Boeing repasse devant Airbus avec 143 livraisons au T1
Source · Bureau Aéronautique
— Résumé
Boeing a livré 143 avions commerciaux au premier trimestre 2026, en hausse de 10 % sur un an et 29 de plus qu'Airbus — son plus grand écart trimestriel depuis 2018, année du début de la crise des 737 Max. Le chiffre d'affaires grimpe de 14 % à 22,2 Mds$, et la perte nette se réduit à 7 M$ contre 31 M$ un an plus tôt, mieux que les prévisions d'analystes. Le titre a clôturé en hausse de 5,5 %.
Le directeur général Kelly Ortberg, aux commandes depuis août 2024, maintient l'objectif annuel de livraisons du 737 Max malgré un problème de câblage et confirme le passage à 47 appareils par mois cet été (contre 42 aujourd'hui). La certification des nouvelles variantes 737-7 et 737-10 est attendue d'ici fin 2026. Le directeur financier Jay Malave table sur 1 à 3 Mds$ de free cash-flow (trésorerie disponible après investissements) en 2026, avec un objectif de long terme à 10 Mds$. L'activité défense, espace et sécurité bondit de 21 %, tirée par un contrat-cadre de sept ans avec le Pentagone sur les capteurs du missile Patriot et par la montée en puissance des budgets militaires.
Airbus, le rival européen, peine à cause de pénuries de moteurs, ce qui élargit la brèche ouverte par Boeing. Ortberg dit ne constater aucun impact de la guerre en Iran, même si Scott Mikus (Melius Research) estime que la persistance de prix élevés du kérosène pourrait profiter aux deux constructeurs par accélération du renouvellement des flottes. Source : Financial Times, 22 avril 2026, Christian Davies et Sylvia Pfeifer.
L’histoire en une ligne. Boeing livre 143 avions au T1, 29 de plus qu’Airbus et son plus grand écart trimestriel depuis le début de la crise 737 Max, alors que le redressement Ortberg se traduit enfin en cash.
Chiffres clés
143 avions commerciaux livrés au T1 2026, +10 % sur un an
29 appareils d’avance sur Airbus — plus grand écart trimestriel depuis 2018
22,2 Mds$ de chiffre d’affaires T1, +14 %
7 M$ de perte nette contre 31 M$ un an plus tôt
1 à 3 Mds$ de free cash-flow attendus en 2026 ; 10 Mds$ à long terme
47 737 Max par mois visés cet été (contre 42 aujourd’hui)
+21 % de chiffre d’affaires dans la division défense, espace et sécurité
5,5 % de hausse du titre mercredi
Pourquoi c’est important
Boeing vit sous l’ombre du 737 Max depuis 2018 — deux crashs meurtriers et l’incident Alaska Airlines (porte-bouchon en vol) en 2024. La première année pleine d’Ortberg stabilise la production, apaise le climat social et, surtout, reconnecte la production à la génération de trésorerie. Un contrat-cadre Patriot avec le Pentagone et la flambée des budgets défense mondiaux donnent à la division militaire un vent de dos pluriannuel, juste au moment où Airbus trébuche sur ses moteurs. Le vrai joker reste le kérosène : des prix élevés pénalisent les compagnies clientes, mais accélèrent aussi le renouvellement des flottes, ce qui revient dans le carnet de commandes.
À retenir
Pour la première fois depuis 2018, Boeing ressemble à un duopoliste générateur de cash plutôt qu’à un cas de crise. Si les livraisons et le cash-flow tiennent la guidance, le titre se réévalue sur une logique de normalisation, plus de sauvetage.
Source : Financial Times, 22 avril 2026, Christian Davies et Sylvia Pfeifer.