Meta va supprimer 10 % de ses effectifs le mois prochain — environ 8 000 emplois — alors que le groupe de médias sociaux de 1 700 milliards de dollars annonce vouloir « gérer l'entreprise plus efficacement » pour compenser la vague de dépenses IA du directeur général Mark Zuckerberg, selon un mémo interne cité par le FT. Meta renonce par ailleurs à pourvoir 6 000 postes qu'il prévoyait de recruter. Les licenciements sont programmés pour le 20 mai et incluront 18 mois de couverture santé pour les salariés américains concernés, selon Janelle Gale, directrice des ressources humaines.
Les coupes compensent l'investissement IA extraordinaire engagé par Zuckerberg. Meta a indiqué en janvier que les capex pourraient presque doubler cette année à 135 milliards de dollars ; le groupe dépense aussi lourdement pour débaucher des talents afin de rattraper Google et OpenAI sur les modèles de pointe. Zuckerberg a centré la stratégie IA sur ce qu'il appelle la « superintelligence personnelle » ; Meta a lancé ce mois-ci Muse Spark, un nouveau modèle IA que l'entreprise admet retarder encore sur les meilleurs rivaux occidentaux. Un nouveau projet de data centres, « Meta Compute », vise des « dizaines de gigawatts cette décennie et des centaines ou plus » — chaque gigawatt de capacité coûtant plusieurs dizaines de milliards de dollars à construire.
L'annonce intervient le jour même où Microsoft a proposé un plan de départs volontaires à environ 7 % de ses effectifs américains (voir notre brief Microsoft). Les nerfs des salariés sont aussi mis à l'épreuve par le projet de Meta d'installer un logiciel de suivi enregistrant les mouvements de souris, les clics, les frappes clavier et le contenu d'écran des salariés pour entraîner des agents IA capables de réaliser des tâches de manière autonome — faisant craindre aux salariés qu'ils entraînent eux-mêmes les modèles qui les remplaceront. Reuters a révélé en premier les licenciements et le projet de suivi. Source : Financial Times, 23 avril 2026, Hannah Murphy.