle à quel point les fusions bancaires transfrontalières restent difficiles en Europe, même alors que Bruxelles pousse à la consolidation pour créer des acteurs pan-européens plus puissants. Merz s’est rangé explicitement aux côtés du management et des syndicats de Commerzbank, tandis qu’Orcel conteste publiquement la stratégie de la banque allemande et propose un plan alternatif — un geste inhabituel qui a nettement durci les positions.

À retenir

UniCredit a déjà des leviers via sa participation et via HypoVereinsbank, sa filiale allemande depuis 2005. Mais sans feu vert du gouvernement, la prise de contrôle totale est de facto bloquée. À attendre : soit un accord négocié plus amical dans les trimestres qui viennent, soit une pression accrue d’UniCredit via sa participation minoritaire et ses propositions publiques. L’épisode démontre qu’on est encore loin d’une véritable union bancaire européenne.

Source : Financial Times, 20 avril 2026, Silvia Sciorilli Borrelli, Simon Foy et Florian Müller.

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