Les profits d’UBS bondissent de 80 % grâce au trading
Source · Bureau Banque
— Résumé
UBS publie un bénéfice net de 3 milliards de dollars au premier trimestre, en hausse de 80 % sur un an, porté par des revenus de trading record — dopés par la volatilité née de la guerre au Moyen-Orient — qui offrent à la banque suisse son meilleur trimestre depuis des années.
Les revenus de la division de marchés atteignent un record de 3,2 Mds $, soit près d’un tiers de plus qu’un an plus tôt. Le trading actions progresse de 29 % à 2,3 Mds $, le trading obligataire bondit de 38 % à 900 M $, et les revenus de la banque d’investissement augmentent de 30 %, portant son résultat avant impôts à 1,2 Md $, contre 696 M $ un an plus tôt. La gestion de fortune — cœur du modèle UBS — voit ses revenus croître de 11 % à 7,1 Mds $ et collecte 37,4 Mds $ de nouveaux actifs nets. Le rendement des fonds propres durs (RoCET1, ratio clé de rentabilité) atteint 16,8 %. UBS confirme la poursuite de ses rachats d’actions et de ses dividendes, malgré la proposition de Berne d’un renforcement de 20 Mds $ de capital, que la banque qualifie d’« extrême ».
Les concurrents font moins bien. Deutsche Bank affiche 8,7 Mds € de revenus (+2 %) et un bénéfice net record de 2,2 Mds € (+8 %), mais un trading obligataire stable et des provisions sur pertes de crédit en hausse de 10 % à 519 M €. Santander publie 5,5 Mds € de bénéfice net (+60 %), grâce à une plus-value de 1,9 Md € sur la cession de sa filiale polonaise. Source : Financial Times, 29 avril 2026, Simon Foy, Mercedes Ruehl et Florian Müller.
Les chiffres clés
Indicateur (T1 2026)
UBS
Variation a/a
Bénéfice net
3,0 Mds $
+80 %
Revenus division Marchés
3,2 Mds $ (record)
~+33 %
Trading actions
2,3 Mds $
+29 %
Collecte nette gestion de fortune
37,4 Mds $
n/a
RoCET1
16,8 %
n/a
Les concurrents, le même jour : Deutsche Bank revenus 8,7 Mds € (+2 %), bénéfice net 2,2 Mds € (+8 %), provisions sur pertes de crédit 519 M € (+10 %). Santander bénéfice net 5,5 Mds € (+60 %), dont 1,9 Md € de plus-value sur la cession de sa filiale polonaise.
Pourquoi c’est important
La volatilité née de l’intervention militaire américaine au Venezuela (janvier) et de la guerre en cours en Iran a remis à zéro les comptes de résultats trading des deux côtés de l’Atlantique. UBS, dont la franchise de marchés a été reconstruite après la reprise de Credit Suisse, est aujourd’hui la banque européenne la mieux placée pour en bénéficier. La gestion de fortune — qui prélève des frais sur les actifs sans mobiliser de bilan — continue d’alimenter la moitié stable du modèle.
Le bras de fer reste réglementaire : Berne veut imposer 20 Mds $ de fonds propres supplémentaires, jugé « extrême » et « sans alignement international » par le PDG Sergio Ermotti. Les 16,8 % de RoCET1 et la poursuite des rachats d’actions traduisent la conviction d’UBS qu’elle peut absorber la mesure sans rogner sur la rémunération des actionnaires.
À retenir
Un trimestre exceptionnel qui combine vent porteur cyclique (trading) et structurel (gestion de fortune). Le prochain rendez-vous est le bras de fer sur les règles prudentielles suisses ; tant qu’il n’est pas tranché, UBS continue à racheter ses actions, mais l’incertitude réglementaire bride la valorisation.
— L'Avis de Delfineo
Comme les grandes banques américaines, UBS convertit la volatilité moyen-orientale en aubaine cyclique. Mais la vraie histoire reste structurelle : 37,4 Mds $ de collecte nette en un trimestre et 16,8 % de RoCET1 donnent à Sergio Ermotti les moyens de tenir tête à la demande de 20 Mds $ de capital supplémentaire de Berne, sans toucher aux rachats. Lecture transposable aux titres déjà suivis par Delfineo (Fineco, Avanza) : les franchises de gestion de fortune, peu consommatrices de capital, gagnent du terrain face aux banques d’affaires lourdes en bilan.