← Retour aux actualités
Économie 17 avril 2026

La guerre en Iran pousse l'Allemagne vers une quatrième année de stagnation

Résumé

Berlin s'apprête à ramener sa prévision de croissance 2026 de 1 % à 0,5 %, l'impact de la guerre américano-iranienne sur les prix de l'énergie torpillant les espoirs de reprise. La première économie européenne se dirige ainsi vers une quatrième année consécutive de stagnation de fait, malgré un plan public de 1 000 Mds€ financé par la dette.

Le ministère de l'Économie reconnaît un « ralentissement notable » au T1 2026 sur fond de conflit au Moyen-Orient. Le chancelier Friedrich Merz a annoncé un paquet de 1,6 Md€ pour atténuer la hausse des prix du carburant. Le chef économiste de Commerzbank, Jörg Krämer, table désormais sur 0,3 % de croissance 2026 ajustée du nombre de jours ouvrés, contre 0,4 % en 2025, soit « un zéro pointé ». Goldman Sachs estime que le plan de 1 000 Mds€ n'ajoutera que 0,5 point de PIB cette année.

La chimie allemande, très consommatrice d'énergie, est la plus touchée : la production est revenue aux niveaux de fin 2004 (données Bundesbank), et les usines ferment faute de taux d'utilisation. Les faillites du T1 atteignent leur plus haut niveau en plus de 20 ans, au-dessus du pic de 2009, et le chômage dépasse de 30 % les niveaux d'avant pandémie. Pour Clemens Fuest (Ifo), « la stagnation est la nouvelle norme » outre-Rhin. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Olaf Storbeck et Anne-Sylvaine Chassany.