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Bulgarie : l'ex-président pro-russe Radev revendique la victoire aux législatives

— Résumé

L'ancien président bulgare Rumen Radev, favorable à Moscou, est en voie de remporter les élections législatives avec une majorité absolue — un résultat qui pourrait stabiliser le pays après huit scrutins anticipés en cinq ans, mais rapprocher ce membre de l'UE et de l'Otan de la Russie. Son bloc de gauche Progressive Bulgaria (PB) est crédité de plus de 43 % des voix et de 129 sièges sur 240, selon le verdict indépendant de l'institut AlphaResearch. Les résultats officiels sont attendus lundi. Radev a quitté la présidence en janvier pour briguer le poste de Premier ministre.

Le parti de centre-droit GERB de l'ancien chef du gouvernement Boyko Borisov n'obtiendrait que 40 sièges, son partenaire DPS — du magnat Delyan Peevski, sanctionné par les États-Unis et le Royaume-Uni — 23 sièges. Le parti libéral We Continue the Change (PP-DB) est donné à 36 sièges ; le parti d'extrême droite pro-russe Revival chute à 12 sièges (contre 33). Avec PP-DB, PB disposerait de la supermajorité constitutionnelle nécessaire pour réformer la justice dans l'un des pays les plus corrompus de l'UE. Radev a centré sa campagne sur l'anti-corruption et refuse toute coalition avec Borisov ou Peevski.

Radev a refusé de condamner l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, critiqué les sanctions européennes, tenté de bloquer l'adhésion de la Bulgarie à la zone euro (effective depuis janvier) et affirmé vouloir « rétablir les relations avec la Russie ». Valérie Hayer, du groupe Renew Europe, l'a qualifié de « cheval de Troie de Poutine ». Les analystes notent toutefois qu'une forte dépendance aux fonds européens, une opposition pro-européenne robuste au parlement et un électorat divisé rendent improbable un basculement complet à la Orbán. Population : un peu moins de 6,7 millions d'habitants. Source : Financial Times, 19 avril 2026, Marton Dunai.

L’histoire en une phrase. L’ex-président Rumen Radev, favorable à Moscou, est en voie d’obtenir la majorité absolue au parlement bulgare, ce qui pourrait mettre fin à cinq ans de chaos électoral tout en tirant un membre de l’UE et de l’Otan vers la Russie.

Chiffres clés

  • Progressive Bulgaria (PB) de Radev : >43 % des voix, 129 sièges sur 240 (AlphaResearch).
  • GERB (Boyko Borisov, centre-droit) : 40 sièges.
  • DPS (magnat Delyan Peevski, sanctionné par les États-Unis et le Royaume-Uni) : 23 sièges.
  • We Continue the Change (PP-DB) (libéral, pro-occidental) : 36 sièges.
  • Revival (extrême droite, pro-russe) : 12 sièges, contre 33 précédemment.
  • Élections anticipées : 8ème en 5 ans ; Radev a quitté la présidence en janvier pour se présenter.
  • La Bulgarie est entrée dans la zone euro en janvier 2026 et dans Schengen il y a un peu plus d’un an.
  • Population : un peu moins de 6,7 millions d’habitants.

Pourquoi c’est important

La Bulgarie compte à la marge pour la sécurité européenne : elle exporte des quantités importantes de munitions vers l’Ukraine et se trouve sur l’un des principaux corridors énergétiques d’Europe centrale. Un gouvernement Radev réellement tourné vers Moscou pourrait ralentir ces deux flux et donner au Kremlin un second sceptique bruyant au sein de l’UE (aux côtés de la Hongrie, même si Orbán a perdu la semaine dernière). Inversement, une supermajorité PB + PP-DB rendrait possible la réforme judiciaire dont la Bulgarie a besoin pour s’attaquer à la corruption — le pays reste classé parmi les plus corrompus de l’UE. L’ambivalence de la campagne Radev (anti-corruption + pro-russe) est l’incertitude centrale.

Les nuances pour les marchés : la Bulgarie dépend des fonds européens et n’est entrée dans l’euro qu’il y a quatre mois. Les analystes d’AlphaResearch et du Center for the Study of Democracy s’attendent à ce que Radev modère sa ligne plutôt qu’il ne bascule complètement vers Moscou, parce que son électorat est partagé et qu’une opposition pro-européenne solide siégera au parlement.

Ce qu’il faut retenir

Anticiper un repricing marginal du risque souverain — pas une rupture à la hongroise. Le vrai test sera la capacité de PB et PP-DB à coopérer sur la justice tout en divergeant sur la Russie. En attendant, le résultat est une stabilité politique sans orientation de politique étrangère arrêtée.

Source : Financial Times, 19 avril 2026, Marton Dunai.

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