La Banque du Japon a maintenu mardi son taux directeur à environ 0,75 %, mais a relevé fortement sa prévision d'inflation alors que la guerre en Iran fait flamber l'énergie dans un pays qui importe plus de 90 % de son brut depuis le Moyen-Orient. La décision a été prise à six voix contre trois — la plus grande division depuis l'arrivée du gouverneur Kazuo Ueda et la sortie des taux négatifs en 2016 — les trois dissidents demandant une hausse immédiate à 1 %.
Le comité a relevé sa prévision d'inflation « cœur » (prix à la consommation hors produits frais) à 2,8 % pour l'exercice clos en mars 2027, contre 1,9 % en janvier, citant la hausse du brut qui pèse sur les marges des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages. Il prévoit aussi un ralentissement de la croissance cette année et estime que « les risques sur l'activité sont orientés à la baisse et ceux sur les prix à la hausse ». Capital Economics anticipe une nouvelle hausse en juin, sauf escalade au Moyen-Orient.
Le yen s'est apprécié face au dollar après la décision, mais le Nikkei 225 — qui avait atteint un record absolu de 60 537 points lundi — a reculé d'environ 1 %, tandis que le Topix, plus exposé aux financières, a gagné 0,9 %. La ministre des Finances Satsuki Katayama a prévenu que le gouvernement était prêt à intervenir contre des mouvements brutaux de la devise, alors que le yen oscillait autour de 159,50 ¥ pour 1 dollar. La BoJ ouvre une semaine avec quatre grandes banques centrales en décision de taux : la Fed, la BCE et la Banque d'Angleterre devraient elles aussi temporiser. Source : Financial Times, 28 avril 2026, Leo Lewis.