Le pétrole chute après l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz par Washington et Téhéran, mais le trafic reste perturbé
Résumé
Le pétrole s'est effondré après que l'Iran a déclaré qu'il rouvrirait le détroit d'Ormuz et que Donald Trump a laissé entendre que Washington et Téhéran approchaient d'un accord pour mettre fin à la guerre qui a secoué les marchés mondiaux. Le Brent a clôturé en baisse de 9,1 % à 90,38 dollars le baril, son plus bas en cinq semaines, tandis que les prix européens du gaz reculaient de 7 %. Le S&P 500 a gagné 1,2 %, en route pour une troisième semaine consécutive de hausse, et progresse de plus de 9 % sur le mois d'avril, les opérateurs misant sur une désescalade après un conflit qui a ravivé les pressions inflationnistes mondiales.
Sur le terrain, la réalité reste plus nuancée. Selon les données satellitaires, au moins 25 navires faisaient route vers le détroit — dont trois porte-conteneurs de l'armateur français CMA CGM, quatre tankers grecs et plusieurs navires chinois — mais au moins 12 ayant entamé la traversée ont fait demi-tour. Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a démenti les propos de Trump, affirmant que le détroit « ne restera pas ouvert » tant que le blocus naval américain — décrété cette semaine pour empêcher l'entrée et la sortie des ports iraniens — sera maintenu. Un cinquième du pétrole mondial transitait par Ormuz avant la guerre ; la fermeture de sept semaines a provoqué une crise énergétique mondiale et donné un levier à Téhéran.
Le dossier nucléaire reste le principal point de blocage. Trump exige que l'Iran remette ses 440 kg d'uranium enrichi, tandis que Téhéran défend son droit à enrichir et veut reconstruire ses sites de Natanz et Fordow, bombardés lors de la guerre de 12 jours menée par Israël en juin dernier. Le Pakistan joue les médiateurs ; le cessez-le-feu de deux semaines expire mardi soir. Source : Financial Times, 17 avril 2026, Andrew England, Malcolm Moore, Humza Jilani et Steff Chávez.