Goldman Sachs relève ses prévisions de pétrole, la perturbation au Moyen-Orient durant plus longtemps que prévu. La banque table désormais sur un baril de Brent — référence internationale — à environ 90 dollars en moyenne au quatrième trimestre, contre 80 auparavant, et sur un WTI américain à 83 dollars, contre 75. Elle a repoussé son hypothèse de normalisation des exportations moyen-orientales de la mi-mai à fin juin, et estime que la crise a réduit les stocks pétroliers de jusqu'à 12 millions de barils par jour en avril.
Le Brent dépassait 106 dollars lundi, en hausse de plus de 20 % depuis le 17 avril, date à laquelle les négociations de paix États-Unis–Iran se sont enlisées et où Washington a imposé son propre blocus naval du détroit d'Ormuz, en parallèle de celui de Téhéran. Le Brent avait atteint près de 120 dollars début mars. Détail crucial : la courbe reste inclinée à la baisse — les contrats Brent de décembre s'échangent autour de 84,80 dollars — signe que le marché continue d'anticiper une atténuation. Goldman évoque une « cicatrice » durable d'environ 500 000 barils par jour de capacité de production dans le Golfe, surtout en Irak.
Malgré le choc, les actions ont monté : le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont clôturé à des records vendredi, portés par de bons résultats. Goldman avertit que l'effet économique sera plus large que le seul prix affiché, du fait des pénuries de produits raffinés et de l'ampleur inédite du choc, et signale le risque de restrictions américaines à l'exportation qui creuseraient l'écart Brent-WTI. Source : Financial Times, 27 avril 2026, William Sandlund.