Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi leur départ de l’Opep, privant le cartel pétrolier vieux de 66 ans de son troisième plus grand producteur et de l’un de ses membres les plus influents. Le baril de Brent a progressé pour la septième séance consécutive, mais cette hausse est tirée par la fermeture du détroit d’Ormuz et non par le retrait émirien — signal de l’érosion durable du pouvoir de l’Opep sur le marché.
Hors EAU, l’Opep a produit environ un quart du pétrole mondial l’an dernier, contre près de la moitié à son apogée. L’alliance élargie Opep+ représente encore environ 40 % de la production mondiale. Les tensions avec l’Arabie saoudite remontent à près d’une décennie : Abou Dhabi pousse pour porter sa capacité de production de 3 à 5 millions de barils par jour (objectif initialement fixé à 2030, puis avancé à 2027), a obtenu en 2021 un quota plus élevé en menaçant déjà de quitter le cartel, et est régulièrement accusé de pomper au-delà de ses limites. L’Arabie saoudite, l’Irak et le Koweït pèsent encore plus de la moitié de la production de l’Opep, mais le contrôle iranien du détroit d’Ormuz — par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial — affaiblit davantage le levier du cartel.
L’Indonésie, le Qatar, l’Équateur et l’Angola ont déjà quitté l’Opep ces dernières années. Le départ émirien n’est pas « fatal » selon les analystes, mais un effet domino impliquant le Venezuela, l’Irak ou l’Iran fragiliserait sérieusement l’alliance. UBS anticipe une pression baissière sur les cours à long terme, à mesure que les EAU produiront plus librement. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Verity Ratcliffe et Malcolm Moore.