Huit semaines après le début de la guerre en Iran et alors que les négociations sont au point mort, le Trésor américain a placé le 24 avril Hengli, deuxième plus gros groupe pétrochimique privé chinois, sur sa liste noire. L'opération, baptisée « Economic Fury » en clin d'œil à la campagne militaire « Epic Fury », vise aussi quarante pétroliers — souvent détenus par des sociétés basées à Hong Kong — accusés d'avoir acheminé du pétrole iranien vers la Chine ou des pays tiers.
Concrètement, ces sanctions gèlent les actifs américains de Hengli et de ses filiales contrôlées à plus de 50 %, et coupent ces entités du système financier américain. Les banques et les fournisseurs étrangers qui continueraient à travailler avec elles s'exposent à des sanctions secondaires. Hengli — un conglomérat de 230 000 salariés actif dans la pétrochimie, le textile, la céramique, le tourisme et la construction navale, et l'une des plus grandes « raffineries-théières » du pays (les raffineries privées qui traitent 25 % à 30 % du pétrole chinois selon Wood Mackenzie) — aurait reçu plus de 5 millions de barils de brut iranien depuis 2023, pour des « milliards de dollars », et aurait financé l'armée iranienne via la Sepehr Energy Nama Pars Company pour « plusieurs centaines de millions de dollars ». Hengli juge ces accusations « sans fondement » et indique disposer de trois mois de stocks.
L'impact financier a été immédiat : Hengli Petrochemical Refinery a perdu 10 % en Bourse lundi (le maximum autorisé), le groupe règlera désormais ses commandes en yuan, et deux clients asiatiques auraient déjà annulé. Donald Trump est attendu en Chine les 14 et 15 mai. Source : Les Echos, 27 avril 2026, Raphaël Balenieri.