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KKR explore une cession à 10 Mds$ de Flora Food Group après le retour en arrière du tout-végétal

— Résumé

KKR explore la vente de Flora Food Group, l'activité de pâtes à tartiner détachée d'Unilever en 2017 dans un deal de 6,8 milliards d'euros, après que la résurgence de la demande de produits laitiers a conduit l'entreprise à abandonner son projet de rendre l'ensemble du portefeuille végétal d'ici 2025. Le fonds de private equity américain travaille avec des banques d'affaires sur une cession potentielle à une valorisation pouvant atteindre **10 milliards de dollars**, des concurrents private equity étant attendus dans l'enchère. Le portefeuille de marques de Flora comprend Bertolli, I Can't Believe It's Not Butter!, Elmlea et Becel.

Le récit stratégique s'est inversé. En 2021, sous le pavillon KKR, Flora avait annoncé son intention de rendre l'intégralité du portefeuille végétal d'ici 2025, se présentant comme "le plus grand producteur mondial d'aliments végétaux". Mais la croissance des alternatives laitières s'est retournée : les consommateurs fuient désormais les "ultra-transformés" et recherchent des options plus riches en protéines. Les ventes de margarines végétales ont reculé de **4 %** en 2025 et celles de tartinables végétaux de **10 %**, selon The Good Food Institute. Flora a depuis réintroduit du lait dans certains produits. La société a généré **3 milliards d'euros de ventes nettes** en 2025, avec un **TCAC de 1 %** entre 2019 et 2025. Elle reste très endettée : Fitch Ratings pointe un **ratio dette/EBITDA d'environ 7,5x**, tout en s'attendant à ce que le flux de trésorerie annuel grimpe vers **150 millions** par an de 2026 à 2028.

L'histoire de Flora remonte à 1871, lorsque Antoon Jurgens rachète le brevet de la margarine. KKR a pris le contrôle en 2017 lors d'une enchère âprement disputée, battant Apollo et CVC, après que Unilever s'est désengagée à la suite de l'offre ratée de Kraft Heinz à **143 milliards de dollars**. Depuis, Unilever a aussi cédé son activité thé à CVC et a séparé sa division glaces (Magnum). Le FT a rapporté mercredi que CVC injecte désormais **210 millions** pour redresser l'activité thé alors que le deal Lipton à **4,5 milliards d'euros** s'enlise. Source : Financial Times, 30 avril 2026, Ivan Levingston et Madeleine Speed.

KKR explore une cession à 10 Mds$ de Flora Food Group

L’histoire en une phrase : KKR explore la cession de Flora — rachetée à Unilever en 2017 pour 6,8 Mds€ — à une valorisation pouvant atteindre 10 Mds$, après le retournement du marché des alternatives laitières qui a forcé la société à réintroduire des ingrédients laitiers.

Chiffres clés

  • Valorisation visée : jusqu’à 10 Mds$
  • Deal d’origine en 2017 : 6,8 Mds€ (KKR a battu Apollo et CVC)
  • Ventes nettes 2025 : 3 Mds€ ; TCAC 2019-25 : 1 %
  • Dette/EBITDA : ~7,5x (Fitch)
  • Flux de trésorerie annuel attendu 2026-28 : vers 150 M€
  • Ventes margarines / tartinables végétaux 2025 : -4 % / -10 % (Good Food Institute)
  • Contexte : l’offre ratée de Kraft Heinz à 143 Mds$ sur Unilever en 2017 a déclenché la cession de Flora

Pourquoi c’est important

La cession de Flora est une fenêtre claire sur l’état du private equity mi-2026 : les deals sont faisables mais demandent un récit opérationnel intelligible pour un acheteur qui a vu le cycle de hype du tout-végétal. L’argumentaire de KKR mêlera la résilience du portefeuille de marques (Bertolli, Becel, Elmlea), le pivot opérationnel hors d’une stratégie 100 % végétale, et la remontée du cash-flow que Fitch voit se matérialiser. Le 7,5x dette/EBITDA est une contrainte — tout acheteur devra refinancer dans un environnement de taux plus élevés.

L’agrégat des cessions Unilever — Flora (KKR, 2017), thé (CVC), glaces (Magnum) — donne désormais des résultats contrastés. L’injection de 210 M€ de CVC dans Lipton signale des difficultés dans le thé. Une sortie à 10 Mds$ pour Flora resterait positive pour KKR, mais bien en deçà des ambitions du milieu de la décennie.

À retenir

Une vente réussie à 10 Mds$ constituerait un repère de prix pour les carve-out alimentaires de marque, au moment où les marchés privés ont besoin de sorties. Un deal sensiblement en dessous confirmerait le récit plus large du PE — à savoir que les LBO de consommation 2017-19 arrivent en fin de période de détention à des multiples modestes. À surveiller : qui sortira comme acquéreur, un fonds ou un industriel.

Source : Financial Times, 30 avril 2026, Ivan Levingston et Madeleine Speed.

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