Wendel, l'une des principales sociétés d'investissement cotées en Europe, a publié un actif net réévalué (ANR) du premier trimestre de 158,4 euros par action — en baisse de 3,6 % par rapport à fin 2025. Le groupe attribue ce recul à la baisse des multiples de marché utilisés pour valoriser sa branche de gestion d'actifs privés, notamment IK Partners et Monroe Capital. À côté de ses participations industrielles (Bureau Veritas, Scalian), Wendel a bâti une plateforme de gestion pour compte de tiers désormais proche des 50 milliards d'euros d'actifs.
Le directeur général Laurent Mignon a qualifié les activités d'investissement et de gestion de « deux moteurs solides et complémentaires de création de valeur », mais la publication du T1 signale aussi une pression réelle. Dans la dette privée, un véhicule de Monroe Capital a fait l'objet de demandes de retraits — « limitées » et intégralement honorées grâce à de nouvelles souscriptions, indique Wendel. Cette seule ligne a amputé l'ANR de 8,5 euros par action sur le trimestre.
Le signal dépasse Wendel. Aux États-Unis, Apollo, Ares, Blackstone, BlackRock et Blue Owl ont tous dû gérer ou encadrer les sorties dans des fonds de crédit privé. Blue Owl a limité les retraits à 5 % des parts dans un véhicule, restituant un peu plus d'1 milliard de dollars sur les 5,4 milliards réclamés. Malgré l'impact valorisation, la dynamique commerciale de Wendel reste intacte : 349 millions d'euros de commissions en 2025, 3,8 milliards de dollars levés par Monroe, et commissions du T1 en hausse de 129 % sur un an à 106,2 millions d'euros. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Samir Touzani.