L'action Avis Budget a bondi de 342 % depuis le 20 mars, pour atteindre 444 dollars, alors que le S&P 500 ne gagne que 10 % sur la même période. Élément déclencheur : Pentwater Capital Management a dévoilé le 20 mars une position de 8 millions d'actions, soit 22 % des 35 millions d'actions en circulation — deuxième actionnaire derrière SRS Investment Management (~17 millions d'actions, soit environ 50 % du capital). Les deux fonds détiennent aussi des swaps à dénouement financier (« cash-settled ») leur donnant le droit d'acquérir jusqu'à 13 millions d'actions supplémentaires ; le flottant hors SRS et Pentwater n'est que de 10 millions d'actions.
C'est là que la situation devient explosive. Plus de 9 millions d'actions ont été vendues à découvert. Si SRS et Pentwater exercent même partiellement leurs swaps, les vendeurs à découvert n'auront presque nulle part où racheter les titres. Les teneurs de marché qui ont vendu les swaps détiennent le sous-jacent en couverture et ne le libéreront pas. SRS, qui dépasse 10 % du capital, ne peut vendre pendant la « quiet period » précédant les résultats de fin avril. Pentwater est bloqué par les règles américaines anti-initiés jusqu'en septembre (les profits réalisés dans les six mois doivent être reversés à l'entreprise).
Les pertes comptables des vendeurs à découvert atteignent déjà 2,5 milliards de dollars, selon S3 Partners, et le coût d'emprunt des titres a explosé à plus de 13 fois son niveau habituel. Le précédent historique est Volkswagen 2008, quand la position cachée de Porsche avait brièvement fait du constructeur la première capitalisation mondiale. La seule soupape plausible serait une émission d'actions nouvelles par Avis (jusqu'à 5 millions autorisés), mais elle suppose un feu vert du conseil (où SRS détient 2 des 6 sièges) et devra probablement attendre après les résultats. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Corentin Chappron.