Jeudi - 30 avril 2026
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La Suisse impose à UBS une hausse de capital de 20 milliards de dollars

— Résumé

Le Conseil fédéral suisse a confirmé mercredi vouloir imposer à UBS environ 20 Mds$ de fonds propres supplémentaires de qualité adossés à ses filiales étrangères, cœur de la réforme « too big to fail » (trop gros pour faire faillite) lancée après l'effondrement de Credit Suisse. Le montant est inférieur aux 26 Mds$ annoncés en juin 2025, mais UBS chiffre plutôt l'impact à 22 Mds$ et qualifie la proposition d'« extrême ».

La réforme se déroule en deux volets. Une ordonnance du gouvernement, qui ne passe pas par le Parlement, étalera sur trois ans la déduction des logiciels des fonds propres et épargne pour l'instant les impôts différés actifs (crédits d'impôt déductibles des bénéfices futurs), amputant environ 4 Mds$ de CET1 (common equity tier one, les fonds propres de meilleure qualité) dès janvier. Le second volet, plus lourd — obliger UBS à couvrir l'intégralité de ses filiales étrangères par du CET1 au niveau de la maison mère, soit environ 20 Mds$ — sera débattu au Parlement à partir de juin et pourrait encore être édulcoré. Le titre UBS a clôturé en hausse de 0,15 % à Zurich.

Depuis l'absorption de Credit Suisse en 2023, le bilan d'UBS dépasse le PIB suisse, ce qui justifie pour Berne une ligne plus dure que Washington. L'Association suisse des banquiers et seize cantons s'opposent au texte, y voyant une entrave à la compétitivité internationale ; la ministre des Finances Karin Keller-Sutter estime que l'Etat ne peut pas absorber une nouvelle faillite de style Credit Suisse. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Mercedes Ruehl et Simon Foy.

L’histoire en une ligne. Berne maintient le cœur de sa réforme post-Credit Suisse et oblige UBS à relever ses fonds propres d’environ 20 Mds$, malgré des mois de lobbying de la banque et du patronat.

Chiffres clés

  • 20 Mds$ — fonds propres supplémentaires imposés sur les filiales étrangères
  • 22 Mds$ — estimation d’UBS sur l’impact réel
  • 26 Mds$ — projection initiale du Conseil fédéral en juin 2025
  • 4 Mds$ — CET1 net effacé par l’ordonnance (logiciels, impôts différés) dès janvier
  • 3 ans — période de transition sur le traitement des logiciels, alignée sur les règles de l’UE
  • 16 cantons — opposés au texte aux côtés d’UBS et de l’Association suisse des banquiers
  • 0,15 % — hausse du titre UBS mercredi à Zurich

Pourquoi c’est important

C’est le test central de la capacité de la Suisse à encadrer une banque systémique mondiale après l’absorption de sa rivale en faillite. Les deux volets ne pèsent pas pareil : l’ordonnance (logiciels + impôts différés actifs) coûte 4 Mds$ et s’applique dès janvier ; le volet parlementaire (20 Mds$ adossés aux filiales étrangères) passe à la chambre en juin et pourrait être allégé. Le CET1 (common equity tier one) est le capital de meilleure qualité, premier à absorber les pertes ; l’exiger au niveau de la maison mère suisse pour couvrir les filiales étrangères vise à empêcher qu’une perte outre-mer n’entame le groupe et à rendre les filiales vendables en cas de crise.

À retenir

UBS récolte une laisse plus courte mais toujours bien réelle. Le vrai indicateur à suivre est le volet parlementaire de 20 Mds$ : s’il passe largement intact en juin, la Suisse aura le régime prudentiel bancaire le plus strict parmi les grandes places financières, et UBS devra soit comprimer sa rentabilité, soit céder des morceaux de sa franchise internationale.

Source : Financial Times, 22 avril 2026, Mercedes Ruehl et Simon Foy.

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