De grands investisseurs en capital-investissement — dont un fonds souverain et l'un des plus grands fonds de pension publics américains — alertent : certains de leurs pairs valident un peu vite les opérations où les fonds de buyout se vendent des actifs à eux-mêmes via des « fonds de continuation ». Un fonds de continuation est un véhicule créé par le gérant de private equity pour racheter un actif à l'un de ses anciens fonds, ce qui lui permet de conserver l'actif plutôt que de le vendre à un tiers.
L'inquiétude porte sur le « limited partner advisory committee », ce petit comité de souscripteurs qui vote ces ventes. Il compte de plus en plus d'institutions qui possèdent aussi une activité de secondaires et financent les fonds de continuation — autrement dit, le même investisseur se retrouve des deux côtés de la transaction. Un investisseur décrit certains membres récents comme « quasi-initiés ». Les LP citent notamment Hamilton Lane, HarbourVest et Partners Group, qui exercent ces deux métiers ; aucune de ces sociétés n'est accusée de faute.
Le phénomène a explosé : les fonds de continuation ont représenté environ **un cinquième** de toutes les sorties du private equity l'an dernier, avec plus de **100 milliards de dollars** vendus dans le monde, contre environ **70 milliards** en 2023 et 7 milliards ou moins en 2015 selon Jefferies. L'Institutional Limited Partners Association vient de publier des recommandations exigeant des fonds de buyout qu'ils déclarent toute incitation annexe — y compris des engagements sur de futurs fonds — incluse dans les offres sur un fonds de continuation. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Alexandra Heal.