Automobile : Dacia freine Renault au premier trimestre
Source · Bureau Automobile
— Résumé
Renault a publié un chiffre d'affaires en hausse de 7,3 % au premier trimestre 2026, à 12,5 milliards d'euros, mais la marque Dacia a servi de frein : ses immatriculations ont chuté de 16,3 % sur la période, plombées par des perturbations logistiques et de production liées à des conditions météorologiques sévères dans le détroit de Gibraltar, qui ont affecté l'usine marocaine du groupe en janvier et février. Mars a amorcé un rattrapage (+1,9 % en Europe) et le carnet de commandes reste solide, soutenu par une croissance à deux chiffres des prises de commandes depuis le début de l'année.
La marque Renault a tiré son épingle du jeu : +2,2 % d'immatriculations globales, près de 400 000 véhicules vendus, +3,8 % en Europe, et une nouvelle génération de Clio 6 à 27 000 unités déjà écoulées en Europe. Le 100 % électrique a bondi de 40 % et représente désormais 23,9 % du mix européen, tiré par la R5 et bientôt la Twingo. Alpine, niche sportive, progresse de 54,7 % avec 3 246 véhicules (A290 en tête). A l'international hors Europe, les ventes sont stables à 140 000 unités, avec les lancements récents du Duster en Inde et du Filante en Corée du Sud.
Au total, les immatriculations du groupe reculent de 3,3 %, mais le chiffre d'affaires auto progresse de 6,5 % (+8 % à taux de change constants) grâce aux ventes à partenaires (Micra pour Nissan à Douai, Geely au Brésil). Mobilize Financial Services, la filiale de crédit auto du groupe, maintient son rythme avec +13 % de chiffre d'affaires à 1,72 milliard d'euros. Source : Les Echos, 23 avril 2026, Lionel Steinmann.
L’histoire en une ligne. Dacia trébuche sur des problèmes logistiques marocains mais la marque Renault tient le cap grâce à l’électrique, et le chiffre d’affaires groupe progresse tout de même de 7,3 %.
Chiffres clés
12,5 Mds€ de chiffre d’affaires T1 groupe, +7,3 %
–16,3 % d’immatriculations Dacia au T1
+2,2 % d’immatriculations Renault, près de 400 000 véhicules
27 000 Clio 6 écoulées en Europe depuis son lancement
23,9 % du mix européen en 100 % électrique (+40 % de ventes BEV)
+54,7 % de ventes Alpine (3 246 véhicules, tirées par l’A290)
–3,3 % d’immatriculations groupe ; CA auto +6,5 % (+8 % à change constants)
1,72 Md€ de CA Mobilize Financial Services, +13 %
Pourquoi c’est important
Renault montre un paradoxe utile : les volumes baissent, le chiffre d’affaires monte. Trois leviers expliquent l’écart. D’abord, le mix : le 100 % électrique prend 23,9 % des ventes européennes — la R5 fonctionne, la Twingo arrive, l’A290 dope Alpine, et la hausse du prix du kérosène dope indirectement la demande d’électrique. Ensuite, les ventes à partenaires (Micra pour Nissan à Douai, distribution Geely au Brésil) portent le chiffre d’affaires sans peser sur le mix de marge. Enfin, Mobilize Financial Services, la captive financière, apporte un flux récurrent à forte marge (+13 % de CA).
À retenir
Le vrai risque de Luca de Meo (et désormais de ses successeurs) reste la dépendance à une usine marocaine unique pour Dacia. Au-delà, le T1 confirme que Renault est devenu un constructeur diversifié : volumes baissiers mais marges auto, financières et partenaires en hausse. C’est le profil d’une entreprise qui se repositionne vers la qualité des revenus plus que la quantité.
Source : Les Echos, 23 avril 2026, Lionel Steinmann.