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Record des métaux à Londres : la guerre en Iran précipite l'aluminium dans un « trou noir » de l'offre

— Résumé

Record historique pour les métaux à Londres : l'indice LMEX du London Metal Exchange, qui suit six grands métaux industriels, a atteint jeudi un sommet inédit, porté avant tout par l'aluminium rendu précieux par la guerre en Iran. L'indice a gagné près de 12 % en quatre semaines. Malgré la fermeture persistante du détroit d'Ormuz, la flambée des coûts de l'énergie et les craintes sur la croissance mondiale, les cours sont tirés par l'espoir d'une prolongation du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et par les signes d'un début d'apaisement. Aluminium et cuivre pèsent à eux deux près des trois quarts de l'indice.

L'aluminium s'impose comme le principal moteur : son prix a grimpé de plus de 15 % depuis le début de la guerre en Iran et touchait jeudi un plus haut de quatre ans à Londres, avant un léger repli vendredi autour de 3.629 dollars la tonne selon Bloomberg. Le marché s'est tendu après les frappes ayant touché des capacités clés du Golfe : le Moyen-Orient assure environ un dixième de la production mondiale, et JP Morgan parle d'un « trou noir » de l'offre après les frappes iraniennes sur deux fonderies majeures à Abu Dhabi et Bahreïn. Les stocks d'aluminium du LME sont retombés sous les 400.000 tonnes, loin des niveaux d'il y a quelques années ; une partie est d'origine russe, ce qui en limite l'usage pour certains acheteurs occidentaux. Wood Mackenzie estime qu'« il n'y a pas moyen d'échapper à un important déficit sur le marché mondial de l'aluminium dans les dix-huit prochains mois », avec un manque pouvant atteindre 4 millions de tonnes cette année.

Le cuivre contribue également à la hausse du LMEX — +11 % sur quatre semaines — mais pour d'autres raisons : retour des acheteurs chinois et anticipations autour de décisions tarifaires américaines. Il évoluait vendredi autour de 13.270 dollars la tonne, proche de son record de clôture atteint en janvier ; Mercuria et BMO Capital Markets estiment qu'il pourrait dépasser ce seuil dans les prochaines semaines. Source : Les Echos, 17 avril 2026, Samir Touzani.

L’essentiel en une phrase. L’indice LMEX du London Metal Exchange a atteint un sommet historique, porté par l’envolée de l’aluminium sous l’effet des frappes iraniennes sur des fonderies du Golfe et par le rebond du cuivre tiré par l’électrification et la Chine.

Chiffres-clés

  • Indice LMEX : +12 % en quatre semaines, sommet historique jeudi ; aluminium et cuivre pèsent près des trois quarts de l’indice.
  • Aluminium : +15 %+ depuis le début de la guerre en Iran ; plus haut de quatre ans jeudi à Londres ; 3.629 dollars la tonne vendredi.
  • Part du Moyen-Orient dans la production mondiale d’aluminium : ~10 % ; frappes iraniennes sur deux fonderies majeures à Abu Dhabi et Bahreïn.
  • Stocks LME aluminium : sous 400.000 tonnes, bien en deçà des niveaux antérieurs ; partiellement d’origine russe.
  • Déficit anticipé 2026 (Wood Mackenzie) : jusqu’à 4 millions de tonnes, difficile à combler avant 18 mois.
  • Cuivre : +11 % sur quatre semaines ; 13.270 dollars la tonne vendredi, proche de son record de clôture de janvier.

Pourquoi cela compte

Le LMEX (London Metal Exchange Index) est un indice pondéré suivant les cours de six grands métaux industriels — aluminium, cuivre, zinc, plomb, nickel, étain. Quand il atteint un record, c’est un thermomètre agrégé de la tension sur la chaîne d’approvisionnement industrielle mondiale. Ici, la lecture est double : un choc d’offre direct sur l’aluminium (les frappes iraniennes ont mis hors service des capacités clés du Golfe, qui produit un dixième de l’offre mondiale), et un choc structurel sur le cuivre (électrification, réseaux, centres de données, spéculation tarifaire américaine).

Les 400.000 tonnes de stocks LME sont un point de mire : un stock qui se vide pendant une pénurie d’offre projetée de 4 millions de tonnes sur l’année signifie que le prix est la seule variable d’ajustement. La contrainte russe — le métal disponible est en partie d’origine russe, donc inutilisable par des acheteurs occidentaux sous sanctions — rend le stock réellement disponible encore plus limité que le chiffre brut ne le suggère.

À retenir

Deux moteurs, deux horizons. Sur l’aluminium, le prix dépend du calendrier diplomatique — un cessez-le-feu tenu et une sortie de crise rapprocheraient l’offre du Golfe plus tôt que les 18 mois évoqués par Wood Mackenzie. Sur le cuivre, la tension est structurelle et tirée par la demande : l’Agence internationale de l’énergie l’avait déjà signalé en mars. Les deux courbes ne refléteront pas les mêmes nouvelles.

Source : Les Echos, 17 avril 2026, Samir Touzani.

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