Le régulateur espagnol de la concurrence CNMC a ouvert vendredi une enquête formelle contre le gestionnaire de réseau Red Eléctrica pour des manquements « très graves » présumés liés au blackout ibérique du 28 avril 2025, et lancé des procédures distinctes pour manquements « graves » contre les producteurs d'électricité Iberdrola, Naturgy, Endesa et Repsol. C'est la première fois, près d'un an après les faits, que les autorités espagnoles attribuent différents degrés de responsabilité aux acteurs liés à cette panne, qui a privé d'électricité près de 60 millions de personnes en Espagne et au Portugal.
La CNMC a ouvert cinq enquêtes contre chacun des trois grands producteurs — Iberdrola, Naturgy et Endesa — et une contre Repsol. Pour Red Eléctrica, dont la maison mère est dirigée par l'ancienne ministre socialiste Beatriz Corredor, le régulateur invoque les dispositions de la loi sur la planification de la production, l'équilibrage du réseau, le partage d'informations et les instructions aux fournisseurs. Une enquête gouvernementale de 49 jours, achevée en juin 2025, avait déjà partagé les torts entre une « mauvaise planification » du gestionnaire et des erreurs des centrales. Les gestionnaires européens avaient qualifié l'événement de « premier du genre » et appelé à des réformes continentales.
Les conclusions définitives prendront de 9 à 18 mois. La CNMC souligne que les indices examinés ne désignent pas nécessairement la cause de la panne, qui « a eu de multiples causes ». Source : Financial Times, 17 avril 2026, Barney Jopson.
L’essentiel en une phrase. Le régulateur espagnol CNMC a ouvert des enquêtes formelles contre Red Eléctrica et les quatre plus grands producteurs d’électricité du pays pour des infractions présumées liées au blackout ibérique d’avril dernier — la première attribution officielle de responsabilités potentielles depuis l’événement.
Chiffres-clés
- Manquements « très graves » examinés chez Red Eléctrica — la catégorie la plus sévère du droit espagnol de l’électricité.
- 5 enquêtes chacune ouvertes contre Iberdrola, Naturgy et Endesa pour manquements « graves » ; 1 enquête contre Repsol.
- Près de 60 millions de personnes ont été privées d’électricité en Espagne et au Portugal le 28 avril 2025.
- 9 à 18 mois pour que les enquêtes de la CNMC aboutissent à des conclusions définitives.
- 49 jours : durée de l’enquête gouvernementale achevée en juin 2025, qui partageait déjà les torts entre gestionnaire de réseau et centrales.
Pourquoi cela compte
La CNMC (Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia — l’autorité espagnole combinée de la concurrence et des marchés) n’a pas désigné de cause, précisant que les « indices de non-conformité » examinés « n’impliquent pas, en soi, d’attribuer l’origine ou la cause du blackout aux entreprises concernées, l’incident ayant eu de multiples causes ». En pratique : tant que le régulateur n’a pas conclu, les entreprises et particuliers touchés ne peuvent pas obtenir d’indemnisation.
Red Eléctrica — dont la maison mère est dirigée par l’ancienne ministre socialiste Beatriz Corredor — nie tout manquement et accuse les exploitants de centrales. Les producteurs n’ont pas souhaité commenter. La cause technique immédiate, selon les gestionnaires européens et le gouvernement espagnol, est une fluctuation de tension ayant déclenché une cascade de déconnexions de centrales.
À retenir
Un an après, la phase juridique commence enfin, mais les conclusions sont attendues dans 9 à 18 mois. Pour Iberdrola, Naturgy et Endesa, ces procédures ouvrent un risque de queue persistant sur les résultats et les dividendes. Pour la politique européenne du réseau, l’événement ibérique — déjà qualifié de « premier du genre » par les gestionnaires européens — reste le précédent qui façonne les appels à des réformes à l’échelle du continent.
Source : Financial Times, 17 avril 2026, Barney Jopson.