Dans une tribune au Financial Times, Chris McGuire — senior fellow pour la Chine au Council on Foreign Relations et ancien adjoint au Conseil de sécurité nationale des États-Unis — soutient qu'avril 2026 marque un tournant dans l'IA : les laboratoires américains ont bâti des modèles si puissants qu'ils choisissent délibérément de ne pas les diffuser au public. Claude Mythos Preview, d'Anthropic, est décrit comme le premier modèle capable de découvrir, enchaîner et exploiter ou patcher des vulnérabilités logicielles plus vite que presque tout chercheur humain, à grande échelle. Les experts en cybersécurité parlent d'un « événement charnière ». Le prochain modèle d'OpenAI, Spud, suivrait la même logique de diffusion sélective.
L'argument central : l'avance actuelle des États-Unis sur la Chine en IA est d'environ sept mois, et c'est la fenêtre dont dispose l'Amérique pour durcir son infrastructure numérique avant que les cyber-armes chinoises n'égalent ses défenses. L'écosystème IA chinois reste structurellement dépendant des technologies américaines — puces Nvidia (malgré les sanctions), distillation depuis les modèles américains, machines de lithographie ASML (la Chine a acheté en 2024 plus de systèmes DUV que tous les autres pays réunis). Boucher les trous étendrait l'avance à 18 mois ou plus.
Sa prescription est maximaliste : stopper toutes les exportations de puces IA vers la Chine (y compris les Nvidia H200 moins avancées), démanteler les réseaux de contrebande (il cite un cas de 2,5 milliards de dollars de serveurs Nvidia détournés via l'Asie du Sud-Est), bloquer l'accès des entreprises chinoises aux puces sous contrôle via le cloud, interdire l'accès distant aux modèles IA américains, et stopper l'export d'équipements de fabrication de semi-conducteurs, y compris les outils fabriqués à l'étranger qui reposent sur la technologie américaine. Le précédent Guerre froide qu'il cite : les États-Unis avaient bloqué toute assistance au programme nucléaire soviétique mais avaient fini par partager les technologies de « permissive action link » empêchant les tirs non autorisés. Maximiser l'avance, mais continuer à parler des garde-fous. Source : Financial Times, 24 avril 2026, Chris McGuire.