La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque du Japon, la Banque d'Angleterre et la Banque du Canada devraient toutes maintenir leurs taux cette semaine, faute de visibilité sur l'inflation en pleine guerre en Iran et avec un pétrole devenu hautement volatil. C'est le deuxième grand choc énergétique en cinq ans, et les banquiers centraux redoutent de revivre l'erreur de 2021-2022, où ils avaient réagi trop tard.
La Fed votera mercredi avec une fourchette inchangée de 3,5 % à 3,75 %, alors que l'inflation PCE sous-jacente atteignait encore 2,8 % en février. La BCE, à 2 %, est la seule grande banque centrale occidentale à avoir ramené l'inflation à la cible ; les marchés y intègrent encore deux hausses cette année, mais le chef économiste Philip Lane prévient qu'aucun jugement n'est possible avant juin. La BoJ devrait laisser son taux directeur autour de 0,75 % plutôt que de procéder à la hausse anticipée, et la BoE n'est pas pressée de bouger son 3,75 %.
La guerre en Iran assombrit les perspectives économiques mondiales
Prévisions de croissance et d'inflation pour 2026 (%)
- Avant-conflit
- Référence
- Adverse
- Sévère
PIB
Inflation
Source : FMI — scénarios construits avant et après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient
Les responsables s'appuient désormais sur des scénarios plutôt que sur une prévision centrale, en partie parce que les messages de Donald Trump sur la guerre déstabilisent eux-mêmes le marché pétrolier. Le gouverneur de la Fed Chris Waller a alerté qu'un choc prolongé risque d'ancrer durablement des anticipations d'inflation plus élevées. Source : Financial Times, 27 avril 2026, Sam Fleming, Olaf Storbeck, Claire Jones et Leo Lewis.