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Société Générale : 900 millions d'euros encaissés par les salariés actionnaires

— Résumé

Les actionnaires salariés et ex-salariés de Société Générale ont massivement vendu en 2025 pour profiter de la hausse de 153 % du cours de l'action, passé de 26 à 70 euros. Leur part dans le capital est tombée à 9,11 % au 31 décembre 2025, contre 10,23 % fin 2024 — et ce malgré le lancement en juillet d'un plan mondial d'actionnariat salarié (PMAS) auquel ont souscrit plus de 50 000 collaborateurs, générant 7,5 millions d'actions (0,97 % du capital).

Au total, les salariés se sont délestés de plus de 19 millions d'actions, soit environ 2,5 % du capital. En prenant le cours moyen annuel d'environ 48 euros, l'opération représente un peu plus de 900 millions d'euros bruts, même si le gain exact dépend du prix d'entrée de chacun. Société Générale reste néanmoins au 3e rang des entreprises du SBF 120 pour le poids de l'actionnariat salarié (derrière Bouygues et Eiffage) et au 1er rang de son secteur, loin devant BNP Paribas (4,4 % chez les employés) et la moyenne du secteur bancassurance (4,2 %).

La politique d'actionnariat salarié, historique depuis la privatisation de 1987, a été relancée par Slawomir Krupa à son arrivée avec un rythme annuel (contre un plan tous les trois ans auparavant) : la part des salariés était de 7,93 % fin 2022, 9,84 % fin 2023, 10,23 % fin 2024 avant le retrait récent. La CFDT conteste l'assimilation à de la rémunération et l'engagement interne est à un plus bas historique. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Gabriel Nédélec.

L’histoire en une ligne. Les salariés-actionnaires de Société Générale ont pris leurs bénéfices après une hausse de 153 % du cours en 2025 — environ 900 M€ bruts encaissés sur 19 millions d’actions.

Chiffres clés

  • +153 % de performance de l’action Société Générale en 2025 (de 26 € à 70 €)
  • 9,11 % du capital détenu par les salariés au 31/12/2025, contre 10,23 % fin 2024
  • > 19 millions d’actions vendues (environ 2,5 % du capital)
  • ~900 M€ bruts encaissés (cours moyen annuel ~48 €)
  • > 50 000 souscripteurs au PMAS lancé en juillet 2025 ; 7,5 millions d’actions émises (0,97 % du capital)
  • 3e rang SBF 120 pour l’actionnariat salarié (derrière Bouygues et Eiffage)
  • 4,4 % chez BNP Paribas, 4,2 % moyenne bancassurance SBF 120

Pourquoi c’est important

Société Générale cumule deux histoires : la réussite boursière de Slawomir Krupa (le titre a triplé en un an) et l’érosion de son actionnariat salarié historique, qui jouait un rôle de stabilisateur depuis la privatisation de 1987 — et qui avait notamment contré l’OPA de BNP en 1999. La montée puis la redescente de la part (7,93 % fin 2022 → 10,23 % fin 2024 → 9,11 % fin 2025) traduit un mouvement logique : quand le cours triple, on vend. Mais le paradoxe est que l’engagement interne reste à un plus bas historique malgré cette richesse créée — la CFDT dit que les plans ne sont accessibles qu’à ceux qui peuvent y souscrire.

À retenir

L’actionnariat salarié a rempli son rôle de véhicule de création de richesse pour les employés ayant les moyens d’y participer, mais pas son rôle d’outil d’adhésion au groupe. Krupa a hérité d’une décote et l’a résorbée ; reste à rétablir un climat social que la rémunération en actions ne couvre pas.

Source : Les Echos, 23 avril 2026, Gabriel Nédélec.

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